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Montréal, 2048. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement. C’est la danse des humanités.
De notre société.
L'archiviste // Léandre Luissier
Fonda trop gentille
1/17 : Event 2 : Le Grand Débat
1/17 : MAJ 4 + secret santa (zieute)
25/08/17 :MAJ 3 et intrigue 2
06/16 :Ouverture d'Exantrop
Intrigue — Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…



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 Le lièvre et la tortue [Aaron]

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Nahele Dasilva
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- Tu devrais sortir un peu, te familiariser avec le quartier. Et puis ça te fera du bien, et il fait beau dehors.

La perspective de mettre le nez dehors ne l'enchantait pas vraiment. La dernière fois il s'était perdu. En fait à chaque fois qu'il essayait de prendre les choses en main, de quitter la vigilance bienveillante de ceux qui veillaient sur lui, Nah finissait immanquablement par se perdre. Ca terminait toujours par un appel depuis son portable, avec grosso modo toujours les mêmes mots : "paumé ... J'sais pas où ... ouai peut-être, y'a juste du monde. Mais j'en sais rien moi ! Ba greffe-moi un GPS !" Et à chaque fois que sa mère le retrouvais elle lui passait un savon pour lui avoir mal parlé. Il n'y pouvait rien, sa situation le mettait en rogne. C'était tellement injuste ! Et tout le monde le traitait comme un gosse, on ne cessait de lui répéter que ça allait s'arranger, qu'il fallait continuer à y croire. Nah souriait gentiment mais dans le fond avait envie de hurler que l'aveugle ici ce n'était pas lui. Il ne le faisait pas parce que ce serait une perte d'énergie.

Aujourd'hui comme tous les autres jours il se força à afficher une mine enjouée et à faire l'effort d'avancer vers la "guérison". Il prit sa canne, ses lunettes qu'il mit devant ses yeux et sortit lentement de chez lui. Ca l'embêtait de mettre des lunettes. A dire vrai Nah aimait beaucoup ses yeux, on lui répétait souvent qu'ils étaient beaux avec leur teinte verte. Mais maintenant ça mettait mal à l'aise qu'ils ne fixent que le vide. Parfois il se demandait si ces foutues lunettes étaient vraiment pour son confort à lui ou pour le confort des autres.
Il sortit de l'appartement, longea le mur jusqu'à l'ascenseur direction le rez-de-chaussée. Ses parents vivaient dans un immeuble, le genre bien tenu avec un gardien, un badge pour entrer et son petit jardin privé. Tous les voisins et le personnel avaient été navrés d'apprendre pour l'accident, et tous se montraient si prévenants. Nah avait envie de les cogner avec sa canne. Parfois il se demandait ce qui se passerait s'il faisait un croche-pied à quelqu'un, juste pour voir si on oserait lui faire un reproche. L'idée le faisait rire et apaisait un peu de cette colère bouillonnante qu'il réprimait sans arrêt.

Les portes automatiques s'ouvrirent sur un grand hall impeccable, avec la loge du gardien dans un coin. Il entendait les sons de la radio diffusant le dernier tube du moment. On le salua, il répondit poliment. On lui ouvrit la porte et enfin il fut dehors. A chaque fois qu'il sortait de son cocon Nah sentait une bouffée d'angoisse lui prendre les tripes. Le monde était effrayant. Ces pensées s’immisçaient en lui quelques secondes à peine mais juste assez pour ébranler sa confiance et lui et le faire renoncer à son projet de promenade. Alors il s'insultait mentalement. On se rassurait comme on pouvait.
Bien, alors une fois sorti de l'immeuble il fallait aller vers le portail d'entrée. Il y en avait deux, un de chaque côté. Celui à gauche menait vers des rues résidentielles. Celui à droite vers les commerces. Hum, droite. De mémoire il y avait aussi un square dans les environs. Nah essayait à chaque fois dresser une carte mentale de la ville à base de ses souvenirs, et de ce qu'il percevait maintenant.
La canne allait et venait sur le trottoir à la recherche d'éventuels obstacles. Il avançait lentement, parfois butait contre quelque chose et perdait un temps fou à le contourner. Heureusement les gens se montraient assez civiques pour ne pas le gêner et lui céder tout le trottoir s'il le fallait. Il y avait les bruits aussi. Les pneus des voitures sur le bitume, les klaxons, les rumeurs des conversations, le roucoulement des pigeons. Il y avait les odeurs. Parfois nauséabondes, et parfois délicieuses comme lorsqu'il passait devant la boulangerie, guidé par les croissants sortant du four. C'était d'ailleurs ce parfum qu'il suivit jusqu'à arriver devant ladite boulangerie. Il y avait un banc non loin où il s'asseyait toujours pour faire une pause le temps que la douleur dans sa jambe s'apaise un peu.

Mais cette fois ce fut différent. Des travaux dans la rue l'obligèrent à prendre un chemin nouveau. Un chemin semé d'embuches... Des barrières ! On refaisait la route et le trottoir, et à cette fin des barrières de sécurité avaient été placées pour former le seul chemin empruntable par les piétons. Un chemin pas droit, évidemment, qui montait et descendait du trottoir à un moment. Un chemin dans lequel Nahele s'était engagé et où il se retrouva prisonnier. Sa canne buttait contre les barrières, il les sentait tout autour de lui sans réussir à trouver la sortie. Mais qui était l'abruti qui avait installé ça ! Franchement il n'avait pas pu penser aux personnes comme lui ce crétin ? Nah perdait patience. De colère il envoya un grand coup de canne sur la barrière. Celle-ci ne bougea pas d'un pouce comme pour le narguer. L'aveugle inspira un grand coup pour retrouver son calme. Allé, avec un peu de concentration il finirait par s'en sortir de ce piège municipal à la noix !
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Aaron Desmoulins
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On était un mercredi en fin d’après-midi et l’air commençait à se rafraichir sérieusement. Aaron, qui avait un dégoût prononcé pour les doudounes, songeait à la scène annuelle qui allait bientôt se jouer : sa mère l’amènerait fatalement dans un magasin en insistant sur le confort et l’efficacité de ce qui à ses yeux ne relevait que d’une faute de goût impardonnable. Le jeune homme n’avait jamais eu une conscience aussi aigue de son apparence que depuis qu’il marchait sur ses deux jambes. Il fallait dire qu’on le regardait enfin. Si on le lui demandait, il répondrait du tac au tac qu’il se fichait bien des apparences ! Et pourtant, il faisait toujours attention à être bien habillé, à avoir des chaussures plus ou moins présentables et bien sûr, à cacher ses prothèses. Non pas qu’il en ait honte. Ses prothèses lui avaient redonné vie. Il préférait simplement éviter les regards des curieux, toujours aussi désagréables que l’on soit debout ou assis.

Le type à sa droite, quant à lui, ne devait pas être gêné par le regard des autres. Difficile de ne pas le remarquer, mais, lui, n’y voyait plus grand-chose.

A vrai dire, c’est seulement en entendant le bruit retentissant de la barrière métallique qu’on frappait qu’Aaron repérât cet inconnu à la drôle de dégaine. Adossé jusqu’ici à ladite barrière, et un peu surpris par ses vibrations, Aaron leva le nez de son smartphone.

Il était grand et mince et portait des lunettes noires. Roux, il tenait dans ses mains une canne rouge et blanche au bout arrondi. C'était la perche des personnes mal voyantes.

Qu’étaient censé se dire deux personnes qui avaient subi des épreuves similaires ? Par exemple, deux femmes atteintes du cancer du sein se rencontrent à un café. Que dit la première à la seconde ?

….... Vous vous attentiez à une réponse Carambar, peut-être ?

Non. Cette situation n’avait rien de comique (en tout cas pour le type d'en face). Aaron ne savait toujours pas, au bout d’une poignée de secondes, ce qu’il devait dire ou faire. Devait-il dire ou faire quelque chose, d’ailleurs ?

« Euh… »

Ses yeux en amande firent le tour de la rue. Cette dernière devait être une vraie galère pour tout un tas de gens : les petits vieux, les enfants, les personnes en fauteuil roulant, et bien sûr les mal voyants. Aaron soupira doucement (foutue mairie !) et sourit en coin. Il était passé par là.

« C’est un peu un carnage ce trottoir. Je peux vous accompagner quelque part ? » demanda-t-il en prenant le ton le moins affecté du monde.

SURTOUT ne pas laisser transparaître la moindre émotion superflue dans sa voix. Il n’y avait rien de pire que de prendre sa petite voix de mère Thérèsa pour que son interlocuteur se sente piqué au vif. Il avait déjà l’air assez agacé comme ça…

« Sauf si vous préférez vous défouler sur la barrière bien entendu », railla-t-il d'un ton léger.
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Nahele Dasilva
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Une voix. Nah releva immédiatement la tête dans la direction d'où elle provenait. Un homme. Jeune. Ou en tous cas pas vieux. Il n'obtint guère plus d'informations que cela. Oh comme ses yeux pouvaient lui manquer ! A chaque fois il ne pouvait empêcher le pincement qu'il ressentait dans la poitrine, ni le profond désespoir qui l'ébranlait lorsque les souvenirs de sa vision lui revenaient. Ca ne durait qu'une fraction de seconde mais à chaque fois ça lui faisait l'effet d'une nouvelle douleur, constamment. Cette fois au moins il nota que son interlocuteur faisait preuve d'humour. Ca tombait bien, lui aussi. Il afficha une grimace qui se voulait plus proche du sourire quoique déformée par les restes de sa colère.

- J'avoue que j'adorerai réduire ce tas de ferraille en morceaux ! Lui ou l'abruti qui a décidé de son emplacement. Faut vraiment être stupide pour penser si peu à ses concitoyens.

Encore un peu et il radoterait comme un petit vieux. Il les entendait parfois, souvent, lorsqu'il se promenait et surtout quand sa mère le trainait au marché le matin. "Mais dans quel monde vit-on ?" "Ah ça Josiane j'arrête pas de le dire ! Tu t'rends compte ? Même pas qu'ils ont pensé aux personnes âgées ! C'est un comble quand même, ce sont mes impôts qui paient ce chantier !" "On devrait envoyer un courrier." "Mais je l'ai fait figure-toi !" Et ça partait ensuite dans un grand débat comparatif des époques, avec cette bonne vieille rengaine du : c'était mieux avant.

Le sourire de l'aveugle s'effaça très vite pour laisser place à un air gêné. Embarrassé, il passa sa main sur sa nuque.

- J'aimerais bien sortir de là, si vous voulez bien m'aider.

Ca le tuait de demander ça, de ne pas être capable de réussir un truc aussi simple. Il se sentait rabaissé à l'état de gamin incapable de s'assumer, ayant besoin d'être protégé constamment par les adultes. Sa mère qui le surprotégeait n'aidait pas vraiment à ce qu'il accepte mieux sa nouvelle condition. Nah se laissa guider hors du dédale de barrière, la main agrippée au bras de l'inconnu. Ca aussi ça avait quelque chose d’effrayant, il fallait constamment s'en remettre à des inconnus. Quelque part Nah avait l'impression qu'on forçait sa confiance dans ce genre de situation. Mais bon, entre ça et appeler à l'aide ... Au moins la première préservait un peu sa dignité.
Dès qu'ils furent éloignés des barrières, et sur le trottoir, Nah retira prestement sa main et recula un peu, histoire de garder une certaine distance. Cela n'empêcha pas le sourire forcé sur ses lèvres, ni la phrase désormais partie intégrante de son quotidien :

- Merci pour le coup de main.

Dis merci Nah, dis merci. Il passait son temps à dire merci et s'il-te-plaît. Bon sang ce que ça le mettait hors de lui ! Inutile de passer ses nerfs sur le pauvre homme, il n'y était pour rien, lui il faisait juste sa BA du jour. Ca aussi il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Est-ce que les gens aidaient avec des intentions cachées ? Qu'on vienne flatter leur égo ? Qu'on souligne leur bienveillance et leur bonté d'âme ? L'aveugle chassa ces mauvaises pensées.

- En fait je me promenais simplement, pour prendre un peu l'air. D'habitude je vais à la boulangerie du coin, et je me fais jamais capturer par des barrières c'est bien la première fois que le trajet est semé d'embûches à ce point !

Il força un sourire à nouveau. Et maintenant ? D'ordinaire les gens lui donnaient un coup de main et reprenaient leur route. Il n'allait pas non plus lui payer un croissant hein ? Sa jambe l'élança un peu et machinalement il passa la main le long de sa cuisse pour la masser et calmer les picotements désagréables.
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