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Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.C’est la danse des humanités.
L'archiviste // Léandre Luissier
Fonda trop gentille
1/17 : Event 2 : Le Grand Débat
1/17 : MAJ 4 + secret santa (zieute)
25/08/17 :MAJ 3 et intrigue 2
06/16 :Ouverture d'Exantrop
Intrigue — Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…

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 Noël au coeur de glace [Wrathia]

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Benjamin Desmarais
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Portrait robot : - Très roux, très pâle, couvert de taches de rousseur
- Plutôt grand et avec une bonne carrure, il possède de nombreuses cicatrices
- Généralement souriant, a quand même un personnalité explosive
- Fume à l'occasion
- Porte toujours des lunettes ou des verres de contact
- Aime les trucs... mignons (enfants, petits animaux, etc.)
- Dernier descendant de la riche famille Desmarais


Samedi 23 décembre 2045, 18h. En route vers le domaine Sagard.
Je ne veux pas être ici. Tout mon être crie pour être transporté ailleurs. C’est un cri que j’étouffe avec le son de la radio. Le volume dans le tapis, je laisse m’engloutir complètement alors que mes yeux sont fixement posés sur la route de campagne. Je ne veux pas être ici. Je pourrais faire un bon vieux U-turn et m’en aller, retourner à la base. Pas de policier pour me donner un ticket. Je pourrais dire que j’ai eu un imprévu. N’importe quoi pour retourner la petite voiture louée à son point d’origine le plus vite possible. Mais même si je sais que je -pourrais- partir. Je le fais pas. Je suis le chemin et je me laisse avaler par la musique. Le rythme est lourd, la voix est ensorcelante. Probablement que d’écouter des chants d’opéra me mettrait pas sur la liste des gars les plus virils dans l’armée, mais ça me transporte. J’ai toujours aimé les chants puissants et les histoires spectrales.

Je vous les chalets qui défilent à gauche et à droite. Ils se font de plus e plus rares… ça veut dire que je me rapproche. Je me souviens des collines, des grands arbres, du lac et de certains chalets. Je connais cette route. Je ne veux pas vraiment la voir mais je la connais. Finalement, j’arrive à la grande grille de l’immense dénotation du terrain. Je l’ai escaladé avec David quand on était gamins. Je me souviens du métal froid et du regard désapprobateur du gardien. Je soupire et je chasse ces mauvaises pensées. Je suis pas con. Je sais bien que ce sont juste les premières d’une interminable série de flashs.

Un gardien a été stationné ici. Il vient me voir. Me demande mes cartes, que je lui tends sans trop y penser. Il acquiesce poliment. La grille s’ouvre et je rentre. Je vois déjà quelques voitures au loin.

Sur chacun des côtés de la voie menant à l’immense maison principale, je vois des petites lumières. Comme les lumières bordant un tapis rouge. Je suis sûr que je vais être le centre de l’attention. J’ai pas fait de sortie vraiment depuis… enfin depuis jamais. Je suis pas du genre à parler de la tragédie, ou à m’attarder sur ce que ma famille a vécu. On m’a demandé mon opinion, mais je l’ai refusé. Encore et encore. Jusqu’à ce qu’on me foutte la paix. Et je reviens me jeter dans la gueule du lion, quinze ans plus tard. J’aurais été mal venu de refuser. Je veux dire, c’est la première commémoration pour elle qui va avoir lieu. Je sais même pas qui est sur la liste d’invités. Tout ce que je sais, c’est que c’est genre une levée de fonds, pour les causes que soutenaient mes parents. Pas pour moi, moi… j’ai totu ce que je veux. J’ai une bonne vie… alors pourquoi est-ce que j’ai si peur.

Finalement, j’arrive au bout du chemin tracé de lumière. La maison est grandiose. Mon cœur s’arrête. En tout cas, s’il s’arrête pas, il se sert. Rien a changé. Rien du tout. Superbement imposante et entourée de grands arbres, elle est là. Clairement, le ménage a été fait mais dans ma tête, rien a changé. C’est l’hiver, la neige est haute et il y a seulement une ou deux personnes sur le palier des marches qui parlent en fumant de petits cigares. Ils m’adressent à peine un regard. Comment peuvent-ils savoir. J’observe la maison, les fenêtres, les couleurs, les arbres, la fontaine… je suis plongé dans un souvenir qui m’attire vers les abysses. Je suis submergé. Mes souvenirs sont diffus, mais ils sont là et ils me retiennent de leurs bras sombres. Je plisse légèrement les yeux. J’ai l’impression de voir aux deuxième une figure qui me regarde. Un autre fragment de mon passé.

Aussi brutal que si la vitre était ma face, trois petits coups m’extirpent de mes pensées. Je me retourne. Mes mains sont crispées sur le volant. Mes yeux sont probablement gros comme des deux dollars. J’ai aucune idée qui c’est. Je le reconnais pas. On dirait que mes yeux finissent par s’habituer. Le voile de mon passé morbide se lève. C’est un homme. Un valet. Il me fait signe de sortir et qu’il va s’occuper de la voiture. J’hésite. J’aimerais mieux la laisser là où elle est. Ça me ferait au moins une porte de sortie rapide, je pourrais me sauver à toute jambe. Mais je suis pas assez stupide pour penser que c’est possible. En plus, je bloque le chemin. Je lui fais signe que j’ai compris. Je sors.

La neige craque sous mes pieds. Mon manteau mi-cuisse me protège pas vraiment du froid. Je resterai pas dehors longtemps. Je lui donne mes clés. Je le remercie à peine, trop pétrifié par la maison et mon passé.

Je monte les marches, on m’accueille, je donne mon manteau et on m’offre en échange une flute. L’alcool est doux et légèrement pétillant, sucré… je me souviens de ce goût. C’est ce que ma mère buvait. Quelques fois j’ai pris une ou deux gorgées depuis son verre quand elle regardait ailleurs. Je connais ce goût. Même si c’est sucré… le goût est amer dans ma bouche. Je me rends à la salle de réception. Tout ceux qui sont là ne savent pas. Ils n’ont pas cette superposition à vomir d’images entre le passé et le présent. Ils savent pas ce que c’était d’être… là. Je revois l’emplacement du sapin, le corps de ma sœur…

Des femmes en robes de soirées me sourient. Une d’entre elles est accrochée au bras de son cavalier. L’autre se détourne trop rapidement pour que je puisse lui parler. Une musique douce et discrète se promène entre les convives.

Je n’ai l’impression de reconnaitre personne. Je devrais les reconnaître mais… non, rien. Je soupire et décide de me faire réservé. Je cherche un endroit où m’appuyer. Un mal de tête commence à me transpercer le crâne et je viens tout juste d’arriver. Une superbe soirée en perspective.

Comment je suis supposé me mêler à eux? Des poules de luxe qui caquettent entre elles. Et moi, le gars en complet noir, avec mes médailles, mes cheveux roux, mes taches de rousseurs et mes lunettes… je me demande vraiment ce que je fais ici. Si seulement j’avais une bouée de sauvetage.
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Wrathia Bellombre
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Age du Montréalais : 24
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~ Résumé
~ Wrathia vous renseigne en FireBrick ou B22222
~ Carrière de chanteuse abandonnée à ses 17 ans lorsqu'elle a perdu son frère
~ Polie, sociale, patiente et attentive
~ Légèrement paranoïaque, mal à l'aise avec les androïdes, déteste perdre son temps, un peu trop franche
~ Se déconnecte très doucement, mais sûrement



~ Samedi 23 décembre 2045 ~

Wrathia avait toujours préféré l’hiver à l’été, malgré sa nature frileuse et ses extrémités qui étaient froides toute l’année. Elle trouvait le paysage plus beau, l’ambiance plus chaleureuse. Les jours étaient plus courts, mais la neige et le gel donnaient cette impression que le temps s’arrêtait un peu plus chaque jour. Ce même phénomène lui donnait la sensation que cette saison était pleine de promesses. Les fleurs avaient besoin de ce repos pour fleurir encore plus que l’année passée, les enfants étaient gâtées de cadeaux, on prenait des résolutions. La jeune fugueuse aimait tout de cette saison. C’était aussi à cette période de l’année qu’elle avait passé le plus de temps avec Nathan. Même si au Canada ils étaient habitués à la neige et qu’ils y étaient assez bien préparés pour ne pas rester bien souvent bloqués chez eux, rien ne les empêchait de faire l’école buissonnière une fois de temps en temps. Son frère était mort au printemps, tuant toutes les promesses enfouies de cette année-là. Même si elle avait arrêté de pleurer, elle se sentait plus seule que jamais depuis qu’il était parti.

Elle avait quitté la maison familiale depuis un peu moins d’un an, et elle n’avait pas encore décidé de ce qu’elle ferait pour les fêtes. Évidemment, ses parents et le reste de sa famille attendaient d’elle qu’elle joue la comédie, les rejoigne pour un repas et passe au moins un petit quart d’heure à essayer de la persuader de chanter pour eux, comme chaque année. Pourtant, le fait d’habiter seule désormais ne faisait pas beaucoup de différence pour elle, et le changement de décor était même plutôt agréable. De plus, il y avait fort à parier que ses parents n’allaient pas se libérer pour les fêtes. Elle avait hérité d’eux de se plonger dans une distraction quand quelque chose n’allait pas, espérant certainement que les choses s’arrangeraient magiquement toutes seules. Toutefois, il y avait bien un évènement auquel elle était invitée et auquel elle avait envie d'assister. Wrathia ne savait pas vraiment comment aborder la chose, si elle était au moins la bienvenue, mais c’était l’occasion de retrouver quelqu’un qu’elle avait beaucoup apprécié et de lui montrer enfin son soutien, qu’il en ait besoin ou non.

C’est exactement pour cette raison qu’elle se trouvait dans un taxi qui l’amenait lentement, mais sûrement, vers sa destination. Il était hors de question pour elle de rentrer dans ces machines de l’enfer qui conduisaient toutes seules, et encore moins pour se rendre là-bas. Pourtant, aucune discussion n’était engagée avec le conducteur, et ses vêtements y étaient certainement pour quelque chose. La jeune femme ne participait pas pour donner une partie de sa fortune à des associations, elle n’y allait pas pour montrer ses plus belles parures et briller en société, elle y allait pour voir Ben, si elle pouvait encore l’appeler ainsi. Il serait forcément là, et depuis l’accident et ses propres épreuves, ils avaient perdu tout contact alors qu’ils avaient presque grandi ensemble avant ça. Elle portait donc une robe simple, sobre et noire de circonstance d’après elle. Ce n’était pas la plus belle, pas la plus chère, pas faite sur mesure par un couturier de renom.

Depuis qu’elle était partie, ses parents lui versaient de l’argent tous les mois, mais Wrathia refusait d’y toucher. Elle était têtue et elle avait la sensation qu’utiliser cet argent serait admettre une défaite quelconque et son égo était trop grand pour ça. Elle se contentait de le mettre sur l’un de ses autres comptes d’épargne, en cas de crise, espérant ne jamais en avoir besoin. Elle avait un job pour subvenir à ses besoins et il suffisait pour payer son loyer et ses autres besoins. Même si elle n’avait pas encore atteint la fonction qu’elle souhaitait, elle était assez patiente et persévérante pour savoir qu’elle était sur la bonne voie pour y accéder. Tout ceci la ramenait en boucle vers ce qu’elle faisait actuellement. Le trajet était beaucoup trop long et à force de réflexion, elle ne cessait de tourner en rond, de se poser les mêmes questions. Ses capacités sociales étaient très élevées, mais la situation actuelle n’était pas quelque chose qu’on pouvait répéter et apprendre à gérer, ce qui la déstabilisait. L’ancienne chanteuse ne voulait pas se montrer trop familière, ne sachant même pas si lui se souvenait encore d’elle ou si au contraire il lui voulait de l’avoir laissé livrer à lui-même. Dans un cas, c’était triste ou pessimiste, et de l’autre, c’était bien trop égocentrique.

Il valait peut-être mieux qu’elle n’y réfléchisse pas trop, mais elle se demandait quand même comment elle allait l’aborder et ce qu’elle allait lui dire. Des condoléances après tant d’années n’étaient peut-être pas les bienvenues, surtout dans le domaine reconstruit dans lequel la tragédie avait eu lieu. Pourtant, faire comme si de rien était, pour une occasion pareille serait certainement offensant. Une chose était sûre, si le trajet durait encore une demi-heure de plus, elle finirait par s’arracher les cheveux ! Elle portait un petit chapeau, noir lui aussi, pour ne pas trop attirer l’attention avec sa tignasse rouge. Il lui suffisait peut-être simplement de l’aborder et de lui demander des nouvelles, éviter les anecdotes de leur enfance et tout se passerait bien. Dans le pire des cas, il lui suffirait de rappeler un taxi pour rentrer plus tôt que prévu. Elle n’avait absolument aucune idée de ce qu’il était devenu après tout. Elle se rendit compte, lorsque le taxi s’arrêta, qu’elle n’était pas vraiment en avance.

Le domaine immense se dessinait devant ses yeux. Contrairement à ce qu’elle pensait, le fait d’avoir grandi n’enlevait absolument rien au côté imposant et immense de la bâtisse. La jeune adulte se sentait intimidée et hésitait presque à entrer finalement. Pourtant, il était trop tard, le taxi empruntait déjà le chemin qui menait à la porte d’entrée, entourée d’arbres tout aussi démesurément grands que les doubles portes déraisonnablement ouvertes par ce temps. Évidemment, le chemin était déneigé régulièrement, et elle n’avait pas trop à s’inquiéter d’une chute à cause d’une plaque de glace. Elle entra pourtant avec prudence, jetant tout de même un coup d’œil fugace au taxi qui s’en allait. Wrathia ne pouvait s’empêcher de noter les différences qu’il y avait entre le luxe auquel elle avait été habituée, et la démesure noble qui émanait du lieu. Elle évitait autant que possible d’avoir l’air aussi peu à sa place que si elle avait été jetée dans la cage aux lions.

Ses habitudes et les réflexes de fille bien élevée qu’elle avait gardés n’avaient pas tardé à se mettre en route pour la guider et la faire naviguer habilement dans la foule. Des tables d’amuse-bouche parsemaient les bords de la salle dont on ne voyait presque pas les murs tant elle était vaste. Les serveurs se déplaçaient également au centre pour apporter tout ce dont les convives pouvaient avoir besoin. Elle avait reconnu quelques personnes et était allée les saluer poliment, ou les avait évités volontairement. Toutes les questions au sujet de sa carrière, de sa famille et de son frère avaient reçu une réponse des plus évasives. Elle savait que la meilleure manière de répondre était de leur poser une question dont ils étaient l’objet, ils adoraient parler d’eux bien plus qu’ils aimaient les ragots. Pourtant, elle s’était très vite lassée de ce petit jeu de haute société et, après s’être excusée, s’était mise en quête de trouver Benjamin.

Wrathia ne savait même pas réellement quel type d’homme elle devait chercher du regard. Serait-il plus grand ou plus petit qu’elle, quelle couleur de cheveux, seul ou accompagné ? Tellement de questions qui l’avaient fait tourner pendant au moins une petite demi-heure. Un soupire à s’en fendre l’âme et quelques sourires polis plus tard, elle s’approchait d’une table de buffet et se servait d’un ou deux amuse-bouche. Elle choisissait méticuleusement ceux dont elle arrivait à identifier les composants et qui seraient les moins complexes à manger sans se salir. Elle avait décidé de faire le tour de la salle, mais en étant de l’autre côté de ces tables, il y avait bien moins de monde, ce qui facilitait son avancée. C’est à ce moment qu’elle l’avait vu, elle n’y croyait plus. Elle s’était approchée avec un semblant de confiance, se contentant de mimer le geste qu’il aurait envers elle pour la saluer, que ce soit une étreinte chaleureuse, une bise amicale, une poignée de main polie, ou simplement un « Salut » réservé.

~ Je suis contente de te voir.

Elle se concentrait autant que possible pour éviter les phrases du genre « ça fait longtemps », « tu as tellement changé », « comment ça va ». Pas qu’elle ne voulait pas savoir comment il allait, mais lorsqu’elle essayait de se mettre à sa place, surtout au vu de la place qu’il occupait, isolé dans un coin et rasant les murs, la réponse semblait assez évidente, inutile d’en rajouter une couche. Surtout que ça ne l’empêchait pas de penser ce qu’elle disait, bien au contraire, elle était venue pour lui et l’avait cherché aux quatre coins de l’endroit. Elle avait pris quelques instants pour le détailler. Wrathia était assez impressionnée par l’homme qui se tenait devant elle. Pourtant, une expression inquiète traversa son visage à la vue de la cicatrice qui barrait son œil. Ceci n’avait duré qu’un instant, il fallait qu’elle garde à l’esprit qu’il n’avait certainement plus rien du petit garçon qu’elle avait connu. Pourtant, les oreilles pointues qui dépassaient légèrement de ses cheveux longs étaient suffisantes pour lui ramener un petit sourire, pas moqueur, mais chaleureu envers lui. Pourtant, son regard semblait légèrement perdu et confus, elle ne le prit pas mal, légèrement attendrie par son expression.

~ Je suis Wrathia Bellombre. On a souvent joué ensemble, tout petits. Si tu ne te souviens pas, ce n’est pas grave.



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Benjamin Desmarais
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Je prends quelques bonnes inspirations, et je me lance. Après tout, je suis venu de mon plein gré, même si je me demande un peu quel démon m’a possédé. La flûte qu’on m’a tendue tantôt est déjà aussi sèche que ma gorge. C’est la nervosité qui fait de ma gorge un désert. C’est elle aussi qui me tourne l’estomac. On dirait un courant électrique concentré dans mon plexus solaire. Je sens mon cœur qui bat. Vite. Trop vite. Je secoue rapidement la tête. Je me rappelle à l’ordre. Je suis un soldat. J’ai traversé deux guerres et plus d’opérations militaires que je veux compter. C’est pas une petite soirée comme ça qui va me mettre à terre.

Pour le courage, je pars à la recherche d’une autre flûte. J’échange celle qui est vide pour une toute neuve. La jeune femme me sourit. Sait-elle qui je suis ? Non, probablement pas. J’ai l’air de rien. Elle doit vouloir être polie. Je lui souris aussi. Elle est plutôt jolie, en fait. Et enfin mon cerveau va ailleurs. J’arrive à me détacher des souvenirs qui hantent les murs de la maison. Pendant quelques instants, je ne pense plus au regard sans vie de ma sœur ou au cramoisi qui tapisse les murs. Je la remercie d’un hochement de tête. C’est peu engageant, mais je me sens revenir dans mon corps plutôt que dans ma tête.

C’est donc le moment de passer à l’attaque. C’est clair qu’à ce moment-là je ne remarque pas la jeune femme qui fait le tour des tables, contournant les masses d’invités. J’ai la tête ailleurs. Tranquillement je me dirige entre les convives. Je n’ai pas la délicatesse bourgeoise des femmes qui se faufilent dans cette marée humaine. Je n’ai pas non plus la distinction des hommes qui ont l’expérience de cette vie. En fait, je suis plutôt sûr que je croise le regard confus d’une ou deux personnes. Je me sens comme un espèce de clown dans un rassemblement aristocratique. Tant pis. C’est … très littéralement… chez moi, ici.

Je m’aventure donc pour aller m’adresser à un homme qui semble plus important que les autres. Du moins c’est ce que je comprends de la façon dont les gens évitent de le regarder directement dans les yeux. C’est pas un croulant, riche ou pas, qui va m’intimider. Je me présente donc. Je lui tends la main pour la serrer. Il a l’air déconcerté. Nous échangeons quelques mots sans vraiment de valeur. Il me dit qu’il connaissait mes parents. Il travaillait avec mon père. C’est un certain Gilles Bolduc. Je plisse un peu les yeux. Je me souviens vaguement de sa voix. Il me demande des nouvelles. Je reste évasif.

Mon nom a eu l’effet d’une bombe invisible. Je remarque les gens qui se mettent à murmurer entre eux. Je sens leurs regards sur moi. Rester impassible est pas si facile que ça en a l’air. Ma conversation avec Bolduc se fait interrompre par une femme d’un certain âge qui vient s’interposer et se met à me parler. Elle parle vite. Je l’écoute mais je ne l’écoute pas. D’une conversation à l’autre je me promène entre les petits groupes. C’est comme une danse vraiment épuisante.

L’entraînement intensif, c’est rien comparé à ça. Trente minutes plus tard, je me sens brûlé, vidé. Je bats donc en retraite. C’est une retraite bien méritée. Je délaisse la flûte que j’ai dans les mains… je pense bien que c’est la même que tantôt. Je pense. Je ramasse au passage quelques petites bouchées que je dévore malgré mon estomac qui se prend pour un fil d’écouteurs.

Heureusement, dans cette partie de la pièce, on semble oublier mon existence. Ça me donne un moment de répit. Je relève quand même la tête lorsque je la vois approcher. Mes sourcils se froncent. Je n’arrive pas à replacer son visage. Je suis presque sûr que je la connais. Mais mes souvenirs sont tellement diffus. Elle s’approche avec cet air doux. Elle ne cherche pas à m’envahir. Peut-être hésite-t-elle sur la convenance de salutation ? Si elle surgit bien de mon passé, je pourrais l’étreindre, mais non, je n’y arrive pas. Je me suis mis dans cet état d’esprit un peu distant. Je veux pas trop m’investir. Je tends ma main vers elle. Un sourire poli montre à peine mes canines affilées. Pas de phrases ridicules, pas de pitié. Elle se contente de sourire et de me saluer.

Ca me prend un moment avant de me rappeler. En fait, pour être honnête, ça me prend son aide. Une chance qu’elle me dit son nom sinon j’en aurais eu pour la soirée. Ça m’aurait trotté dans la tête jusqu’à ce que le déclic se fasse.

Quelques souvenirs refont surface. De longues heures à jouer à jouer à la cachette dans le bois derrière la maison. Une féroce compétition pour escalader le plus grand arbre de la cour. Les soupers où les adultes discutaient ensembles et les enfants. Une chicane stupide au sujet de la dernière part de gâteau au chocolat…

Finalement, je lâche sa main. Pas vraiment à contrecoeur, juste… on dirait que j’ai oublié que je la tiens. Bref, je change mon poids de jambe. Nerveux. Je peux même pas avoir l’air cool. C’est sûr que j’ai pas l’air trop perdu dans mon complet, je suis présentable, mais j’ai l’impression d’être un enfant pris la main dans le sac.

« Salut, Wrathia. » Même son nom est familier. C’est pas un nom commun. « Oui, ça va je me souviens. Ça fait pas mal du bien de voir un visage familier. »

Je pense que mon nom est léger, mais pas forcé. J’ai de la misère à retrouver ma place ici, et à savoir comment agir. Je veux pas paraître trop sombre. Je veux pas attirer l’attention, pis je veux pas qu’elle se sente mal. « Je pensais pas connaître personne ici. Est-ce que huh… uh…. Wow comment on commence une conversation après autant d’années? » J’ai un rire un peu nerveux. Je suis un peu maladroit. Je l’ai toujours été. Au moins, la glace est brisée.
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