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Wanted
Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.
C’est la danse des humanités.
Intrigue
Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…
Léandre Luissier ▬ présent
George adamsmp

▬ MAJ et intrigue 2 : 25 aout 2017
▬ Ouverture d'Exantrop le fin mai 2016

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 Poupées [Swann]

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MessageSujet: Poupées [Swann]   Mer 8 Juin - 22:06

Mercredi gris sur Montréal.
Accroupi sur le trottoir devant l’étroite fenêtre à ras le sol qui donne sur son logement, Alban tapote la vitre du bout de son doigt. De l’autre côté, un gros chat gris, l’air blasé, agite lâchement sa patte en tentant d’attraper le chatouilleux index.

À plus tard! chante soudain Alban en se redressant.

Mercredi nuit sur Montréal.
Parée de ses lampadaires, la robe d’ombre de la ville traîne sur les rues de la métropole encore animée à cette heure tardive.
Montréal dort peu.
Alban aussi.
Il a donc décidé de prendre la main tendue du temps libre, ce soir et, paie en poche, de sortir. Rien que lui et la nuit, sans compter tous ces autres qui passent, petits groupes et grandes solitudes, riant, parlant au téléphone, claquant du talon, vivant parmi les vivants, ou plus ou moins, dépendant des cas.

Planté sur son carré de trottoir, Alban fait face à la faune nocturne et sourit candidement. Son casque sur la tête et son skate sous le bras, il reste là un moment, à balayer les alentours du regard, à suivre des yeux les passants, à se faire renvoyer leur douce-amère ignorance.
Et puis, au détour d’un sourire que lui retourne une jeune fille, Alban met son skate par terre et, y posant le pied, décolle.

Néons et nitescentes enseignes des devantures de commerces filent soudain comme un long et continu trait de lumière. Le skate dessine des vagues sur le bitume et Alban se balance doucement d’avant-arrière, genoux légèrement fléchis, épaules lâches et bras ballants le long de son corps, heureux métronome.

Alban ne va nulle part.
Et ça lui est égal.
Aussi roule-t-il longtemps, comme ça, de nulle part à n’importe où, en ne pensant à rien. Et c’est sans non plus y penser qu’à la vue d’une bouche de métro, plus particulièrement de la rampe métallique qui divise l’escalier en deux, il s’y engouffre et, prenant son élan, bondit, ventre du skateboard contre le métal, et glisse jusqu’au bas de la gueule grande ouverte des entrailles de la ville.

Clandestinement ou pas, il fait bon rouler dans les souterrains. À cette heure, sans que ce ne soit désert, on est bien loin de la foule. Aussi Alban roule-t-il sans se soucier de l’aboutissement de cette errance, il roule et se voit dressé sur un nuage supersonique. Lui, héros d’une histoire sans histoire. Son histoire sans histoire. Qui le porte, au final, jusqu’au détour d’un couloir.
Jusqu’à ce que là, nue, de tout son long étendue, apparaisse une poupée. Plus précisément une vieille Barbie. Avec une jambe à demi grugée.
Son skate immobile, Al’ baisse les yeux sur la blonde demoiselle qui, malgré le tragique de sa situation, sourit, ses grandes mirettes bleues et sa généreuse poitrine rivées au plafond. Main tendue, l’androïde se penche et la cueille.

T’es perdue, poupée? demande-t-il gentiment.

Pour toute réponse, la Barbie se contente de lui servir son indémontable joie de vivre : sourire figé façon plastique. Un de ces sourires qu’Alban ne se souvient pas avoir adressé à quiconque.
La poupée en guise de reflet, il entreprend de l’imiter, tirant vers le haut la commissure de ses lèvres, tirant et tirant jusqu’à découvrir son impeccable clavier de blanches. Puis, écarquillant les yeux afin de les agrandir, il ouvre un peu plus grand la bouche et abaisse ses épaules. À quelques mèches blondes près, sans compter la silhouette, ça y est presque : sourire figé façon Alban.

Et vlan!
Une porte tout près et jusque-là ignorée s’ouvre soudain sur un homme élégamment habillé qui, sans tarder, mains dans les poches, disparaît au tournant d’un couloir adjacent. Alban le suit du regard, mais bientôt, derrière lui, l’on vient. De nouveau, la porte s’ouvre. Un homme, un autre, la retient distraitement. Aussitôt la main de Al’ - soucieux de ne pas faire attendre quiconque - posée sur la poignée, l’autre gaillard s’engouffre dans la maison, happé.
Son skate serré contre lui, son casque sous le bras et la poupée toujours en main, l’égaré ose un pas de plus dans l’ombre. Mais un pas suffit pour que la porte se referme sur lui.

Ce soir, Nulle Part a un nom.
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Poupées [Swann]
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