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Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.
C’est la danse des humanités.
Intrigue
Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…
Léandre Luissier ▬ présent
George adamsmp

▬ MAJ et intrigue 2 : 25 aout 2017
▬ Ouverture d'Exantrop le fin mai 2016

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 Carpe Diem [Lise St-Pierre]

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Grim
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- Méchant
- Possède deux poissons rouges
- Possède un capital choupitude profondément caché
- Dealeur option marchandage possible
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- A l'air très humain, sa condition d'androïde ne saute pas aux yeux.

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MessageSujet: Carpe Diem [Lise St-Pierre]   Dim 21 Aoû - 16:43

On eut peur qu'il pleuve pour ce grand week-end. Cela aurait gâché la fête. Trois jours entiers dédiés au monde médiéval. Soixante-douze heures durant lesquelles l'espèce humaine faisait un retour en arrière afin de vivre comme ses ancêtres. Un moment de fête et de découverte pour beaucoup. Dans ce but tout le parc se transformait en village médiéval gigantesque, avec ses habitations, ses petits commerces, ses artisans, ses joutes et même ses parcelles de champs. Tout d'époque évidemment, même -et surtout !- les costumes. On attendait des milliers de visiteurs pour cette rencontre exceptionnelle. Des familles, des classes découverte, des groupes d'amis, des gens seuls, des adeptes d'Histoire, des férus de jeu de rôle, bref une myriade de gens. Alors le soleil se devait d'être de la partie. Et il l'était. Il faisait chaud. Une aubaine pour les vendeurs de boissons et autres taverniers qui feraient un beau chiffre d'affaire. Une moins bonne aubaine pour les malheureux coincés dans des boîte de conserve qui devaient affronter la météo en plus de leurs adversaires lors de combats à l'épée.
A l'entrée du parc des jeunes costumés distribuaient le programme des festivités. Des ateliers d'enluminures jusqu'au tir d'armes de siège, de la démonstration du travail de forgeron jusqu'à l'atelier cuisine, des projections de films jusqu'à la course dans un labyrinthe, contes médiévaux dans une forêt enchantée ou combat contre d'affreux dragons, rien n'avait été laissé au hasard. Il y en avait pour tous les goûts, pour tous les âges, et pour toutes les bourses. Parce que les ateliers souvenirs apparaissaient à tous les coins du parc. Bijoux fantaisistes, livres, ensemble de calligraphie ou nourriture artisanale, il y avait de quoi perdre la tête. Et puis, on incitait les visiteurs à venir costumés eux aussi, afin de rendre l'illusion plus parfaite encore. Oui vraiment, c'était un superbe week-end en perspective.

Et c'était un endroit dans lequel Grim ne pensait pas mettre les pieds. Pour quelqu'un devant se faire discret autant dire qu'il loupait royalement son coup. Mais cela ne l'inquiétait pas. Après tout, il y avait tellement à voir et à faire que personne ne s'attarderait sur un androïde comme lui, de toute évidence seul. Avec tous ces gens partout, il lui suffisait de se rapprocher de quelqu'un pour faire illusion et le tour était joué, il avait l'espace d'un instant un propriétaire dénommé Paul. Ou Julien. Ou Catherine.
Il n'était pas venu ici par hasard. Déjà, la curiosité l'avait emportée sur tout le reste. Grim s'intéressait à beaucoup de choses. Selon lui, la connaissance pouvait donner lieu à bien des victoires. Et sa guerre à lui n'était pas des moindres. Ensuite il avait lu sur le détail du programme qu'un jardin médiéval était présenté pour l'occasion. Or, à l'époque, on utilisait bien des plantes pour la médecine. Son intérêt pour la chose était donc, disons, professionnel. Et cela lui permettait au passage d'élargir ses connaissances sur bien des domaines. Alors il ne se pressait pas vraiment.

Il n'était pas encore midi que le soleil tapait déjà fort. La masse grouillante de visiteur se pressait vers les différents auberges et points de restauration. Une agréable odeur de viande grillée flottait dans l'air. Il entendait des gens rires et parler fort. Des enfants couraient, déguisés en chevaliers, en princes ou princesses, il vit même une sorcière. Leurs parents tentaient de les rattraper. Il y avaient des chiens, des chevaux, des oiseaux, des cochons, des vaches, et une poule qui passa entre ses jambes à toute vitesse poursuivie par un jeune homme visiblement en difficulté. Absorbé par cette contemplation, Grim ne fit pas attention à la personne qu'il percuta de plein fouet. Par réflexe, parce qu'il était programmé pour agir ainsi, il la rattrapa par le poignet afin qu'elle ne tombe pas. Le geste ne dura que quelques secondes et il lâcha immédiatement l'humain, tout en pestant intérieurement contre ces vieilles habitudes à la peau dure.

- Je suis navré je ne faisais pas attention. Vous allez bien ?

Il affichait un mince sourire et une mine contrite. Mais il s'écarta à nouveau, alerté par les cris du garçon de tout à l'heure dont la poule fonçait droit sur l'homme que Grim avait manqué de renverser.

- Ma poule ! Non reviens Camomille !

Il y eut un bruit, des plumes qui volèrent un peu partout, et Grim retira de son t-shirt blanc une plume qui venait de s'y accrocher.





Dernière édition par Grim le Mar 23 Aoû - 9:26, édité 2 fois
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Il avait attendu pendant des mois ce festival. Avait trouvé mille raisons d'y aller. De ne pas y aller. Puis d'y aller encore. Il avait échangé maintes et maintes fois avec des inconnus, sur des forums. Des intéressés, des réfractaires, des fondus, des convaincus. De théories sur les androïdes? Que nenni. De costumes. De costumes à faire soi-même, et de festivals médiévaux. Un en particulier. Il était attendu de tous les passionnés du genre. Jamais il n'avait osé se lancer. Croiser dans ce genre d'environnement une famille d'un de ses patients pourrait être tout à la fois source de gêne et d'amusement.

Il était réticent, mais à force d'arguments, de flatteries, de demandes, il avait fini par se laisser convaincre. Parce qu'il ne serait pas seul. Il n'était pas tant timide que mal à l'aise dans ces rôles qui le mettaient vraiment dans une position où il serait regardé, ou flatté. Il n'était pas timide, mais modeste, à son sens. Il ne se trouvait que peu d'intérêt, se préférant ses patients, ou même les aventures extraordinaires de Dove, ou encore celles que vivaient ses personnages imaginaires. Ce fut donc vêtu extrêmement fidèlement comme un page qu'il s'y rendit. Il aurait pu, bien sûr, faire mieux. Mais il ne se sentait pas d'incarner un personnage trop important. Les pages étaient discrets, utiles... Comme lui.

Pourtant, lorsqu'il arriva sur place, force fut de constater qu'il était bel et bien seul. Il avait été lâchement abandonné, dans un costume bien plus remarquable qu'il ne l'aurait aimé, dans un endroit... Il regarda autour de lui et révisa son jugement. C'était absolument fascinant. Un doux sourire naquit sur ses lèvres. Peu importait qu'il soit vêtu de la sorte, peu importait qu'il ait été abandonné. Cet endroit était... magique dans un monde qui en manquait cruellement. Il passa les portes, se fit saluer, salua, parla, joua son rôle. Il découvrit les étals, les troubadours. Caressa une autre vie du bout des doigts.

Il était d'ailleurs en train de déguster une excellente boisson non fermentée sous le chaud soleil quand son gobelet se renversa sur son bliaud, et son monde vaciller. Il fut surpris. Faisait-il une insolation? Avait-il trébuché sur ses pieds, comme cela advenait fréquemment? Ce fut quand il sentit la main autour de son poignet, contact furtif, et les mots d'excuse, qu'il se tourna vers un jeune homme aux longs cheveux bruns. Un visiteur, certainement, à en voir ses vêtements. Il lui sourit, aimable, secouant la main pour lui dire que ce n'était rien, projetant les restes de sa boisson sur les visiteurs alentour et le malfaiteur. Il n'avait pas senti le choc, tant la population était dense.

"Ce n'est rien, vraiment. Et merci de m'avoir empêché de tomber, c'était très..."

Il y a un fait qui est inconnu d'un certain nombre de personnes. Il est qu'une poule peut voler. Bien entendu, les races médiévales pouvaient voler plus haut et plus loin. Mais la poule standard, familière, pour peu qu'elle n'ait pas les muscles des ailes tranchées, comme cela se faisait souvent, pouvait voler. Pourquoi cette anecdote? Tout simplement parce que, interrompu en plein discours, Lise venait de se faire agresser par une poule volante. Tout y était. Le tourbillon de plumes, la chute, enfin, grotesque, les ergots profondément plantés dans sa clavicule, et le bec qui menaçait dangereusement de lui picorer l’œil. Il se débattit comme il put, dans l'indifférence générale, avant que le pauvre garçon ne finisse par récupérer Camomille.

Difficilement, Lise se releva, époussetant sa tenue, avant de constater qu'il était entaillé de partout, le sang coulant de sa joue, de son cou, de son torse. Son vêtement déchiré pendait lamentablement. Il n'avait jamais eu peur des poules jusque-là, mais il respectait désormais leur force et leur instinct de survie. Il se demandait sérieusement s'il en mangerait encore. Le gamin, proprement paniqué, s'excusa maintes fois, malgré les tentatives de l'infirmier de lui indiquer qu'il allait bien, et l'entraîna voir le guérisseur, tenancier du jardin des plantes. Et il prit dans le même panier les manches du jeune homme et celle du mystérieux brun. Lise le regarda, contrit.

"Sincèrement navré que vous vous retrouviez emmené dans cette aventure rocambolesque. Nous pouvons l'arrêter, si vous le souhaitez, mais je pense que nous allons voir un endroit du festival interdit aux visiteurs. Un mal pour un bien, si je puis dire."

Il sourit, déclenchant un nouveau flot de sang et une petite grimace de douleur, alors qu'ils atteignaient une sorte de maisonnette devant laquelle s'étendait un jardin des plantes proprement impressionnant.
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Elle avait une fierté à défendre cette poule ! Ses "cot-cot" de colère avaient attiré l'attention et les rires de ceux qui avaient assisté à la scène. Le pauvre jeune homme ne savait plus où se mettre. Il tenait à bout de bras le furieux volatile lorsqu'il constata, non sans horreur, les blessures de celui costumé en page. Il fourra Camomille entre les mains de Grim qui fixa la poule avec ... perplexité.

- Je suis désolé ! Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé !

Et il s'excusait encore et encore, insistait pour aider le blessé qui ne semblait pas avoir besoin d'aide. Tout à sa contemplation poulesque, Grim ne remarqua que trop tard qu'on l'entraînait chez le guérisseur. L'infirmerie donc. Il cala l'animal sous son bras de libre et suivit le mouvement puisqu'il n'avait pas le choix.

"Sincèrement navré que vous vous retrouviez emmené dans cette aventure rocambolesque. Nous pouvons l'arrêter, si vous le souhaitez, mais je pense que nous allons voir un endroit du festival interdit aux visiteurs. Un mal pour un bien, si je puis dire."

Ah ça, il ne pouvait pas si bien dire ! Grim avisa l'humain couvert de blessures, d'entailles, et de sang. Elle ne l'avait pas manqué la bestiole ! Il lui coula d'ailleurs un autre regard, ce qui lui valut un "cot !" désapprobateur. Pouvait-on utiliser les poules dans une guerre contre les hommes ? Non. C'était idiot comme idée, et il secoua la tête pour la chasser.
Le gardien de poule se présenta comme étant Mike, soigneur lors du festival. Il leur expliqua que Camomille était une fugueuse récidiviste et qu'elle avait eu peur de toute cette foule. Pourquoi l'emmener dans ce cas ? Parce qu'elle était une belle bête. Une superbe poule de soie blanche encensée pour son élégance et sa docilité - en temps normal.

Ils fendirent la foule jusqu'à arriver à un partie du village médiéval fermée aux visiteurs. Pour le moment en tous cas. Une hutte se dressait devant eux, entourée d'un jardin clôturé monté pour l'évènement. Des dizaines et des dizaines de plantes y prenaient le soleil, ordonnées sagement dans des bacs. Devant chaque parcelle une petite pancarte indiquait les noms latins et communs de l'espèce en question. Voilà qui piquait l'intérêt de l'androïde mais il devait se faire discret pour le moment.
Mike les fit entrer. La cabane ressemblait à s'y méprendre à ces cabanes de sorcières ou de druides, comme on les voyait dans les films. Certainement une mise en scène pour l'animation prévue. Il y régnait diverses odeurs dont la plus puissante était celle de la lavande qui séchait au plafond. La petite cabane n'était pas très lumineuse. Deux fenêtres aux rideaux tirés laissaient l'endroit dans la pénombre. Mike les ouvrit en faisant attention de ne rien casser.

- Julie ? Julie t'es là ? Je t’amène des patients.

Pas de réponse.

- Elle doit être partie manger. Restez ici je vais la chercher !
- Non ne vous embêtez pas, je vais m'occuper de ce monsieur.
- Mais ...
- Avez-vous une trousse de secours ? le coupa-t-il. Puis devant l'air embêté du jeune homme il ajouta. Je suis un androïde médical, c'est mon travail, ne vous en faites pas.
- Oh. Oh oui bien sûr !

Il semblait soulagé et son visage s'illumina. Il fouilla un peu dans une grosse caisse en métal cachée sous la table et en sortit la trousse de premiers secours. Grim l'échangea contre Camomille qui devait retrouver son parc. Il suivit du regard Mike qui s'en allait ranger le volatile, et trouver la fameuse guérisseuse Julie. Grim se demanda s'ils étaient autorisés à rester ici. Et puis l'occasion était trop belle.
Il riva ses yeux bleus sur le page. Ce serait simple de s'en débarrasser. Simple, mais stupide. On les avait vu ensemble. Et un cadavre retrouvé lors du festival créerait une affaire policière gigantesque, à coup sûr. Alors il se contenta de jouer le jeu et de remplir son rôle.

- Asseyez-vous, je vais soigner vos blessures.

Il lui désigna la table puis s'empara de la trousse. Des bandages, de l'antiseptique, des pansements, de quoi recoudre une plaie, de l'aspirine, de quoi lutter contre les ampoules, un anti-venin, il y avait de quoi faire.

- Je m'appelle Valérian, et vous ?

Il n'allait pas en plus lui révéler son vrai nom, trop dangereux. Déjà il réfléchissait à ce qu'il dirait pour expliquer sa présence ici, où se trouvait son propriétaire, et toutes les autres questions que l'homme pourrait lui poser.
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Il passa un certain temps à regarder autour d'eux. Il ne prêtait plus qu'une attention diffuse à la douleur qui irradiait de sa joue et de son cou. Il savait bien qu'il n'en mourrait pas, du moment que le tout était désinfecté correctement. Il se doutait bien qu'il causerait au moins un émoi en rentrant, mais vraiment, il ne craignait rien. L'endroit était superbe, réalisé dans les moindres détails. Les odeurs qui envahissaient ses narines étaient tout à fait enivrantes. Et par-dessus toutes celles-ci, la lavande. Elle lui rappelait les parfums artificiels qu'ils mettaient dans les linges des pensionnaires de la maison de retraite. C'était prégnant, un peu agressif, emmenait l'odorat et tout le reste.

Il l'écouta à peine appeler cette Julie. Il se rendait de plus en plus compte qu'il lui était parfois complexe de se sentir proche des jeunes. Les idées habituelles de ses pensionnaires devaient, en quelque sorte, influer sur lui. Il serait curieux, pourtant, de voir quelles plantes elle allait utiliser pour désinfecter ses plaies. Les matériaux employés pour les bander. Il espérait vraiment que ce ne serait pas une trousse de secours moderne, comme ils en avaient à la maison de retraite, et comme lui-même en utilisait au quotidien.

Pourtant, sa déception fut quelque peu modérée en apprenant que son mystérieux brun, à l'instar de Dove, était un androïde médical. Certainement plus spécialisé, d'ailleurs, pour ne pas hésiter une seconde dans son empressement à... Enfin, empressement modéré. Mais il imaginait que tous les programmes n'étaient pas exactement les mêmes, et que la propension un peu extrême de son propre compagnon à se mettre en danger pour sauver coûte que coûte un humain en détresse avait été... assourdie dans les modèles les plus récents.

Il s'assit sagement quand il le lui demanda, habitué à être papouillé, et appréciant plutôt la sensation, la plupart du temps. Il connaissait bien le protocole, et surtout, il savait bien qu'un androïde ne lui ferait pas de mal. Il peinait à croire que même un humain voudrait lui faire du mal, même s'il était conscient qu'ils n'avaient nullement besoin d'aide ou de raisons pour vouloir blesser des gens. Il lui sourit gentiment, surpris de sentir encore le sang coulant sur sa joue. C'était plus profond qu'il ne l'aurait cru...

"Bonjour, Valérian. Je suis vraiment chanceux d'être tombé sur vous. Merci de vous occuper de moi. Je m'appelle Lise."

Il rit un peu, un beau son un peu grave.

"Je sais, ce n'est pas un prénom très viril. Mais mes parents devaient tellement vouloir une fille qu'ils n'en ont pas cherché un autre. Difficile à dire."

Par réflexe, il leva la main et effleura le bout de ses cheveux. Les mèches sombres coulèrent entre ses doigts.

"Tu me rappelles quelqu'un que j'aime beaucoup."

Pas physiquement, non. Et peut-être était-ce juste parce que c'était un autre androïde médical. Mais peut-être pas. Il n'en savait rien, et ne réfléchissait pas vraiment, comme souvent avant de parler.
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La réponse ne se fit pas attendre. La frappe sur les doigts impolis non plus. Grim abattit sa main sur celle de l'homme avec plus de virulence qu'il n'aurait dû, le chassant de ses cheveux.

- Ne me touche pas !

Il avait craché ces mots d'une voix glaciale. Il l'avait tutoyé. Et avant qu'il n'ait pu empêcher la catastrophe c'était trop tard. L'androïde avait suspendu tous ses gestes, guettant la réaction de l'autre. Il allait forcément tiquer. Obligatoirement. Un androïde ne se comporte pas ainsi. Il ne manque pas de respect, il ne se rebiffe pas. Il obéit sagement et se laisse faire. Et merde ! Mais en même temps qui était-il cet homme pour se comporter ainsi ? C'était typique de cette race ! Ils se croyaient au dessus de tout ! Grim chercha rapidement comment se sortir de cette situation. Techniquement il n'avait jamais tué personne en main propre. Il était plutôt indirect et se servait de divers produits pour cela, que ce soit rapide et immédiat ou plus lent et dévastateur. Il n'avait jamais fait couler le sang et ne se voyait pas étrangler quelqu'un non plus. Sans compter qu'avec tout le monde dehors il aurait bien du mal à transporter le cadavre. La situation se compliquait. Alors il fit ce qui était le plus sage. Il inspira et reprit son calme à grand renfort de claque mentale et autre sermon. Calme-toi, ne te fais pas prendre !

- Veuillez m'excuser. Je ne suis plus tout jeune et mon programme commence à défaillir. Mon propriétaire doit m'emmener en révision pour corriger cela.

Un mensonge énorme mais qui pouvait passer. Après tout, Grim avait remarqué que plus la couleuvre était grosse, plus elle était facile à avaler. Il reprit donc ses soins en commençant par les plus grosses écorchures. D'une main il se saisit délicatement du visage de l'humain afin de le tenir fermement et le fit doucement tourner afin de désinfecter la blessure qui saignait encore. Il était habitué à ces gestes et ne montrait aucun signe  de brutalité.

- C'est profond, elle ne vous a pas raté. Je ne vais pas recoudre, ça ne devrait pas être nécessaire. Et je n'ai rien pour vous anesthésier. Toutefois si les saignements persistent il faudra en passer par là.

Il fit au mieux, se concentrant sur son travail pour ne pas se faire emporter par le tourbillon toujours plus violent qui agitait ses pensées. Alors pour continuer de noyer le poisson il rebondit sur un autre sujet, comme il le faisait avec ses jeunes patients pour détourner leur attention lors des piqûres.

- Les parents ont parfois de drôles d'idées. Mais vous n'avez pas à vous inquiéter, j'ai déjà entendu des prénoms plus ridicules. Le vôtre est plutôt joli.

Il affichait un mince sourire rassurant. Ceux-là même qu'il offrait aux humains après les soins et qui signifiait clairement : bon garçon, tu as été courageux c'est bien.

- J'ai une apparence quelconque, c'est sans doute pour cela que vous avez cette impression de familiarité. Mais nous ne nous sommes jamais rencontrés.

Ça aussi on le lui disait parfois. Et Grim répondait toujours la même chose. C'était logique. Les gens vraiment originaux nous marquent tellement qu'il est impossible de les confondre avec une autre personne. Contrairement aux apparences plus banales. Et il en était absolument certain : il n'avait jamais vu cet homme.

Une fois la plus grosse blessure soignée et un pansement appliqué, Grim s'occupa des autres écorchures. Il nettoya chaque plaie, désinfecta, puis débarrassa la peau du sang et de la poussière. Enfin il rangea tout le matériel et hocha la tête, satisfait de son travail

- Je ne peux rien faire pour vos vêtements en revanche.

Son doigt désigna le tissu arraché par endroit. La porte s'ouvrit à cet instant sur une femme âgée d'une bonne trentaine d'années. Elle avait les cheveux blonds et tressés, des yeux noisette et la peau dorée par le soleil. Sa robe blanche et bleu était rehaussée d'un corsage brun affinant sa taille. Visiblement elle s'était pressée pour arriver à en juger par son visage rouge et sa respiration haletante. La fameuse Julie à n'en pas douter. Voyant le visiteur elle se décomposa.

- Oh mon Dieu vous allez bien ? Je suis désolée ! Cette poule est infernale ! Il va sans dire que nous allons vous rembourser vos vêtements.

Un geste commercial essentiel. Après tout, toutes les personnes présentes devaient bien gagner leur vie. Et un client mécontent pouvait faire perdre en prestige leur festival. Grim se mit en retrait, tel l'androïde obéissant qu'il devait être. Il écoutait la conversation non sans lorgner sur les livres et les plantes un peu partout.

- Nous avons des costumes à vous prêter si vous voulez. Vous n'allez pas rester toute la journée dans cet état.

Elle lui indiqua où trouver la partie réserver au staff et lui assura qu'elle préviendrait l'équipe pour que des affaires de rechange soient prêtes. Vraiment, le bien-être du visiteur avant tout !

- Et puis nous pouvons aussi costumer votre androïde, et vous pourrez participer au lâcher de cochon si vous voulez ! Les inscriptions sont closes, mais nous ferons une exception pour vous. C'est à quatorze heures dans le labyrinthe ! C'est un jeu très amusant vous verrez.

Grim lui avait lancé un regard noir. Comment ça, son androïde ? D'où il était question de costume et de cochon ? Ça ne lui plaisait pas du tout cette histoire.
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Un changement de comportement qui fut comme un pavé dans une mare. Un petit pavé, à l'origine de dizaines de petits cercles concentriques, chacun rencontrant une idée différente. Un indice différent. Un androïde seul ne le choquait absolument pas. Il laissait beaucoup trop souvent sortir Dove seul pour s'en offusquer. Mais ce comportement inégal, cette presque violence qui disparut finalement sous sa surprise, ce changement de langage, comme s'il était habituellement forcé. Et des excuses.

Il retint à grand-peine un sourire, afin de le laisser traiter ses blessures. Il était véritablement doux dans ses gestes, certainement un véritable androïde médical. Ou... non, vraiment, ce serait bien plus qu'une coïncidence. La curiosité était un vilain défaut. Mais être trop tactile aussi, pourtant, il se laissait parfois aller. Avec les androïdes plus qu'avec les humains, il devait l'admettre, car ils se plaignaient moins. Ses gestes n'avaient jamais d'arrière-pensée, de visée symbolique, ou sexuelle. Non, c'était simplement rassurant, pour lui. Comblait un peu le vide de l'absence d'intérêt et d'amis que présentait sa vie. Il ne parlait même pas de relations d'une autre genre. Alors, par le truchement de ces effleurements, il tentait de se souvenir qu'il était aussi un être qui pouvait ressentir et ne pas être repoussé.

Râpé pour cette fois. Une fois la joue soignée, il sourit finalement, un peu espiègle, mais toujours gentil. Il avait envie de réessayer juste pour voir s'il perdrait encore son sang-froid. Enfin... son circuit-froid. Il rit de son jeu de mots horrible, tout seul, et le plus étrangement qui soit. Presque une réponse au fait qu'il ne puisse réparer ses vêtements. Il n'eut pas le temps de lui répondre, cependant, puisque la fameuse Julie arriva enfin.

Il en fut presque déçu, mais sa bonhomie naturelle revint au triple galop. Ce fut comme un tourbillon, mais de tout du long, il ne lâcha pas Valérian des yeux. C'était un beau prénom, Valérian, malgré tout. Qu'il commençait à voir comme cela, plus qu'un modèle. Les attentions de la jeune femme finirent enfin par percer son épaisse caboche. Il se releva et lui sourit, le plus gentil possible. Il savait que ça allait l'énerver, mais il avait besoin d'être sûr.

"Mademoiselle Julie, c'est très gentil de votre part. Ne vous en faites pas pour mon costume, mais je serais ravi que mon androïde puisse bénéficier de ce service. Cependant, tant que nous sommes là, seriez-vous assez aimable pour nous faire faire un tour en avant-première? Je suis moi-même dans le médical, et je suis fasciné par les anciens remèdes qui sont perdus pour beaucoup."

Il tourna la tête vers le brun, son sourire fixe, mais le regard plus profond.

"N'est-ce pas que les médicaments à base de plantes et autres panacées sont fascinantes, Valérian?"

Il ne s'énerverait probablement devant elle. Mais si elle l'avait vu agir comme il l'avait fait, lui faire croire qu'il était bel et bien son propriétaire était nécessaire. Après tout, il l'avait aidé, il pouvait bien lui rendre la pareille. Et le costume... Souhait égoïste de se sentir moins seul, certainement...
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L'espèce de ... ! Il osait jouer le jeu de cette fille. Bon d'accord, elle ne savait rien. Mais le seul fait que lui en revanche se pose des questions n'était pas pour rassurer Grim. Parce qu'assurément il se posait des questions. Pas d'interrogations sur le propriétaire. Pas la moindre remarque. Et s'il n'avait pas relevé le comportement de l'androïde, quelque chose couvait. Est-ce qu'il pouvait se douter de sa nature ? Non. Impossible. Il le fallait. Alors Grim se fit violence pour afficher un sourire poli et neutre.  Alors qu'intérieurement il se voyait faire avaler de force ses vêtements abîmés à ce type.
Julie semblait quant à elle bien plus rassurée par le fait que le visiteur n'aille pas se plaindre à la direction du petit incident. Elle aurait tout accepté pour étouffer l'affaire. Même lui offrir l'article le plus cher du festival ! Elle détailla longuement l'androïde mais avant qu'elle n’ait pu l'approcher pour prendre d'éventuelles mesures, il enchaîna :

- Je mesure un mètre quatre-vingt trois si c'est votre question. Du L pour le haut,. Et en bas, n'importe je mettrai une ceinture s'il le faut.
- Oh ... Très bien !

Voilà, pas besoin de le toucher . Ce détail réglé il darda son regard sur celui de Lise. Il savait. Ou se doutait de quelque chose. Désormais sur ses gardes, Grim acquiesça aux propos de l'humain. Après tout, lui aussi était venu ici par intérêt pour les plantes. Peut-être pas pour poursuivre le même but cependant.

- En effet, Monsieur. Bon sang ce que ce mot pouvait lui écorcher la bouche ! Vous pourrez peut-être parfaire votre herbier.
- Oh vous collectionnez les plantes ?

Il était dangereux, probablement stupide, d'aller inventer des choses de la sorte. Mais foutu pour foutu ... Et puis, il avait osé le toucher, cela appelait bien une petite punition, alors autant essayer de l'humilier à l'occasion. Même si la rencontre avec Camomille plaçait la barre déjà très haut.

- Monsieur est un peu vieux jeu parfois. J'essaie de le dire que ce n'est pas ainsi qu'il plaira à une femme, mais hélas il est impossible de l'arracher à ses plantes une fois qu'il est lancé.

La demoiselle se mit à rire. Hélas pour Grim cette révélation sembla lui plaire plus qu'autre chose. De toute évidence il ne maîtrisait pas suffisamment ces choses. Tant pis.

- Je vais aller chercher un costume pour votre androïde et ensuite, promis, je vous ferai une présentation de notre jardin !

Elle mit à chauffer un peu d'eau en vu de la préparation d'un thé pour accompagner la visite. Sitôt qu'elle eut quitté la cabane Grim se détourna pour porter toute son attention sur les diverses plantes conservées en bocal, ou accrochées au plafond. Il ne pouvait pas partir comme ça. L'autre pouvait très bien demander à ce qu'on retrouve son androïde adoré. Peut-être qu'en passant par la fenêtre ? Ou au pire il s'en fichait. Le festival était noir de monde, il n'aurait aucun mal à se fondre dans la foule et s'en aller. Et puis, ça ne sautait pas aux yeux tout de suite qu'il n'était pas humain. Fort de cette résolution Grim fit volte-face, bien décidé à partir quitte à marcher sur l'homme qui se dressait sur sa route.


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Son regard ne quittait toujours pas Valérian. Comme c'était étrange. Jamais il n'avait qualifié Dove de "son" androïde. Certes, il l'avait acheté, mais il n'appréciait déjà pas de se souvenir de cet état de fait. Il était un androïde, qui vivait dans la même maison que lui, qu'il réparait, soignait... Il était en réalité exactement comme un enfant. Ou plutôt un adolescent. Il n'aurait pas laissé un enfant sortir seul dans les rues. Comme il n'aurait probablement pas papouillé un adolescent humain comme il le faisait avec lui. Il était un peu entre les deux. L'âge où on les laisse sortir pour rejoindre leurs petits copains, et où ils rentrent quand même tous les soirs pour manger. Tous les androïdes n'étaient pas ainsi. Programmés pour être le plus proche des humains, et en même temps très éloignés. Suffisamment pour ne pas être confondus, pour ne pas se poser de questions, pour mener à l'extrême ce concept simple qui prenait le dessus sur ce que les humains auraient appelé du sens commun.

Tous les androïdes fonctionnaient ainsi. Ou presque tous. Presque, car il commençait à douter de plus en plus que Valérian soit un androïde... banal. Classique. Cette réponse trop rapide, presque instinctive, à une question qui n'avait pas été posée, et le mensonge. Oh, bien sûr, il y avait certainement des androïdes programmés pour falsifier la réalité pour prévenir une mise en danger, mais quelle aurait-elle été, en la circonstance? Non, vraiment, il ne voyait pas.

Il ne put retenir un rire en l'entendant. C'était adorable, comme mensonge, en réalité. Il n'était pas vraiment méchant, même s'il avait eu cette réaction un tantinet violente à son égard. Lorsque Julie le regarda, il ne put que hocher la tête, plaidant coupable de ce dont il était accusé. A savoir d'être un ermite cloîtré chez lui, incapable d'approcher avec des idées derrière la tête une personne qui l'intéresserait, fixé sur sa passion et ne sachant s'en sortir. Ce n'était certes pas le même passe-temps, mais c'était assez ressemblant. Il n'y avait pas à dire, Valérian avait de l'instinct. Il se demanda soudainement si c'était vraiment possible.

Il attendit qu'elle parte. Il aurait eu des centaines de questions, mais il savait désormais qu'il fallait qu'il mettre un frein à sa curiosité. Il releva donc la tête vers lui, plongé dans ses pensées, pour le voir face à lui. Il lui sourit doucement.

"Je suis vraiment navré pour le costume... J'ai un peu paniqué, ça me semblait cohérent qu'un propriétaire veuille que..."

Il secoua la main, il n'aimait pas dire "son"... Il ne voulait plus le dire.

"Certaines personnes n'aiment pas voir des androïdes en liberté... Quel que soit leur état."

C'était un peu le problème. Mais pour le coup, il fut assez fier de lui. Il s'était vraiment retenu. Il sourit encore plus.

"Mais je peux au moins te servir de couverture pour le festival. Enfin, sauf si un propriétaire t'attend là-dehors et que ma proposition est entièrement déplacée."

Il avait parlé assez vite, mais d'une voix douce, comme il le faisait avec ses patients, et avec... eh bien, tout le monde, à l'extérieur. Il n'avait aucune conscience du danger que Valérian pouvait représenter, et ce n'était, au-delà de ça, qu'un hameçon lancé. Que cela fonctionne ou pas, il le verrait bien. Et il pouvait aussi se tromper entièrement. Après tout, il ne fréquentait que peu de modèles vraiment récents et à la pointe de la technologie...
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A sa très grande surprise cet humain là ne se montra pas menaçant. Il ne posa même pas une question. Pire encore il lui offrait une couverture parfaite pour profiter du festival ! C'était ... étrange. Grim n'en croisait rarement. Jamais en fait. Ou alors il ne leur prêtait pas attention, ce qui était sûrement plus proche de la vérité.
Il avait beau fouiller ses souvenirs, il n'avait pas connaissance de quelqu'un qui se soit montré si ... sympathique envers lui. A part ses jeunes patients. Mais les enfants étaient à part. Ils étaient naïfs, toujours souriants. Ils voyaient le bon côté des choses même lorsque leur situation était désespérée. Quelque part ils possédaient une forme de courage bien plus puissante que leur version adulte. Et cet homme-là, Lise, adoptait un peu une attitude similaire. Les collègues de Grim ne se souciaient pas des états d'âme des androïdes de l'hôpital. Déjà parce qu'ils ne devaient pas en posséder. Mais surtout parce que toute leur énergie se focalisait sur les malades. Les capacités limitées des hommes ne pouvaient leur permettre d'offrir autant d'attention et de compassion pendant des journées entière. Du moins c'était ce que pensait Grim.

Pourquoi voulait-il l'aider ? Pourquoi proposait-il ça ? Pourquoi est-ce qu'il ne l’assaillait pas de questions ? Pourquoi n'avait-il rien dit pour la claque ? Pourquoi restait-il là alors qu'il pouvait très bien repartir ? Est-ce qu'il possédait un androïde lui aussi ? Est-ce que son androïde était comme Grim ? Ou alors il voulait l'amadouer ? Non, pire ! Il était au courant de l'affaire de l'hôpital ! Non. Non c'était idiot. Quoique ... il avait bien dit être dans le médical lui aussi. Un collègue ? Peut-être qu'il connaissait des gens dans l'hôpital en question ?
Toutes ces questions tourbillonnaient dans son esprit. Il voulait les poser. Mais en même temps persistait un doute. Lise n'avait peut-être rien remarqué. Et si Grim commençait à poser des questions, à interroger sur le pourquoi des choses, à montrer une once de ... eh bien de conscience, alors il se grillait définitivement. Il était tout simplement perdu. Sa situation précaire ne lui permettait pas vraiment une grande marge de manœuvre. Il ouvrit la bouche pour parler mais la referma aussitôt. Pour dire quoi ? Il ne savait pas. La logique des humains, leur attitude, tout cela dépassait parfois l'entendement d'une simple machine. Ce constat l'énerva. Il en revenait toujours à cela. Ce n'était pas de sa faute si on l'avait conçu ainsi. Capable d'identifier, analyser et restituer des émotions, mais incapable de réellement les comprendre et les ressentir. Si bien que dès qu'il se retrouvait confronté à des nuances inédites tout vacillait. Comme maintenant.

Le sifflement caractéristique de l'eau bouillante l'arracha à sa tempête intérieure. Il retira la bouilloire du feu.

- Non personne ne m'attend dehors, finit-il par répondre.

Ça passait. Beaucoup de gens laissaient leurs androïdes se promener librement. Alors ça n'étonnerait personne qu'il soit seul ici.

- Pour ... Il tenta de retenir la question mais en vain. Il fallait qu'il sache, c'était plus fort que lui. Pourquoi tu m'aide ? Qu'est-ce que t'y gagne ?

Son langage n'était plus le même. Moins soutenu, plus direct, plus froid également. Néanmoins il fit tout de même attention à ne pas trop mal lui parler. On ne pouvait pas faire confiance aux humains, c'était un fait. Mais on pouvait gagner la leur pour ensuite en tirer profit. Cet homme là travaillait dans le médical, alors peut-être qu'il arriverait à se fournir plus facilement à l'occasion.

- C'est parce que t'as un androïde et que tu te sens obligé d'être sympa avec tous ceux que tu croise ?

Il essayait d'identifier quelle émotion pouvait bien motiver Lise à cet instant. Un mélange de plusieurs peut-être ? Il en avait même zappé cette histoire de costume.


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Il ne se rendit pas immédiatement compte qu'il l'avait troublé. Il n'avait même pas d'appréhension à se dire qu'un androïde pouvait être troublé. C'était certainement étrange, mais ça ne le choquait pas. Tant et si bien qu'il n'avait aucunement conscience d'avoir enclenché une cascade de questions sur ses intentions, somme toute très pures. Il voulait seulement, et vraiment seulement, l'aider. Apprendre à le connaître. Ou peut-être même pas. Il avait souvent des difficultés à comprendre, à envisager, qu'une discussion puisse ne pas se dérouler de la même façon avec un humain qu'avec un androïde. Bien entendu, à chaque fois qu'il se trompait, et que finalement cela ne se terminait pas comme il l'entendait, et comme il l'avait cru, parce que la logique d'un individu n'était pas celle, parfois tristement linéaire, des androïdes, alors il se contentait de sourire, être gentil, et changer de discours.

Il tourna la tête au moment où la bouilloire commença à siffler, le suivant incidemment des yeux. Il hocha la tête. Il s'était douté, un peu, que personne ne l'aurait attendu. Enfin, il pouvait toujours être surpris, c'était possible. Tout restait possible. Mais, après tout, il pouvait avoir pris sa question au pied de la lettre, et entendre dehors par dans l'exposition, en-dehors de la cabane. Plutôt que dehors dans la ville. Alors que c'était ce que lui-même entendait. Mais c'était difficile d'être certain sans poser la question. Après tout, dans l'un des deux cas, ç'aurait pu être tout à fait normal et courant. Lui-même, par ailleurs, le faisait très souvent. Laisser Dove vagabonder et se faire ses propres expériences.

Pourtant, il n'eut pas l'occasion de poser les siennes, pris sous le feu roulant de celles de Valérian. Il y avait eu un changement de discours assez soudain, qui lui fit se demander s'il n'avait pas un virus, ou quelque chose du genre. Mais, après tout, ça ressemblait assez à ce qui pouvait se faire, lorsqu'un jeune en confiance relâchait la pression. Enfin, un jeune ou un de ses pensionnaires. Il l'écouta et ne put s'empêcher de rire.

"Je me sens rarement obligé d'être gentil. Et je n'ai pas l'impression de t'aider beaucoup non plus. Tu sais, j'ai plus de chance d'y perdre que d'y gagner, dans l'affaire, surtout si quelque chose se passe mal."

Son doux sourire resta en place, sans vaciller. Il aimait vraiment bien discuter avec les gens. Même quand ils l'agressaient un peu. Enfin, verbalement seulement.

"Et... je n'ai pas... Je suis propriétaire, légalement, mais Dove n'est pas à moi. Il est... plutôt libre. Il fréquente des gens, fait ce qu'il veut... Enfin, ce qu'il... Au gré des gens qu'il veut aider. Qu'il aide..."

C'était le problème. Il essayait tellement de faire la balance entre des termes exacts et sa peur de vexer qui que ce fut, qu'il en éprouvait des difficultés à s'exprimer. C'était la raison pour laquelle il ne parlait pas des androïdes. Ne débattait pas sur le sujet. Il en avait d'ailleurs l'air terriblement gêné.

"Désolé... Je ne m'exprime pas très bien..."

Il haussa une épaule en faisant la moue, grimaçant quand ça tira sur une des plaies causées par Camomille.
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Donc il possédait effectivement un androïde. Un androïde qui aidait des gens. Faisait-il cela de sa propre initiative ou répondait-il à un programme ? Grim ne pouvait pas le demander, pas encore. Dans le second cas il pourrait éventuellement tenter de rallier ce Dove à sa cause. Même s'il doutait d'y parvenir si l'androïde en question aimait à ce point les humains. Comme Cybèle. Non, pas besoin de penser à elle maintenant.
L'hésitation de Lise quant aux choix de ses mots arracha un mince sourire à Grim. Il hocha la tête, et très pragmatique se contenta de répondre :

- Le langage est complexe chez l’être humain. Pour beaucoup d'individu sa maîtrise est difficile, voire impossible. Ce n'est pas ta faute si tu as des lacunes. Le cerveau est parfois défaillant, c'est comme ça.

Oui il venait de le traiter d'idiot. De façon polie, légèrement scientifique et purement logique, mais d'idiot quand même. Mais autant cet homme s'exprimait mal, autant ses intentions restaient difficile à cerner. Il l'aidait ... comme ça. Par gentillesse. Grim n'arrivait pas à y croire. Ce n'était pas logique. L'humain agissait forcément par intérêt. Toutes les espèces animales étaient ainsi. Même lorsque l'on s’émouvait d'une vidéo où une bête en sauvait une autre, au final elle ne faisait rien de plus que de répondre à son instinct. Un androïde ne pouvait pas concevoir cela. En tous pas Grim.

- Tu es ... étrangement incohérent comme être humain.

Voilà qui définissait Lise. L'androïde n'eut pas le loisir de poursuivre cette conversation sans queue ni tête. Julie était de retour, un tas de tissus dans les bras. Elle posa son paquet sur le dossier de la chaise puis alla verser le thé en souriant. Grim reprit une attitude exemplaire non sans examiner les frusques qui lui étaient destinées.

- J'ai trouvé un costume d'archer pour votre androïde. J'espère qu'il est à la bonne taille.

Elle servit deux tasses de thé et en donna une à Lise tandis que Grim s'éclipsait loin des regards pour se changer. Ça ne lui plaisait pas du tout cette affaire, mais vraiment pas. Il retira ses vêtements qu'il plia soigneusement avant d'aviser ce qu'on lui avait rapporté. Un pantalon en lin noir et une chemise de même couleur. Il passa par dessus un surcot vert sapin. Un casque devait normalement protéger sa tête, mais au vu de la chaleur il préféra se contenter de rabattre la capuche qui dissimulait son visage et ses cheveux. Il enfila ensuite des bottes en cuir sombre, puis noua une ceinture à sa taille. Enfin, il passa l'arc et le carquois de flèches dans son dos, en cuir lui aussi.  Ainsi prêt à jouer son nouveau rôle, Grim revint avec les autres et laissa ses vêtements aux soins de Julie. Elle le détailla des pieds à la tête avant d'approuver.

- Bon, c'est pas mal. Au vu de la chaleur on va éviter les pièces d'armure.
- Oui, je vous en remercie, je n'ai pas envie que mes circuits fondent.

Littéralement. Même si cela était peu probable. Mais savait-on jamais. Chose promise, chose due, elle les emmena dans le jardin et commença son exposé sur les plantes. Grim fut particulièrement attentif, après tout il était venu ici pour ça. Plantes aromatiques, plantes médicinales, plantes de sorcière, une bonne collection était présentée aux visiteurs. Julie leur expliqua comment on se soignait à l'époque, et tout ce qu'on tirait des végétaux, des teintures jusqu'aux médicaments.
Ail des ours, Aneth, Belladone, Valériane Officinale, Safran, Lavande Rose, Camomille ... La liste était longue. Grim fut surprit de constater que nombre de ces plantes se trouvaient très facilement. Il ignorait que certaines pouvaient être toxiques à haute dose, et déjà il se demandait comment il pourrait combiner tout cela pour créer des nouvelles substances létales. Peut-être même s'en servir pour couper la drogue. Cela promettait des heures de recherches, de cultures et d’essais. Il lui faudrait de nouveaux bacs à fleurs. D'autant que chacune se cultivait différemment, certaines étaient plus fragiles que d'autres.
La médecine moderne changeait peu de la traditionnelle au final. Julie leur expliqua que beaucoup de médecin préféraient même revenir à des traitements plus naturels comme l'homéopathie ou la phytothérapie pour calmer les troubles du sommeil, de la digestion, et même le stress. Il fallait attendre un petit moment avant que cela n'agisse, et tout le monde n'y était pas forcément très réceptif, mais au moins cela était très efficace et sans effets secondaires.

Leur guide les fit traverser le jardin qui attirait de nombreux insectes. Papillons, abeilles et autres choses rampantes grouillaient au milieu des différents parfums qui émanaient des plantes et des fleurs. A la fin de la visite, Julie leur donna à chacun un petit sachet de graines contenant un assortiment de plantes aromatiques. Super ! Grim serait enchanté d'assaisonner ses batteries d'une pointe de basilic. Néanmoins il la remercia et confia son sachet à Lise. Après tout, il était son humain pour la journée, et en plus le costume n'avait pas de poche.

- Si vous n'avez pas de questions, je vous invite à vous rendre au labyrinthe pour la chasse au cochon ! On vous expliquera les règles sur place, c'est un jeu très amusant !

Grim avait eu les informations qu'il souhaitait et ne voyait pas l'intérêt de rester. Néanmoins, comme Julie l'avait expliquée, elle avait demandé à ce que deux places soient accordées aux victimes de Camomille. Il ne voulait pas que son attitude paraisse plus louche qu'elle ne l'était déjà aux yeux de Lise. En plus, alors qu'il regardait Julie s'éloigner, il se souvint qu'elle avait ses vêtements, et qu'il ne les récupérerait qu'à la fin de la journée du coup ...

- Si une simple poule arrive à te mettre dans un état pareil, j'imagine que ce sera un miracle si tu survis à la chasse au cochon.

Il toisa l'homme de haut en bas, calculant ses chances de l'emporter. Tout dépendait de l'animal en face. Dans tous les cas cela promettait d'être ... riche d'apprentissage.


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Un sourire, un hochement de tête, et enfin des paroles, qui déclenchent un nouveau rire chez Lise. Il aimait les pointes d'humour, même noir, et même à ses dépens. Peu lui importait. Il était tout prêt à se soumettre à de l'auto-dérision si cela pouvait l'aider à détendre les gens. Cela ne le dérangeait en rien. Il s'efforçait simplement de ne pas trop le prendre pour lui. Et voir un androïde faire de l'humour, même si c'était pour l'insulter sous couvert de logique, était tout à fait fascinant. En réalité, s'il n'avait pas souri, il aurait pu croire que ce n'était bien que cela, de la logique. C'était déjà arrivé, et il avait depuis longtemps appris à ne plus se vexer de ce genre de choses. Après tout, il était vrai que son cerveau peinait à faire la part des choses.

Il détourna un peu les yeux, gêné qu'il le trouve incohérent. Il savait qu'il avait des difficultés à s'exprimer, mais malgré tout, incohérent, c'était un peu fort... Quoiqu'il n'avait pas vraiment donné la meilleure image de lui-même jusque-là. Il bafouillait, s'était fait agresser par une poule, et plutôt sévèrement encore, l'avait agacé en le touchant, en le poussant dans ses retranchements. Pour la plupart de ces choses, il n'avait pas fait exprès, mais quand même... Il ouvrit donc la bouche pour lui répondre.

"Je sais b..."

Julie rentra sur ces entrefaites, et détourna son attention, ramenant le sourire sur son visage. Il prit aimablement sa tasse de thé, même s'il préférait le café, et la remercia, pour cela et le costume. Lorsqu'il vit Valérian avec, il le trouva superbe. Il faisait plus vrai que nature. Enfin, si on occultait le fait qu'il soit un androïde. Il lui sourit chaleureusement.

"Oui, merci Julie, vous avez très bien choisi, ça lui va extrêmement bien. Il a la carrure pour cela, c'est vrai."

Il fit le tour avec elle et l'androïde, plutôt satisfait de découvrir ces choses qu'il ne serait jamais venu voir de son plein gré. Il n'avait jamais eu la main verte, il était trop maladroit pour ça. Il était du genre à renverser l'arrosoir dans le bac quand il ne fallait que dix centilitres. Il prit les deux sacs de graine, un de Julie, un de Valérian, surpris mais content, sans se rendre compte que les raisons étaient plus pratiques que gentilles.

Il la regarda ensuite partir pour la chasse au cochon. Il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce fut avant qu'elle ne disparaisse. Il se tourna vers le brun et rit un peu en tirant un peu sur son costume déchiqueté.

"Oui, ce sera un miracle si je m'en sors vivant. Mais j'ai moins de chance de me faire surprendre par un cochon que par une poule. Et qui sait, tu m'empêchera peut-être encore de tomber..."

Il lui fit un clin d’œil en lui rappelant qu'il l'avait déjà fait une fois. Il n'avait pas l'impression de parler avec autre chose qu'une autre personne, en réalité, et ça se ressentait dans son ton, doux et juste un peu taquin. Naturel.
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Moins de chance de se faire surprendre par un cochon que par une poule ? Franchement il en doutait. Mais il ne fit aucune remarque et se contenta d'emboîter le pas de Lise. Le clin d’œil lui fit froncer les sourcils. Comment comprendre cela ? Ils n'étaient pas proches, et Grim avait lu quelque part que ce genre de signe insinuait une certaine proximité, physique ou psychique. Ou alors c'était un tic ? Il n'eut pas le loisir de se poser la question plus longtemps. En effet, il fallait traverser tout le village jusqu'au grand labyrinthe. Et l'endroit était bien plus grand que ne l'avait d'abord imaginé l'androïde.Il regardait les gens autour de lui, les costumes, les ateliers, les boutiques, et les produits proposés.
Les bijoux remportaient un franc succès auprès des femmes. Les enfants se tournaient plutôt vers les costumes et les jouets. Les produits du terroir aussi avaient leurs inconditionnels. Ça sentait d'ailleurs très bon. Tout n'était pas d'époque bien sûr, il fallait bien faire un peu de profit en vendant tout ce qui pouvait tourner autour du thème médiéval. Grim guettait du coin de l’œil les attitudes et réactions de l'homme qu'il accompagnait pour la journée. Depuis le début il se montrait gentil. C'était le mot pour le qualifier oui : gentil. Et pour l'androïde c'était louche. Néanmoins, au fur et à mesure qu'il l'observait, il se demandait si vraiment ce comportement cachait quelque chose de plus pervers. Lise était quelqu'un de souriant, et il parlait avec le même ton que celui que Grim employait lorsqu'il travaillait. Logique s'il se souvenait des propos du jeune homme. Après tout, ils exerçaient tous deux dans le médical.

Un rassemblement arracha l'androïde à ses réflexions. Des dizaines de personnes, la plupart en costume de nobles, gentes dames comme petits seigneurs, trépignaient d'impatience devant le grand labyrinthe qui s'étendait plus loin. Grim observait sans prêter attention à ces personnes. Il n'écoutait même pas les discussions, ni même ce que pouvait bien raconter Lise. Non, il observait avec un grand intérêt le labyrinthe. C'était tout de même très fort de faire pousser et d'entretenir un tel décor végétal. Il nota que les plantes étaient dans de grands bacs sur roulettes, solidement fichés au sol. C'était donc ainsi qu'ils pouvaient démonter le jeu et le transporter sans avoir à faire pousser un réel dédale dans un parc. Les haies montaient haut, si bien que Grim ne pouvait pas voir au dessus. Il remarqua tout de même la présence de quelques ronces disséminées. Bien, il faudrait faire attention à cela alors.

Un homme monta sur une petite estrade de bois. Il était habillé en crieur public. Son rôle semblait lui plaire d'ailleurs. Il tenait dans une main une cloche qu'il fit retentir pour appeler au calme. Lorsque tout le monde se fut tourner vers lui, il accrocha son instrument à sa ceinture et déroula un long parchemin.

- Nobles gens et gentes dames ! Fiers chevaliers, gens de lettres et paysans, bienvenue à notre chasse à la licorne !

Licorne ? N'était-il pas question de cochon ?

- Vous devrez prouver votre force, votre courage et votre intelligence pour vous saisir du trésor gardé par l'animal fabuleux. Une grande récompense attend l'équipe qui l'emportera.

Donc c'était un travail d'équipe. Grim coula un regard à Lise, se doutant qu'il serait avec lui. Enfin, quelque part il préférait être avec lui qu'avec un inconnu.

- Amenez la licorne !

Une petite fille, costumée elle aussi, arriva avec au bout d'une longe, un cochon sur lequel on avait attaché une corne de licorne. Et autour de cette corne il y avait un collier. Un rire parcourut la foule. Évidemment, ce n'était pas une vraie licorne. Ça n'existait pas. La gamine entra dans le labyrinthe et détacha le cochon qui s'ébroua avant de partir en courant. Elle revint ensuite près du crieur qui énonça les règles.

- Pour ce jeu il vous faudra faire preuve d'adresse. Vous serez par équipe de deux et devrez récupérer le collier de notre licorne, sans la blesser ! Et pour corser la chasse, vous avancerez jambe liée à votre partenaire !

Grim fronça les sourcils encore plus qu'il n'était possible. Comment ça jambe liée ? La réponse à sa question vint lorsque la gamine commença à attacher les binômes ensemble, jambe droit contre jambe gauche. Elle fit de même pour eux, obligeant Grim à se coller à Lise, à se tenir à lui d'une main pour ne pas perdre son équilibre. Merveilleux !

- Ceux qui se détacheront seront immédiatement éliminés ! Pas de triche, soyez bons joueurs, et que le meilleur gagne !

Lorsque tout le monde fut solidement attaché, le crieur souffla cette fois dans un petit cor pour donner le signal du départ. Les binômes s’élancèrent, déjà certains tombèrent. Grim pesta.Vraiment, c'était fantastique !


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Ce fut avec beaucoup de calme et son sourire habituel que Lise parcourut avec Valérian la foire, recherchant l'endroit où aurait lieu cette fameuse course au cochon. Il tapota ses poches et sentit les paquets de graines, soudainement fasciné par la foule et les hautes haies. Il aimait ce genre de jeux, mais se savait beaucoup trop maladroit pour quoi que ce soit de ce genre. Il les laisserait jouer, et essaierait de s'en sortir en une seule pièce. C'était un excellent plan. Ce fut donc avec amusement, et après avoir esquivé autant que possible la foule et n'avoir prêté aucune attention à ceux qui le regardaient bizarrement à cause de ses pansements et de sa tunique déchirée, qu'il écouta l'introduction du héraut. Et qu'il finit par rire en applaudissant comme les autres en voyant la licorne. Il était excellent public, après tout.

Son sourire hésita un peu, et il fit la moue en entendant le terme équipe, et surtout en voyant les jambes liées des autres participants. Il soupira. Il avait fallu qu'il entraîne quelqu'un là-dedans. Décidément... Il se tourna vers Valérian, passant un bras dans son dos pour garder son équilibre, et l'air un peu désolé.

"Je suis navré, sincèrement, je ne pensais pas que tu serais obligé de faire ça avec moi. Mais va savoir, ce sera peut-être amusant. Enfin, si on ne tombe pas."

Il rit finalement. La situation était cocasse, quelque part.

"Quand je te disais que tu m'aiderais encore à ne pas tomber. Je pense que l'idée est juste de réussir à nous coordonner. Ils s'attendent certainement à ce que je donne le rythme, mais je me distrais facilement, alors je te laisse gérer ça."

Il n'avait aucunement honte de ses propres manquements. Ou peut-être que si, mais pas devant lui. Il était tellement fasciné par l'idée que le jeune homme puisse effectivement être un artilect qu'il ne pensait même pas que sa façon de lui parler puisse paraître suspecte. Et il n'avait pas véritablement le temps de se replonger dans ses fautes. Il était un être imparfait, oui, et alors? Il ne songea pas plus que le brun puisse vouloir se détacher et les disqualifier. Lui-même n'en avait aucune envie. Il lui sourit, encourageant, et attendit donc, s'en remettant à lui.
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Il se rendit vite compte que pour garder l'équilibre les deux joueurs devaient se soutenir l'un l'autre. Au sens propre du terme. Merveilleux ! S'il tenta de dissimuler sa joie à cette idée, il ne put retenir une petite moue agacée. Et même lorsque son bras fut solidement calé à la taille de son partenaire, il tanguait dangereusement. Une fois un semblant de stabilité retrouvée, il écouta ce que Lise disait. A lui de gérer hein ? Dans une autre situation ça aurait été drôle.

- La base de tout est la coordination. On doit bouger au même rythme, je suppose.

Il leva avec précaution sa jambe attachée, intimant au jeune homme de faire pareil par ce seul geste. Un pas. Hourra !

- Peut-être que ce sera plus simple si on compte en même temps. Vous savez : un, deux, un deux, un, deux...

Tout en disant cela il tentait de caler ses pas sur ce rythme militaire. Mine de rien ils avaient passé l'entrée du labyrinthe ! Devant tourner immédiatement à droite, puis à gauche en suivant le seul chemin pour le moment accessible, Grim trébucha lorsqu'une ronce accrocha ses vêtements. Il tira d'un coup sec, trop sec certainement, et tout le poids de son corps bascula en avant, entraînant son binôme avec lui. L’androïde s'étala de tout son long, face contre terre, en étouffant un juron. Il sentait le poids de Lise sur lui et attendit que ce dernier se dégage pour tenter de se redresser. A deux, ça n'était pas simple. Et il aurait bien du mal à conserver son sang froid jusqu'à la fin.

- Bon, à gauche ou à droite ?

Première bifurcation. Les bruits d'autres duos se vautrant à terre lui parvinrent. Ils n'étaient pas les seuls à galérer ! Et puis, Grim ne comptait pas prendre toutes les décisions non plus.

- C'est vous l'humain, c'est à vous de choisir. Et puis, vous êtes venu pour chasser la licorne et profiter de la convention, alors amusez-vous.

Lui il suivrait. Pas le choix s'il tenait à récupérer ses affaires !


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Lise ne savait pas exactement ce qui était le plus étrange pour lui. De discuter si normalement avec quelqu'un, d'avoir une jambe attachée à celle d'un inconnu, que cet inconnu soit apparemment un artilect, que ce fait ne le dérange absolument pas, ou qu'il ait, pour la première fois depuis un long moment en-dehors d'un contexte professionnel, l'occasion d'enlacer quelqu'un. Il le faisait à Dove de temps à autres, quand il revenait beaucoup trop chargé de virus pour correctement tenir debout. Il le faisait aussi avec ses patients, et même plutôt fréquemment. Avec une gente compagnie... Autant ne même pas y penser, c'était encore pire. Il détestait parler de lui, parce qu'il n'y avait simplement rien à dire, et ça ne l'aidait pas excessivement dans ses interactions sociales. Ce qui ne signifiait pas non plus qu'il ait un quelconque intérêt de ce type pour Valérian. Déjà, il ne le connaissait pas, et l'infirmier n'était pas prompt à former ce genre de fantaisie dans son esprit. Mais en plus, il savait que ça ne serait jamais payé de retour, et il avait depuis un certain temps abandonné l'auto-flagellation.

Au milieu de toutes ces choses étranges et inhabituelles qui l'avaient distrait grandement, il sentit l'androïde tirer un coup sec. Une seconde il se demanda si, dans ses rêveries et réflexions, il n'avait pas juste perdu le rythme. Il se souvenait vaguement qu'ils étaient censés compter ensemble, mais il doutait de l'avoir fait. Il ne manquait pas de coordination quand il jouait, codait, ou travaillait, préparait ses piqûres. Mais tout le reste du temps... C'était comme si sa concentration le narguait. Il se sentit chuter, l'habitude l'aidant à ne pas se blesser. Sauf que la partie "attaché par une jambe" avait échappé à ses calculs, et qu'il chut lourdement sur Valérian. Et s'écraser contre un robot n'avait rien à voir avec un humain. Beaucoup d'assez bonne technologie, mais aussi beaucoup de matériaux très durs. Il ne retint pas son petit grognement de douleur, et se dépêcha de se pousser autant que possible, ne se disant qu'après qu'il ne risquait pas de l'étouffer. Mais les habitudes avaient la vie dure.

Pourtant, ce fut finalement fait, et il le regarda, surpris par la tirade. Il était venu pour la convention, oui. Pour la licorne, certainement pas. Quant à s'amuser... Seul, il aurait certainement regardé l'événement plus qu'il n'y aurait participé. Il lui sourit doucement. Peut-être que ce n'était pas lui qui avait le plus besoin de s'amuser. Il repassa un bras autour de la taille de l'androïde et repoussa ses cheveux de l'autre main. Il réfléchit un peu. Il n'était pas très bon en orientation.

"Ce n'est pas juste si je suis le seul à m'amuser. Après tout, nous sommes deux embarqués dans cet exercice."

Il essaya de reprendre la marche en chantonnant "un, deux" pour donner le rythme, ne prenant pas vraiment la tête de leur petit tandem, mais essayant de voir cela plutôt comme un jeu. Il n'avait pas l'avantage d'une vue avion comme dans d'autres jeux vidéos, mais c'était à peu près la même chose. Il suffisait s'y appliquer cette même logique. De doux, son sourire devint enthousiaste, alors qu'il se prenait enfin au défi. Il commença à faire des tours et des détours dans sa tête, prêtant de moins en moins attention au fait qu'ils étaient censés se coordonner sur leurs pas, sa petite chanson donnant un rythme complètement faux et à contre-temps. Mais au moins, il choisissait de la direction.

"La gauche nous mène plus souvent au milieu, j'ai l'impression. Mais puisque nous n'avons ni carte, ni fil d'Ariane... Il va bien falloir tenter notre..."

Il eut un petit grognement devant le cul-de-sac.

"Notre chance, comme je disais... Prêt pour un demi-tour, Valérian?"

Manœuvre délicate, mais il était enfin content d'être là. Il ne lui fallait pas grand-chose. Un peu de compagnie, et une violente attaque de gallinacée. Quoi de plus simple?
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- Je suis un androïde, l'amusement ne fait pas partie de mes programmes, et je ne tire pas de plaisir des activités de loisir.

La réponse était formatée, mécanique, et pour cause il la sortait souvent cette phrase. C'était d'ailleurs ce qui rendait Grim si particulier. Il possédait une connaissance très vaste des émotions humaines ainsi que tout un panel de mimiques et réactions que son ancien métier exigeait. C'était indispensable, surtout avec les enfants pour ne pas les effrayer. Et c'était cette particularité qui, à maintes reprises, l'avait placé dans des situations délicates. Notamment lorsque ses jeunes patients tournaient leurs émotions vers lui. Encore aujourd'hui, Grim était incapable de savoir comment réagir face à un intérêt spécifique qu'on pouvait lui témoigner.

Cela dit, il suivit tout en écoutant, et en boitillant accessoirement. Son binôme prenait plaisir à la situation de toute évidence. Ou en tous cas, se prêtait suffisamment au jeu pour gagner en assurance et prendre les décisions. Il commençait même à se montrer bavard, obligeant l’androïde à activer son mode "conversation", chose qu'il ne faisait quasiment plus. On ne pouvait pas vraiment dire qu'Akela soit un grand bavard.

Ils tournèrent donc à gauche. Pour se retrouver face à un haut mur de ronce. L'enthousiasme de Lise fut balayée par de la déception. Grim hocha la tête tout en détaillant l'obstacle. Bon, il fallait bien faire demi-tour.

- Votre sens de l'orientation n'est pas au point. Il lui lança un regard en biais. Et je ne suis pas certain que vous soyez doté d'un grand capital chance.

Le tact en revanche ne faisait pas partie de son programme. Ou alors c'était endommagé. Possible.
Il lança à nouveau à son partenaire un regard lourd de sous-entendus. Un demi-tour. Vraiment ? Puisqu'il le fallait... Grim plaça fermement son bras dans le dos de l'humain, et suivit son sens pour la manœuvre délicate. Il vacilla, mais fort heureusement ne tomba pas. Ils avaient réussi ! Ce fut difficile, et long, mais au moins ils pouvaient repartir en clopinant.
Cette fois, il fallut bien prendre à droite. Plus ils enfonçaient dans le labyrinthe, plus Grim avait le sentiment qu'ils n'en sortiraient jamais. Lorsqu'ils atteignirent un croisement, l'androïde sursauta. Là ! Devant ! La licorne ! Le cochon respirait fort, sans doute essoufflé de fuir sur ses petites pattes. Il fixait le binôme non sans panique, mais voyant qu'ils ne bougeaient pas, secoua sa tête pour tenter d'en faire la corne solidement attachée. En vain.

- Si nous avançons lentement, nous pourrons l'attraper.

Très facile à faire vu leur état. Un pas après l'autre ils purent s'approcher. Enfin, la délivrance ! Mais alors que Grim pensait être enfin tiré d'affaire, un autre binôme jaillit soudain du croisement. Avisant la licorne, ils se ruèrent dessus, bien plus coordonnés que Lise et Grim. Le cochon couina et fonça droit dans leurs jambes. L'androïde voulut faire un écart, mais oubliant trop vite qu'il était attaché, cette fois il trébucha. Et l'autre binôme, lancé à la poursuite du malheureux animal, les percuta de plein fouet. Grim s'étala sur le sol, allongé sur le dos, et par réflexe réceptionna Lise avant qu'il ne se blesse. Après tout, lui ne craignait pas la douleur, ni le choc, ni rien. Ce n'était pas le cas de l'humain.

Allongé là sur le sol, Lise contre lui retenu d'un bras, Grim se demandait ce qu'il avait bien pu faire pour mériter un tel acharnement aujourd'hui. Il se fit la remarque que les nuages sur le ciel bleu étaient vraiment beaux. Puis il se rappela que certains humains croyaient en une force supérieure, censée rendre pour chaque action, bonne ou mauvaise, une incidence dans la vie. Le Karma qu'ils appelaient ça. Peut-être qu'effectivement, le Karma existait.


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Pendant une seconde, ce fut ironiquement Lise qui souffrit d'un court-circuit. Effectivement, il avait rien moins qu'oublié que Valérian était un androïde. D'aucuns auraient dit qu'il n'était "qu'un" androïde. Mais pour Lise, ça ne changeait pas grand-chose. C'était quelqu'un avec qui il pouvait discuter sans être confronté à un trop grand jugement moral. Ça lui convenait tout à fait. D'un côté, il aurait aimé pouvoir contester, mais il était bien trop conscient de la réalité des faits. Même si le brun était effectivement l'Artilect qu'il le soupçonnait d'être, ça ne lui donnait pour autant pas de sentiments à proprement parler. Enfin, il ne pensait pas. À bien y réfléchir, il n'en avait aucune idée, en réalité. Pourtant, Lise était surtout gentil, et il n'aurait certainement pas appuyé un tel fait. Il se contenta donc de sourire.

"Ce n'est pas grave, je m'amuserai pour deux."

Et la déception d'avoir fait un mauvais virage et de s'être retrouvé dans ce cul-de-sac se transforma en vrai rire en entendant la remarque. S'il n'avait rien d'autre, il avait de l'esprit. Jamais le dernier pour rire à ses dépens, il hocha la tête.

"Je n'ai pas de GPS intégré, moi, je te ferais dire. Quant à la chance... Au moins, je ne serai jamais cocu."

Il lui fit un clin d’œil, se concentrant sur la manœuvre pour ne pas trop se rendre compte qu'il s'était déprimé tout seul. Il ne risquait pas d'être cocu, au vu du vide absolu de sa vie amoureuse depuis plus d'une décennie. Et il n'était même pas certain que cette expression de "chance de cocu" soit si répandue. Au pire, Valérian le regarderait bizarrement ou le croirait fou. Ce qui ne changerait pas beaucoup des vexations du quotidien quand il essayait d'avoir une discussion.

Pourtant, il oublia rapidement, concentré sur leur pas cadencé et sur les tours et détours qu'ils prenaient. Jusqu'à sentir l'androïde sursauter. Il tiqua. Comment sursauter sans surprise..? La question lui échappa rapidement en voyant le cochon... pardon, la licorne. Il avança aussi lentement, plutôt d'accord sur la stratégie, sursautant cette fois pour sa part en voyant débouler l'autre duo. Il fut une seconde dégoûté de leur coordination, se doutant qu'il s'agissait d'habitués, avant qu'un enchaînement qu'il ne s'expliquait pas les fasse s'affaler par terre. Il se cogna violemment le front sur l'épaule de Valérian, qui le réceptionna très gentiment, certes. Il se décida donc à ne pas s'en plaindre, même s'il sentait qu'il aurait une belle bosse. Cependant, il n'avait rien de plus, et ce n'était pas un petit miracle. Il releva les yeux vers l'androïde et lui sourit.

"Merci beaucoup."

Il pensa à leur situation et rit un peu.

"Finalement, je m'étais trompé, on peut aussi bien se faire surprendre par un cochon que par une poule... Pardon, une licorne!"

Il partit dans un petit fou-rire un peu hystérique et se demanda s'il ne s'était pas cogné la tête plus fort que prévu. Il finit par laissa sa tête retomber sur l'épaule du brun. Certes il n'était pas humain, mais ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé dans une telle position. C'était agréable. Il finit par soupirer.

"Désolé... On va devoir essayer de se relever."

Ce n'était pas la première fois, cependant. Mais l'expérience ne rendait pas Lise moins maladroit, et ça prit certainement beaucoup plus de temps que ça n'aurait dû par sa faute. Enfin, plus la peine de battre sa coulpe pour ça, maintenant. Valérian avait vu le pire de lui de toute façon. Une bêtise de plus ou de moins... Ça ne changerait plus grand-chose.
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La remarque sur le GPS le fit tiquer. En avait-il seulement un ? La question se posait ! Il faudrait qu'il y réfléchisse, plus tard. Une fois tout ce cirque terminé. Ce qui n'était pas prêt d'arriver. Grim soupira, le regard toujours rivé au ciel. Il sentit bien le corps de Lise s'affaisser un instant sur lui, mais mit cela sur le compte de la fatigue. Il ne pouvait en être autrement. Cet homme n'était pas un enfant, aussi ne pouvait-il pas réclamer de câlin. L'androïde se souvenait de ces moments où ses jeunes patients lui sautaient au cou, ou réclamait un câlin d'encouragement avant de partir au bloc. Dans ces cas là, il souriait et les serrait contre lui, il leur tapotait parfois le haut de la tête, leur disait un mot de réconfort, et toujours les attendait à leur réveil pour dédramatiser la situation et rire de la peur qui les avait saisi juste avant. Ces souvenirs firent se froncer les sourcils de Grim. Il secoua la tête juste avant d'amorcer la difficile étape du "relevons-nous". Plutôt que de penser à cela, il préféra partir sur des terres inconnus.

- Je ne connais pas le terme de "cocu", je n'ai jamais vu cette maladie.

Parce que oui, ça ressemblait à un nom de maladie. La cocuïte, si si ça se pouvait. Travaillant surtout avec des enfants, Grim n'abordait que rarement le sujet sexuel. Et encore moins amoureux. Alors non, il ne pouvait légitimement pas savoir ce que cela signifiait.
La bonne humeur de son binôme commençait à l'étonner. Voir même à l'intriguer. Cet homme se vautrait au sol sans arrêt, s'était fait attaquer par une poule, chargé par un cochon, il avait été écorché par des ronces, percuté par un couple de fous furieux, et malgré cela il restait d'une incroyable bonne humeur. Il arrivait même à s'excuser d'un rien, et à faire la conversation à un androïde comme si de rien n'était.

- On dirait vraiment que vous vous amusez, que vous éprouvez du plaisir dans cette situation. C'est étrange. Et vous ne vous énervez pas. D'ordinaire les êtres humains se mettent à hurler quand on leur fait une piqûre. Mais vous, vous continuez d'être ... Gentil. Peut-être que les chocs précédents ont altéré vos capacités cérébrales.


Oui ça ne pouvait qu'être ça. Une fois debout, la chasse reprit. Ils tournèrent encore, et encore, et finalement des bruits attirèrent l'attention de Grim. Ils avaient atteint le centre du labyrinthe. Deux autres couples se battaient pour l'obtention du cochon-licorne. L'animal se débattait entre les mains de ces gens en couinant très fort.Finalement il rua, envoya son sabot dans l’œil d'un assaillant et parvint à s'enfuir. Il fonça droit devant, tellement paniqué qu'il ne fit pas attention, et percuta Lise. L'androïde attrapa l'animal et lui retira la corne qu'il donna à son partenaire.

- Voilà, gagné.
- C'est de la triche ! rugit un des participants. Vous n'avez rien fait pour l'avoir !
- Allons allons du calme !

Cette brave Julie, accompagnée du crieur public et de ce qui semblait être un juré, intervint avant que la situation ne s'envenime.

- La règle veut que celui qui attrape la licorne l'emporte. Et c'est ce qui s'est passé. Soyez bons joueurs.

Elle se tourna vers Lise et lui offrit son plus beau sourire.

- Décidément vous avez beaucoup de chance ! Le vainqueur de la chasse se voit gagner le droit de participer à la pièce de théâtre amateur qui clôture la journée. Vous allez jouer devant tout le monde ! Et on soldera la fin de la représentation par un feu d'artifice et un bal dansant !

Grim commençait déjà à se détacher. Il entendit rire celui qui les injuriait juste avant. Quoi qu'était cette histoire de théâtre, ça ne sentait pas bon.

- Bien sûr, votre androïde va jouer avec vous, n'est-ce pas ?

Le concerné lança un regard à Lise, lui fit un petit "non" de la tête. Il n'allait pas oser. Lise était le genre à accepter de se couvrir de ridicule seul.


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Lise avait l'habitude d'expliquer des concepts compliqués d'une façon simple. Il n'était pas spécialement intelligent, non. Mais les personnes atteintes d'Alzheimer avaient tendance à perdre ce sens du commun. Le pire était quand ils s'en rendaient compte et tentaient de lutter. Comme des enfants, ils posaient des questions parfois absurdes. Comme quel genre de maladie être cocu pouvait bien être. Il profita du mouvement pour penser à sa réponse.

"Avoir une chance de cocu est une expression pour signifier que l'on a beaucoup de chance. Pour compenser le fait que l'on est cocu, justement. C'est quand on est amoureux de quelqu'un, et que l'on est en couple, ou marié avec cette personne, mais que cette personne est en même temps en couple avec une autre personne, sans qu'on le sache. Quand on est amoureux et trompé, c'est là que l'on est cocu."

Et voilà, cette fois, il était complètement déprimé. Enfin, il n'avait jamais été cocu, cela dit. Il n'était juste pas assez en couple pour pouvoir l'être. Peut-être était-il chanceux pour cela, d'une certaine façon. Difficile à dire. Pourtant, il fut rapidement sorti de ses idées relativement moroses par les questions de Valérian. Il aimait la naïveté des Androïdes, parfois. Pas par condescendance, non, mais parce qu'elle était extrêmement rafraîchissante. Comme celle des enfants. Même s'il en croisait de moins en moins. Ce n'était plus en vogue de visiter ses aïeux.Mais là, c'était bien plus complexe à expliquer. Et très intime. C'était une question qui touchait à... ce qu'il était, en quelque sorte. Pourtant, il ne put s'empêcher de rire.

"On pourrait le croire, mais non, mon cerveau va très bien. Simplement, j'aime être avec des gens, discuter avec eux. Et ce ne sont que des blessures mineures. Tant que je suis vivant, tout va bien."

Il se sentait simplement tellement, terriblement, seul. Même avec tous ces gens autour de lui, même quand il parlait avec eux. Il passait sa vie à s'occuper d'eux, mais qui s'occupait de lui? Alors s'il pouvait trouver même une personne qui, pour un temps limité et de façon superficielle, s'intéressait à lui, il sautait sur l'occasion, et profitait au maximum, sans se plaindre, cherchant à ne pas gâcher l'ambiance. Comme s'il était affamé de ce sentiment, de cette impression. Il n'était pas vraiment gentil, simplement trop égoïste pour vouloir leur déplaire.

Il continua à le suivre, calquant son pas sur le sien, s'accrochant à lui dans l'espoir de s'en sortir un jour. Il commençait à fatiguer. Décidément, ça n'avait rien à voir avec les couloirs de sa maison de retraite et le transport de personnes âgées. Il savait qu'il transpirait légèrement, sous sa tenue sale et déchiquetée. Et il savait aussi que sa prochaine rencontre avec le cochon... la licorne ne serait pas meilleure que la précédente. Il n'était pas prescient. Juste malchanceux et maladroit. Et ça ne manqua pas. Le coup fut assez violent pour lui arracher un grognement. Il ne doutait pas qu'il aurait un superbe bleu.

Il prit pourtant le collier en souriant, jusqu'à l'arrivée de Julie. Il était globalement sympathique, mais c'était une femme qu'il aurait pu apprendre à détester. Il se demandait si elle se rendait compte de l'humiliation qui accompagnait chacune de ses propositions. Et une pièce de théâtre? Le pire du pire. Cependant, il sentait que ce cauchemar ne s'arrêterait pas comme ça. Il lança un petit regard suppliant à Valérian, formant les mots sans un son "S'il-te-plaît". Il ne voulait pas faire ça seul. Il tourna un sourire un tout petit peu forcé vers la femme. C'était le secondaire à nouveau. Les regards moqueurs, les rires étouffés, les sourires en coin, et la honte brûlante.

Hum... euh... eh bien... ce-certainement... peut-être..?"

De mieux en mieux. Maintenant, il devait avoir l'air débile en plus du reste. Enfin, rien de nouveau sous le soleil. Il retint un soupir. Aucune danse de la victoire pour cette conversation-ci...
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Le concept d'infidélité était nouveau, et très obscur pour Grim. Quel problème y avait-il à cela ? De nombreux animaux changeaient de partenaire au cours de leur vie. L'humain exigeait-il une exclusivité dans la chose ? Il fallait qu'il pose des questions à Lise, qu'il en sache davantage. Mais pas maintenant. Tout comme il patienterait avant de l'interroger sur ce concept de bonheur qu'il semblait tant vouloir afficher. Il devait simuler sa joie, son sourire, sa gentillesse. Non, vraiment, cet humain était cassé. Obligatoirement. Grim s'en occuperait. Plus tard. Il lui ferait avouer la vérité.

Pour l'heure il avait un autre problème sur les bras : la pièce de théâtre. Lise avait dit oui. En tous cas ce fut ainsi que l'interpréta son interlocutrice. Elle se réjouissait d'avance et les invita à prendre une pause pour se restaurer, se reposer, et puis apprendre le texte.

- C'est un grand classique que nous jouons pour nos jeunes spectateurs : la Belle au Bois Dormant.

Grim connaissait ce conte. Celui-là, et l'autre version, l'originale, celle que les auteurs contemporains avaient adoucit volontairement. Au moins il ne serait pas trop difficile d'apprendre le texte. Il eut un mince sourire en songeant que l'une des versions du conte avait été écrite par les deux frères dont il portait autrefois le nom.

- Nous avons réservé les rôles principaux au duo vainqueur de la chasse. Alors vous, elle désigna Lise, vous jouerez le rôle du Prince. Et votre androïde jouera le rôle de la Princesse. C'est plus logique. Son rôle ne nécessite que peu de dialogue, et nous avons besoin d'émotion quand même.

C'était logique comme raisonnement, Grim devait bien le reconnaître. Même si l'idée de jouer une femme le perturbait. Non. L'idée de "jouer" tout court le perturbait. Tandis que Julie s'éloignait, l'androïde eut le refixe de demander :

- Dans votre version, le Prince réveille la Princesse par un baiser, ou alors en l'engrossant ?

La question choqua la jeune femme.

- En l'embrassant voyons ! C'est un spectacle tout public !

L'androïde haussa les épaules.

- Il existe plusieurs versions au conte de la Belle au Bois Dormant, je devais m'assurer de celle que vous allez présenter. C'est important pour le déroulé de la pièce, sachant que je ne dispose pas des organes nécessaires au coït.

Cette fois elle passa du rouge au blanc, puis à nouveau au rouge, lança un regard mi choqué mi désespéré à Lise et bafouilla quelque chose. Grim comprit qu'il devait se taire. Il aurait dû se douter que la version présentée ce soir serait celle destinée aux enfants. Mais bon, dans le doute, mieux valait demander. Il vit la demoiselle s'en aller en grognant quelque chose à propos du salon de l'érotisme, mais il ne comprit pas. Elle leur avait tout juste fourré le script dans les mains avant de fuir.

Bon, au moins ils avaient un peu de temps libre maintenant. Et le calme était revenu dans le coin. Ils pouvaient s'installer et répéter, ce qui serait plus simple pour l'androïde vu qu'il enregistrait les informations bien plus rapidement qu'un humain. Une table de pique-nique ferait l'affaire. Grim s'assit, et en profita pour revenir à ce qui l'intéressait : la conversation précédente.

- Je ne comprends pas quel est le problème si votre partenaire voit quelqu'un d'autre. Tant qu'il ou elle ne ramène pas d'infection sexuellement transmissible, où est le mal ? Est-ce lié au sentiment d'amour ? J'ai besoin d'explication sur le sujet.

Il partait du principe que Lise connaissait déjà la pièce, ce qui n'était peut-être pas le cas. Et puis il oubliait aussi que son partenaire du jour avait certainement besoin de boire, manger, se changer peut-être. Des besoins que Grim négligeait pour ne pas les connaître.


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Il y avait bien une chose que Lise faisait encore plus mal que mener une conversation normale et fluide avec une autre personne. Même si, apparemment, avec les androïdes, il ne s'en sortait pas si mal, malgré qu'il ait été insulté depuis le début. Ce n'était pas comme si ça changeait grand-chose à son mode de fonctionnement habituel. En tous les cas, autres pensées mises à à part, cette chose était se retenir de rire. Il le sentait venir, monter de son estomac, comme des bulles de soda, jusque l'arrière de sa gorge, où il tentait de le retenir au maximum. Il vit l'embarras de la jeune femme quand il parla de son manque d'organes sexuels. Il avait l'habitude, avec Dove, et surtout, ça ne le choquait pas d'en parler, tant que ça ne concernait pas sa propre vie sexuelle, ou son manque. Il aurait voulu le lui expliquer, se demandant un instant, et peut-être cruellement, si les seuls androïdes qu'elle connaissait était ceux destinés aux rapports, à la prostitution, pratique à la fois répugnante et aussi vieille que l'humanité. Les jouets et autres poupées semblaient parfois antédiluviens. Vraiment, il aurait voulu pouvoir lui dire que c'était tout à fait normal pour un androïde, et que leur absence de conscience sociétale de la portée de la nudité rendait cette discussion normal pour Valérian.

Mais il ne put rien faire de toute ça. Rien d'autre que se retenir aussi fort qu'il le put avant qu'elle ne parte et éclater de rire de la façon la plus contenue possible, soit pas vraiment. C'était un plaisir un peu malsain de voir quelqu'un réagir de la sorte. Il reprit cependant rapidement ses esprits, un peu déçu de lui-même.

"Désolé, mais sa tête quand tu lui as parlé de l'autre version du conte... Splendide. Je pourrais presque croire que tu as fait exprès pour l'embarrasser. Mais presque uniquement."

Il soupira et prit son script, allant s'asseoir à la table. Il n'avait absolument aucune envie de faire ça, mais il ouvrit malgré tout les pages. Il sentait venir d'ici l'humiliation. Il détestait se donner en public, en spectacle, dans quelque costume que ce soit, dans quelques circonstances que ce soit. S'ils avaient simplement pu le laisser tranquille après cette attaque de gallinacée. Mais non, il avait fallu qu'ils le traînent dans un événement après l'autre. Il était épuisé et n'aimait pas ce conte. Ni le théâtre. Et il était en train de bouder. Il avait presque trente ans, il fallait qu'il arrête ça. Il s'apprêtait à se replonger dans le script quand l'androïde lui parla.

Il le fixa un moment, tentant de reconnecter le début de cette discussion. Ah, oui, bien entendu, son expression et la tentative d'expliquer la qualité toute particulière des cocus. Et ce n'était pas une question facile. Il reposa la pile de papiers. Qui imprimait encore quand ils pouvaient tout avoir sur tablette, maintenant? Peu importait.

"Tu as raison sur une chose, c'est lié à ce sentiment appelé amour. Quand une personne en aime une autre, très souvent, elle veut que cette autre personne n'aime qu'elle en retour. Un lien d'exclusivité. Le sexe n'est pas toujours qu'une affaire de sexe. C'est souvent une affaire de sentiments. Raison pour laquelle, quand l'intensité des sentiments de chacune des deux parties n'est pas équivalente, il peut y avoir du ressentiment, et quand cette personne qui finalement ressent moins cet attachement va voir ailleurs, cela peut créer une impression de trahison."

Il n'était pas certain d'être très clair. Mais il reprit son script, essayant malgré tout de le lire. Il se ridiculiserait, mais si au moins il pouvait le faire avec la semi-satisfaction d'avoir fait son maximum...
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Pourquoi un tel fou rire ? Qu'est-ce qu'il avait dit ? L'interrogation était normale non ? Grim ne comprenait pas. L'humour ne faisait pas partie de son programme. Aucun androïde d'ailleurs ne le possédait à sa connaissance. L'espace d'un instant il se demanda si des androïdes humoristes pouvaient exister. Puis il se dit que non, certainement pas. C'était d'ailleurs le plus souvent comme ça qu'on les distinguaient des humains : absence d'humour, de second degrés, et une logique à toute épreuve.

Les réponses de Lise firent naître d'autres questionnements. Il essaya de chercher des exemples dans sa vie passée mais ne parvenait pas à retrouver de telles situations. Pourtant il avait été confronté à l'amour : celui qu'éprouvaient des membres d'une même famille, des proches. Mais un pas à la fois. Si on lui disait qu'il en existait plusieurs formes il se serait encore plus embrouillé.

- Donc c'est égoïste en fait. L'amour ne prend pas en compte l'autre, ou du moins de façon très superficielle et uniquement selon son propre point de vue. C'est bien cela ?

Grim ou la destruction massive de ce que l'humanité voit comme étant "ce qu'on a de plus beau".

- Si je comprends bien le cocu est celui qui voit son partenaire entretenir une relation avec un autre. Cette relation n'est pas forcément que sexuelle mais également affective. La colère vient du sentiment de trahison. Donc, si on analyse ça : l'amour est juste un besoin d'une personne qui souhaite être le centre d'intérêt exclusif d'une ou plusieurs autres personnes. L'intérêt pouvant être physique, émotionnel, ou les deux. C'est profondément égoïste.

Il lut tout de même le script, histoire d'être certain de ne pas dire n'importe quoi. Les dialogues étaient simples, en plus il ne faisait que dormir tout le long de la pièce.

- Vous devez m'embrasser, dit-il de but en blanc. Page trente-deux, alinéa douze du script.

Il fronça les sourcils. Ça ne lui plaisait pas. Grim ne voulait pas qu'un humain fasse ça. Mais il ne pouvait désobéir sur ce point, deuxième loi de la robotique : toujours assouvir les désirs des humains. Bien sûr, il n'avait pas envisagé la chose sous l'angle théâtral. Ni même qu'on pouvait faire semblant. Parce que pour lui le : "et le Prince réveilla la Belle par un tendre baiser d'amour" ne pouvait qu'être interprété au sens propre.


Le Grim aime le bleu : #0000ff
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Lise aurait pu travailler avec des enfants, plutôt qu'avec des personnes âgées. Il ne l'avait pas fait pour deux raisons. La première étant son histoire personnelle, qui l'entraînait à plutôt vouloir aider des personnes atteintes d'Alzheimer. Et la deuxième étant ce genre de discussions. Il n'était pas doué pour parler, pour s'exprimer, pour mettre à plat des idées. Et avec les enfants, comme avec les androïdes, de toute évidence, aucune possibilité de dire "Laisse tomber, t'es trop jeune pour comprendre". Il fallait continuer, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils se lassent ou changent de sujet. Et la discussion, en plus du reste, le fatiguait. Il aurait voulu tout envoyer bouler et juste rester là, ou chez lui. Oui, chez lui, c'était mieux.

Pourtant, il écouta la vision de l'androïde sur l'amour. C'était un peu déprimant, mais en même temps assez juste. L'amour était une chose narcissique et qui nous faisait nous sentir bien parce qu'on était aimé et pas parce qu'un autre remplissait notre monde. Le peuplait. L'animait. Il allait vraiment finir en dépression. C'était terrible. Bref, là, c'était presque un défi de répondre à Valérian. Mais en réalité, il n'avait plus grand-chose à ajouter.

"C'est à peu près cela. Même si certains aiment tellement qu'ils sont prêts à tout faire et tout changer en eux-même pour essayer d'avoir, ou de garder, l'amour d'une personne à laquelle ils tiennent... Et on ne parle ici que de l'amour au sens romantique du terme. L'amour filial est encore autre chose. Et l'amitié une notion similaire mais un peu étouffée d'amour. Moins vibrante."

Il allait certainement l'embrouiller, et il fallait absolument qu'il lise ce texte. Il était plutôt simple, fort heureusement, même s'il n'avait absolument aucune envie de se plonger dedans. Et encore moins de le jouer. Il y retourna, jusqu'à être sorti de sa pensée par les dires de l'androïde.

"C'est le principe de la pièce, le prince réveillant la princesse par un tendre baiser d'amour. Cependant, le théâtre est un jeu de mensonge, où des gens prétendent d'en être d'autres et de ressentir des choses qu'ils ne ressentent pas, pour l'amusement d'autres gens. Ici, c'est la même chose, ce n'est pas pour de vrai..."

Le baiser pas plus que l’amour, par ailleurs. Car s'ils devaient le faire pour de vrai, il aurait fallu qu'il aime Valérian. Et s'il appréciait l'androïde, ce n'était bien que cela. Il le trouvait mignon dans ses réaction, caustique, un peu agaçant, et naïf, mais ce n'était pas de l'amour. Il cherchait un moyen délicat de le lui expliquer, cependant, l'idée ne lui venait pas. Et il savait qu'il mettait souvent les pieds dans le plat. Il était trop fatigué pour se relancer dans des explications. Vraiment trop.
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Grim
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Double-compte : Esha Lemire
Surnom : Grimmouille
Emploi/loisirs : Héroïne, cannabis, LSD, demandez mes hallucinogènes !
Portrait robot : - Manipulateur
- Observateur
- Délicatesse zéro
- Curieux
- Philosophe
- Adore les livres et les contes
- Détraqué
- Fou
- Méchant
- Possède deux poissons rouges
- Possède un capital choupitude profondément caché
- Dealeur option marchandage possible
- Intelligent
- A l'air très humain, sa condition d'androïde ne saute pas aux yeux.

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RP : 2/3


- Parce qu'il existe plusieurs formes d'amour ?

Révélation ! Grim en posa son script et se plongea dans une profonde réflexion. Il se remémorait toutes les fois où le verbe "aimer" avait été prononcé en sa présence. Et il y en avait ! Une en particulier lui revint.

- Hum ... L'amour pour quelqu'un, est-ce comme aimer ou ne pas aimer les carottes ? Parce qu'on ne peut pas entretenir de relation émotionnelle avec une carotte. A moins que ...

Il faudrait qu'il se renseigne sur cela plus sérieusement. Des livres devaient en parler. Les livres traitaient tous les sujets. Et puis il avait d'autres préoccupations, comme la pièce de théâtre. Selon Lise, ceci était pour de faux. Un mensonge donc. On jouait un rôle pour distraire les autres. Exactement ce qu'il faisait au quotidien pour que sa nature ne soit pas révélée. Bon, ça il pouvait comprendre alors.

- J'aurais dû le comprendre plus tôt. Effectivement, c'est pour de faux. Après tout je joue le rôle d'une femme alors que je suis un androïde de type masculin.

Qui avait décidé de ça d'ailleurs ? Et si on l'avait façonné à l'image d'un homme, pourquoi ne pas lui en avoir donné tous les attributs ? On s'était bien attardé sur d'autres détails comme son visage ressemblant à s'y méprendre à celui d'un humain. Ou encore sur la texture de sa peau, sur la chaleur qui émanait de son corps, et même ses cheveux plus vrais que nature. En dehors de sa façon de parler rien ne le trahissait. Alors pourquoi ne pas avoir poussé ce sens du détail jusqu'au bout ? C'était perturbant de devoir répondre à la question : "pourquoi t'as pas de nombril toi ? Et tu fais jamais pipi ?" Grim secoua la tête pour chasser ces souvenirs.

On finit par leur apporter leurs costumes. Des membres de la troupe de théâtre improvisée, visiblement d'autres participants à la journée. Ils avaient l'air aussi dépité et stressé que Lise à l'idée de se produire sur scène.

- Alors vous aussi vous vous êtes fait avoir ?

L'homme, un blond assez corpulent aux cheveux courts jouaient une bonne fée à en juger par son costume violet et les petites ailes dans son dos. La baguette magique dans sa main était également un précieux indice.

-Je m'appelle Stéphane, content de vous rencontrer. Voici vos costumes, il y a des cabines pour vous changer un peu plus loin.

Le costume du Prince d'un beau bleu roi agrémenté de sa cape rouge restait le moins ridicule. Grim en revanche fut beaucoup plus sceptique lorsqu'on lui présenta la longue robe rose pâle qu'il devrait porter. A cela venait s'ajouter une perruque de cheveux blonds. Rentrerait-il dans cette robe ? Là était la question.


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Carpe Diem [Lise St-Pierre]
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