Encourage la rébellion

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CHRONOSREP

Wanted

Montréal, 2047.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé.

C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.

C’est la danse des humanités.


Plus?
Intrigue
Event 1 : Convergence [lien] - Quinzième édition de la Robotic for humans Exposition. La foule abonde mais tout se passera t-il bien?
Léandre Luissier ▬ admin
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Grim ▬ modo
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We need you !

▬ 12/03/17 : V2, intrigue 1.
▬ Ouverture d'Exantrop le 23/05/2016

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 Standing still [Léandre]

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Antoine Dastre
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Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.



MessageSujet: Standing still [Léandre]   Dim 29 Mai - 17:19

Ce bureau ressemblait à celui de son père. Tout aussi grand, tout aussi luxueux, tout aussi noble, pour peu que ces adjectifs soient ceux à employer pour qualifier une telle pièce. Le tableau n'était pas le même, il était vrai. Le père d'Antoine était moins proche des rites et des idoles que la famille Luissier. Il préférait à cette scène religieuse une autre de chasse peinte par on ne savait trop quel artiste du dix-septième ; la toile était anonyme. La couleur des rideaux différait également. Celle des tapis. L'allure des fauteuils. Mais l'ensemble, le tout, respirait le même parfum d'élitisme que le bureau du père qu'il n'avait plus revu depuis trop d'années.
Antoine exécrait cette pièce mais arborait son plus beau sourire ; un sourire doux et pensif, bien que les lèvres un peu sèches de ne pas avoir bu depuis un moment, occupé à lire un rapport dont le contenu glissait sur lui sans l'atteindre. Il ne laisserait pas ces idées l'empoisonner. Il apprenait mais ne prenait pas. Il jouait juste. Il jouait comme un enfant ; il y avait le policier et le bandit, et Antoine n'était pas encore tout à fait certain duquel des deux rôles il endossait.

Un peu las de cette lecture, Antoine reposa la liasse de feuilles sur la table basse devant lui et décroisa les jambes, le dos un peu douloureux d'être resté assis si longtemps. Il fit quelque pas pour dégourdir ses membres et, agissant comme s'il était le maître des lieux, se servit un verre d'eau ; et par politesse, en déposa un autre sur le bureau du véritable propriétaire ici-bas.

"- Je n'ose véritable jeter un oeil à votre horloge mais je devine qu'il se fait tard, Léandre. Ne pensez-vous pas que nous pouvons mettre de côté ces feuillets et converser entre amis pour terminer cette soirée sur une note moins éprouvante ? Vous travaillez trop."

Antoine fit demi-tour pour tirer une chaise près de ce large bureau couvert de dossiers. Il n'y avait rien de moins humain que tous ces rapports froids et vide de valeurs. Si seulement ce petit Léandre avait lu tout ce qu'il avait lu, s'il avait plongé son âme dans les pensées philosophiques de grands d'autrefois au lieu de se perdre en prières vaines et en langues lointaines, peut-être n'aurait-il pas été ce ver insidieux à écraser.
Et le meilleur moyen de l'extraire de cette société, ce ver, c'était définitivement en l'appâtant, et on appâtait ce que l'on connaissait bien seulement.
Antoine porta le verre à ses lèvres, se désaltéra ; puis le reposa et croisa les bras en s'appuyant sur le dossier de la chaise.

"- Votre mariage approche, n'est-ce pas ? Prions, mon ami, que cette femme réussisse à vous convaincre de gagner un lit et de trouver le sommeil. Vos cernes ne sont pas attirantes, rit-il avec légèreté, et on ne saurait imaginer un tel défaut en vous."

Son regard glissa vers le verre de Léandre. Combien de fois aurait-il eu l'occasion d'empoisonner cette eau, et combien de fois avait-il effacé cette possibilité ; on ne triomphait pas du mal par le mal. Il triompherait par la ruse, pas par la mort fatale. Léandre ne mourrait que si tout le reste échouait ; et Antoine était magicien, il avait bien, bien plus d'un tour dans sa manche.
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Léandre Luissier
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Mails : 462
Double-compte : Georges Adams
Surnom : L'albatros
Emploi/loisirs : porte-parole d'Espérancia/ magistrat
Portrait robot : - psychologie basée sur l'obéissance
- Très anxieux. Lévres en piteux état, fume.
- prêt à tout pour être enfin reconnu et aimé par sa famille
- incapable d'aimer autrui et soi-même
- conservateur trés croyant
- pense que les androides sont des créatures déviantes
- belle âme au fond qui attend son envol
- homosexuel refoulé
- espére un jour être soigné
- attiré par Antoine Dastre

- Juge en DarkSlateBlue







Nocturne

L'aiguille de sa montre vient de se placer sur une heure quarante-six quand, face à lui, Antoine brise la mélodie studieuse du Nocturne .  
Reposant son dossier, l'homme se leve et va se servir un verre d'eau sur le buffet, déposant-en un au passage sur le bureau de Léandre,  avant de l'apostropher.  

"- Je n'ose véritablement jeter un oeil à votre horloge mais je devine qu'il se fait tard, Léandre. Ne pensez-vous pas que nous pouvons mettre de côté ces feuillets et converser entre amis pour terminer cette soirée sur une note moins éprouvante ? Vous travaillez trop.

Il tire une chaise pour s'installer, boit une gorgée face à Léandre, qui, tout en l'écoutant, ne relève pas la tête, plongé dans sa lecture.

"Votre mariage approche, n'est-ce pas ? Prions, mon ami, que cette femme réussisse à vous convaincre de gagner un lit et de trouver le sommeil. Vos cernes ne sont pas attirantes, et on ne saurait imaginer un tel défaut en vous."


La remarque, bien que gentiment taquine, pique Léandre qui, un instant, s'extrait de son occupation pour le regarder, légèrement irrité.

"Merci Antoine pour le verre d'eau et pour votre inquiétude envers mes cernes mais celles-ci, aussi peu attirantes soient-elles, ne regarde que moi et ne me dérangent en rien."


Il replonge dans sa paperasse, tourne une page avec un geste que la fatigue rend nerveux.

"Par ailleurs, ce mariage n'est pas un mariage d'amour et, au risque de vous décevoir dans vos espérances,  elle et moi ne serons surement jamais plus que d'aimables compagnons, faisant chambre à part en dehors de l'union. "


Il inspire lourdement, griffonne une remarque dans la marge de la feuille qu'il lit, soupire et referme le dossier,  le quitte enfin des yeux pour les fixer sur l’Illusionniste.

"Veuillez m'excuser de l'incorrection de mon ton... Je suis éprouvé par tout ce travail..."


Ses traits sont tirés mais son regard s'apaise dans celui qui lui fait face.

"Et ne soyez pas attristé par ce mariage arrangé mon ami. Cela me gênerait car, en vérité, cela me convient tout à fait. Je suis un homme débordé et ennuyeux qui n'a ni l'âme romantique, ni celle familiale. Un mariage d'amour ne serait rien de moins qu'une catastrophe ou une farce absurde."


Il ouvre un tiroir de son bureau, en sort un paquet de cigarette qu'il pose en prévision à côté du stylo abandonné l'instant d'avant et reprend.

"De plus, mes parents ne connaissent que trop bien ma nature et m'ont choisi cette femme avec grand soin pour qu'elle me corresponde. C'est une fille tranquille et dévote qui ne rêve que de s'occuper du logis et de la famille. Je pourrais travailler tard le soir sans m'inquiéter de tromperie et le peu d’intérêt que je lui porte me permettra de rester concentrer sur mon labeur. C'est ainsi que je me sens le plus utile et puis la nuit est d'aimable compagnie avec vous.  Je suis tout aussi bien ici. ".


Il sourit, se lève ouvrir la fenêtre derrière lui et retourne s'asseoir en égarant son regard sur les mains de l'homme.  

Je m'étonne d'ailleurs de n'avoir jamais vu d'alliance à votre annulaire gauche. Vous êtes bel homme et poète pourtant . Vous devez plaire aux femmes. Auriez-vous fait voeu de célibat pour vous consacrer au Seigneur?"


Moment d'interrogation qu'il emploie à faire sortir de son carcan une cigarette qu'il place entre ses lèvres.

Ou peut-être croyez-vous en l'amour sans jamais l'avoir rencontré? "


Et le tabac s'enflamme au contact d'un élégant briquet en argent, la fumée pénètre dans les poumons et ressort par la bouche entrouverte.
Léandre soupire et tend  le paquet à l'Illusionniste, un demi-sourire aux lèvres en invitation.

-Cigarette?


Dernière édition par Léandre Luissier le Dim 5 Juin - 12:50, édité 1 fois
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Antoine Dastre
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Ses cernes étaient au contraire intéressantes du point de vue d'Antoine. Des cernes en disaient long sur un homme ; comme bien d'autres traits physique. Elles trahissaient un sommeil compliqué, peut-être une vie tumultueuse, ou des angoisses. Elles révélaient des faiblesses. Antoine avait aussi longtemps été un homme cerné, trop occupé qu'il était à rédiger le monde sous forme de vers, tard le soir sous le toit qu'il habitait. Il était encore cerné quelques fois. Antoine avait toujours eu des tendances à la vie nocturne. Se coucher tard, se lever tard, et mener une vie décalée de celles des gens bien posés sous tous rapports.
Cette manière qu'il avait de considérer son mariage à venir en disait long aussi ; sur son éducation, sur ses principes, sur les valeurs qu'il défendait, qui étaient aux antipodes de celles d'Antoine. Le ton sur lequel il exprimait une forme d'autorité était parlante également ; mais Antoine ne s'offusqua pas de cette petite impertinence. Cet homme était certes son cadet, un gamin à ses yeux, mais il avait présentement une position sociale supérieure à la sienne.

"- Peut-être ne serez-vous pas inquiété de votre femme, mais peut-être celle-ci s’inquiétera de votre mine harassée, mon ami. Ce n'est pas parce que l'amour vous fuira qu'une certaine amitié ne naîtra pas entre vous.". Antoine marqua une pause le temps de réfléchir à la suite de ses propos, portant à nouveau le verre à ses lèvres durant ce temps. "Ne soyez pas si froid envers cette épouse, Léandre. Il faut aimer son prochain."

Antoine n'était pas un homme particulièrement pieux, mais il connaissait bien les principes et les dogmes. Il avait assez lu d'hommes de foi et de réflexions philosophiques sur la religion pour avoir son bagage culturel sur le sujet ; puis il avait daigné lire plusieurs passages de livres saints, et éduquer sa connaissance sur l'art sacré, à la fois par curiosité et par utilité. S'il avait su que tout cela lui servirait autant un jour, peut-être y aurait-il mis encore davantage d'ardeur.
Ce fut peut-être aussi pour cela que la suggestion de Léandre à devenir homme de dieu lui arracha un sourire intérieur qu'il peina à cacher ; la seule prière qu'il se sentait capable d'adresser à une entité supérieure, c'était de faire entendre raison à ses enfants trop fidèles ; de remettre ce bambin de Léandre Luissier sur un véritable chemin de noblesse.

"- Vous êtes bien flatteur," rit Antoine. "Que vous dire ? Je ne vous ai pas caché ma jeunesse tumultueuse. Cela serait inutile, sachant que mon père m'a fermé les portes de sa demeure et que je n'ai jamais pu en franchir à nouveau le seuil bien qu'ayant décidé de prendre un nouveau départ à vos côtés, mon ami."

Cela l'avait déçu, par ailleurs, de ne pouvoir mentir à ce sujet. Son nom était néanmoins trop connu des hautes castes pour que l’opprobre jetée par son père sur son fils aîné soit passée inaperçu. Antoine était certes un illusionniste, et dans une certaine mesure, un bon comédien, il n'avait néanmoins aucune emprise sur les souvenirs d'autrui.

"- Dans cette jeunesse qui m'a value d'être ainsi réprouvé, je dois avouer avoir eu ce que nous pourrions nommer de mauvaises fréquentations. Des femmes frivoles, à aimer un soir et à quitter le lendemain." Quelques hommes aussi, mais aborder un sujet aussi fâcheux avec un homme si rigide aurait été indélicat. "Il y a certaines d'entre elles que j'ai aimé plus longtemps, et je pense que certaines d'entre elles m'ont aimé. Je l'espère," rit Antoine. "Un mariage n'a jamais été envisagé pour autant. Un poète est un homme trop frivole, Léandre. C'est un homme qui vit de sentiments davantage que de raison. C'est pour cela que depuis que je vous connais, je tente de me faire plus philosophe et sage."

C'était faux ; à moitié. C'était vrai, d'une autre part. Il lisait et pratiquait toujours autant ses rimes, mais il redécouvrait les grands penseurs. Il les avait tant délaissé, cette dernière décennie, qu'il avait pratiquement oublié les idées révolutionnaires de nombre d'entre eux.

Son regard se perdit sur les cigarettes tendues ; et remerciant son cadet d'un signe de tête, il en extirpa une du paquet qu'il alla glisser entre ses lèvres. Puis, avec un geste qui trahissait une certaine habitude, il se permit d'emprunter l'élégant briquet de Léandre pour l'allumer, et l'odeur familière du tabac commença à les entourer. Rien n'apaisait davantage Antoine ; rien ne le tuait plus également, sans doute.

"- Merci", glissa-t-il en expirant la fumée grisâtre de la cigarette. "Votre question sur l'amour est intéressante, vous savez. Il me plairait davantage d'y réfléchir et de vous répondre dans quelques jours, mais l'ambiance ne serait plus à cette conversation. L'amour est un sujet léger mais universel. Bien des penseurs l'ont dit et écrit avant moi, et je trouve leur réflexion juste. Vous parler de ma vision de l'amour ne serait que vous répéter la leur.". Il attira le cendrier à lui et tapota la cigarette au dessus, avant de la replacer près de sa bouche. "Mais j'ai l'intime conviction qu'une vie dénouée d'amour est impossible. Et avant que vous ne me contredisiez, Léandre, pensez à l'amour de dieu. C'est un amour qui ne vaut pas moins qu'un autre."

C'était l'amour d'une idée, peut-être même d'un mensonge ; mais c'était un amour. Il y avait tant d'amours autour d'eux. L'amour des corps, l'amour du jeu, l'amour du savoir. Tous ces amours imbibaient Antoine jusqu'à l'os. Il était fait d'amour, lorsqu'il y pensait un instant ; et pourtant, chaque fois qu'il s'y concentrait un peu plus, il lui semblait que rien ne lui échappait davantage que le concept de l'amour.
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Léandre Luissier
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Memories of Childhood, The King's Speech

Tant d'échos dans les mots de l'Illusionniste.
Tant d'images anarchiques qui viennent s'y percuter, de paroles tues malgré le besoin de s'exprimer.

La cigarette de Léandre s'est suspendue aux bords de ses lèvres, le regard troublé quand Antoine parle d'aimer.

Aimer son prochain et sentir son cœur se serrer de bonheur et non de peur.

Aimer sa femme, alors qu'il ne peut s’empêcher d'éprouver du désintérêt, distance dangereuse qui parfois lui fait croire qu'aucun sentiment ne peut agiter son âme.

Aimer la vie, attarder son regard sur la nuque, les mains et les lèvres du Désir, se passionner, expérimenter, se tromper et revenir vers l'amour originel et miséricordieux, celui du Seigneur et du Père.
Ce même Père qu'il n'a jamais quitté, trop fervent et craintif du sermon.

Son regard, songeur, s'égare sur le tableau qui orne la pièce et revient vers l'Illusionniste.
Le retour du fils prodigue

Il tire une fois sur sa cigarette jusqu'à présent immobile.
"Vous avez raison, l'amour de dieu ne vaut pas moins qu'un autre et il est même plus fort car il va au delà des passions terrestres. C'est un amour tout puissant car Dieu n'est qu'amour. C'est pour cela que peu importe nos conduites passées, il nous pardonnera."

D'un geste de tête il indique la grande toile accrochée au mur.  
"Connaissez vous ce tableau?"

Antoine, de façon similaire, répond par la négative.

" C'est une oeuvre que Rembrandt a peint au crépuscule de sa vie. Son nom est "le Retour du fils prodigue". L'histoire qui provient de la Bible est celle ci :, temps de silence,  Un père a deux fils, un besogneux et obéissant et l'autre mondain qui, après avoir abandonné sa famille, se met à gaspiller sa vie et son héritage dans les plaisirs de la chair. Bien tôt, il finit dans la plus grande misère et retourne mendier auprès de son père bien qu'il sache que celui-ci le renverra surement. Néanmoins, à sa surprise, son père l’accueille et fête son retour plein de joie. Le fils aîné, celui fidèle, s'insurge de ne jamais avoir eu de fête à son honneur malgré son devoir toujours accompli. Le père répond alors : Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi ; mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé."

Il fait tomber la cendre consumée de sa cigarette dans le cendrier.
"Rembrandt était  un de ces fils prodigues. Vous l'êtes aussi Antoine. Un jour votre père le comprendra et vous rouvrira ses bras. Je le crois profondément".

Il soupire, le regard soudain plus éteint.
"A dire vrai, peut-être comprenez-vous mieux l'amour de Dieu que moi. Vous, vous avez aimé. Vous vous êtes trompé peut-être mais vous vous êtes repenti. Dieu se réjouit plus pour un pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance."

Le seigneur laisse toujours son troupeau de quatre-vingt-dix-neuf brebis dans la montagne  pour aller chercher une seule brebis égarée.

" Quelque part, je vous envie, moi qui n'est jamais aimé et ne croit même pas le pouvoir."
Lui qui s'est toujours attaché par intérêt, pitié, ou crainte mais jamais par amour.

"Je sais depuis toujours que je ne suis pas fait pour cela... J'ai même voulu un temps rentrer dans l'ordre monastique pour fuir cette vie où il faut toujours aimer son prochain. Je pensais que m'enfermer dans le retrait de la vie de moine me permettrait d'aller mieux... mais... "

Sa gorge se noue sous l'émotion qui s'éveille de l'inconscient. Sa cigarette à la main tremble légèrement.
"Mes parents avaient besoin de moi. Pour le prestige de notre famille, j'ai abandonné ce rêve, terminé mes études de droit et pris la gérance d' Esperencia. C'était ma façon de me rendre utile et d'expier mon manque d'amour."

Son regard s'embue face à cet homme car les mots, douloureux car trop longtemps contenus sont sortis comme une confession. Léandre pose sa cigarette sur le bord du cendrier et se masse les paupières pour y essuyer les quelques larmes naissantes. Il reprend, la carapace de dignité fragilisée.  

"Veuillez m'excuser, la fatigue me rend sentimental..."
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Antoine Dastre
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Antoine fixait le tableau d'un oeil vague, tout en écoutant le jeune Léandre lui en narrer l'histoire associée. Il était vrai qu'il pouvait se retrouver un peu en ce fils pécheur qui s'échappait de sa condition par des moyens peu respectés des sphères honorables. Un pécheur, hein... Antoine n'aimait pas être considéré, nommé ainsi, quand bien même ce mot-là soit suivi de "repenti". Il n'avait pas le sentiment d'avoir fait quelque chose de mal. Il avait simplement suivi ses envies, accompli ce qui lui semblait être le plus en accord avec lui-même ; seulement, il ne pouvait exprimer cela face à Léandre Luissier. Léandre Luissier ne pouvait pas comprendre. Il était beaucoup trop endoctriné par son éducation de malheur.

Antoine soupira ; il tapota sa cigarette au dessus du cendrier, puis en inspira à nouveau la fumée dans une longue inspiration. Léandre se trompait. Il n'était pas le fils prodigue.

"- Ce n'est pas par plaisir de vous contredire, mon ami, mais vous faites erreur. Je vous remercie pour vos espoirs, mais la porte de la maison de mon père m'est définitivement fermée." Antoine glissa un sourire mélancolique vers Léandre. "Je n'ai pas de frère. Je n'en ai jamais eu. J'ignore qui de ma mère ou de mon père est malade, mais ils ont eu des difficultés à m'avoir. J'étais le seul, et j'étais destiné à le demeurer. Il y a eu trop d'attentes et d'espoirs qui m'ont été confiés et que j'ai piétiné sans l'ombre d'un remord."

C'était quelque chose que Léandre Luissier devrait pouvoir se représenter. Il l'affirmait lui-même : sa famille avait besoin de lui. S'il décidait de tout plaquer du jour en lendemain, de s'en aller, de claquer la porte de cette maison, il n'en serait pas plus pardonné qu'Antoine. Et le dieu que priait Léandre seul savait combien Antoine rêvait que son jeune cadet agisse ainsi. Qu'il ouvre les yeux, qu'il ouvre son esprit, qu'il ouvre son monde. Si seulement, si seulement de lui-même, il pouvait s'extirper de cette association de misère, sa tâche aurait été si facilité...

"- Quand bien même mon père m'ouvrirait à nouveau ses bras..." Antoine tapota à nouveau la cigarette sur le cendrier. "Je ne suis pas certain de l'accepter. Je n'ai plus de famille, Léandre. Je m'y suis fait. J'ai fort à parier que mes parents ont déjà adopté pour combler mon absence. Je l'ignore, pour être honnête, je n'ai pas eu de nouvelles depuis toutes ces années."

Cette supposition n'était pas dénuée de sens pour autant. A la place de son père, c'était ce qu'il aurait fait. La famille Dastre ne pouvait s'éteindre aussi stupidement, à cause des frasques du fils proscris. Ironiquement, lui-même n'était pas certain qu'il aurait été capable d'enfanter. Qui savait, peut-être avait-il hérité des soucis de ses parents. Ce n'était pas comme s'il avait souvent songé à la paternité. Il fallait être posé, pour songer à la paternité.

"- Vous savez, Léandre, je comprends que nous ne vouliez pas décevoir votre famille, et que vous vous contentez de suivre un certain devoir." Non, il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas du tout ; mais il ne fallait pas le montrer. "Mais cet enfant que vous vous dites contraint d'avoir, pitié, aimez-le. Cet enfant n'aura pas demandé à naître. Ne lui faites pas regretter sa venue au monde. Et, qui sait, peut-être qu'aimer un enfant vous ouvrira la porte d'autres amours."

Antoine n'arrivait pas à concevoir une incapacité à aimer. C'était si curieux. En repensant à cette confession de Léandre, il ne pouvait s'empêcher de le dévisager, d'examiner minutieusement son visage, comme pour y lire il ne savait trop quoi ; comme pour y lire l'amour dont il se prétendait dénué. Etait-ce vraiment la fatigue, qui le rendait sentimental ? Antoine connaissait Léandre perpétuellement fatigué ; mais rarement il se livrait autant. Antoine ne s'en plaignait pas.

"- Votre sentimentalisme ne me déplaît pas. Il vous rend plus humain."

Plus près ; il devait toujours se glisser plus près de cet homme.
Antoine acheva sa cigarette ; il laissa le mégot fumer dans le cendrier. Il jeta un dernier regard au tableau ; puis tendit un bras pour poser une main ferme sur l'épaule de Léandre. Il le fixa alors dans les yeux, soutint son regard.

"- On n'expie pas un manque d'amour, mon ami. Ce n'est pas un crime. Je crois simplement que vous n'écoutez pas assez vos désirs propres, mais trop ceux de votre entourage, et que vous n'avez peut-être pas rencontré les bonnes personnes durant votre vie." Il serra un peu plus fort l'épaule entre ses doigts. "Vous êtes autorisé à vous aimer."

Car Antoine s'aimait, lui, dans le sens où il assumait chacun de ses actes passés et se sentait serein envers-lui même ; et Antoine jugea qu'il se faisait peut-être un peu trop audacieux, mais il ne pourrait pas rester inactif pour le rester de ses jours, à laisser Léandre s'enfoncer dans son univers étriqué. L'occasion lui semblait bonne de présenter de nouvelles opportunités à cet homme. Oui, il devait fermer ses oreilles aux attentes d'autrui ; et s'écouter, s'aimer, regarder au fond de lui-même et découvrir quels étaient ses vrais désirs.
Antoine les espérait beaux, ces désirs. Des désirs d'amour, d'égalité, de tolérance, comme tout homme devrait avoir.
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Léandre Luissier
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/!\ trigger Warning, ce rp contient des propos d'ordre sexuel en fin de réponse.




Mein Herz Brennt, piano version, Rammstein


" Quand bien même mon père m'ouvrirait à nouveau ses bras...Je ne suis pas certain de l'accepter. Je n'ai plus de famille, Léandre."


Antoine est libre. Antoine est seul. Son affranchissement s'est payé par la solitude et c'est ce qui effraye et fascine Léandre. L'Albatros a volé trop longtemps auprès des hommes pour pouvoir se séparer du navire qui vogue. Seul, l'océan serait trop grand. Il se perdrait.
Léandre préfère essuyer toutes les tempêtes, les espoirs trop grands plutôt que de ne plus voir la voile rassurante du foyer familiale.

Il soupire un fond de mélancolie accrochée à l'âme, la main agitée de nervosité.
Dans les esprits, les pensées dérivent d'une idée à une autre bercées par le calme de la nuit puis Antoine reprend, lui demande d'aimer son fils et sous l'injonction, c'est la boite de Pandore des souvenirs qui s'ouvre, celle, détestable, qui enferme en son sein la dépouille de l'enfance avortée, embryon d'espoir que Léandre a toujours pris soin d'oublier.

Sa mâchoire se contracte et dans la salle noire de l'inconscient se projettent les images des journées d'études et des nuits de larmes, huit-clos angoissant qui enroule sa bobine de pellicule autour de sa gorge et de son cœur.

Léandre déglutit, ses sourcils se froncent sur le tranchant d'une phrase.

"Cet enfant sera aimé. Il n'est pas possible autrement."

C'est un principe fondamental; inébranlable. Chaque parent aime son enfant car c'est le présent  et la semence du Seigneur, l'oeuvre offerte à l'homme pour pérenniser la foi et les lignées des croyants.
Il n'y a à revenir là dessus à aucun moment et Léandre, dans l'intimité de la pensée, plus que jamais sait que ses parents l'aiment, qu'ils ont toujours fait le mieux pour lui. Il s'en convainc. Il en a besoin pour ne pas vaciller face à cet homme et à ses mots.
Face à son regard. Calme et profond. Scrutant. Omniscient. Semblable à celui du Seigneur qui lit le péché et l'obscurité dans l'âme de ses ouailles, accordant le pardon par une phrase.  

- Votre sentimentalisme ne me déplaît pas. Il vous rend plus humain."

Humain. Car Léandre ne l'est pas complètement. Peut-être est-il une machine créée pour obéir, incapable de désir, d'aimer, de rêver, semblable à un de ces androïdes qu'il déteste tant, imitation humaine de chair et de sang.

Son visage se fige, inexpressif pour étouffer le trop plein d'angoisse qui déborde en lui. Ses mains même ne tremblent plus. Il laisse l'Illusionniste lui attraper l'épaule, l'écoute, le laisse finir son discourt en poupée de cire. Il pose alors sa cigarette en train de se consumer sur le bord du cendrier et ses lèvres s’entrouvrent, murmurent sous un souffle de confession étouffée.

"Excusez-moi. Je ne vous suis plus. Je vais aller m'humidifier le visage."

Il se dégage de l’étreinte du magicien, se lève, brutal, mécanique, et son fauteuil trop vite repoussé crisse au sol. Léandre marche jusqu'à la porte, s’arrête dos à la pièce,  module un instant sa voix en silence pour ne pas trahir les pleurs qui ont éclos dans sa gorge.

" Antoine, il est tard. Vous pouvez rentrer".

Il n'y a plus d'ami dans les phrases de l’Albatros car dans le ciel s'est abattu le Spleen.
L'Oiseau disparaît, s'engouffre dans le cabinet, remonte ses manches, allume l'eau, s'asperge le visage. Ses mains se sont remises à s'agiter, des plaques rouges d’eczéma ont recouverts ses bras pour déformer son reflet parfait et lisse.

Dans la glace, le visage dégouline, grimace, éclate en un sanglot bâillonné. Léandre a arrêté de mentir à chacun et à lui-même. Il se retrouve nu face à la vérité de l'inconscient alors que les larmes se mêlent sur ses joues à l'eau.

Léandre n'aime pas. Il n'a jamais été capable d'aimer hormis ce jour où le rêve l'a pris et où il s'est mis à désirer. A vouloir cet homme, ses illusions, ses mains sur ses reins, ses hanches sous ses doigts, ses lèvres contre les siennes.
Léandre se souvient de ce baiser, de cette langue qui cherche à s'approprier l'autre, de cette étreinte à posséder, de cette excitation immature, nerveuse et avide, la première de sa vie. Celle qui l'avait éveillé du songe; frustré.

Il avait inspiré lourdement, le rêve encore sur les paupières et l'envie chevillée au corps.
Besoin viscéral et impérieux, il avait continué la vision dans ce lit aux draps trop blancs, au voile de silence trop pesant, écho de culpabilité; il avait caressé sa verge, bravant l'interdiction qui l'avait enfermé dans la vertu il y avait bien des années, imaginant le corps agité de l'Illusionniste contre lui, ses doigt contre son sexe.
Il s'était désarticulé sous le plaisir puis avait joui. Ses paupières s'étaient renfermées et fatigué, il s'était rendormi sous un long cauchemar d'angoisse et d'érotisme mélées.

Il s'était éveillé le matin, le désir évaporé, la rosée de l'agitation refroidie sur l'échine mais n'avait retrouvé nulle trace de péché entre les draps immaculés. L'onanisme si réel avait été le fruit de son esprit. Il avait rêvé. Comme un homme.
Il n'était pas une machine. Il avait aimé. Il s'était détesté. Il les avait jalousé.
Il avait aimé; souillé; péché.


----------------------------------------------------------------------------------

« Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ?
Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu »
Corinthiens 6.9-10, épitre selon Paul
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Antoine Dastre
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Dim 19 Juin - 20:25

Antoine poussa un soupir résigné, silencieux, contenu à l'intérieur de son esprit. Alors que Léandre lui intimait de rentrer chez lui et de ne pas s'attarder davantage ici, s'enfermant dans la pièce voisine, Antoine contemplait les fumées mourantes du mégot qu'il avait abandonné dans le cendrier du jeune homme. La vision de ces mannes fantomatiques lui rappelaient toujours ces vanités poétiques qu'il avait lu étant adolescent, ces vers qui rappelaient l'éphémère et la fragilité de la vie que chacun détenait. L'espoir qu'Antoine avait nourri de toucher le coeur de Léandre s'était également évanoui en un instant, à l'image de cette fumée évanescente.

Trop tôt. Il avait agit trop tôt. Ce fut un pas trop rapide, trop téméraire, et un mouvement pensé bien trop en avance. Il ne s'en rendait qu'une fois l'erreur commise. Antoine se mordilla la lèvre. Non, il ne pouvait prendre congé de cette manière. S'il n'entamait pas un nouveau pas pour réparer cette bévue, il ignorait si l'occasion lui serait donner à nouveau de discuter avec lui dans une telle intimité.
A son tour, Antoine repoussa le fauteuil et se leva ; mais ce ne fut pas vers la porte de sortie que ses pas le portèrent. Il s'arrêta face à celle qui menait à la pièce dans laquelle Léandre s'était enfermé ; et tête baissée, Antoine l’interpella.

"- Léandre, mon ami ?" Il tapa deux coups brefs et légers à la porte. "Il apparaît avec une certaine évidence que je vous ai offusqué. Veillez accepter mes excuses. Croyez-le bien, Léandre, je ne cherchais ni à vous blesser, ni à vous mettre dans l'embarras."

Stationner devant la porte ne lui apporterait rien ; surtout si Léandre venait à l'ouvrir, comme il le souhaitait secrètement. Antoine décida alors de se décaler légèrement pour s'adosser au mur, les mains jointes dans son dos, dans une de ces positions d'enfant sage qu'on lui avait appris à tenir autrefois.

"- Je me suis longtemps égaré. Vous le savez. Je me suis perdu, j'ai erré, et péché probablement plus qu'il n'est possible à un esprit pieux comme le vôtre de l'imaginer. Je désirais simplement vous aider à ne pas emprunter ce chemin à votre tour. J'ai tenté, maladroitement au vue des conséquences, de vous aider à mon tour. Tout comme vous m'avez aidé."

Antoine dénicha un modeste briquet, bien moins luxueux que celui de Léandre, de la poche de son pantalon, et se mit à jouer distraitement avec le zip pour occuper ses mains.

"- Je n'oublie pas ce que je vous dois, mon ami. Lorsque la pente sur laquelle je glissais est devenue trop abrupte et que personne ne m'a tendu de main, pas même ma propre famille, vous avez été là pour me donner une chance de me racheter et de retourner sur la voie de la vertu. Je ne peux oublier la générosité dont vous avez fait preuve, et j'ai tenté de vous la rendre à mon tour. Si mes intentions ont été mal interprétées par mauvais choix de mot de ma part, s'il vous plaît, Léandre, ne m'en tenez pas rigueur. Votre amitié m'est précieuse."

Antoine glissait toute la sincérité dont il était capable dans ce discours lent et posé qu'il offrait au jeune Léandre. Baissant la tête vers ses pieds, quelques mèches blondes voilaient sa vue. Il imaginait que Léandre contemplait le même paysage ; des pieds. Son champ de vision ne  pouvait être qu'étriqué ; mais Antoine l'ouvrirait. Avec du temps, de la patience, et de multiples caresses invisibles, il l'ouvrirait.
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Léandre Luissier
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Sam 16 Juil - 12:02



Reminiscence, Ólafur Arnalds, Alice Sara Ott

Oh Antoine, tendre et unique ami, je vous en supplie, taisez-vous. Ne dites rien car sous vos mots, mon cœur s'agite et mon âme s'ébranle.

Léandre ne veut pas entendre la voix de l'Illusionniste car chacun de ses mots est une onde sismique dans l'inconscient de l'Albatros. Tremblements de terre des profondeurs, les paroles font remonter à la surface les roches de souvenirs sous des images de mains caressantes, et de baisers d'abandon.

L’Albatros rejette les visions proscrites, ferme les yeux pour faire taire l'inconscient. Il se concentre sur sa foi, s'enferme pour vivre dans un monde de silence, de néant ordonné et programmé où il n'aura pas honte de vivre, de ressentir, d'aimer.  

Il essaye en vain car les paroles de l'Illusionniste ne se tarissent pas malgré l’absence de retour de leur destinataire. Elles continuent et étrangement, comme un baume chaleureux sur la plaie des fantasmes, apaisent.
Quand l'homme a fini de parler, il n'y a plus de trouble et l'image des corps tendus de désir, de péché et de déshonneur a disparu, ne restant plus que l'ami derrière cette porte.

Un long temps de mutisme ponctué de respirations et de pleurs retenus s'installe et après quelques minutes, se crève sous la réponse de Léandre.

"Vous ne m'avez pas offusqué mais vos mots trouvent écho en moi et me touchent."

Il repense un instant au Rêve puis le balaye d'un revers de pensée. Il sait que son angoisse reviendra mais il veut l'abandonner un instant pour revêtir l'habit de la sincérité.


"Vous êtes la première personne à me dire cela et je me sens perdu, désemparé. Car... je ne sais pas comment aimer ni même m'aimer. Je n'ai toujours fait qu'obéir à autrui sans chercher à penser par moi-même... Pour être aimé  et accepté je crois..."

C'est un aveu honteux qu'il n'a jamais fait à personne d'autre, pas même au prêtre familiale et qui aujourd'hui, sort douloureux dans ce confessionnal de fortune.

"J'aimerais parfois être libre comme vous." De corps, de coeur, d'esprit.

Inspiration silencieuse. Réflexion.

"Antoine, mon ami, vous vous êtes surement perdu par le passé mais vous avez une belle âme. Cela personne ne me l'a jamais dit ni commandé mais je le sais depuis le jour de notre rencontre. Je l'ai vu en vous et c'est pour cela que, tant que je le pourrais, je vous aiderais dans la Voie du Seigneur."

Il a envie de sortir, de serrer ses mains noueuses dans les siennes en promesse, de sentir cette chaleur, ce simple contact de paumes contre paumes .
Il ne le fait pas néanmoins car son regard est humide et son visage a perdu sa contenance. Il ne veut pas se montrer ainsi défait et sait que sa voix est la seule chose qu'il peut alors partager avec cet homme.


" En contrepartie... si cela vous convient bien entendu  ma requéte touchant aux sphéres de l'intime, j'aimerais que vous me parliez des amours que vous avez vécus. De comment vous les avez ressenti, de la façon dont vous les avez exprimer pour que je puisse comprendre ce que cela est et pour qu'un jour peut-être je puisse aimer à mon tour."

Tomber amoureux comme chacun... sentiment du Seigneur, pureté transcendante qui vous fait homme neuf, immaculé d'abnégation, caresse un instant de l'aile l' Albatros.

"Antoine..."
Il se tait un instant.

"Je vous remercie sincèrement de votre amitié. Elle m'est tout aussi précieuse. Je ne vous connais pas bien mais vos paroles me font réfléchir et vous êtes le premier véritable ami que j'ai. "

Même si cela est une forme de politesse, un artifice de convenance, l'Illusionniste est le seul que Léandre appelle  ami., le seul aussi à rendre l'écho de ce mot.

Antoine, l'Ami.
Amicus, amare, aimer.
L'Aimé.


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Antoine Dastre
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Sam 23 Juil - 21:12

Antoine n'imaginait pas une seconde que sa bévue lui aurait été si bénéfique. Spectateur de la fuite de Léandre parti se reclure derrière cette porte, Antoine avait été convaincu d'avoir mis la charrue avant les boeufs, et d'avoir reculé de plusieurs pas sur le chemin de son succès. Pourtant, les mots que, après ses excuses, Léandre lui offraient depuis l'autre côté de cette porte, ravivait l'espoir qui somnolait dans le coeur d'Antoine. Sa cause n'était pas perdu. Cet homme ne s'était pas encore totalement laissé rongé, consumé, par les idées d'un autre siècle qui ligotaient sa famille.
Cette ouverture était aussi désirée qu'inespérée, et Antoine avait alors bien conscience qu'il n'était plus acceptable de commettre la moindre erreur. Une seconde faute de sa part ne passerait pas. Léandre lui ouvrait son coeur, son amitié, sa confiance. Antoine avait juste à y longer la main. La porte ne devait pas se refermer avant que cela ne soit fait. Antoine était déterminéà ne pas être que son premier véritable ami. Il serait aussi le meilleur de ses amis. Le plus noble. Celui qui, auréolé de lumière, comme les anges des peintures sacrées que devait aduler cet homme, tendrait une main salvatrice à cette âme écorchée, pour l'attirer vers des beautés nouvelles, et des valeurs qui, comme l'aurait dit un grand penseur, n'existait que dans le monde parfait et inaltérable des Idées.

"- Je vous remercie aussi de votre amitié, Léandre," répond Antoine sur le même ton affectueux. "On rencontre rarement dans sa vie deux individus d'une qualité telle qu'on peut se révéler l'un à l'autre sas craindre de jugement. Vous ne m'avez pas jugé en dépit de mon passé. Je ne vous jugerai pas non plus."

Pourquoi le mensonge était-il si doux ? Peut-être parce que Antoine savait possible la naissance d'une réelle amitié entre eux deux, s'il parvenait à extirper cet oisillon des ailes étouffantes qui recouvrent son nid. Il y avait de l'espoir pour Léandre. Il y avait peut-être même plus d'espoirs que pour ces artilects au regard vide, plus d'espoir que pour Cybèle. Plus d'espoir que pour lui. Léandre était doté de grandes qualités. Il les mettait seulement au service de la mauvaise cause. Antoine mettrait tout en oeuvre, et prendrait tout son temps, pour rallier l'innocent Léandre à la meilleure des causes.

Son atout majeur, dans cette quête, c'est que Léandre lui voit des talent qu'Antoine n'est pas convaincu de posséder ; mais cela l'arrange. Plus Léandre l'adule, plus il l'aime, plus il s'émerveille devant lui, plus Antoine est apte à refermer son emprise. Ironiquement, penser de cette façon là montre combien Léandre se fourvoie. Son âme est un torrent de vice, pas un modèle de vertu. Il n'a jamais tué, ni torturé un homme, mais il a tant menti et tant caché de choses durant toute sa vie, que le péché du mensonge et de la malhonnêteté était tatoué sur sa peau, il en était certain. La seule beauté de son âme, c'est son érudisme. Peut-être. Antoine aime y croire. Antoine afficha un sourire que Léandre ne put apercevoir, caché de l'autre côté de la porte. Le dessein d'Antoine était indéniablement noble ; mais le seigneur de Léandre seul savait combien les moyens pour y parvenir étaient vils.

Antoine s'écarta de la porte. Il s'en retourna près du bureau, et sans demander de permission, se servit une nouvelle cigarette dans les effets de Léandre, et emprunta son briquet, ce beau briquet qu'Antoine lui enviait. Il alluma la cigarette avec précaution, puis s'en alla chercher de l'alcool là où il savait qu'il s'en trouvait, pour remplir les verres et préparer le reste de cette soirée. Antoine n'irait pas sagement se coucher alors qu'il était en si bon chemin. Il n'attendrait pas son but ce soir, évidemment, mais les progrès qu'il était en mesure de pouvoir faire étaient trop importants pour être ignorés.

"- Le tabac et l'alcool vous attendent, mon ami, si mes affaires de coeur vous intéressent toujours," lança Antoine assez fort pour que Léandre l'entende. "Je me souviens d'une particulièrement tendre, un de mes plus beaux souvenirs, si vous désirez adoucir cette soirée et chasser l'amertume des mots qui ont pu nous échapper".

Se faisant, attendant le mouvement que Léandre choisirait de faire, Antoine retourna s'asseoir dans le fauteuil, fumant sa cigarette avec négligence. Pour s'occuper, il prit à nouveau le briquet de Léandre dans sa main et joua avec. Un jour, il s'offrirait un briquet aussi coquet que celui-là.
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Léandre Luissier
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Mer 27 Juil - 22:46




Friends make garbage Low Roar


Vous ne m'avez pas jugé en dépit de mon passé.

Dieu seul ne jugeait pas. Il pardonne tout pêché avant même de le connaitre.

"Je ne vous jugerai pas non plus."

Dieu seul ne jugera pas. Il est Amour Pur

Néanmoins, peut-être que cet homme de chair, dans sa mesure de mortel, est ce qui se rapproche le plus de Dieu à cet instant présent.
C'est, tout du moins, ce que se plait à croire Léandre quand il entend ces mots, petit enfant rassuré de vingt-six ans, attaché à sa foi naïve du premier ami, à l’orgueil d'être si précieux à quelqu'un d'autre.

Il en sourit quasiment, les larmes presque taries quand son coeur se serre sous le bruit de pas s'éloignant. Il craint un instant que la déclaration à peine faite, l'Illusionniste et son amitié disparaissent puis se calme quand il entend le son de sa voix l'inviter à accompagner son récit d'alcool.

Il réfléchit quelques minutes, secoue dans sa tête les événements brûlants, les émotions débordantes, puis respire longuement pour stabiliser ses pensées, se mouille derechef le visage pour se donner une contenance et se décide à sortir malgré son visage buriné, ses yeux rouge de pluie, et le bout de ses cheveux mouillés par l'eau.

Quand il entre dans la salle, à l'homme qui le regarde, il esquisse un sourire et un discret mouvement de tête , plus réservée et humble qu'à l'habitude.
Il remercie sous un mot pour la boisson, s'assoit dans son fauteuil dos à la fenêtre, laisse  un instant traîner son regard sur la bouteille de whisky au design travaillé, presque damassé et saisit son verre sur le bureau. D'un mouvement de poignet élégant qu'il avait acquis à force de voir son père le faire lors de ses dîners d'affaires, il fait tourner le breuvage doré dans son écrin de glace, y admirant ses reflets et son histoire enfermé en son sein.
Le Crown Royal, production nationale inventé à l'origine pour un roi, avaient gagné ses lettres de noblesse il y a cinquante ans et fort de sa popularité, avaient connu de nombreuses améliorations, rejoignant les tables et les palais délicats des têtes couronnés. Sa valeur marchande avait alors décuplait, accouchant d'un prix tout à fait honorable pour un gout et une ivresse identique. L'alcool du commun s'était métamorphosé en un alcool à déguster.

Sous cette pensée, Léandre mouille ses lèvres dans le breuvage. Notes boisées, vanillées, mâtinées d’un vent de prune et poivrées sur la langue. Complexe, élégant, délicat et long. Légèrement sucré.
Un alcool masculin pour un whisky plutôt féminin au final. Comme beaucoup de chose en ce monde...

Songeur, l'Abatros, tourne la tête vers la fenêtre d'où s'échappe la fumée de la cigarette d'Antoine, scrutant l'extérieur immobile à cette heure de la nuit.  
Il fait clair et le ciel d'été laisse voir les astres, privilège que peuvent s'offrir les habitants de Summit Park par rapport  à leur concitoyen de Montréal.
Ici, entouré de verdures, personne n'a pas à subir la pollution lumineuse de la ville et les enfants, derrière leur télescope, peuvent admirer les étoiles.

Il y a longtemps, Léandre avait était de ceux là, passionné d'astronomie, se perdant au planétarium, apprenant avec avidité chaque constellation, chaque histoire qui piquait le ciel de Montréal et d'ailleurs, pensant avec certitude que la plus grande richesse de Westmount était son azur.
Innocence fanée.

L'homme, sous le souvenir, soupire doucement, absent et fatigué.

En pensant enfant que la richesse d'une chose se comptait par ce qui la constituait et celle d'un  homme par ce qui le ravissait, il était alors bien loin de la vérité ce monde.
Il y a trente ans, son père avait choisi ce quartier pour son prix immobilier et son prestige. Il avait installé sa demeure puis, plus loin, le siége d'Esperencia pour que tout les pans de sa vie soit synonyme de richesse et de pouvoir. D'élévation par rapport autrui.
Ce péché de vanité qui animait son géniteur si dévot, Léandre ne l'avait réalisé que bien tard, vers la vingtaine. Il avait alors été étrangement déçu et blessé dans son idéal pieux, lui qui rêvait d'entrer dans le dépouillement de la vie monastique,  incapable de comprendre cet attachement au matérialisme, celui-là même dans lequel il vivait depuis son enfance sans jamais le remettre en cause. La réalisation de son arrogance naïve par rapport à son niveau de vie avait été un choc et il s'était débarrassé d'une grande partie de l'opulence qui l'entourait, la redistribuant à l'oeuvre de charité. De cet épisode, sans le mériter réellement à son avis, il avait hérité du visage de l’aumônier et de la Voix d'Espérancia. Il avait jeté le reste par volonté de ses parents,  : l'idéal du Christ, les vieux rêves de retraite spirituelle, les étoiles, ne gardant que quelques objets fétiches : Un vieux gramophone, une icone dorée de la vierge, un crucifix, quelques livres et disques, un briquet.

Il retourne la tête vers la pièce, égare un instant son regard sur l'objet précieux entre les doigts de l'Illusionniste, lève de nouveau son verre à ses lèvres, boit silencieusement une gorgée et le repose sur le bureau, son petit doigt amortissant le son.

"Mon ami, j'étouffe dans ce bureau et nous sommes en plein dans la période des Perséides... Que diriez-vous de me conter votre récit dehors sur le banc de la cours intérieure, que nous puissions profiter des étoiles?"

La proposition, neutre dans la bouche de Léandre, a dans ses regards ailleurs, un écho de volonté.  


O battement éphémère,
En cette nuit des Perseides,
Sous le ciel d'étoiles,
Fume la cigarette de tes désirs,
Qu'à la queue des filantes,
Leur volutes s'enroulent,
Incarnant tes chimères,
Sous leurs traînes de lumières.

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Antoine Dastre
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Ven 29 Juil - 21:29

Durant le long silence de Léandre, qu'Antoine interpréta comme une réflexion qu'il valait mieux ne pas interrompre, il se garda lui-même de parler et attendit sans précipitation. Il avait les effluves de l'alcool et le masque de la fumée pour lui passer le temps. Il vidait lentement son verre et se questionnait sur les litres d'alcool que son sang avait connu. Antoine n'était pas un grand buveur, parce qu'il était déjà un grand fumeur et qu'il ne pouvait décemment pas collecter toutes les tares du monde, mais il concevait difficilement une discussion d'intérêt sans un verre en main. Surtout à une heure aussi tardive. L'alcool avait quelque chose de social, dans la relation qu'Antoine entretenait avec. Il buvait rarement seul, et discutait tout aussi rarement sans une boisson à portée. Une boisson, et une cigarette. La sienne mourrait entre ses doigts. Il abandonna le mégot dans le cendrier, frôla le briquet qu'il avait déposé là du bout des doigts, pour ensuite le glisser dans sa poche sans demander de permission, et, faisant écho à la proposition de Léandre, se leva.

"- Allons-y, si cela vous aide à vous sentir mieux. Le grand air fait toujours du bien à l'esprit. Puis il s'agit tout à fait du genre d'histoire que l'on conte sous les étoiles si l'on a l'âme d'un romantique."

Antoine en avait-il une ? Il n'en avait pas la moindre idée. Il n'était pas certain de savoir définir le romantisme. Si cela s'arrêtait à l'exaltation des sentiments, sans doute en était-il un. Antoine ne concevait pas de ne rien ressentir. Si cela était se montrer mielleux auprès de ses congénères et offrir des bains de roses à l'être humain, alors Antoine n'avait de romantique que la couleur bordeaux de sa housse de couette. Sûrement le serait-il toujours plus que son cadet. Antoine plaignait d'avance la femme qui se trouverait enchaînée à lui. Les premiers mots d'amour qu'elle allait entendre seraient adressés au dieu de Léandre, et non à la femme dans son lit.

Connaissant le chemin, Antoine ne s'embarrassa pas à suivre Léandre. Il prit les devants et quitta le bureau, traversa les couloirs, ouvrit les bonnes portes. Il s'était rendu dans cette cour plus d'une fois pour disperser sa fumée sans gêner, depuis qu'il s'était lié aux activités de cet endroit. Il la voyait néanmoins rarement de nuit. La nuit, Antoine était souvent déjà chez lui. Ses discussions tardives avec Léandre restaient des exceptions. Des exceptions qu'Antoine s'évertuait à rendre plus fréquentes, pour le bien de ses objectifs.
Antoine alla s'asseoir sur l'un des bancs. Son premier réflexe, comme il en allait toujours, fut de s'armer d'une cigarette. Il sortit le briquet de Léandre de sa poche. Antoine se demandait avec amusement quand est-ce que Léandre contesterait cet usage abusif de son briquet. Peut-être qu'un jour, Antoine l’emmènerait chez lui, pour voir si ce jeune homme s'agacerait de la disparition de son bien. Pour le moment, Antoine le déposa sur le banc, entre eux deux, et après une première bouffée, leva le nez vers le ciel.

"- J'aurais pu devenir astronome, peut-être. Quand j'étais petit, vraiment petit, moins de dix ans, si mes souvenirs sont bons, on m'avait offert un petit télescope, un jouet. Je l'aimais beaucoup. Puis mes lectures par la suite ont souvent parlé d'étoiles. Mais c'est plus facile, bien plus facile de lire et d'écrire à leurs propos que de les observer attentivement, ou de frôler. J'admire les spationautes. J'aurais peur, moi, là-haut. Dans ce grand vide."

De manière générale, Antoine n'aimait pas "les grands vides". C'était pour ça que son appartement était petit. C'était pour ça que son lit était petit. C'était pour ça que ses mains étaient toujours occupées, que ses pensées défilaient toujours, qu'il trouvait toujours de la compagnie lorsqu'il en recherchait. Antoine avait une relation conflictuelle avec le vide. Il poussa un soupir. Ses angoisses n'avaient aucun intérêt pour Léandre. On ne s'épanchait pas, de toute façon, auprès de sa proie, de ses faiblesses.

"- Une jolie histoire de coeur, donc. Il faut remonter à loin. Il n'y a rien eu de très joli ces dernières années," rit doucement Antoine. "Je n'avais pas que de mauvaises fréquentations, vous savez," lance-t-il à Léandre avec un regard en coin. "Il y avait cette jeune fille parfaite en tous points, une amie d'un ami, qui rêvait de grandes choses. Devenir célèbre, être respectée, être une femme d'affaire, n'importe quoi qui l'aurait mise sous les projecteurs. Je crois que j'ai été attiré par la vivacité de son esprit. Mes conversations avec elle étaient au moins aussi intéressantes que celles que j'ai avec vous, Léandre."

Antoine ne se priverait pas d'utiliser ses histoires à bon escient. Il n'avait rien contre le bavardage inutile, mais rien non plus contre des progrès dans sa tâche. Flatter Léandre ne serait jamais une mauvaise chose.

"- J'étais jeune et un peu bête. Sans doute le suis-je encore," sourit-il avec dérision. "J'en suis tombé amoureux. De cet amour qui vous empêche de dormir la nuit et vous fait avoir hâte d'être rendu au lendemain pour revoir son visage face à vous. J'avais envie qu'elle ne regarde que moi. Je voulais être aussi spécial pour elle qu'elle ne l'était à mes yeux, mais mes tours de magicien n'étaient pas assez pour l'impressionner. J'ai réfléchi, mais je n'ai rien trouvé. Aucun des livres que j'ai lu ne vous enseigne vraiment à séduire une femme. Mes livres parlent de la société idéale et des droits de l'homme."

Antoine avait déjà parlé de ses goûts à Léandre. Il se doutait que cela ne l'étonnerait pas. Ses bibliothèques, aujourd'hui encore, étaient remplies de livres de philosophes et d'humanistes, et de grands poètes de toute ère.

"- A cours de moyens, je l'ai embrassée lors d'une soirée passée avec elle. Je dois vous dire que c'est une gifle dont je me souviens." Antoine toucha sa joue, comme s'il ressentait encore la douleur sur son épiderme. "Ce que je ne savais pas, c'est qu'elle était déjà fiancée. Je suis arrivé trop tard."

Antoine poussa un nouveau soupir. Il aimait bien se souvenir de cette femme. Elle l'avait accompagnée durant plusieurs mois. Il l'avait admirée et enviée, il l'avait voulue pour lui, et avec lui. Il l'avait encouragée et avait été encouragée en retour. C'était une bonne période de sa vie. Il ne la regrettait pas, même si tout cela avait eut une fin plutôt abrupte. Mais, de son point de vue, ce n'était pas une histoire triste. Ce serait triste si ce souvenir lui était douloureux. Or, ce souvenir lui était doux, infiniment doux. Presque aussi doux que le sourire de Cybèle. Ces deux femmes étaient des amies, et des amies valaient parfois plus que des épouses.
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Sam 30 Juil - 16:33



Sugame no Uo Mushishi


Ils étaient partis rejoindre les étoiles, s'asseyant sous leurs bras de lumière, éclairés par le sourire de la lune.
Léandre avait laissé son verre pour une cigarette qui, entre ses doigts,  attendait le moment adéquate pour s'enflammer. Antoine avait commencé son récit. Une histoire d'étoiles, d'astronome, de solitude, d'amour, d'espoir, de baiser, d'Adieu.

De désillusion pense l'Abatros quand Antoine a fini de parler.
Sous les réminiscences de l'autre,  son cœur à peine rétabli de l'ondée précédente s'est remis à s'embrumer, à croire que l'Illusionniste est un musicien des âmes et que chacune de ses mélodies pincent les corde de l'oubli, souvenirs perdus qui résonnent de nouveau de leur propre litanie.


L'Abatros, perdu dans ses pensées grises de pluie, instaure un temps de silence avant de répondre.

"C'est une histoire plutôt triste. Vous avez du vous sentir vide de cette fin d'amitié... Il hésite un instant sur le terme à employer. comme mutilé.

C'est le mot qui lui a semblé le plus propice pour exprimer cette amputation de l'âme que laissait le deuil d'une relation.

Léandre saisit le briquet posé entre eux deux et allume la cigarette qui attend depuis tout à l'heure entre ses doigts. Il s'emplie de la fumée puis la recrache doucement dans l'air, fixant ses yeux lasses sur sa traîne évanescente.
Il reprend, calme, un fond de mélancolie dans la voix, les mots lents des images lointaines et évaporées.

"J'ai ressenti un tel vide il y a bien longtemps. Il inspire une nouvelle bouffée de tabac, Ce n'était pas vraiment un ami comme nous le sommes vous et moi. Plus une connaissance. Nous nous étions rencontré aux journées mondiale de la jeunesse de Toronto 2085. J'avais 14 ou 15 ans je crois. C'était une grande et magnifique célébration sur une semaine avec des milliers de jeunes se retrouvant pour partager leur foi.  Nous nous étions tout de suite entendu, passant d'un sujet à un autre avec un naturel déconcertant. Chaque soir, nous nous installions sous les étoiles devant sa tente et nous discutions jusqu'à la moitié de la nuit.  Jamais je n'avais eu de conversations qui me remplissaient à ce point d'effervescence et de joie. Je me sentais si vivant à ses côtés. "

Il y avait eu aussi cette fascination globale pour toute chose de cet être; un besoin de s'abreuver de mots, de regards, de présences, d'union, de connaissance qui dépassait la pensée, la chair, l'amitié, le désir.

"Puis les JMD ont finies et nous sommes rentrés en se promettant de s'écrire et de se revoir dès que possible. Néanmoins, malgré les promesses, je me suis senti si vide de son absence." Il réfléchit un instant. Ce n'était pas comme le vide serein de l'espace ou de la retraite spirituelle qui me permet d'être seul tout en me sentant proche du Seigneur ou de moi-même. Ce vide là faisait mal. Comme s'il vous manquait quelque chose de vital pour être heureux. Je suis resté pendant des semaines dans un état de tristesse profond,  mêlé à la fébrilité que me procurait l'idée de, de nouveau, le revoir." De lui parler, de l'accompagner, de communier, désirer frôler caresser embrasser enlacer; Aimer.
Sans même le réaliser.

" Mes parents savaient que je ne supporterais pas d'être dans cet état  à chaque rencontre et départ et m'ont conseillé de couper définitivement tout lien, chose que j'ai faite.  J'ai arrêté de répondre à ses mails, bloqué son adresse mail et son téléphone et nous avons perdu contact."

Pour continuer à avancer sur la mer calme de la stabilité, il avait offert en sacrifice cette amitié, acceptant de faire le deuil de ses rêves mort-nés.  

"ça a été dur mais je me suis senti mieux après. ça m'a permis de m'apaiser. Ces sentiments trop forts n'étaient pas pour moi. Ils m'auraient détruit et coupé du Seigneur."

Un amour contre un amour. Celui des Hommes, celui de Dieu.



Dernière édition par Léandre Luissier le Ven 26 Aoû - 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Sam 30 Juil - 20:58

En était-il vraiment ressorti mutilé ? Non, avec le recul, Antoine ne le vivait pas ainsi. Ses souvenirs n'étaient plus très frais, mais il se doutait, en revanche, qu'il avait réagi plus violemment à l'époque, lors du rejet de cette femme. Se connaissant, il avait dû noyer son chagrin dans une discussion avec un inconnu, l'esprit embrumé par l'alcool, et une cigarette entre ses doigts tremblants. Peut-être avait-il fini cette soirée sur son lit, couché, observant son plafond comme pour y deviner le visage de celle qui était déjà promise à un autre. Puis, las de ce manège, il avait dû ouvrir un livre déjà trop lu dont il connaissait déjà par coeur les phrases et les leçons.

"- C'était douloureux à une époque, je pense," expliqua Antoine avec lenteur. "Mais j'ai l'habitude des relations de courtes durées. J'ai l'habitude de la perte. Je n'ai jamais été très doué pour garder les personnes que j'aime à mes côtés. Je l'ai déjà dis, il me semble, non ?"

La question n'attendait pas de réponse. Quittant le ciel des yeux, Antoine porta son regard sur le visage de Léandre. Il écouta son histoire dans un silence respectueux, avec une certaine curiosité au fond des yeux. Il n'y avait pas que l'ouverture relative de Léandre qui attisait son intérêt. Il y avait surtout le contenu de ses paroles, le sens de ses mots. Antoine aurait juré le garçon plus insensible, plus froid, plus lent à comprendre les choses. Il n'acceptait peut-être pas de placer le bon mot sur tout ce qu'il avait ressenti, il n'n demeurait pas moins que des émotions familières à Antoine avaient secoué le corps et le coeur de Léandre.
L'effervescence, de la bouche même de Léandre, était un mot qui parlait à Antoine. Se sentir vivant, les promesses, la tristesse, l'absence.  L'amour était une chose compliquée. L'amour était constitué de toutes ces choses que Léandre listait. Antoine ne comprenait pas que son cadet ne prononce pas le nom de l'amour. Il lui rappelait cette fillette du roman de Longus qui, ayant grandi dans un milieu trop fermé, n'avait jamais eu vent de ce qu'était l'amour bien qu'elle en ait souffert tous les maux.
Antoine acheva sa cigarette dans un dernier souffle. Le briquet n'était pas retourné entre leurs deux corps, sur le banc. Il s'abstint donc d'en extirper une autre de son paquet, et avec plus de délicatesse encore qu'il n'en avait l'usage, osa questionner Léandre sur ce qui l'interpellait :

"- Vous aimiez ce garçon, n'est-ce pas ?"

Antoine avait le sentiment d'avoir jeté une allumette dans une flaque d'huile. Il n'osait pas imaginer tout ce que l'on avait pu raconter comme abominations à Léandre, à propos de l'homosexualité ; de la sexualité, tout simplement. De l'amour, tout simplement.

"- Au cas où vous auriez déjà oublié," ajouta Antoine avant qu'un ouragan ne se lève, "je ne vous jugerai pas. Je n'en ai ni le droit, ni l'envie. Et j'ai confiance en le fait que nous emporterons les secrets de l'un et de l'autre dans nos tombes respectives."

Allait-il lui sortir un discours pré-façonné sur le fait que son dieu n'ignorait rien des secrets des hommes ? Probablement. Antoine était accoutumé aux dialogues plein de foi de Léandre. Il n'argumenterait pas à son encontre. Ce n'était pas son objectif. Ce qu'il voulait, c'était la confiance de Léandre. Lui certifier qu'il resterait muet à son propos était à la fois une vérité et un moyen de parvenir à ses fins ; comme beaucoup de manœuvres ce soir dans leur conversation.

"- Bien, c'est à mon tour, je pense." Antoine se leva pour marcher un peu. "Parmi mes histoires sentimentales, il y a eu des hommes. Je ne comptais pas réellement vous le dire, mais vous n'êtes plus à une de mes frasques près." Antoine adressa un sourire mutin à son cadet. "Le premier d'entre eux était de peu plus âgé que moi. Il devait avoir votre âge. Je ne comptais pas répondre à ses avances. Je n'avais jamais réfléchi à l'idée d'aimer un homme. Je vous avoue que la curiosité l'a emportée. J'aimais les nouvelles expériences. Je les aime encore toujours un peu aujourd'hui. Mais cette histoire s'est finie vite, une fois l'intérêt passé, pour lui comme pour moi."

Puis, son ouverture d'esprit faite, d'autres avaient suivi, même si Antoine avait toujours côtoyé beaucoup plus de femmes que d'hommes. Même ses amitiés semblaient plus souvent se nouer avec des femmes. Peut-être Antoine partageait-il leur sensibilité. Peut-être Antoine avait-il une part de féminité qu'il ignorait. Peut-être n'était-ce qu'un hasard.
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Dim 31 Juil - 18:26



Spine Gem Club


Les mots d'Antoine ne lui plaisent pas. Ils parlent de déviance. De sodomite, d'amour différent , comme le disent les bien-pensants. Léandre ne fait pas parti de ses hypocrites. Lui sait que ces gens sont malades. On lui a dit si souvent. Le prêtre de sa paroisse, son père, sa mère, son psychiatre qui l'a accompagné si longtemps avec bienveillance pour le guérir de cette tare qui sommeillait en lui, pour que jamais il ne soit un inverti aux plaisirs légers et bestiaux, dépourvus de raison.

Il fronce les sourcils, blessé dans son orgueil, hésite à interrompre l'Illusionniste mais se tait. Il se crispe en silence, serre les dents davantage quand Antoine commence à parler de lui et de relations passées, celles qu'il a eu avec des hommes.

Léandre, n'y croit pas tout d'abord puis accepte, déçu, choqué, dégoûté de cette vérité qui pourtant étrangement, de la bouche de son ami, en devient presque acceptable. Pour l'Abatros, Antoine a péché avec des hommes mais ce n'est pas un sodomite, il est trop intelligent, raffiné, patient et altruiste pour faire parti de leur communauté. C'est un chrétien, et son icône ne ressemble en rien aux portraits dépravés et grotesques de la rue sainte-Catherine.
Il est droit dans sa pensée. Même si a couché avec des hommes, qu'il les a enserré et s'y ait abandonné le temps d'une nuit ou de cent. Antoine est pardonné car ces hommes il a dû les aimer avec attention et écoute comme il vit et partage chaque instant avec autrui.

La vision idéale de l’Albatros se mêle aux images de ces relations et à celle de son rêve. Un léger phare pique son coeur et Léandre s'en surprend lui-même, reprend la parole pour chasser le fantôme d'une lévre offerte.

Face à l'Illusionniste et à ses démons, il ne perdra plus contenance. Antoine était son ami et jamais lui-même ne sera sodomite.

Pour ce garçon, vous vous trompez, je ne l'aimais pas. C'était un homme et il n'y avait rien entre nous qui avait trait à ce que vous pensez. Nulle envie ou geste deviants. Ne souillez pas ces souvenirs de vos suppositions s'il vous plait. Mon attachement était pur et fraternel. Il le pense vraiment. Jamais il ne s'était senti aussi pur et proche de Dieu et des Hommes qu'à ses côtés. Ce n'était qu'un compagnon avec laquelle j'avais une proximité et une complicité trop puissante. Une histoire comme peut le vivre deux jeunes enfants du Seigneur Il laisse une respiration de silence pour expulser la fumée de sa fin de cigarette Ou, comme vous l'avez dit tout à l'heure, deux individus d'une qualité telle qu'on peut se révéler l'un à l'autre sans craindre de jugement.

Il écrase son mégot dans le cendrier en pierre en forme de coquillage et dans sa poche, attrape son briquet d'où il sort une nouvelle cigarette qu'il allume à la suite.

Pour vos expériences, Il met son briquet entre Antoine et lui pour que l'Illusionniste puisse s'en servir. " Je ne peux pas les comprendre mais elles sont derrière vous et le Seigneur vous pardonne. Adam non plus n'a pas résisté au savoir et à la curiosité d'une vie que Dieu n'avait pas choisi pour lui. Le principal est d'avoir réussi à calmer ces pulsions contre-natures et d'avoir guéri de cette curiosité . Vous avez été soigné par un professionnel de la santé? Peut-être par la priére ?  Ou cela a disparu naturellement avec la volonté? ça fait longtemps que j'aimerais créer au coeur de l'association un département d'aide et de prévention pour ses jeunes chrétiens perdus. Il y a quelques semaines encore, un de ces enfants s'est suicidé de désespoir.

Il baille avec retenu, croise les jambes.

"M'épauleriez dans ce projet? Vous pourriez les rassurer vous qui avez connu cela, leur dire qu'ils peuvent guérir... "

Oh Antoine, aidez-moi. Il y a tant à faire pour sauver ces innocents
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Dim 31 Juil - 21:25

Antoine baissa les yeux vers le sol lorsque les oppositions de Léandre gagnèrent ses oreilles. Il s'en était douté. Léandre n'était pas près à entendre tout ça. Antoine ne lui avait pas encore assez ouvert l'esprit. Il y avait des jours où il aurait aimé que cette opération soit aussi simple que de lancer un marteau dans une vitre, mais ce n'était pas le cas. Qu'il était triste qu'on est verrouillé l'esprit de ce garçon avec un verrou si solide. Qu'il était triste qu'on ait rempli sa tête de tant d'absurdité. La foi était une chose. Les préjugés en était une autre.
Antoine ne tenterait pas de convaincre Léandre qu'il était capable d'amour. Il commencer à comprendre qu'aborder les sentiments de son cadet était le meilleur moyen de l'éloigner de lui. En revanche, se propres histoires semblaient lui convenir. Elles ne le faisaient pas reculer trop violemment. Antoine pouvait se permettre de continuer à exposer sa pensée. Léandre la tolérait curieusement bien.

"- Ma foi n'est pas ardente comme la vôtre, mon ami. Elle est même fragile, certains jours. Lorsque mon coeur me porte vers un homme, par exemple. Il m'est impossible de comprendre qu'un dieu d'amour puisse empêcher deux personnes de s'aimer, même si leur sexe est le même. Je vous sais assez intelligent pour comprendre ma pensée, même si elle peut vous déranger." Antoine jeta un regard rapide à Léandre. "Je n'ai jamais été de taille pour lutter contre mes sentiments. Pas même avec mes croyances pour arme."

Antoine savait que, chaque fois qu'il exhibait un peu plus ce qu'il était, il menaçait d'ériger une muraille entre lui et Léandre. Néanmoins, Antoine ne pouvait se défaire de son passé. Il savait que, aux yeux de Léandre, il avait déjà péché. Alors la stratégie d'Antoine, c'était de se montrer honnête autant que possible. Il n'était certes ni pur, ni vaillant dans sa foi, mais il avait ce mérite toujours bien reçu de ne pas mentir et de comprendre le poids de ses propos. C'était tout du moins ce qu'il tentait de transmettre comme image. Le meilleur menteur était celui qui parvenait à croire ses propres mensonges.

Antoine retourna s'asseoir sur le banc, aux côtés de Léandre. Voyant le briquet réapparut, Antoine brûla une nouvelle cigarette, et garda cette fois le briquet entre ses doigts. Léandre ne l'aidait pas du tout à se défaire de ses addictions. Il y avait toujours de l'alcool et de la fumée près de lui.
Comment aborder la suite, à présent ? Antoine leva le nez vers le ciel comme à la recherche d'une réponse. Il avait deux mouvements possibles. Tisser une toile d'inventions et de fables et offrir à Léandre la réponse qu'il espérait, ou continuer le jeu de l'honnêteté. Antoine savait ce qui était raisonnable, et savait ce qui lui plaisait le plus. La raison n'était pas le choix que son coeur lui dictait de suivre.

"- Je n'ai pas été guéri, Léandre. Je ne suis pas malade, que vous le vouliez ou non. Un homme malade aurait-il un sourire triste en parlant d'une femme qui lui a échappé ?" Antoine broda sur ses lèvres le sourire mélancolique qu'il évoquait. "Mon seul mal, mon ami, c'est d'avoir un coeur qui bat."

Antoine tire longuement sur la cigarette et cherche ses mots. Il ne lui était pas possible de continuer ses réponses sans être certain de leur formulation. Il opérait toujours ainsi. Il imaginait que Léandre s'était habitué à ses silences, le temps qu'il façonne ses phrases. Il l'espérait. Cela lui laissait plus de marge pour broder ses mots.

"- J'ai beau faire de mon mieux pour me tourner vers la voie de la rédemption, je reste pour vous une mauvaise fréquentation, Léandre. Je pourrais déteindre sur vous si vous ne prenez pas garde." Antoine chercha à croiser le regard de son cadet à travers la fumée de sa cigarette. "Êtes-vous près à avoir de mauvaises fréquentations, s'il s'agit de moi ?"

La cigarette meurt plus vite qu'Antoine l'aurait voulu. Le briquet tournait toujours entre ses doigts. C'était une prise d'otage. Antoine ne le rendrait pas temps qu'il ne serait pas assurée que Léandre serait encore à ses côtés demain. Antoine ne savait même pas si Léandre tenait à ce briquer, s'il devinait combien il obsédait Antoine. Antoine lui-même n'expliquait pas son attirance pour cet objet.

"- Si vous décidez que je suis un danger pour vous, laissez-moi seulement vous dire que perdre votre amitié me serez plus douloureux que d'avoir perdu cette femme. Pour employer vos propres mots, Léandre, cela me mutilerait." Antoine marqua une courte pose durant laquelle il tendit le briquet à Léandre. "Plus que vous ne l'imaginez sans doute."

Antoine se sentait sale d'ainsi rechercher à tourner les propos de Léandre à son avantage, mais il savait qu'il s'agissait du prix à payer pour le succès. Il se sentait mauvais de tourner l'esprit d'un jeune homme comme lui. Il se sentait surtout désolé pour Léandre qu'il soit devenu quelque chose de si important à bien des égards, dans le quotidien d'Antoine.
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Piano Quartet in A minor Mahler


Antoine avait aimé des hommes.
Léandre ne pouvait comprendre. Pour lui, l'Illusionniste était malade comme il pensait être malade par ce désir qui l'agitait certaines nuits.

Léandre écoutait néanmoins. Les raisons, les arguments, les tentatives échouées de pitié affective. Au clair de lune, il jugeait cet ami comme il jugeait une partie au tribunal, analysait ses propos, les notait dans sa pensée, réorganisait pour répondre au mieux au plaidoyer.

Son visage, à présent lisse, s'était fermé sur une réflexion impartial et inexpressive qui l'aurait fait passer pour statue de marbre si à intervalles réguliers, un filet de fumée ne s'était pas échapper de sa bouche.

Quand l'Illusionniste a fini son discourt, un énième temps de silence, plutôt court, peut-être de cinq secondes, s'installe avant que Léandre ne parle à son tour.

"Mon ami, je vous rappelle que je suis juge. Il a été blessé qu'Antoine se pense si influent sur sa personne, le rendant malléable. Je côtoie tout les jours de mauvaises fréquentations, leur mensonge et leur perversions et je sais que vous n'en faites pas parti.

Il réitère sa confiance par ses mots, allume une nouvelle cigarette. La troisiéme de la soirée.

"Je ne dis pas non plus que vous êtes un sain. Personne ne l'est.  Il est évident que vous avez souvent péché et que vous pécherez encore, que votre visage n'est pas celui d'un chrétien sans reproche comme il est si courant de croiser dans cette association mais vous êtes venu ici chercher Miséricorde et rédemption.
Pour notre amitié, il ne tient qu'à vous de ne pas être un danger car si je m’apercevai d'une quelconque trahison, même si cela doit m'attrister, je choisirai toujours l'impartialité de la justice à la subjectivité des sentiments.
.

Il lui semble important de mettre ce point au clair. Il n'acceptera aucune trahison. Ne pardonnera pas. Même au nom de cette amitié que l'Illusionniste s'applique à mettre en avant.

"Par ailleurs, si je vous ais à mes côtés malgré la désapprobation de certains, c'est que je ne suis pas contre la différence ni l'échange d'idées. Chacun à son parcourt et sa vision du monde. Que l'on soit honnête gens ou criminel. Nous grandissons aux contacts d'autrui et je serais bien faible comme juge si je me laissais influencer dans mon jugement par quelques mots. Seuls les arguments et les preuves font sens à ma pensée.

Il respire longuement, réfléchit à ses mots, donnant la parole, ou plutôt son absence, au mutisme, troisième invité de cette discussion.

Je pense que l'homosexualité est pathologique et qu'elle peut être guéri par la volonté pour être en accord avec les Écritures. Vous avez le droit de ne pas vous pensez malade. Je ne vous comprendrais juste pas. Comme je ne peux pas comprendre ce qu'un homme capable d'aimer les femmes peut désirer chez un homme alors que leur relation pourrait rester tout aussi profonde par le lien de l'amitié.

Par ailleurs, vous avez raison, Dieu prône l'amour mais il prône l'amour fécond pour que sa descendance puisse subsister.  L'amour entre deux personnes de même sexe, même fidèle et respectable est un amour qui a perdu la fécondité de sa semence. Elle devient fornication lié au désir, ce que Dieu réprouve car, sans descendance, raison première de l'amour, elle serait l'origine de l'extinction de l'humanité.


Il fixe ses yeux sombres sur les mains d'Antoine qui ne semblent pas vouloir lâcher le briquet, puis déplace son regard dans celui de l'Illusionniste. A lui de lui imposer ses mots en vérité implacable.

Vous, vous vivez épanoui dans votre sexualité même si cela se fait à l'encontre du Seigneur mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Pensez à ces enfants qui, perdus face à leur désir ont peur de perdre la voie du seigneur et se mette à se détester. Vous ne savez pas à quel point ils aimeraient être soignés et débarrassés de leur déviance.

Lui le sait. Lui le vit. Depuis bien des années.
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Antoine retint un sourire, mais il savait la partie de ce soir à demi-gagné. Les mots de Léandre aurait pu le miner et lui faire abandonner tout espoir, mais Antoine apercevait au contraire un fulgurant progrès dans l'attitude de son ami. Ce qui était merveilleux, c'était que, tout en rejetant ardemment tout ce qu'Antoine était et défendait, Léandre continuait de l'accepter à ses côté. Cela signifiait deux choses. La première, que Léandre tenait à lui, peu importe de quelle façon, et qu'il ne laisserait pas Antoine derrière lui à la première bévue venue. La seconde, que Léandre était un cas moins désespéré qu'Antoine ne l'avait cru au départ. Antoine adorait la tournure des événements. Il adorait côtoyer Léandre. Ce travail était aussi sale et épuisant que fascinant.
Léandre ne saisissant pas le briquet qu'Antoine lui tend, ce dernier décida de mettre ses menaces silencieuses à exécution et le plongea dans sa poche. Il le garderait, à moins que Léandre ne le réclame. Il le garderait et jouerait avec, ce soir, avant de s'endormir, en tentant d'imaginer quel beau discours il pourrait offrir à Léandre la prochaine fois.

"- Je vous remercie, Léandre. Sincèrement. Pour vos mots, votre présence, votre amitié." Antoine continue d'insister sur ce mot. "Je vous promets de faire de mon mieux pour m'en montrer digne. J'ai bien des défauts, Léandre, mais je ne suis ni un menteur, ni un traître. Si je sombrais dans ces vices, je n'aurais plus aucun respect envers l'humanité, et envers moi-même." L'humanité était un mot qui plaisait aux hommes de dieu, d'expérience, et Antoine avait assez lu les humanistes pour l'apprécier à son tour. "Peut-être trouverez-vous cela futile, mais je m'estime chanceux d'avoir croisé votre chemin. Votre gentillesse sera peut-être ce qui me sauvera au bout du compte."

La belle fable. C'était Antoine qui sauverait Léandre. Avec des mensonges. Avec des outrages au respect. En allant à l'encontre de tout ce qu'il venait d'énoncer. Antoine se débrouillerait pour que cela se fasse sans choquer les oreilles et le coeur délicats de Léandre. Léandre était délicat. Il était fragile. Il était de ces objets que l'on manipulait avec une immense précaution, de peur de les briser. Antoine ne cherchait pas à briser Léandre, même s'il s'agissait de ce qu'on lui demandait à la base. Après quelques dialogues avec Léandre, Antoine n'avait pu s'y résoudre. Il voulait tout tenter, avant, pour le rallier à ses côtés, plutôt que de le tirer vers le fond.
Curieusement, par ailleurs, voir Léandre s'affirmer de la sorte plaisait à Antoine. Cela lui prouvait qu'il avait raison d'employer la méthode douce. Certes, cela lui compliquait la tâche, et de beaucoup, mais plus Léandre brillait par ses qualités, plus Antoine trouvait des raisons de ce battre. Cette capacité à s'affirmer, à se tenir droit, ferme, et à défendre ses idées, Antoine l'utiliserait à son avantage. Lorsqu'il aurait capturé Léandre dans sa toile, il le ferait utiliser toute cette fougue à défendre de vraies, belles valeurs, et pas ces sottises arriérées de mille ans qu'il déblatérait comme des trésors saints.

"- J'admire votre force de caractère, Léandre. Je souhaite que la corruption que vous jugez ne vous atteigne jamais. Que ma propre noirceur ne vous atteigne jamais." Antoine noua ses mains l'une dans l'autre pour se retenir d'allumer une nouvelle cigarette. "J'aurais pu suivre des études aussi prestigieuses que les vôtres si j'avais été moins lâche. J'ai fuis et j'ai recherché ma liberté avant tout."

Est-ce qu'il regrettait ? Non. Est-ce qu'il devait le dire ? Non plus. Il devait avoir l'air de regretter. Antoine plaqua sur son visage son expression la plus amère. Pourtant, au fond de lui, il savait avoir fait le bon choix. Il n'avait aucune chaînes pour lier ses membres, aucune chaîne pour immobiliser sa tête. Il n'était pas un des prisonniers de la caverne de Platon. Il n'était pas non plus un philosophe ; mais il était déjà plus honorable que ces pauvres aveugles qui contemplaient des ombres sous terre.

"- Vous savez, Léandre... peut-être que l'épanouissement que vous évoquez n'est qu'un moyen de combler un vide. Peut-être ai-je cherché, avec l'amour des autres, à remplacer l'amour filial dont j'ai été privé. J'ai peut-être cherché à effacer le souvenir du regard glacé de mon père avec les images tendres de sourires et de baisers. Ou peut-être bien que je me cherche juste des excuses pour avoir l'air moins minable à vos yeux," rit piteusement Antoine.

Il aurait pu ajouter que le fait que Léandre le considère comme malade le blessait, mais ces mots-là sonnaient vains aux oreilles d'Antoine, et Antoine n'aimait pas s'épancher en paroles vaines. Il prenait bien trop de soin à choisir la moindre de ses paroles pour gâcher ses tirades avec des déclarations superflues.

"- S'il vous plaît, Léandre, ne vous inquiétez jamais de ce que vous savez à propos de mes penchants. Cela me blesserait." Oui, cela sonnait tout de suite mieux. Antoine chercha le regard de Léandre. "Je persiste à vous dire que notre amitié m'est trop précieuse pour la gâcher de quelque façon que ce soit. Elle m'est une des choses les plus belles qui m'ait été données ces dernières années."

Antoine adressa un sourire doux à Léandre. Ce qui était amusant, avec Léandre, c'est que ses traits rappelaient à Antoine qu'il était jeune, mais les discours qu'il tenaient lui donnaient le sentiment de partager son âge. Antoine aurait aimé entendre dans la bouche de Léandre des tirages en raccord avec son temps et sa génération. A vingt-six ans, on clamait que allait conquérir le monde ; pas que désirer était un péché mortel.
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Léandre Luissier
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Portrait robot : - psychologie basée sur l'obéissance
- Très anxieux. Lévres en piteux état, fume.
- prêt à tout pour être enfin reconnu et aimé par sa famille
- incapable d'aimer autrui et soi-même
- conservateur trés croyant
- pense que les androides sont des créatures déviantes
- belle âme au fond qui attend son envol
- homosexuel refoulé
- espére un jour être soigné
- attiré par Antoine Dastre

- Juge en DarkSlateBlue




Nocturne N°20 Chopin


Antoine est habile. Pour éviter toute collision d'idées, il change de sujet, quitte le précipice de l'homosexualité et des sentiments. Sous un sourire, il empoche le briquet alors que Léandre fronce les sourcils.
Le garçon est perplexe face au geste mais ne fait néanmoins aucune remarque sur cette appropriation temporaire. Il lui demanderait plus tard de lui rendre son briquet quand il en aurait besoin pour allumer une éniéme cigarette. Rien ne presse, surtout si l'Illusionniste aime le contact de ce bien dans sa poche. Léandre peut bien lui offrir cela en échange de l'amitié que lui offre Antoine sous formes d'éloges et de remerciement qu'il fait une fois de plus, avec un peu trop d'insistance, note l’Abatros d'une de ses plumes mentales.
Ce n'est pas qu'il désapprécie ces élans mais cet emphase le gêne quelque peu. Il ne se pense pas légitime de tant de compliments et vient à en mettre en doute leur sincérité. Il hésite à interrompre l'Illusionniste mais posément, attend finalement que celui-ci ait fini pour répondre à son flot de mots.  

- Je ne suis qu'un simple messager de Dieu, mon ami. Je ne délivre que les paroles du Seigneur. Je ne peux avoir l’orgueil de dire que je vous sauverais un jour car vous êtes le seul artisan de votre vie et de votre foi. Dieu même vous protégera du vice si cela est-ce que vous souhaitez. Il vous donnera le courage d'affronter toute chose si vous souhaitez vous battre mais vous ne serez jamais que soutenu par le Seigneur. La victoire, c'est vous seul qui la gagne.

Sa cigarette finit de se consumer entre deux bouffées mais l'homme est trop occupé à son discourt pour même penser à en brûler une suivante.

Je ne parle ici que de foi ou de vie professionnelle comme cela semble vous importer. Certes, c'est les domaines où ma force s'applique car j'ai eu le courage de continuer et d'accepter la souffrance et les sacrifices pour réussir là où la plupart ont abandonné mais cette force n'était que le fruit de ma volonté et est n'est pas plus honorable qu'une autre...
Comme il n'existe pas de métiers plus honorables que d'autres... Enfin tant que ceux-ci restent adéquates aux valeurs morales.
Nous avons besoin de médecins, d'homme de justice mais aussi de plombier, d'éboueurs, de magicien...
L'homme qui pense que la valeur d'un être humain se quantifie aux nombre de ses diplômes ou à son salaire est bien pauvre de coeur. La seule véritable richesse d'un homme est la beauté de son âme et la valeur qu'il porte aux siens. Si un SDF n'a pas de quoi se subvenir dans sa vie de tout les jours, il peut être bien plus riche de coeur qu'un milliardaire. Voila pour quoi il ne faut jamais oublier ces gens même s'ils nous semblent n'être rien...

Il baille longuement, la main devant la bouche et les paupières lourdes, s'excuse avant de reprendre son discourt, le fil de sa pensée légèrement perdu.

Je disais... hum...Temps de silence. Contrairement à ce que vous pensez, je ne vous trouve pas minable. Vous avez en mon sens une grande force qui est votre patience et votre habileté. C'est un art dans lequel excellent les gens de votre profession. Si vos tours de magie semblent être des jeux d'enfant entre vos mains n'est-ce pas parce qu'ils ont été travaillés et répétés de longues années jusqu'à la perfection? Au final, vous êtes tout autant acharné que moi. Notre seule différence et que vous travaillez avec des illusions et moi avec des textes de lois. Avec des mots et des apparences aussi. Léandre l'a toujours su. Mais n'ayez crainte, j'apprécie cela. Vous êtes non-conventionnel dans ce monde qui parfois l'est peut-être trop.

Même si Léandre appréciait l'ordre des choses et l'unisson des choeurs dans lequel il évoluait, parfois cette voix unique l'étouffait, lui donnant l'impression que tout nouvelle idée était vaine, morte-née dans ce terreau infertile et conservateur.
Antoine n'était ni croyant, ni spécialement pieux et dans l'amas des bénévoles à la pensée similaire, l'Illusionniste faisait office de regard autre . Plus humain, plus proche de ceux qu'ils voulaient sauver. Plus opposé aussi, comme une nuance salutaire dans un aplat de couleur, ce qui était peut-être sa plus grande valeur en vérité.

Léandre répond au sourire de son ami, accroche ses yeux sur ses lèvres toujours ouvertes sur une cigarette ou étirées élégamment par une risette charmante et douce.
Antoine est bel homme, pense-il.Il fait moins que son âge et sa façon de parler est...
Observations interrompues.
Au loin, la basilique de Saint Joseph sonne deux coups.  Deux heures?
Pour vérifier sa pensée, l'Abatros jette un regard à sa montre. Deux heures trente. Deux coups pour une demie-heure. Les deux heures avait du retentir alors qu'il était reclus au toilette, occupée à sa confession.
Léandre se mord la lèvres, embarrassé. Il n'a pas vu le temps passer et malgré la fatigue qui cheville son corps, ne pensait pas que l'heure était aussi avancée.

- Diable, il se fait tard! Je suis désolé de vous avoir retenu si longuement ce soir. Je vous ai fait rater le dernier passage du métro. Voulez-vous que l'association vous paye un taxi pour rentrer ou, au vue de l'heure, préférez-vous repartir demain matin? Si vous le souhaitez vous pouvez dormir dans le studio de l'association, Il indique une porte face à eux, de l'autre côté de la petite cours intérieure Quant à moi,  je dormirais sur la banquette de mon bureau. J'en ai l'habitude ne vous en inquiétez pas.



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Antoine Dastre
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Portrait robot : - 37 ans.
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- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Il avait quelque chose qu'Antoine n'avait pas remarqué au premier abord, mais qui caractérisait pourtant Léandre : il était présomptueux. Antoine ne voyait pas quel autre terme employer pour définir ce trait de caractère qu'il voyait à l'ouvrage à travers toutes ces belles paroles. N'était-ce pas se montrer présomptueux, que de se dire proche du divin ? N'était-ce pas présomptueux, de se dire messager du divin ? Léandre n'était qu'un homme ; pieux, mais un homme.
Qui était-il de plus qu'un autre pour prétendre pouvoir parler au nom du dieu qu'il vénérait temps ? Antoine n'aborderait jamais ce sujet avec lui, parce que ce serait un précipice dans lequel il ne pourrait qu’immanquablement tomber et mourir, mais il ne pouvait pas non plus rester aveugle à ce détail. Léandre n'était pas une vieille bigote qui offrait toute sa vie au prêtre du village et ne se sentait vivre qu'à travers les messes. Léandre se sentait plus que ça, plus actif dans sa religion. C'était ainsi que le ressentait Antoine à travers cet échange.

Antoine leva aussi le nez lorsqu'il entendit le clocher. En effet, il se faisait tard. Antoine n'était pas étonné de la fatigue de Léandre. C'était quelque chose qui ne le dérangeait pas particulièrement, lui, étant donné son habitude de rester éveillé à des heures impromptues, mais il était vrai que, habituellement, à cette heure-ci, il était déjà rentré. L'idée d'accepter le taxi était ce qu'il y avait de plus simple, mais Antoine n'aimait pas les voitures ; l'absence de permis de conduire à son âge avancé n'était pas anodin. Il allait pour accepter d'emprunter le studio, mais se ravisa aux derniers mots de Léandre.

"- J'allais pour accepter votre second offre, Léandre, mais je ne peux décemment pas me résoudre à dormir dans un bon lit si vous-même devez vous contenter d'un canapé. Votre place est cent fois plus importante que la mienne, vous ne pouvez pas vous permettre de vous ruiner la santé."

Antoine se leva et passa derrière le banc, dans le dos de Léandre. Avec un rire, il tapota une des épaules du jeune homme avec sa main, dans un geste amical et léger.

"- Ces épaules tendues et fatiguées ont besoin de se reposer dans un endroit confortable pour supporter tout le poids de votre tâche, Léandre."

Antoine retira sa main de l'épaule de Léandre et tenta de fixer son regard sur la porte que son cadet lui indiquait. Pouvoir rester sur place était vraiment avantageux, lorsqu'il considérait l'offre. Sachant que le logement appartenait à l'association, il devait être assez grand pour accueillir deux personnes, n'est-ce pas ? Le bureau de Léandre à lui seul aurait habité toute une famille, du point de vue d'Antoine, habitué à vivre à l'étroit sous les toits d'un vieil immeuble.

"- Pourquoi ne pas vous-même dormir dans le studio ? S'il y a un canapé ou un fauteuil à l'intérieur, ça me sera grandement suffisant, et vous pourriez vous reposer dans un vrai lit. Je n'ai pas besoin d'un grand confort. J'ai vu pire, dans mes jeunes années. Je n'en suis pas fier, mais j'ai déjà dormi dans la rue."

Une soirée un peu trop animée de la fin de son adolescence, il s'en souvenait. C'était peut-être la première fois où l'alcool avait dominé sa raison, et ayant outrepassé ses limites, il avait été incapable de réussir à rentrer chez lui. Trop fatigué et trop ivre, il avait fini par s'endormir dans une petite rue tranquille. Il n'avait jamais réitéré cette expérience. Une unique fois lui avait suffit. Perdre le contrôle n'était pas dans les événements qu'il acceptait de vivre avec régularité.


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Léandre Luissier
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Nocturne N°20 Chopin


Antoine porte tant d'importance à la valeur sociale d'un homme. A son rôle . Il n'existe pas dans son esprit d'égalité entre les êtres alors qu'il est capable de promouvoir les différentes formes d'Aimer à l’excès, de dire que l'homosexualité n'est pas un péché.
Peut-être n'a il rien compris au message de Dieu en vérité. Peut-être reste il bien plus à faire sur cette âme païenne que l’Albatros l'avait supposé, ce qui en silence, faire naître un soupir de tristesse dans la gorge du garçon.

Antoine, mon ami, je suis touché par votre estime envers moi mais je vous en prie, arrétez vos jugements de valeur.

Léandre dit cela doucement, sans la moindre agressivité ni exaspération. Il aurait aimé poser sa main sur celle de l'Illusionniste en signe de soutien mais cette dernière c'est déjà envolée loin de son épaule.

Comme dis l'instant d'avant, je n'en ai pas plus que vous ou que le plus pauvre des pauvres. Chacun est égal face à Dieu et c'est le regard qui est le mien. Pour mon studio, il ne dispose que d'un simple lit et entre mon invité et moi, mon choix est tout fait.

Demi-temps de silence.

S'il vous plait, prenez ce lit sans rechigner, je dormirais paisiblement de savoir que vous avez passé une agréable nuit.

Il sourit légèrement le regard vers la voûte céleste.

Et si mon sommeil vous importe trop, je vous promets de rentrer chez moi.

Il aurait été plus juste de dire "chez mes parents" car Léandre, malgré son salaire n'avait jamais eu d'autre "chez-soi" que son modeste studio à l'association. Il n'avait jamais voulu prendre de maison ou d'appartement, considérant que ce petit logement était amplement suffisant pour sa vie de solitaire, trouvant tout le superflu nécessaire chez ses parents.

"J'habite à 10 minutes de marche à peine. J'en profiterais pour regarder les étoiles.


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Antoine Dastre
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Antoine prit un petit moment pour peser le pour et le contre, en silence, dans le jardin privé de son esprit. Il était toujours ainsi. Il n'arrivait pas à être vif, spontané. Dans ses mots comme dans ses actes, il avait besoin de se montrer lent et réfléchi. On le lui avait souvent reproché dans ses relations. Parce qu'il n'embrassait pas fougueusement et ne déclarait pas précipitamment qu'il se battrait pour cette personne, on pensait qu'il n'aimait pas vraiment. Ce n'était qu'un exemple parmi d'autres. Une des rares qualités de Léandre, c'était qu'il savait accepter les réflexions d'Antoine. Peut-être qu'être homme de foi rendait patient.

"- Bien," déclara finalement Antoine. "Je vais accepter votre offre et emprunter l'appartement. Néanmoins, vous devez me promettre que vous allez rentrer chez vous et vous coucher dans un véritable lit. Si je vous retrouve dans le canapé de votre bureau, vous aurez à faire à moi. J'ai toute une nuit plus réfléchir à des représailles, et c'est bien assez longtemps, même pour moi."

Antoine adressa un doux sourire à Léandre. Ce n'était pas comme s'il allait se lever en pleine nuit et se traîner jusqu'au bureau pour vérifier que Léandre n'y dormait pas, mais il cherchait à donner l'illusion qu'il pourrait le faire. Même si ses fausses menaces n'étaient pas prises au sérieux, ça n'avait pas d'importance. Ce qui comptait, c'était de montrer qu'il s'inquiétait pour Léandre. Ce qui était vrai, d'un certain point de vue. Il s'inquiétait de ce qu'il adviendrait dans l'avenir pour ce garçon.

"- Un jour, je vous inviterai chez moi. Le quartier ne vous plaira pas, j'en suis persuadé, mais j'espère que vous pourrez vous faire à mon appartement. Il n'y a rien d'autre que des livres à l'intérieur, mais c'est sans doute ce qui illustre le mieux ma personnalité." Antoine laissa s'échapper un rire moqueur à l'adresse de lui-même. "Nous pourrons alors parler longuement sans nous inquiéter de l'heure. Il y a toujours de la place pour accueillir un invité."

Ce qu'Antoine s'abstiendrait bien de préciser, c'est que cette place se situait dans son lit. Antoine avait dormi avec plus d'une personne par manque d'espace. Cela n'incluait pas toujours des sentiments ou des actes. Il savait dormir sagement, avec le poids d'un corps contre le sien, et se lever le lendemain pour préparer une boisson chaude. C'était ainsi qu'il hébergeait ses semblables lorsqu'ils discutaient trop tard. Traverser le quartier de nuit n'était pas très sûr, surtout lorsqu'on ne le connaissait pas.

Antoine suivit Léandre jusqu'à la porte du studio. Il le laissa ouvrir sans piper mot, et se déchaussant à l'entrée pour ne pas salir ce qui ne lui appartenait pas, balaya la pièce du regard. C'était curieusement sobre, mais ça ne le dérangeait pas. Il remarquait de suite que l'appartement disposait de deux éléments primordiaux pour le mettre à l'aise : des livres, et un petit espace. Antoine s'était attendu à quelque chose de plus grand, dont le vide l'aurait angoissé, mais la surface était sensiblement la même que celle de son petit chez lui. Les différences majeures résidaient en le fait que cet appartement là était moins encombré et ne se situait pas sous les combles.

Antoine se retourna alors vers Léandre et lui serre la main.

"- Bonne nuit, Léandre, et merci. Reposez-vous également, que nous puissions discuter à nouveau. Je m'ennuierais, sinon."

Après tout, Antoine n'avaient que deux activités concrètes dans sa vie : fumer et converser.
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Léandre Luissier
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Mer 10 Aoû - 23:05

Bayou Mountains of the moon


Promis. Il  sourit sous cette première alliance.
Il rentrera ce soir. Ils dormiraient tout deux dans un lit car telle est leur serment. Il ne trahira pas comme il l'avait fait jadis, quand il avait arrêté d'écrire à ce compagnon si cher. Cette amitié qu'Antoine lui offre aujourd'hui sous un sourire, il la gardera précieusement.

- J'accepterais avec plaisir de venir à votre logement le jour où vous m'y inviterez. Je me réjouis à l'avance de ces discussions tardives et j’espère ne pas vous faire regretter votre geste par mes humeurs.

A l'instar de l'Illusionniste, il laisse échapper un petit rire léger d'autodérision, discret, moins aigre et sophistiqué que ceux qui ont émaillés la soirée.

- Allons-y. Un nouveau croissant de lune éclaire son visage.

Suivit d'Antoine, il marche jusqu'au studio, tire de sa poche son jeu de clef, ouvre la porte de bois blanc et  avec un fond d'appréhension, laisse son invité pénétrer dans la piéce principale pour appréhender son nouvel environnement. C'est la première fois que l'Albatros livre son nid personnel à quelqu'un. Le studio est surement ce qui lui est de plus intime, lieux à mi-chemin entre l'havre de paix et la sa cellule de méditation. Même son père n'y rentre que peu souvent.

Légèrement troublé, il s’apprête à s'excuser pour la forte odeur d'encens de pin quand l'Illusionniste se tourne vers lui et lui serre la main sous un "bonne nuit".  Ses yeux s’écarquillent de surprise avant que son visage ne retrouve la contenance légère et joyeuse qui habite son coeur depuis quelques minutes.

-Eh bien mon ami! Je comprends que vous soyez pressé de vous coucher et que vous vouliez donc me mettre dehors mais laissez-moi au moins le temps de vous donner quelques recommandations pour que votre court séjour n'en soit que plus agréable.

Il laisse le silence s'emparer un instant de la pièce avant que son visage  ne s'éclaire davantage.

-Faites comme chez vous. La déclaration sort comme une évidence et une invitation. Il y a là-bas , il indique de la main une petite armoire à sa gauche des draps propres pour le lit et des serviettes pour vous sécher si vous prenez une douche. Vous trouverez une brosse à dents neuve dans le placard de la salle de bain. Pour la douche et vos soins, prenez mes produits et n'hésitez pas fouiller si vous cherchez quelque chose.  Vous pouvez aussi ouvrir le frigo si vous avez faim ce soir ou demain matin. Respiration. "Si vous ne trouvez pas le sommeil, des livres sont à votre disposition dans la bibliothèque. Il y en a quelques-uns qui ne devraient pas vous déplaire. "

Léandre sourit aimablement, presque complice; réfléchit quelques secondes pour éviter un quelconque oubli et finit par tendre la main vers Antoine.

"Ah! Avant d'oublier, pourriez-vous s'il-vous-plait de me rendre mon briquet Monsieur le magicien. Je sais que votre spécialité est de faire disparaître les choses mais je me sentirais bien seul sur le chemin pour aller jusqu'à chez moi sans pouvoir fumer sous les étoiles. "

La remarque, subtile et dite sans méchanceté, n'est pas sans cacher un léger trait acerbe, familiarité taquine et critique; amicale et décontracté loin des habituels appels stridents de l'Albatros.
Par ailleurs, l'Illusionniste ne semble pas s'en offusquer, lui rendant l'objet avec la même décontraction, occasionnant un énième échange de regard fraternel. Infantin le temps d'un instant volé.

"Je crois que je n'ai rien à ajouter...Je" Moment de flottement entre l’évidence du silence et l'amalgame désordonnée de la parole.

"Bonne nuit Antoine."

Il se glisse dans l'embrasure de la porte et la referme sous ces paroles, ne sachant que dire de plus; sur qu'il aurait aimé rester plus longtemps pour discuter, s'abreuver du silence, respirer la fumée de cigarette,  voir les lèvres de l'Illusionniste s'étirer sous un sourire.

Il ferme les yeux, inspire lourdement.
Il faut tenir sa promesse à présent et rentrer chez ces parents qu'il n'a pas envie de voir. Néanmoins, avant cela, il veut aller jusqu'au parc, s'asseoir sur un banc, repenser à cette étrange soirée aux milles émotions, fumer jusqu'à voir une étoile filante pour qu'elle emporte son amitié vers le royaume de l'Eternel.

~~oOo~~~

Le banc est froid. Le vent est froid. Il a froid. Sa pensée est une vapeur dans la nuit, une de ces fumées de cigarettes qu'il enchaîné mécaniquement en compagnie d'Antoine. Parfois à cause des émotions destructrices, parfois pour prolonger la sérénité d'une conversation.
Léandre le sait : Tout ceci n'est pourtant pas sérieux. Il grille les instants de sa jeunesse déjà morte, noirci ses poumons sous l'excés. Il devrait arrêter, ne pas se laisser emporter par la déraison de son ainé.

Sa cigarette s’éteint et il expulse pour la dernière fois la fumée de ses poumons.
Il écrase le bout du mégot et le jette à la poubelle.

Tout compte fait, il n'est pas si mal comme ça, à consumer sa vie jusqu'à la dernière bouffée.


~~oOo~~~


Il est trois heures et la nuit ne fait que commencer. Les étoiles l'accompagnent, les vœux filent dans les esprits azurées et un sourire a bougonné sur ses lèvres.
ça fait longtemps qu'il ne s'est pas senti vivant.
L'esprit excité et vide de présence et de chaleur
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MessageSujet: Re: Standing still [Léandre]   Ven 12 Aoû - 12:35

"Mes produits". Le possessif n'avait pas échappé à Antoine, qui contint l'expression de son visage pour faire comme si ne rien n'était, et mimait de continuer à écouter les instructions de Léandre avec précaution. Ce n'était pas simplement le studio de l'association. C'était un endroit où Léandre avait l'habitude d'aller, qu'il lui appartienne ou non. Antoine ignorait si cette information revêtait réellement de l'importance, mais à ses yeux, elle avait de l'intérêt.

Lorsque le briquet fut rendu, non sans avoir allumé une dernière cigarette, et que Léandre fut partie rejoindre un autre lit, Antoine resta un moment à toiser son environnement. Une partie de lui se demandait quels secrets pouvaient se cacher entre ces murs ; une autre avait de légers scrupules à fouiller l'intimité d'un homme qui lui offrait un toit pour une nuit.

Antoine se dirigea instinctivement vers la bibliothèque. Il n'y avait rien d'étonnant à y découvrir des livres liés à la religion mais, d'autres, en effet, étaient des titres qui parlaient à Antoine. Il s'agissait d'auteurs connus, qu'il avait déjà lu, et bien que l'édition pouvait être différente de la sienne, le contenu demeurait le même. Antoine esquissait un sourire en passant son doigt sur la tranche des livres. Il acheva sa cigarette et énuméra ses possibilités.

D'instinct, il élimina l'idée de fouiller le bureau. Premièrement, il imaginait al Léandre laisser quelqu'un dormir sans surveillance là où il enterrait ses secrets. Et, de plus, Antoine avait évolué sur un fil déjà bien fin ce soir, et il ne voulait pas risquer de tomber de la corde. La chute serait un peu trop haute à son goût. Il avait déjà fait de beaux progrès ; inutile de les gâcher.

Après un moment de réflexion, Antoine se décida à aller se doucher. Il y avait la fatigue et les courbatures de la journée à évincer, et il lui fallait encore trouver la force de changer les draps. L'avantage de ne pas être chez lui, c'est qu'il y aurait peu de distractions pour l'empêcher d'aller dormir, une fois ces tâches achevées.

Avant d'éteindre la lumière, Antoine jeta un dernier regard au bureau. Il hésita encore une dernière fois à le fouiller, puis, repensant à ses résolutions, se ravisa. Antoine se glissa dans le lit après avoir éteint la lampe, et songea au prochain tour d'illusion qu'il devrait jouer au jeune Léandre.
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