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Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.C’est la danse des humanités.
L'archiviste // Léandre Luissier
Fonda trop gentille
1/17 : Event 2 : Le Grand Débat
1/17 : MAJ 4 + secret santa (zieute)
25/08/17 :MAJ 3 et intrigue 2
06/16 :Ouverture d'Exantrop
Intrigue — Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…

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 Ces Élucubrations Infusées | Salon Le Butterfly Effect

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Eliott Valentine
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Mails : 14
Double-compte : N/A
Surnom : Valentine
Emploi/loisirs : Gérant de Le Butterfly Effect, Salon de Thé


Ces Elucubrations Infusées
Intervention du Plaisantin: OK
PV Trembay - Valentine



Les tintements de tasses sur leur soucoupe, le déversement du filet de thé fumant, les fragrances, les petites conversations, les merci et les bonjour, ...et la vie revenait avec douceur au Salon. Son ouverture ne datait que de quelques semaines qui elles, s’étiraient comme un élastique dans la tête de Valentine. Ici, on ne se rassemblait jamais vraiment en masse. Les clients épars, on aimait la discrétion comme à la bibliothèque, parmi les silences calfeutrés entre deux chuchotements. On ne murmurait pas mais c’était tout comme, on ne s’isolait pas mais c’était comme s’oublier quelques instants du reste de la cité: le temps, inlassablement, se déformait dans ce Salon. Plongé dans une aire plus traditionnelle, ignoré par la technologie, retour aux horloges qui étrangement tournent à contre sens, aux ensembles de tasses venus du monde entier et pas une pour ressembler à l’autre. La première fois, on n’y vient pas parce qu’on connaît, on y vient parce qu’on est poussière d’un simple flottement hasardeux. Un autre tintement. Ting, Cling. Bienvenue dans ce monde où les intemporels n’existent plus.

Valentine a salué le couple et est allé récupérer les tasses consommées. Le thé blanc du Fujian pour mademoiselle et le thé vert de Thaïlande pour monsieur, Valentine aime retourner les esprits et travailler les subtilités. Il propose, se laisse donner le choix, semble laisser passer, puis revient twister le cours ordinaire des choses, le tout avec la maîtrise d’une exagération onctueuse qui va bien avec et une courtoisie qui n’a fait qu’accroître au fil des années. Il repose les tasses devenues vaisselle dans la cuisine, revient passer un coup de serviette sur la table et effacer toute trace de passage éphémère, de délit ou de preuve d’un éventuel fait qui aurait pu se révéler sous d’autres yeux. Un jour, il devrait songer à embaucher quelqu’un pour préserver sa conception décalée de ce que devrait être d’un Salon. Un jour, il y projèterait à coup de mobiliers et de nuances, le capharnaüm de ses réflexions. Appuyé sur le comptoir, Valentine ne peut alors s’empêcher de jeter un coup d’œil à l’heure. Il y a à quelques kilomètres de là, une petite princesse au doux nom de Camélia qu’il ne devra pas oublier d’aller chercher. Encore une heure.

Le Salon n’a pas de toute façon pas d’heures.
Il pourrait ouvrir de jour comme de nuit, ou à chaque fois que Valentine se retrouve seul à réfléchir à la quintessence du pourquoi de l’univers, et à chaque fois qu’il commence à ruminer ses fantômes comme s’il portait le poids du monde. Il en profite alors pour s’assoir et se prolonger dans la lecture de ses bouquins. Revenir aux livres papier, c’est remonter dans son enfance et Camélia le trouve démodé, mais la sensation de tourner une page, y annoter des mémos, ça lui reste simplement unique, de l’ordre purement émotionnel.

On résonne.

La cloche fictive à l’entrée de la porte coulissante est sans doute le peu de technologie qui doit survivre en ces lieux. Il lève la tête, un nouveau visage, des nouveaux traits. Il étire la commissure de ses lèvres, -Bonjour- et c’est parti, on recommence.
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Claudia Tremblay
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Mails : 12
Surnom : Claudy.
Emploi/loisirs : Secrétaire.
Portrait robot : - Mariée et maman d'un enfant de quatre ans, adopté l'an dernier ;
- Toujours souriante ;
- Militante LGBT+ ;
- Est en réalité un androïde T-5, mais elle ne le sait pas.


would you like an adventure now or shall we have our tea first?

Laissant un long et profond soupir s'échapper de tes lèvres, tu es partagée entre l'envie de fracasser ton clavier ou bien ta tête contre le mur tapissé de ton bureau. Les allers-retours de tes collègues, les piles de papier qui ne cessent de gagner en hauteur, les sonneries de téléphone et les voix qui se superposent sont à deux doigts de t'offrir la plus grosse migraine que tu n'as jamais eue (d'ailleurs, ça t'étonne que ta tête ne soit déjà pas aussi lourde qu'une enclume). Trop de travail d'un coup, des retards (beaucoup de retards), et un patron qui s'énerve de plus en plus ; et ton envie de partir et de rentrer en courant se fait bien trop forte. Tu es prête à tout laisser en plan et à laisser tes collègues se débrouiller – mais l'heure de la fin de ton poste est maintenant proche, et tu t'es convaincue que tu pouvais bien rester une petite demie-heure de plus (enfin… si on ne vient pas te casser les pieds avant). Tu ne comprends même pas d'où vient tout ce travail, les fêtes de Noël et de fin d'année sont passées depuis bien longtemps, ton service n'en a que faire de la saint Valentin, et tout allait bien jusqu'à récemment. Mais tu n'as pas vraiment l'envie, ni le temps, de comprendre non plus – tu veux juste finir cette journée au plus vite et retrouver les bras de Rose pour décompresser.

Deux secondes après que ton écran ait affiché dix-sept heures, tu te lèves d'un bond et tu attrapes ton manteau ainsi que ton écharpe. Tu les enfiles, serrant bien ton écharpe autour de ton cou après avoir jeté un coup d'œil dehors (il neige encore…), et tu vérifies que tous tes objets importants et précieux n'ont pas disparu de ton sac. Tu éteins l'ordinateur de ton bureau du bout de ta botte, et tu pars sans même un au revoir à tes collègues après avoir pointé. Tu grelottes une petite seconde et tu descends les marches recouvertes de neige du bâtiment, tout en restant prudente afin d'éviter de glisser (et d'élire cette journée comme « la plus nulle » de l'année), et tu te diriges doucement vers ta voiture que tu déverrouilles après avoir appuyé sur le petit boîtier qui pend à ton porte-clé. Tu allumes immédiatement le chauffage après t'être installée sur ton siège, puis tu prends une minute pour souffler. Quelle journée… tu détestes lorsque tu peux ressentir la pression du travail jusque dans la voiture, c'est juste… étouffant. Tu as besoin de te détendre. Après avoir vérifié de la rue est bel et bien vide, tu t'engages sur la route qui garde encore des traces timides du gel de ce matin, et de la neige qui commence à s'accumuler. Tu profites que la rue soit à moitié déserte pour rouler doucement – tu n'es jamais tranquille lorsqu'il y a du gel.

Arrivée à un feu rouge, tu en profites pour t'attacher les cheveux et jeter un œil autour de toi. L'entrée du métro est juste à ta gauche, et tu es prise d'une envie soudaine d'aller flâner dans quelques boutiques – tu as envie d'ajouter un nouveau mug à ta collection. Tu as reçu ta paie il y a quelques jours, alors autant en profiter pour te consoler de cette journée acharnée en t'achetant des choses qui s’avéreront inutiles. Convaincue – cela n'avait pas été compliqué de te convaincre –, tu te gares sur le trottoir d'en face et tu t'enfonces doucement dans les galeries marchandes, à la recherche d'une enseigne qui te tapera dans l'œil. Ce qui arrive – mais c'est loin d'être une boutique où tu pourras te payer un mug. Intriguée, tu pousses tout de même la porte de ce salon de thé que tu n'as jamais remarqué auparavant. Tu n'es jamais rentrée dans ce genre d'endroit avant, tu préfères boire un bon thé maison emmitouflée sous les plaids, devant une bonne série policière. Tes yeux se posent sur l'homme qui se trouvait là – que tu supposes être le gérant, sans doute – et tu le salues à ton tour, observant rapidement les lieux. Tu ne sais pas vraiment où t'asseoir, alors tu décides de te poser près de cet homme, essayant de lui offrir un sourire chaleureux en oubliant ta journée au travail.

« C'est sympa, ici ! » tu enroules une mèche qui s'est enfuie de ton élastique autour de ton doigt. « Je ne suis jamais venue dans un salon de thé avant, il paraît qu'il faut faire un vœu lorsqu'on rentre dans une boutique pour la première fois, un peu comme lorsqu'une étoile filante apparaît dans le ciel. »

Tu rigoles doucement, puis tu dénoues ton écharpe et tu la poses sur tes genoux, avant de déboutonner ton manteau. Tu as attrapé chaud, en passant soudainement de la température négative de dehors à la chaleur de ce salon de thé. Tes yeux se posent à nouveau sur l'homme.

« Étant donné que c'est la première fois que je mets un pied ici, je ne sais absolument pas comment m'y prendre, je suis sûre qu'il y a des thés dont je n'ai jamais entendu parler avant » tu laisses un nouveau rire s'échapper de tes lèvres. « Que me conseillez-vous ? »
© ASHLING POUR EPICODE




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Eliott Valentine
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Des petits éclats de rire qui scintillent et c’est une nouvelle bouffée d’oxygène qui s’engouffre dans le Salon. Les regards se croisent, Valentine pose les yeux sur la jeune femme et alors qu’il accueille ce sourire, elle l’étonne à prendre les devants. D’ailleurs, sa remarque l’amuse plutôt bien, il n’a jamais entendu quelque chose de tel et pendant qu’elle s’installe sur l’une des deux chaises près de lui, Valentine se demande dans quelles études elle s’est destinée. C’est vrai qu’avec ses cheveux roses et ses allures fraîches, elle passerait pour une étudiante. Et d’habitude on aime plutôt les recoins de la salle, pour la privacy des conversations que seuls les murs semblent absorber sans fin.

-Alors vous devez avoir une bonne mémoire pour vous souvenir de tous ces vœux ...à moins que vous ne fassiez à chaque fois le même?

Il lui répond sobrement avec un sourire amusé, tout en se proposant de lui retirer son manteau et de la débarrasser de son écharpe. Il suppose qu’elle rentre plus souvent dans une nouvelle boutique qu’elle ne voit d’étoiles filantes mais de cette perspective là, le ratio est mal basé. Peut être qu’elle dort sous la belle étoile, qu’en sait-il à une époque où à peu près tout se matérialise. Ces derniers temps, Valentine se surprend à se satisfaire de ce retour à l’authenticité , précisément dans l’ambiance de ce Salon dépourvu de technologie sophistiquée. Un jour, le monde s’est mis à courir plus vite que la cadence de sa propre course dans la vie. C’est une sorte d’impression étrange qui reste: c’est juste là et ça se manifeste à chaque fois qu’il se sent en décalage avec sa temporalité. Laissant la question de côté, il se focalise sur ses mains qui accrochent plus loin les affaires dont il s’est chargé le bras et rentre dans la conversation de la jeune femme.

- Puisque c’est la première fois que vous rentrez ici, est ce que vous pensez que je dois également faire un vœu ? Ce salon n’en est après tout qu’à ses premières semaines d’ouverture. Mais ne vous en faites pas, il n’y a aucune procédure en particulier ici.

Il se retourne et revient, attrapant au vol le regard de la jeune femme qu’il soutient tranquillement. Avant, Valentine se serait montré inquisiteur sans détour. Mais c’est un froid et une distance qui dans le temps se sont écrémés. (...) Finalement, c’est un carré de note en papier et un stylo qu’il attrape sur son comptoir pour les glisser du bout de la main en direction de sa cliente.

-Et bien dites moi plutôt ce que vous ne voulez pas. Je peux bien tenter le reste ?

Il retrousse ses manches retombées et se dirige vers l’une de ses étagères à mille et une tiroirs. Des étagères il y en a plein, de toutes sortes, celles ouvertes avec -en principe- leurs théières et leurs tasses, celles fermées, qui s’apparentent à des librairies de tiroirs par centaines. Une chose est certaine, pas un client ne décrirait ni ne verrait ce Salon de la même façon pour le plus grand plaisir de son fondateur.
Valentine lorgne pensivement les tiroirs les unes à la suite des autres, tout en saisissant une tasse verte pastel et sa coupelle aux allures originales -pour le peu qu’il puisse y avoir une définition exacte derrière ce terme.

-Vous devriez écrire votre vœu sur le papier, commente-t-il en se retournant, et ensuite vous pouvez le plier et le laisser dans le petit coffre verrouillé du comptoir jusqu’à la fin de l’année. Vous me direz alors si votre vœu s’est réalisé.

Il pose la tasse sur la table.

-Ou alors dites moi votre mot du jour et je vous trouve votre thé. J’ai le mot Souhait, si vous voulez.

Ici pas de place pour les procédures; il n’y a que du hasard, même s’il n’existe pas.
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