TOP SITES

1 - 2 - 3 - 4

LIENS UTILES

Premiers pas
Contexte & co
Intrigue
Annexes
Scénariis
Effectif & listes
Pinterest
Playlist
Animations

NOUVEAUX VENUS


RPS LIBRE


PTI' CHOUX





Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.C’est la danse des humanités.
L'archiviste // Léandre Luissier
Fonda trop gentille
1/17 : Event 2 : Le Grand Débat
1/17 : MAJ 4 + secret santa (zieute)
25/08/17 :MAJ 3 et intrigue 2
06/16 :Ouverture d'Exantrop
Intrigue — Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…

Voir les nouveaux messages

Voir ses messages
Marquer tous les forums comme lus

Partagez | 
 

 Lucas Fournier

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité
avatar



MessageSujet: Lucas Fournier   Mar 31 Oct - 23:18



NOM : Fournier
PRENOM :Lucas
SURNOM : Le protecteur
ÂGE : 27 ans
METIER/OCCUPATION : Etudiant en médecine
NATIONALITE : Canadien

RÉFRACTAIRE

Caractère & Physique

Il a des yeux doux, Lucas, lorsqu’il regarde le monde. La migration des oiseaux, le fourmillement des voitures dans les rues de Montréal, le va et vient incessant de l’humanité. Pas comme un sage, ni comme une mère attendrie par sa progéniture. C’est à la fois résigné et plein d’espoir, c’est un accueil à bras ouverts. Il a mis du temps à comprendre que la terre ne cesserait jamais de tourner, malgré son indignation et sa colère. Il accepte le monde tel qu’il est parce que c’est le moyen le plus simple de faire avancer les choses, et Lucas n’aime pas les choses compliquées. Au lieu de s’insurger contre la pollution, il se déplace à pied. Au lieu d’incriminer la société de consommation, il n’utilise qu’une paire d’objets technologiques au quotidien. C’est important pour lui et au fond, c’est ce qui compte.

Calme, jamais un mot plus haut que l’autre, un demi sourire pendu aux lèvres. Lorsqu’il est en colère, il préfère s’éclipser et poursuivre la conversation une fois l’esprit plus clair. C’est peut-être qu’il ne supporte pas les conflits, ou simplement qu’il ne comprend pas l’intérêt de la violence. Les disputes avec lui ne font jamais long feu. On n’hurle pas sur un poteau électrique parce que c’est ridicule et qu’il serait compliqué d’obtenir une réaction. Hurler sur Lucas, c’est un peu la même chose. Certains disent qu’il est pacifiste, il se considère comme humain. Son manque d’implication pousse parfois les gens à croire qu’il n’en a rien à faire.

Il a l’air inaccessible, les mains noires de cambouis et de rouille, lorsqu’il est penché sur ses objets en morceaux. Enfermé dans sa bulle. C’est son échappatoire. Il a l’impression de se rendre utile en offrant une seconde vie à ces choses qu’on a rejetées. C’est comme apporter sa pierre à l’édifice. Créer, c’est exister. C’est aussi son côté bon samaritain qui ressort. Aider les autres, faire du monde un endroit plus agréable. A quoi bon vivre si c’est pour cautionner les travers de la société ?

Il n’est pas très compliqué, au fond. Humble, respectueux, débrouillard, il déteste se prendre la tête et met un point d’honneur à rester fidèle à ses idéaux. Il ne sait pas mentir et parfois, sa franchise lui joue des tours. Il blesse sans s’en rendre compte parce qu’il dit la vérité sans l’enrober de miel. Il ne parle jamais avec malveillance, cependant, et sait réconforter ceux dans le besoin. Bien que son air détaché soit intimidant, ce n’est pas quelqu’un d’asocial. Il a une capacité d’écoute hors du commun et cette étincelle dans les yeux qui pousse les gens à se confier à lui. Alors il s’assoit et endosse le rôle du confident aussi longtemps que nécessaire. Il ne parle pas beaucoup, hoche la tête et sourit doucement. Pour la plupart, c’est suffisant. Ce n’est pas quelque chose qui le dérange, il aime se rendre utile.

C’est aussi cette personne qui semble toujours avoir la tête sur les épaules. Posé, réfléchi, on vient lui demander conseil parce qu’il sait prendre du recul et juger une situation sans préavis.

Lucas est ouvert d’esprit. Il accepte tout le monde. Il aime tous les genres et toutes les couleurs. L’apparence est une façade qui dissimule le véritable potentiel des gens. Le corps n’est qu’un véhicule, après tout. Un vaisseau, parfois un peu cabossé, qui nous porte sur le fleuve du monde. Il ne comprend pas l’engouement de la société pour la plastique parfaite. Il est pansexuel, mais ne préfère pas y donner de nom. C’est une partie intégrante de lui, au même titre que sa couleur de cheveux ; il n’y accorde pas vraiment d’importance.

Il est paradoxal, mais ne s’en rend pas compte. L’isolation prônée par la société l’afflige et il a soif de contact humain, n’importe qui. Pour les conversations passionnantes qui dureraient des heures et les silences confortables autour d’une boisson. La sécurité, la confiance, le sentiment d’appartenance. Il aimerait construire des relations indestructibles mais a du mal à s’impliquer. Il s’en veut parce qu’il sait à quel point il est hors d’atteinte. C’est quelque chose qu’il ne s’explique pas. Peut-être le fait qu’il oublie constamment de répondre à ses messages, peut-être qu’il privilégie inconsciemment ses études. Il peine à rencontrer des gens en dehors de la fac et des associations. Certains soirs, des centaines de visages et des centaines de mots défilent devant ses yeux. Il écoute tellement qu’il s’oublie lui-même. Il réalise que très peu de personnes le connaissent, et parfois, derrière son sourire chaleureux, il se sent seul.  

Lucas n’a jamais réfléchi à la manière dont il était perçu par le monde. Son corps et son apparence physique ne font pas partie de ses priorités. Il n’est pas très grand, environ un mètre soixante-dix-huit, mais cela fait une paire d’années qu’il ne s’est pas mesuré. Ses membres sont fins, mais pas rachitiques. Les heures passées dans le potager de la ferme ont sculpté ses bras et ses épaules. L’apparence de squelette traînée durant toute son adolescence a définitivement disparu. Un nombre important de grains de beauté parsèment sa peau. Il s’en amuse parfois.

Il marche la tête haute, l’air nonchalant. Il ne semble jamais pressé et déambule au rythme de ses pensées.

Ses habits ne sont pas très considérés. Il les garde aussi longtemps que possible et n’en rachète que par extrême nécessité. Un de ses T-shirt lui date du lycée. Pourquoi jeter si cela peut encore servir ? C’est à la fois une question de commodité et de conviction.

Sa barbe faussement négligée est la seule chose qu’il entretient réellement. Châtain clair, la même couleur que ses cheveux, qu’il coupe lui-même. C’est pratique et en plus, c’est gratuit. Parfois, les mèches retombent inégalement sur son front. Il les ébouriffe avec un sourire mi- gêné, mi- amusé. Il a des yeux bleu clairs trop sensibles –selon lui-, et plisse souvent les paupières pour ne pas être ébloui. Sa peau est toute aussi claire. Il n’en prend pas soin et elle a tendance à rougir avec le froid ou le pollen. Deux fossettes viennent illuminer son sourire.  

Le travail de la terre et le maniement d’objets rouillés n’ont pas épargné ses mains. Pas encore abîmées, elles sont néanmoins calleuses et légèrement rêches.

Informations en vrac



- Il a un sens de l'humour assez particulier et ironique, mais ne peut pas s'empêcher de sourire lorsqu'il fait une blague.
- Bien qu'il accepte la réalité, il a encore du mal à se faire à l'idée que toute la société ne désire pas le même monde que lui.
- Il a une chienne, Kim, qu'il a ramassée dans la rue lorsqu'elle était petite. Elle est maintenant immense et lui arrive au milieu de la cuisse. Il l'adore.
- Il est tête en l'air et oublie souvent de ranger derrière lui.
- Il appelle l'antiquité qui lui sert de téléphone "dumbphone", ça l'amuse beaucoup.
- Il fait partie d'une association de recyclage d'objets jetés, c'est la raison pour laquelle il connaît si bien le décharge. Parfois, il répare certaines choses et en fait don à l'association parce qu'il considère que d'autres en ont plus besoin que lui.
- Il fume et boit très rarement.
- Il essaie de manger végétarien lorsque c'est possible, même s'il continue à consommer de la viande.
- Il veut travailler dans l'humanitaire et le salaire modeste ne l'effraie pas.
- Il est contre la société de consommation.
- Un jour, il a réparé une vieille radio dont il ne s'est jamais séparé. Elle ne capte pas très bien mais elle fait son travail.
- Il évite tous les emballages en plastique.
- Il se tient au courant des actualités.
- Il aime la nature.

Avis sur les grands groupes

Quel est votre avis par rapport aux Androïdes ?

Lucas n’aime pas les androïdes. Dans l’idée, du moins. Ce ne sont que des amas de métal et de fils électriques qui s’empilent sur une montagne de déchets déjà trop conséquente. Des morceaux de bras abandonnés et des moitiés de visages qui grésillent encore. C’est superflu et dans un sens, assez horrifique. Dans la pratique cependant, il ne peut s’empêcher d’avoir pitié de ces êtres. Il pense notamment  à l’écorché de l’université. Il admet qu’ils peuvent se rendre utile, comme dans les maisons de retraites par exemple. Le nombre de personnes âgées a explosé ces dernières années et le personnel humain n’était plus suffisant.

Quel est votre avis par rapport aux Humains ?

Lucas aime l’idée d’humanité. Il aime la vie, il aime la Terre. Il rêve d’une unité soudée prête à faire un pas dans la bonne direction, mais est bien trop conscient du sang qui noircit le sol de pays pas si lointains. Des guerres qui éclatent. Des familles qui tombent. Egoïstes, violents, irrespectueux. Les humains sont complexes. Il ne se targue pas d’être parfait, cependant. Il se contente d’exister, ni utopiste, ni fataliste. C’est compliqué de juger une civilisation toute entière, mais encore plus compliqué de ne pas l’incriminer au vu des dégâts commis. Au fond, il ne fait que reconnaître l’existence de sa propre espèce.

Quel est votre avis par rapport aux Réfractaires ?

Lucas en fait partie, mais n’aime pas le revendiquer. Il est contre les androïdes pour des raisons éthiques, morales et surtout écologiques. Contrairement à ne nombreux membres, il est athée et les extrémistes religieux le dérangent tout autant que la propagande pro androïdes.

Quel est votre avis par rapport aux Exovedat ?

Ils se trompent. Leur folie des grandeurs finira par assécher la Terre et les androïdes devraient rester une aide pour les Hommes plutôt qu’une part entière de leur société. Certains voudraient même leur octroyer des droits alors que ce ne sont que des machines, il le sait, il en a déjà réparé plusieurs. Il ne considère par les androïdes comme des objets à prendre à la légère et pense que ceux qui en encouragent la création courent à leur perte.

Quel est votre avis par rapport aux Artilect ? Ne pas oublier que les artilects sont pour beaucoup une légende urbaine)

Il en a entendu parler. Une bribe de conversation, une légende à l’odeur de secret. Parfois des confessions à voix basse, parfois des éclats de rire et des regards désabusés. Il y pense avec une pointe d’amusement. Pour lui, ce ne sont que des légendes urbaines sans fondement, colportées par ceux en manque de ragots. Si cela devait être vrai, cependant, il aurait du mal à considérer l’androïde. Machine ou personne ? Tout son raisonnement serait remis en question.


Histoire

Son plus lointain souvenir était d’une clarté déconcertante. Il ne savait plus exactement quel âge il avait, mais l’air béat de son père, agitant un robot interactif devant ses yeux, était aussi vivide qu’au premier jour. Un jouet, ses parents n’avaient pas les moyens de lui offrir un véritable androïde. Sûrement noël, ou son anniversaire. Lucas était un enfant gâté. Fils unique, la prunelle des yeux ses parents. C’était drôle, lorsqu’il y repensait maintenant. Il ne croyait pas au destin mais ne pouvait s’empêcher d’y voir une certaine symbolique.

Il était né à Montréal d’une mère employée dans une entreprise de robotique et d’un père inconnu. Elle s’était remariée lorsqu’il n’avait que huit mois et Lucas n’avait jamais rencontré son géniteur. Ce n’était pas celui qu’il considérait comme son parent, cependant. Son père adoptif était cuisinier et copropriétaire d’un petit restaurant.

Ses parents partageaient une passion commune : la technologie. Il se souvenait des discours enthousiastes de sa mère dès qu’un nouvel androïde sortait sur le marché et la manière dont ils suivaient avidement les émissions télévisées sur le sujet. C’était évident qu’ils essaieraient de lui transmettre cet engouement. Ce n’était pas obsessif ni malveillant de leur part, juste la volonté de partager avec leur enfant quelque chose qui les rendait heureux. Ils avaient commencés à offrir des kits de constructions de robots à Lucas dès qu’il fut en âge de tenir un tournevis.

Il n’en avait pas pensé grand-chose, à l’époque. Trop jeune pour se poser la question. C’était une manière de passer le temps. Il avait rapidement excellé en la matière et ses parents ne tarissaient pas d’éloges à son égard. Ils répétaient à qui voulait l’entendre que leur fils finirait ingénieur en robotique. C’était certainement de là que Lucas tenait son amour du bricolage.

Malgré son talent pour la construction de robots, il n’avait jamais montré d’intérêt pour la technologie. C’était un enfant actif, les yeux vifs et le feu au bout des doigts. Il aimait courir au grand air, faire des promenades sous les arbres et s’asseoir seul à l’ombre des érables, dans le square bordant leur maison. Il pleurait lorsque le chat ramenait un trophée de chasse et sa mère se souviendrait toujours de la fois où elle avait trouvé son fils de six ans, allongé dans son lit, enseveli sous une montagne  d’escargots. « Mais ils n’avaient pas de maison, maman ! ». Il y en avait des dizaines. Certains avaient été écrasés dans les draps. Un massacre.

A l’âge de huit ans, Lucas reçut une lettre. C’était un testament. Son père biologique était mort, il héritait de quinze-mille dollars. L’enterrement se déroulait au Kenya. Trop compliqué d’envoyer un enfant si jeune dans pays aussi lointain. Sa mère refusa qu’il y assiste. Il n’osa jamais insister. Il avait déjà un père. Ce serait le trahir d’aller là-bas. Lucas avait toujours espéré qu’un jour, l’homme dont il avait hérité le nom prendrait contact avec lui. C’était l’effondrement d’un rêve qu’il n’avait pas réalisé entretenir. Il souffrit en silence.

Il ne pensait pas que son père adoptif passerait lui aussi sous le scalpel du hasard. Il n’était pas décédé, heureusement, Lucas ne s’en serait pas remis. A treize ans, la principale de son collège vint le chercher en cours. Trop douce, il avait senti la mauvaise nouvelles à des centaines de kilomètres. Son père était à l’hôpital. Maladie cardiaque, il avait eu de la chance de s’en sortir.

Il était rentré à la maison deux semaines plus tard, mais Lucas n’oublierait jamais ses traits émaciés parmi les draps blancs de l’hôpital. Il ne guérirait pas et devrait vivre avec le risque constant de faire une crise, comme un funambule qui menaçait de tomber dans le vide. Son père avait simplement sourit, ébouriffé les cheveux de Lucas et lui avait assuré que tout irait bien. Au bout de quelques semaines, la vie familiale avait retrouvé un semblant de normalité. Ils n’abordaient jamais le sujet, comme s’il n’existait pas. Peut-être que si on oubliait, ça finirait par disparaître.

Lucas n’oublia jamais. Il vivait avec la peur constante que son père lui soit arraché une deuxième fois. En parallèle, sa mère essayait de compenser le vide qui s’était installé dans leur maison. Plus de cris, plus de meubles bousculés par les courses poursuites dans les couloirs. Elle ne savait pas comment s’y prendre, alors elle forçait sur son sourire et lui achetait plus de cadeaux qu’il n’en avait jamais désirés. Il ne comptait plus le nombre de smartphones dernier cri qu’il avait reçu alors que ses parents se serraient la ceinture pour se permettre ces dépenses. Ils pensaient lui faire plaisir.

Ce fut cette époque-là qui marqua un véritable tournant. Peut-être les jours difficiles de l’adolescence qui commençaient, peut-être ces évènements qui accélérèrent le processus. La volonté de s’émanciper de ses parents, sûrement. Lucas réalisa à quel point la santé est fragile. Il fallait la préserver à tout prix. En parallèle, il se mit à éprouver un dégoût de la technologie. Le reflet d’une souffrance qu’il ne savait pas comment exprimer. Le silence de sa mère compensé par des objets sans valeur, et la certitude que rien ne serait jamais comme avant. C’était égoïste, l’abandon de l’enfance. Solitaire. Certains sortaient en cachette et fumaient des joints dans les toilettes du secondaire. Lucas reniait en bloc ce qui constituait une grande partie de son monde.

Il ne disait rien parce qu’il s’en voulait. Ses parents ne comprenaient pas. Comment pouvaient-ils ? Lucas se murait dans une forteresse de silence. Il était en colère. En colère contre le monde d’avoir accablé son père d’une maladie incurable. En colère contre sa mère de l’avoir privé, sans s’en rendre compte, d’une partie de son identité. En colère contre lui-même de ne pas s’extasier devant le dernier robot en date. Le chirurgien qui avait opéré son père s’était fait assister d’un androïde, ils étaient donc bien utiles. Cependant, il ne pouvait pas réprimer le malaise qui s’emparait de lui à la vue de la une des journaux. Rien que des photos et des articles sur la robotique. Toujours. Tout le temps. Lucas étouffait.

Peu après, il décida de devenir médecin. Il était jeune, et cela sonnait comme un métier choisi par défaut pour le prestige ou le salaire. De la même manière que ses amis voulaient être avocats ou astronautes. Cependant, Lucas était certain. Le désir d’aider, de contact humain. Il ne voyait pas beaucoup ses amis en dehors du collège. Ils passaient leur temps libre sur un group chat mais n’organisaient pas de sorties. C’était quelque chose qui lui manquait, mais il ne savait pas comment y remédier. Les médias ne mentaient pas lorsqu’ils s’offusquaient des effets désastreux de la technologie sur les relations sociales de la jeunesse. Il n’était pas réellement malheureux, juste à la recherche de la chose qui aurait su combler son vide.

A seize ans, Lucas vivait comme un adolescent lambda. Quelques conflits avec ses parents, les ombres de son histoire qui grondaient comme une colère sourde. Il avait des problèmes qu’il n’essayait pas forcément de régler. Ce n’était une période facile pour personne, et il ne s’apitoyait pas sur lui-même. Il sortait de plus en plus, cependant. L’atmosphère de la maison l’oppressait. Entre ses parents qui ne comprenaient pas ses sautes d’humeur et la technologie ambiante, il se sentait à l’étroit. Au fond, il leur en voulait. Il se lança dans des recherches sur son père décédé. Cela faisait huit ans qu’il refoulait ce sujet. La distance grandissante qu’il prit vis-à-vis de ses parents lui donna la place de s’y pencher à nouveau. C’était la recherche de son identité.

Il fut surpris de la facilité avec laquelle il trouva des informations. Il s’était préparé à devoir fouiller de vieux registres poussiéreux, mais une simple recherche internet suffit. Le verdict tomba, et Lucas fut pris au dépourvu. Peut-être soulagé. Son père n’était pas dépeint comme la pourriture qui l’avait abandonné, mais comme un homme généreux qui voyageait et aidait les populations locales. Il écrivait pour un journal humanitaire. Pourquoi est-ce qu’il était parti ? Lucas ne savait pas, et il ne saura jamais. Cela le tuait, au début. Il voyait des photos de lui, posant avec des enfants à la peau beaucoup plus sombre que la sienne. Un sourire brillant sur son visage brûlé par le soleil. Il se reconnaissait dans le visage de cet inconnu. Il était jaloux. Pourquoi eux ? Lucas commença à détester son père. Il l’admirait, et il se détestait aussi pour ça.

Il mit longtemps à accepter que les choix de cet homme n’avaient rien à voir avec lui. Il n’avait fait que naître, ce n’était pas une tare. Cet homme qu’il ne connaissait pas avait des raisons, et s’il n’en avait pas, ce n’était pas la responsabilité de Lucas. Au final, il fut soulagé de ne pas être le descendant d’une personne abjecte.

Il passa la majorité de ses dernières années de secondaire dans la rue. Il allait se promener le long des parcs, écumait les magasins de récupération en espérant y dénicher des pièces à réparer. Il discutait parfois avec des inconnus et voyait ses amis durant les cours.

Au cours de son début collégial, les choses changèrent.

Il y avait cette fille un peu excentrique qui brandissait une affiche. Lucas s’était trouvé, par pur hasard, entraîné dans une manifestation pour l’écologie. La rue par laquelle il avait l’habitude de rentrer chez lui était bloquée, et il avait voulu voir ce qui produisait un boucan pareil. Elle était bien plus petite que lui, typée asiatique, le visage fin comme une poupée. Elle ne s’était pas démontée lorsqu’un homme d’environ quarante-cinq ans lui avait hurlé qu’elle n’était qu’une « guenon hippie qui empêchait leur belle nation de progresser ». Qu’elle rentre chez elle si elle n’était pas capable d’accepter les lois qui régissaient Montréal.

Elle avait rétorqué qu’elle regagnerait son appartement en centre-ville une fois la manifestation terminée, merci beaucoup. Le type n’avait pas apprécié et avait violemment attrapé son épaule. Dix secondes plus tard, il se recroquevillait sur le trottoir, les mains pressées contre l’entrejambe. Elle portait des Doc Martens et malgré leur courte taille, ses jambes étaient musclées. « Ouais c’est ça, tire-toi sale pute ! ». Le sexisme et le racisme, Lucas connaissait. Il avait été choqué par la violence de cet homme qui traînait avec lui des idées d’un autre âge. L’écologie sonnait pourtant comme une évidence. Une partie de la vie à laquelle il n’avait pas réellement fait attention.

La notion ne lui était pas inconnue, évidemment. On lui répétait depuis qu’il était petit que la Terre était importante et qu’il devait en prendre soin. On recycle le papier et le verre, on n’utilise pas trop de plastique. Il n’avait jamais cherché plus loin. Il s’était précipité sur son ordinateur pour chercher le nom de l’association qui figurait sur l’affiche de la fille. Apparemment, la manifestation avait abouti à la fermeture d’une usine obsolète et trop gourmande en énergie.  

Il écuma leur site durant des heures. Des sorties de ramassage des déchets étaient organisées tous les mercredis après-midi. Une excitation réservée à la réparation des objets particulièrement compliqués s’était emparée de lui. Le bouton d’adhésion était gros et rouge en haut de la page. Après une dernière minute d’hésitation, il s’inscrit et envoya sa cotisation. Il possédait autant de conviction que de désir de revoir cette fille. Il y avait des choses qui nous marquaient au fer rouge. Ce soir-là, Lucas s’endormit avec un sentiment de satisfaction qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps.

Une chose en entraînant une autre, Lucas se rendit aux collectes de déchets. Joyce était là, et si l'idée qu'il s'était fait d'elle se révéla erronée, il se rapprocha d'elle néanmoins. C'était facile d'idéaliser une personne avant de la connaître. Joyce avait un caractère de chien, jurait comme un charretier et arborait constamment une moue irritée. Elle avait un cœur grand comme le monde et pleurait à la moindre occasion. Parfois, elle était bruyante et trop enthousiaste. Joyce prenait de la place. Lucas tomba amoureux d'elle.

Il se consacra de plus en plus à l'association, et de fil en aiguille, se prit de passion pour les valeurs qu'il défendait. Il découvrit également la décharge, mine d'or pour ses bricolages.
Ce n'était plus un prétexte pour voir sa petite amie, mais un combat qu'il voulait mener. Devait mener.

En parallèle, la fin de l'année se profilait et la fac de médecine était à portée de doigts. Son expérience au sein de l'association fut si satisfaisante qu'il décida de travailler dans l'humanitaire une fois ses études terminées. Il voulait juste rendre le monde un petit peu meilleur. Joyce le conforta dans cette idée.

Comme toutes les périodes, celle-ci finit par prendre fin. L’entrée à la fac, la dissémination de ses amis aux quatre coins du pays. Joyce partit étudier à l’étranger. Ils se séparèrent. Lucas fut triste au début. C’était être un adulte, prendre des responsabilités. Accepter que parfois, l’amour ne suffise pas à réunir deux personnes.

Il resta malheureux quelques semaines mais réussit haut la main à surmonter cette épreuve. La médecine fut une véritable révélation. Il se doutait que la discipline lui plairait, mais pas qu’elle deviendrait à ce point une évidence dans son existence. Peut-être pour la première fois, il se sentait à sa place, et ne lésinait pas sur le travail. Il n’avait plus le temps d’être triste. Il n’avait même plus le temps de penser. Il parlait toujours à Joyce parfois, mais elle n’était pas plus tangible qu’une voix à l’autre bout du fil. La réalité de sa vie à Montréal finit par prendre le dessus.

Son temps libre était toujours consacré à l’association, cependant. Il se renseigna sur la société de consommation et sur les effets désastreux de l’industrie sur l’environnement. Les affiches de prévention dans la rue commencèrent à réellement l’impacter. C’est fou ce que coûte la production d’androïdes à l’état. Lorsqu’il collecte les déchets ou qu’il erre dans la décharge à la recherche d’un je ne sais quoi à raccommoder, il se sent utile.

A la fac, il était l’écolo sympa qui avait toujours les meilleures notes et qui ne venait pas souvent aux soirées après les cours. Le type avec la barbe et les T-shirt trop grands. Cette image ne le dérangeait pas. La protection de l’environnement était une notion qui faisait l’unanimité, et la plupart de ses amis le respectaient pour son engagement. Ils n’adhéraient cependant pas à son aversion des androïdes.

Quelques années filèrent comme un coup de vent. Il n’avait jamais été aussi épanoui mais le temps passait à toute vitesse. Ses parents le regardaient de loin. Il rentrait manger le soir et dormait dans son lit, mais c’était comme s’ils s’étaient fondus dans le décor. Un grésillement au creux de son oreille. La colère de son adolescence s’était atténuée, transformée en une sorte d’indifférence. Il aimait ses parents et reconnaissait leur existence, mais ils n’avaient pas de relation à proprement parler.

« - C’était bien ta journée ? – Oui, un peu fatigué, et toi ? – Oui, on est allés se promener avec ton père, c’était sympa. »

Il eut vingt-cinq ans. Il lui restait moins d’années d’études devant lui qu’il n’en avait déjà passé. Il n’avait pas peur de terminer, et brûlait d’impatience à l’idée d’exercer son métier. Cependant, quelque chose n’était pas tout à fait réglé. Il habitait toujours chez ses parents et il était temps de s’émanciper. Les convictions de son adolescence n’avaient jamais cessé de croître en lui et il était prêt à faire un pas en avant. Pour la première fois depuis plusieurs années, il eut une véritable discussion avec ses parents. C’était drôle, à quel point la communication pouvait être bénéfique. C’était drôle aussi, que Lucas ait compris cela depuis plusieurs années et qu’il soit incapable de l’appliquer dans sa relation avec eux. Sans qu’il le réalise, ce fut un poids ôté de ses épaules.

Il leur exposa son intention de partir dans le camp écologique en bordure de Montréal et d’habiter une ferme communautaire. Il en avait entendu parler par le biais de l’association et cela lui tenait réellement à cœur. Un moyen d’avancer, encore. A sa grande surprise, ses parents se montrèrent extrêmement compréhensifs et acceptèrent après seulement quelques explications. Il ne sut pas comment se sentir. Il ne leur avait jamais parlé de rien parce qu’il pensait qu’ils ne comprendraient pas. Que ses idées ne leur plairaient pas. Sa mère l’attira dans une étreinte qui lui coupa le souffle et lui dit à quel point elle était fière de lui. Son père lui tapota l’épaule et lui sourit à travers ses larmes. Lucas avait préparé assez d’arguments pour tenir une heure de discussion. Cependant, il était heureux. Soulagé.

Depuis, il se consacre quasiment exclusivement à ses études et à l’écologie. Il continue de participer aux collectes de déchets. La décharge est son jardin secret et il n’a rien perdu de son talent pour le bricolage. Il rencontre des gens qui pourraient devenir importants, en perd d’autres de vue. Il rend visite à ses parents une fois par mois et leur apporte des légumes frais que son père  peut cuisiner.

Il prend la vie au jour le jour, mais a l’intention de donner le meilleur de lui-même.


Derrière l'écran

PSEUDO : Lucas c'est parfait
ÂGE : 17 ans
OÙ AS-TU CONNU EXANTROP ? J'étais à la recherche de la perle rare alors j'ai épluché tous les partenaires des forum que je connaissais jusqu'au coup de cœur (C'était long)
AVATAR : OC de Loish
UN PETIT MOT ? Je suis un peu nulle dans tout ce qui est communication, mais le forum me plaît beaucoup et j'ai hâte de pouvoir rp avec vous ♥️
J'AUTORISE UNE INTERVENTION SAUVAGE DU PLAISANTIN ? Fight me  8D

Revenir en haut Aller en bas
Nelïya Fox
avatar
Humains


Mails : 214
Double-compte : /
Surnom : Nel / Lïya
Emploi/loisirs : Detective Privé
Portrait robot : .
A perdu son bras droit Suite à la catastrophe de la AH exposition
Porte une prothèse mécanique apparente
Panique lorsqu'il y a des bruits forts. ne supporte plus les pétards
Détective privé qui retrouve ce que vous avez perdu
Parle en #AE7B15

MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Lun 6 Nov - 17:51

Hey salut toi !
Bon courage pour ta fiche !
(Et files te mettre un avatar c'est indécent :p )


Présence en pointillée jusque Mars
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar



MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Mar 7 Nov - 22:12

Merci beaucoup :D (J'y vais pardon, je n'avais pas pensé à votre sensibilité 8D )
Revenir en haut Aller en bas
Léandre Luissier
avatar
Réfractaires


Mails : 548
Double-compte : Georges Adams/logan Duval
Surnom : L'albatros
Emploi/loisirs : porte-parole d'Espérancia/ magistrat
Portrait robot : - psychologie basée sur l'obéissance
- Très anxieux. Lévres en piteux état, fume.
- prêt à tout pour être enfin reconnu et aimé par sa famille
- incapable d'aimer autrui et soi-même
- conservateur trés croyant
- pense que les androides sont des créatures déviantes
- belle âme au fond qui attend son envol
- homosexuel refoulé
- espére un jour être soigné
- attiré par Antoine Dastre

- Juge en DarkSlateBlue



MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Jeu 16 Nov - 17:48

Déshonneur sur ma famille, déshonneur sur moi, déshonneur sur la vache, j'avais toujours pas commenté cette fiche D:

Du coup, je répare mon erreur, on a rien vu. 8')

Bref, ta façon de décrire Lucas est poétique et juste, tu sembles l'avoir compris à merveille et je m'en réjouir car ce petit fait parti de mes prédéfinis préférés. <3

J'espère vite pouvoir voir une conclusion à tout cela et si tu as une question n'hésite pas à me poker par mp !

(Et si tu le peux tu es toujours le bienvenu sur la chatbox où discord. <3)

PS: tu es là benjamine du forum. Rhooo. <3 *gros câlin* (ceci est une admin gâteuse, faut pas faire gaffe)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar



MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Dim 19 Nov - 15:47

Personne ne saura, t'inquiète 8D

Merci beaucoup encore une fois :D Et normalement, tout est bon !

(Ow trop d'amour merci ♥️ Mais je suis une gamine vicieuse attention 8D )
Revenir en haut Aller en bas
L'Archiviste
avatar
PNJ


Mails : 427

MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Lun 20 Nov - 18:24

Validation

Une gamine vicieuse ? Je suis curieuse de voir cela eheh ♥️

Bref tu es validée! Je n'ai pas de grosses remarques méritant que tu ne le sois pas mais je te laisse un peux de "travail à faire".

Déjà, il va falloir que tu modifies les niveaux de scolarités car ils ne sont pas les mêmes au quebec! ;)

Je te laisse te baser là dessus

=> http://www.bandesportive.com/pedago/niveaux.html

Par ailleurs une petite relecture serait un plus car il y a quelques petites fautes d'inattention et dans l'histoire le changement soudain d'un temps à un autre est parfois un peu bizarre ;)

Dernière remarque, juste en rappel, l'écologie est une chose déjà bien ancrée dans les façons de vivre même si la société de consommation reste forte. ;) La ferme communautaire excitait déjà par ailleurs et il ne l'a donc pas fonder ;)

Bref, va t'amuser maintenant!



Voilà ! Maintenant tu es validé(e) ! Ton avatar et ton métier ont été ajouté automatiquement aux listes de référencement.

▬ Dans les plus bref délais ton dossier personnel sera créé ICI et tu pourras en faire ce que tu veux (explications).
▬ Si tu n'es pas SDF tu peux aller faire ta demande de logement.
▬ Et comme un androïde a normalement un propriétaire tu peux aller faire un tour sur ce sujet pour te trouver un propriétaire ou un androïde si tu es humain.
▬ Tu peux bien évidemment faire des demandes de RP, vérifie juste les demandes précédentes au cas où il y aurait compatibilité des demandes !
▬ Pour encourager les membres à s'impliquer dans le développement du forum, la partie secréte où sont gérés les events et les intrigues à venir t'est ouverte -selon ta volonté-. Tu peux ainsi donner ton avis, enrichir les idées ou juste regarder. Il suffit d'en faire la demande par MP à Léandre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exanthrop.forumactif.org
Invité
avatar



MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Lun 20 Nov - 21:38

Oups, j'ai pas fait attention, je vais relire ça au plus vite xD Je vais faire les modifications le plus rapidement possible, je suis un peu crevée ce soir mais demain dans l'aprèm ça devrait être bon ! Merci :D
Revenir en haut Aller en bas
Aaron Desmoulins
avatar
Humains


Mails : 10
Portrait robot : couleur : #3333cc

MessageSujet: Re: Lucas Fournier   Mar 21 Nov - 13:58

Bienvenuuuue Lucas ! Serrons-nous les coudes entre nouveaux o/ Au plaisir de se croiser sur la CB/en RP :D
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




Revenir en haut Aller en bas
 
Lucas Fournier
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Lucas di ke Aristide ekri sou fo nom lan entenet la ,
» STANLEY LUCAS, POUR QUI SE PREND IL?
» STANLEY LUCAS CONTRE-ATTAQUE
» a LA NEG EGRI,SE STANLEY LUCAS
» LUCAS a menti au sujet de fevry.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Exanthrop :: Personnages :: Identification :: Rebuts-
Sauter vers: