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Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.C’est la danse des humanités.
L'archiviste // Léandre Luissier
Fonda trop gentille
1/17 : Event 2 : Le Grand Débat
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25/08/17 :MAJ 3 et intrigue 2
06/16 :Ouverture d'Exantrop
Intrigue — Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…

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 Tired for a Date [Benjamin]

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Elijah Roussel
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MessageSujet: Tired for a Date [Benjamin]   Mer 27 Sep - 23:41

ft.  Benjamin Desmarais

“When necessary, we must be willing to take big risks, and be prepared to lose everything.”

Tired for a Date

Elijah, vous avez rendez-vous dans une heure, trente minutes et dix-huit secondes.

L’homme ouvrit les yeux puis regarda l’Androïde, avant de se rendre compte qu’il s’était endormi sur son clavier. Elijah avait passé beaucoup de temps à faire du management sur le projet du prochain Androïde, ne lui laissant que peu de temps pour se reposer. Ils devaient recruter, sélectionner les meilleurs candidats et surtout assurer leurs arrières pour le projet. Préparer les plans au niveau de l’organisation des fonds pour l’année à venir aussi, et faire des rapports. Tellement de rapports. Elijah avait dû travailler toute la nuit dernière, il avait dû s’endormir en faisant une pause. Il n’en avait honnêtement aucun souvenir. Ni même un souvenir à propos de ce fameux rendez-vous, et c’est à ce moment-là qu’il releva les yeux vers l’Androïde. Sa voix était un peu enrouée par le sommeil alors qu'il se frottait les yeux.

Attend attend, quel rendez-vous ?

~~~

Les Androïdes avaient pour fonction de prendre soin de lui. De veiller à ses fonctions vitales afin qu’il puisse continuer à vivre, ils étaient comme des coatchs de vie, en lui rappelant de bien dormir, de s’hydrater, de manger, afin de pouvoir continuer d’exister. Mais il ne pensait pas que l’une de ses Androïdes prenait la sociabilité en compte dans ce calcul-là. Dans un sens, elle avait raison, parce que c’était nécessaire pour la santé d’un individu… Elle avait cependant utilisé une des manières les plus étranges qu’il puisse exister. Un site de rencontre, où l’Androïde avait pris une photo d’Elijah sur internet, remplit sa biographie en prenant soin de mettre des choses vraies mais plutôt positives. Puis parler avec un homme de banalités, avant de lui donner rendez-vous dans un des pubs du Village Gay.

Elijah n’avait plus l’impression de savoir comment se comporter en société. Est-ce qu’il marchait correctement ? Est-ce qu’il était habillé correctement ? N’était-ce pas un peu idiot tout cela ? Il ne voulait pas annuler au dernier moment, et surtout avoir la honte d’expliquer qu’il s’agissait de son Androïde, et non de lui, qui l’avait contacté. Un rouquin aux cheveux longs, s’il s’agissait de sa vraie photo évidemment. De ce qu’il savait, les sites de rencontres n’étaient pas toujours réputés pour la sincérité des photos de profil. Elijah ne connaissait, au final, que très peu de choses sur la personne qu’il allait voir. C’était angoissant.

Sortir dehors, aussi, c’était dur. L’homme gardait des écouteurs sur ses oreilles pour adoucir le bruit ambiant de la population et du métro, en se rendant à destination. Le Village Gay, Elijah l’avait surtout connu lors du début de ses années étudiantes, cela restait un endroit où il se sentait relativement bien. Mais il n’allait pas dans un endroit qu’il avait connu auparavant. Il était un peu plus de dix-huit heures trente lorsqu’Elijah arriva au Pub, en avance, parce que c’était toujours en avance. C’était une vieille bâtisse en brique rouge, avec une ambiance chaleureuse à l’intérieur. L’ingénieur commanda un verre de bière – peut-être qu’il n’aurait pas dû – et s’installa dans un endroit qui lui permettait d’avoir à la fois l’œil vers la sortie, mais aussi sur le reste du Pub, au cas où. Posé, il garda néanmoins ses écouteurs et sortir son téléphone pour passer le temps. L’homme se rendit compte qu’il n’avait pas mangé de la journée, et se dit qu’il fallait attendre que son rendez-vous vienne pour commander de la nourriture.

Politesse en toute heure donc. Elijah avait pris quelque chose de chic, en restant confortable. Un Chino beige avec une ceinture en cuir solide, avec une chemise bleue claire et une veste plus sombre, qu’il ne quitta pas. Honnêtement il ne se souvenait pas qu’il avait des vêtements aussi décontractés. Son binder le serrait un peu, il n’avait pas prévu de le mettre aujourd’hui et la constriction l’empêchait de prendre de trop grosses inspirations. Il profita alors du temps qu’il avait seul pour s’étirer correctement le haut du corps, puis pour respirer profondément. La serveuse lui apporta son verre rempli, il la remercia et y trempa ses lèvres. A force, même sans les avoir à côté, Elijah entendait les Androïde lui dire que ce n’était pas forcément la meilleure chose à faire.

Aujourd’hui, c’était différent par contre, il ne boirait pas seul. Cela faisait toute la différence. Ou peut-être pas, en se rappelant des nombreuses soirées étudiantes qu’il avait fait avec… Non. Cette soirée n’était pas faite pour penser à cela. Elijah remit ses yeux sur son téléphone et consulta ses derniers mails, il en profita pour travailler un peu. Il espérait tout de même que l’autre personne ne lui posait pas de lapin. Rester ici seul un soir n’était pas vraiment comment avait planifié Elijah sa soirée. Non, il avait plutôt prévu de rester seul chez lui. Vous ne voyez pas la différence ? Il la voyait lui. Cependant, si l’Androïde avait pensé que cela pouvait marcher, et lui faire du bien, Elijah se devait d’essayer un peu.

En se regardant dans l'écran de son portable, Elijah se rendit compte qu'il avait bien la mine d'un type qui était fatigué. Il se frotta les yeux et poussa un soupire. Au moins il s'était coiffé correctement. L'homme retira ses écouteurs pour les ranger, laissant le bruit ambiant remplacer la vieille musique de ses oreilles mise en boucle.



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Benjamin Desmarais
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Portrait robot : - Très roux, très pâle, couvert de taches de rousseur
- Plutôt grand et avec une bonne carrure, il possède de nombreuses cicatrices
- Généralement souriant, a quand même un personnalité explosive
- Fume à l'occasion
- Porte toujours des lunettes ou des verres de contact
- Aime les trucs... mignons (enfants, petits animaux, etc.)
- Dernier descendant de la riche famille Desmarais


Urrrrrh… je n’ai pas vu le temps passer ! Il faut tellement que je file ! J’ai passé ma journée à feuilleter des livres avancés sur la structure des ponts… notamment une belle brique de 800 pages avec un total d’à peu près 3 images. J’ai failli oublier mon rendez-vous ce soir. Ok, rendez-vous c’est un peu gros comme mot… Je me rends sur la ligne bleue en replaçant mon sac sur mon épaule. Alors que je me laisse bercer par le doux vrombissement du métro, je relis les messages sur mon cell. C’est Bianca qui m’a convaincu de m’inscrire sur ce site. Ça fait tellement années 2000. Aller cruiser sur Internet. Honnêtement, ça me tentait pas vraiment au début. Faire un profil et tout ça… parler de moi… urh. Je sais juste jamais quoi dire. C’est pas que je suis pas intéressant, vraiment pas. C’est juste que ça part tellement mal un conversation. Genre : « Oh tu fais quoi dans la vie ? » … « J’suis dans l’armée. » On dirait que ça met toujours un frein à la conversation.

Fak cette fois je suis resté plus vague. Je regarde mes réponses, et je me demande un peu ce que ce gars me trouve. Probablement que le fait que j’suis pas laid nuit absolument pas mais autrement... je parle de mes goûts de films (des trucs datant un peu), des pays que j’ai visité (sans les raisons de ma visite), de mon travail (sans le nommer)… finalement j’étais super évasif et super sketchy. En même temps, c’est peut-être juste quelqu’un comme moi qui a de la misère à rencontrer du monde. Pour peu importe les raisons. Dans mon cas c’est mon horaire et le fait que je vive sur la base comme j’ai vraiment nulle part d’autre où aller. Demander une passe chaque fois que je veux sortir et surtout justifier mes sorties, c’est pas mal de trouble. Au moins, j’ai accès à Internet depuis la base, même pour des raisons personnelles. Bref, c’est plus… facile… si on peut dire.

Changement sur la ligne orange, direction Berri-UQAM. Je remarque pas vraiment les gens qui entrent et qui sortent du métro. Je me perds dans mes pensées. C’est plus simple. J’ai plus envie de lire. Pas envie de jouer sur mon cellulaire. Je laisse donc passer le temps. Ça fait quelques années que je suis pas allé au Village. Peu importe mes préférences, je m’identifie généralement pas à la foule qui s’y trouve. En plus quand tu dis que tu es un militaire, tu te ramasses avec des creep et j’ai clairement pas besoin de ça dans la vie.

Je sors de Berri. C’est toujours aussi occupé. D’ici au pub, il devrait y avoir genre… 10 minutes de marche ? C’est pas si terrible. Je vais quand même avoir quelques minutes de retard. Je me mets donc en marche en évitant le plus possible les gens. Mais comme d’habitude, il y a toujours pas mal de monde dans les rues, surtout après la tombée du soleil. J’arrive finalement au pub. Comme prévu, c’est pas la place la plus occupée. Tant mieux parce que je me suis dit qu’un ‘vrai’ resto ça faisait peut-être trop sérieux ou trop cliché, et un club c’est vraiment trop bruyant. Je mets mon cell sous vibration et j’ouvre la porte. Je vois quelques personnes qui discutent. La plupart ne tournent pas les yeux vers moi.

Ca me prend un moment retrouver le gars que je suis supposé rencontrer. Il a l’air crevé, encore plus que moi. D’ailleurs… le lever demain à 5h risque d’être relativement difficile. Tant pis, je vais pas en mourir. Il ne m’a pas remarqué alors je le regarde. Il n’a pas vraiment l’air à sa place ici. Il est bien mis, pas particulièrement vieux… sa photo était bien la sienne, à moins que ça soit le pire des hasards possibles.

Finalement il me remarque et se lève. Je lui fait un signe de main et je me rapproche. Au moins c’est pas comme si j’étais mal à l’aise avec le monde. Heureusement, parce que lui il a l’air vraiment coincé.

« Salut. Elijah ? » Je demande pour être sûr mais je suis déjà en train de m’asseoir à côté de lui. Je pense que j’ai bien besoin d’un petit verre de remontant. « Ca va ? »
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Elijah Roussel
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Tired for a Date

C’était l’heure, mais après tout Elijah était sans doute la seule personne dans son entourage à venir systématiquement en avance. C’était généralement pour pouvoir éviter tout imprévu qui aurait pu l’empêcher d’atteindre son but. Pendant un moment Elijah se dit que l’homme allait définitivement lui poser un lapin, et bon, même si la perspective l’angoissait un peu il se soulagea en se disant qu’il grignoterait un coup avant de rentrer chez lui. Il prit son verre avant de boire quelques gorgées, âpre mais frais, elle éclaircissait l’esprit et lui donna de quoi attendre un peu plus longtemps. Il relisait les conversations qu’il – ou plutôt le robot – avait eu avec l’homme.

Au bout de quelques minutes Elijah se sentit quelque peu regardé. Il releva les yeux nerveusement pour croiser ceux de l’homme aux cheveux encore plus roux que sur sa photo à cause de l’éclairage ambiant. Ils s’étaient reconnus au moins, apparemment. L’ingénieur se releva de sa chaise par politesse et afficha un sourire qui fit quelque peu disparaître la fatigue marquée sur son visage. L’homme, Benjamin, s’assit à ses côtés et Elijah reprit sa place, il hocha brièvement à l’appel de son nom et rangea son cell dans sa poche afin de ne pas se laisser distraire.

C’est moi oui ! Enchanté Benjamin.

L’homme marqua une petite pause avant de continuer. Comment les gens discutaient généralement ? Hors du job. De quoi allaient-ils discuter ? L’angoisse.

Ça va, je me suis réveillé y’a… une heure et demi, j’ai pas mal de boulot ces derniers temps. Toi ?

Meilleur commencement de conversation au monde. Montrer qu’on est littéralement dévoré par le travail au point de ne pas dormir la nuit. Super. Il se sentait bien épais. Elijah afficha néanmoins un sourire et se gratta l’arrière de la tête, avant de regarder l’homme plus précisément. Sa chevelure embrasée contrastait avec sa peau blanche, ses lunettes sur son nez lui donnaient un air un peu plus sérieux qu’il ne semblait l’être au vue des messages. Il était honnêtement mignon et il devait déjà le prendre pour un asocial. Ce qu’Elijah était au final. Certains diraient que le principal était d’en être conscient.

Il fallait se concentrer sur le recueillement d’information à propos de l’autre… Sans doute. En tout cas c’est qu’Elijah trouvait logique de faire, et c’était un peu ce à quoi servait tout cela. Une chose qui l’avait frappé lors des différentes discussions était que Benjamin n’avait jamais parlé de ce qu’il faisait réellement. En effet quand il parlait de son travail, il restait très vague. Peut-être que cela avait un rapport avec ses nombreux voyages, quelque chose comme journaliste, il avait une tête de journaliste quand même, ou quelque chose d’important comme diplomate ? Ce qui ne colle pas énormément avec la carrure, mais peut-être qu’il aimait le sport intensif. Il pourrait lui donner quelques tuyaux. D'un autre côté pourquoi cacher un métier connoté positif ?

Elijah regarda son verre et se mit à boire à nouveau pour se vider la tête. Son ventre gargouillait de faim, mécontent de n’avoir qu’un peu d’alcool pour le remplir. Et si c’était un truc illégal son job ? Il lui mentirait et Elijah n’aurait aucun moyen de savoir si c’est la vérité ou non. L’homme regarda à nouveau Benjamin. Pour l’instant il avait plus envie de manger un bout que de se préoccuper de la vérité. Elijah se leva doucement et amena ses mains à l’encolure de sa chemise pour les remettre correctement.

J’ai un peu faim, tu veux que j’aille commander quelque chose pour toi aussi ?

L’homme regarda autour pour être certain qu’il n’y avait aucun problème autour, toujours un peu craintif de se retrouver dans un espace public. Le bruit ambiant devenait de plus en plus fort au fur et à mesure que le temps passait et Elijah voulait se détendre assez pour ne plus y faire attention. Aussi pour pouvoir être plus à l’aise que maintenant. Ses épaules lui faisaient mal parce qu’il était tendu, son ventre vide, les yeux fatigué, malgré que son expression générale restait positive afin de ne pas paraître pour un coincé, ou pas trop, du moins.



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Il a tellement pas l’air à l’aise. J’en connais du monde de-même. J’ai pas mal deux choix… soit je laisse la conversation devenir super malaisante aussi vite que les Canadiens perdent les séries, soit je fais l’effort supplémentaire pis que je fais le gros de la conversation. Ça serait pas la première fois. Au moins je me dis… c’est pas comme si je faisais ça pour piler sur les pieds de qui que ce soit. Non, c’est comme pour rendre service. Heureusement, ma grande gueule peut servir dans ce genre de situations et c’est pas vraiment un effort supplémentaire, c’est juste mon naturel.

« Ouais enchanté! » J’en oublie les politesses usuelles. En fait c’est pas exactement un oubli, je voulais voir s’il allait être plutôt formel ou pas. J’aurais dû m’en douter juste à le regarder. Malgré son air fatigué, il semble chercher sa place ici.

Il me dit qu’il dormait il y a une heure et demi. Pourtant il me semble avoir reçu un message pour confirmer le rendez-vous il y a deux heures… je suis peut-être fou. Je regarderai quand j’aurai une chance. De toute façon ça ne change pas grand-chose. Qui sait, peut-être un défaut du système… après tout, je pense pas que les sites de rencontres roulent sur des machines du siècle. Je n’en fais donc aucun cas, je lui souris et je replace mes lunettes sur mon nez. J’aurais peut-être dû mettre mes verres de contact. Mais Bianca a bien dit que ça me donnait un air cute et que ça donnait l’impression que je suis moins une brute épaisse. Parle-moi d’un beau compliment équivoque!

« Ouais ça va. Je suis passé tout droit parce que j’étais trop pris dans ma lecture et malheureusement la ligne bleu est toujours aussi lente apparemment. »

Il pourrait penser que je vis sur la ligne bleu. Mais il me semble bien lui avoir dit que je prenais des cours de maîtrise à temps partiel. Quoi que s’il a un bon sens de l’observation, il va remarquer l’anneau de fer martelé à mon petit doigt. Sinon, bah c’est pas grave, on en parlera plus tard. Peut-être. Bref, je m’installe confortablement et je tourne la tête pour regarder le menu écrit à la craie au-dessus du bar. Je repense aux paroles de Bianca ‘Pas de spaghetti, pas de wings, pas de super gros burger dégueu…’ Tant de choses qui paraissent trop mal lors d’un premier rendez-vous. Juste à l’idée de manger des wings, mon ventre se met à gargouiller.

Je pourrais faire semblant que c’est rien et me forcer à bien paraître mais mon dernier repas remonte à avant mon cours de ce matin. Depuis, je suis pris dans mes lectures. Ça fait presque dix heures sans manger. J’ai vu pire, c’est sûr, mais j’ai pas besoin de me torturer de même. Alors les bons conseils de Bianca, non merci. Je sais qu’elle est bien intentionnée, mais à un moment donné, on s’est rencontrés dans un pub, il devait bien se douter qu’il y aurait de l’alcool et de la bouffe. De toute façon, je serais prêt à parier que j’ai entendu son ventre gargouiller aussi. Vu son air et s’il s’est levé ça fait juste une heure et demi, il est fort probable qu’il ait encore rien avalé de la journée. Dans tes dents, Bianca!

« C’est super gentil. Je vais prendre un fish’n’chips et une Boréale rousse. Merci! » Je suis sincère. Je lui souris encore une fois. J’ai ce sourire de type contagieux. J’espère qu’il va aider à le mettre plus à l’aise. Je le laisse filer s’il le souhaite et je m’étire longuement. Je n’ai pas l’habitude de faire si peu d’exercice en une journée et j’ai l’impression que mon dos grince. Je m’étire longuement en me penchant vers l’arrière.

C’est pas un mauvais début. Je pense que les deux on se dirige un peu à tâtons dans cette affaire. Alors au moins, ni un ni l’autre a l’air d’un sombre con. En tout cas, pour l’instant. Je me donne pas une heure avant de faire un fou de moi. C’est la moyenne.
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La commande de Benjamin dans sa tête, Elijah fit un bref hochement de tête avant de se diriger vers le comptoir. C’est lorsque le jeune homme l’atteint qu’il se rendit compte que lui aussi souriait. Une drôle de sensation, le fait de passer une soirée normale, accompagné d’un autre être humain qui avait l’air d’être content. Lucas se serait sans doute fichu de lui. Sans doute qu’ils se seraient retrouvés dans ce genre d’endroit aussi pour manger un bout, avant d’aller chez lui. Parce que monsieur trouvait l’appartement d’Elijah beaucoup trop froid et non accueillant pour les humains ! Stop.

Cette soirée n’était pas à propos de cela.

Elijah fit part de leur commande, ajoutant un burger parce que c’est ce qui semblait être le plus appétissant, en profitant de prendre une nouvelle bière. A vrai dire, Elijah aurait pu prendre des fish’n’chips aussi mais une partie de lui ne voulait pas que Benjamin puisse penser qu’il copiait. Pourquoi il penserait ça ? Aucune idée, mais il ne valait mieux pas qu’il le pense. L’homme jeta un œil autour, n’aimait pas trop être dos à la porte d’entrée. Il remarqua que le pub commençait à devenir plein et se remercia d’avoir été en avance pour trouver une table.

Quand la serveuse finit de préparer les boissons, il porta les trois récipients à la main, le sourire un peu plus forcé que lorsqu’il était parti, mais essayant tout de même. Déjà parce que l’équilibre entre un verre vide, une bière et un verre plein était compliqué à tenir… mais aussi parce qu’il semblait que si Elijah se retrouvait seul ne serait-ce qu’un instant, il finissait par penser à ce qu’il ne voulait surtout pas penser. C’est d’une voix assurée mais pas trop qu’il se mit à parler.

Les boissons en attendant.

Une fois celles-ci posées sur la table, il reprit sa place de façon machinale, peut-être un peu maladroite. C’était comme s’il arrivait à rendre tous ses mouvements bizarres et non naturels. Peut-être qu’Elijah avait beaucoup trop travaillé avec les robots… Au point d’en devenir un ? L’idée était loufoque mais l’amusait. Peut-être qu’il le souhaitait d’une certaine façon. En posant son regard sur la bière rousse, Elijah se rendit compte à quel point les cheveux de Benjamin étaient roux. Mais peut-être tendant un peu plus vers l’orange, et puis sans doute que la luminosité ambiante la rendait plus sombre. Mais quand même. Il se laissa hypnotiser un instant avant que son regard ne se retrouve sur sa main et l’Iron Ring qui s’y trouvait. Se pourrait-il que… ? Elijah sourit sincèrement en désignant la bague du menton, prenant sa propre boisson dans la main pour boire un coup.

Etudiant en ingénierie ? Comment ça se passe les lectures ?

Il se rappelait de la sienne, mais il avait fini par la perdre. Aucun de ses robots n’avait pu la retrouver, et au pire, ce n’était pas si grave. C’était simplement un symbole. Un anneau en métal symbolisant les valeurs qu’Elijah avait décidé d’incarner dans son travail. En tout cas il essayait. Il espérait ne pas se tromper avec quelque chose d’autre, mais cela correspondait avec le fait d’être sur la ligne bleu pour l’université. Katia avait vraiment bien choisi son profil et cela ramenait Elijah à quelque chose qu’il avait connu, quelque chose de stable. Cela le détendait de façon presque perceptible, les épaules s’abaissant un peu. Mais s'il était étudiant cela voulait sans doute dire que c'était une reconversion dû à un ancien job, la question restait donc tout de même en suspens sur ce qu'il faisait auparavant.



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Je le regarde partir, je reste silencieux. J’aurais peut-être dû proposer de l’aider, mais ça aurait pas servi à grand-chose. Il semble se débrouiller avec les boissons, alors je pense pas que ça soit un problème. Pendant qu’il est au comptoir, j’en profite pour repenser à son profil. Je sais qu’il travaille en robotique, qu’il est un peu awkward, qu’il a à peu près mon âge, qu’il est pas d’ici… vraiment pas grand-chose en fait. Et il semble vraiment timide. Alors… il faudrait bien que je trouve des sujets de conversations, mais je suis pas inspiré. Je profite de son absence pour jeter un dernier œil à son profil et à notre conversation. Ouaip, clairement, quand il dormait… il me parlait. C’est soudainement, vraiment creep. Genre… j’ai vu ben des affaires bizarres dans ma vie mais ça… Je laisse mon esprit divaguer un instant. Quelle pourrait être la cause? Il a peut-être juste perdu la notion du temps? C’est peu probable que ça soit causé par une crise de somnambulisme… ou peut-être qu’il a son propre Cyrano…

Il revient, je lui souris. Je le remercie, presque machinalement. Je replace ensuite mes foutues lunettes qui glissent toujours sur mon nez. Je devrais probablement les faire ajuster, mais je les mets vraiment juste quand je suis au civil, alors ça m’échappe toujours. Je me replace ensuite sur le petit siège en croisant les jambes. Difficile de dire ce qui me traverse l’esprit j’imagine. Probablement juste parce que je cherche quelque chose d’intelligent – ok, de semi intelligent – à dire. Heureusement, Elijah semble avoir trouvé quelque chose.

Je suis son regard vers ma main. Il a remarqué la bague. L’inverse aurait été étonnant, en fait. Après tout, s’il avait le droit d’exercer la profession, il devait connaître la bague. C’était pas exactement un secret bien gardé : on était quand même pas des rosicruciens.

« Huh? Euh… » La question me surprend. Non, clairement, si j’étais vraaaaaaiment étudiant, je n’aurais pas encore la bague. Mais c’était pas une mauvaise suggestion, en y pensant bien. Et c’était pas non plus entièrement faux.

Je replace une mèche de cheveux lentement. Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose de cacher que je suis dans l’armée? Je sais que ça rend du monde mal à l’aise. Je l’ai remarqué au cours des années. J’ai jamais vraiment compris pourquoi au juste, mais c’est quand même de même. Je pourrais éviter la question, mais à quoi ça me servirait? C’est pas comme si je m’attendais à quoi que ce soit de cette soirée. Alors… soyons fous!

« On peut dire ça de même. J’essaie d’avoir une équivalence de maîtrise. Je fais quelques cours à la Poly. J’ai déjà pas mal de cours crédités par expérience… » Je marque une pause. Rétrospectivement, c’est pas super clair, je me reprends donc, d’un ton un peu plus assuré. « J’suis étudiant à la Poly, j’ai déjà eu une équivalence de baccalauréat dans l’armée. Je suis sapeur… c’est comme… un ingénieur de combat. Alors je profite que ça soit un peu plus tranquille en ce moment, j’fais des cours pour avoir mon équivalence de maîtrise. Ouais, j’pense que c’est plus clair expliqué de même. »

En tout cas, je pense que c’est plus clair. C’est une sursimplification de ma situation, mais c’est pas mal exact. « Et toi? J’sais que tu travailles en robotique, mais on a pas trop discuté des détails. Tu peux me dire sur quel genre de trucs tu travaille? » Ok, c’est peut-être lame de parler de job pendant une date mais si les deux ça nous met plus à l’aise, pourquoi pas?
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Tired for a Date

Donc la raison pour laquelle Benjamin voyageait et gardait le secret sur ce qu’il faisait, c’était parce qu’il faisait partie de l’armée. Elijah se sentit un peu se détendre, c’était un peu idiot mais l’homme avait pensé qu'il pouvait s'agir d'activités illégales. L’armée n’était pas la meilleure chose au monde, mais Elijah avait travaillé à la création d'Androïds pour qu’ils servent à l’état dans certains conflits. Donc qui était-il vraiment pour juger son date ? Plus détendu, l’homme prit sa nouvelle boisson pour la boire et la reposa, avant de croiser les bras et de s’installer bien dans sa chaise, il se mit à sourire, et ses yeux aussi.

Awesome ! J’ai travaillé pour créer des Androïds T-3 y’a quelques années.

Elijah se sentait beaucoup plus à l’aise de parler de parler jobs et son intérêt était d’un coup beaucoup plus grand pour le rouquin. Peut-être qu’ils pouvaient passer une soirée agréable, et vu qu’ils semblaient tous les deux plus heureux de parler de travail, sans doute qu’ils pouvaient bien s’entendre. Il n’y avait pas à dire, Katia avait vraiment bien choisit son rendez-vous, peut-être mieux qu’Elijah n’aurait jamais pu le faire lui-même. Il irait la remercier en rentrant, même si ce n’était pas comme si elle allait ressentir quoi que ce soit malheureusement.

Katia avait aussi apparemment précisé le domaine de travail d’Elijah et comme on pouvait s’en douter, Benjamin était intéressé. En y repensant, se retrouver autour du boulot ce n’était pas si exceptionnel que cela. Ils étaient deux ingénieurs, et la plupart qu’Elijah avait rencontré étaient passionnés par leur travail. La robotique était passionnante, surtout depuis ces dernières années. Avant que l’homme ne puisse répondre, une serveuse arriva avec leurs repas, les fish’n’chips d’un côté et…  un burger au bacon et bœuf haché de l’autre entourées de frites et une sauce maison. Elijah remercia la serveuse et posa son regard sur son plat. Katia faisait peu de burgers, notamment parce qu’il s’agissait très souvent de mets très caloriques et peu sain, mais Elijah avait décidé qu’en sortant, il se ferait plaisir.

Oui je travaille dans une boîte qui recherche et crée de nouveaux Androïds compétitifs sur le futur marché de la classe moyenne. On doit en sortir un tous les ans, et j’ai été promu chef d’équipe, donc je suis un peu plus éloigné de l’ingénierie… Mais je tiens un petit site web de réparation d’Androïd maintenant ! Eh, bon appétit.

L’homme commença à manger ses frites, prenant bien le soin de les mettre dans la sauce avant de les dévorer une à une.

Hm ! On travaille sur des types 2, mais il m’est arrivé de faire des heures sup’ sur des types 4 pour une autre équipe. Tu vois l’Androïd Maria-T2 qui est sortie y’a pas longtemps ? J’ai travaillé dessus, je travaillerai pas directement sur la prochaine malheureusement, mais sans doute que j’en réparerai d’ici quelques années.

Elijah sourit, avant de prendre son hamburger entre les mains, assez reculées derrière sur le pain pour ne pas mettre de la sauce et des aliments partout quand il croquera. Sa soirée était bien plus agréable qu’il ne l’imaginait au départ, merci Katia.

Tu comptes travailler dans quel genre de boîte après ton équivalence ?

Bon Elijah n’était pas spécialement adepte de pousser le résumé de quelqu’un sur le haut de la pile des RH, mais il ferait peut-être une exception s’il s’avérait que Benjamin était brillant et agréable. II y avait peu de chance qu’ils travailleraient ensemble mais cela lui donnait peut-être une opportunité. Non pas qu’il s’agissait d’un repas de recrutement… De toute façon il n’était même pas sûr que Benjamin ai la moindre envie de travailler dans ce genre de domaine. Un bout de tomate tomba de son hamburger et l’homme reposa son repas pour prendre sa fourchette et la récupérer. Il porta quand même son attention aux réponses du rouquin.



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Dernière édition par Elijah Roussel le Jeu 16 Nov - 19:33, édité 1 fois
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- Dernier descendant de la riche famille Desmarais


Je suis pas complètement stupide, je sais que certaines personnes sont mal à l’aise avec les membres des Forces. Je peux pas vraiment les blâmer. Peu de gens aiment s’imaginer dans les situations terribles qu’on voit… et ils projettent leurs peurs sur nous. Ça et il y a tout ceux qui défendent le droit à la vie et qui disent que les interventions armées devraient pas avoir lieu d’être… j’ai tout entendu dans ma carrière. Ici comme à l’étranger. Je sais que le Québec est globalement « pacifique »… et ce sont de belles valeurs. Mais elles sont absolument pas réalistes. En tout cas, pas dans le monde dans lequel je vis. Alors on peut dire que j’observe vraiment attentivement sa réaction. C’est juste une date… en plus c’est une date organisée sur un site de rencontre. Même s’il respecte pas mes choix, je perds pas vraiment quoi que ce soit à part un peu de temps… mais je suis pas habitué de voir ce qu’en pensent les civils. Alors… j’observe. Ça semble pas vraiment le choquer ou le déranger. Du moins, si c’est le cas, ça paraît pas pantoute. Good.

En tout cas, tout est good jusqu’à ce qu’il parle de son travail. Ok, j’aurais tellement pas dû poser cette question-là! Je me sens crisper. Mes jointures deviennent blanches tellement je serre mon verre d’eau. Je pense bien que je deviens livide. Me voilà bien refroidi! Ok, fuck l’eau, c’est l’heure de la bière!

Je suis poli, je le laisse parler, mais je suis convaincu qu’il va remarquer mon malaise… ok, il parle et parle et parle. Peut-être qu’il réalise pas. Aller, Ben, laisse-le parler, il a l’air de se dégêner. On est pas ici pour débattre de la polémique des robots dans la société… on est ici pour s’amuser, jaser un peu… ok, concentre-toi sur autre chose, t’es capable.

J’écoute ce qu’il dit d’une oreille. J’agis exactement comme un gars face à une fille qui parle de mode pis de magasinage. Je me sens presque mal de faire ça. Bon ok, j’ai pris quelques gorgées de bière… aussi bien me concentrer sur lui. Il semble passionné par ce qu’il fait. Ça c’est cool. J’aime les gens passionnés. Ses yeux brillent un peu plus et il semble moins… coincé? C’est dur à dire, il y a clairement un changement d’attitude en tout cas.

Au moins la bouffe arrive rapidement. Merci repas salvateur! En plus je l’avais peut-être pas remarqué mais j’avais vraiment vraiment faim. Je ramasse une frite que je trempe dans le ketchup, puis une autre frite, et une autre… c’est un long processus pour moi. Je commence à être habitué à la bouffe de l’armée qui est pas… mauvaise… mais pas non plus super goûteuse. Je prends citron et je dis d’une voix un peu trop off que je compense avec un sourire assez doux :

« Ouais, bon appétit. »

Je pique le citron avec ma fourchette et je laisse couler le jus sur mon poisson. Aussi bien m’occuper les mains. Heureusement, depuis le temps, je sais bloquer les images et les souvenirs, mais c’est pas un sujet qui me rend très à l’aise. Je connais clairement pas assez ce gars-là pour lui déballer ma vie et mes traumatismes, mais juste dire « Ouais, les androïdes, très peu pour moi » risque de pas suffire avec un gars passionné de-même.

Heureusement, il me laisse une porte ouverte. Une belle grande porte ouverte que je vais m’empresser d’enjamber… tout de suite après cette bouchée. Puis celle-ci.

« Ouais je ne m’y connais pas trop en androïdes… je veux dire je vois ceux dans l’armée mais ils sont pas vraiment mon problème et je connais pas tellement les autres… j’ai pas exactement une vie civile développée! En tout cas, t’as l’air vraiment passionné par ton travail… » Ok, pas super smooth mais ça devrait faire la job. Il est peut-être du genre ‘meilleur avec les machines que les humains’ alors soi il a remarqué mon malaise et on passe à autre chose où il accepte le changement de sujet. « Eh bien, je sais pas encore si je vais retourner à la vie civile. Après pfffff… autant d’années, ça serait pas facile. Mais je fais plus dans les structures, genre les routes, les tunnels, les ponts et les bâtiments... alors c’est un champ pas mal différents. J’ai absolument aucune idée de comment ça se traduit dans le ‘vrai monde’. »
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Tired for a Date

En y réfléchissant un peu, Benjamin avait eu l’air d’avoir été mis mal à l’aise face à ce que racontait Elijah. Avait-il dit une grosse erreur ? Fait quelque chose de mal ? C’était le burger ? Il se faisait juger, c’est ça ? Peut-être qu’il aurait dû prendre les fish’n’chips aussi… L’homme observa les possibilités après avoir fini de poser sa questions, continuant de manger et buvant son verre un peu plus. Peut-être qu’il n’aimait pas les Androïdes ? Il y avait certaines personnes qui avaient été traumatisées par des dysfonctionnements, Elijah en avait vu et c’est ce qui les menaient généralement à abandonner leur machine, c’est ce qui avait mené l’homme à récupérer trois d’entre eux chez lui.

Elijah reprit son hamburger pour continuer de le grignoter avec plaisir. Au moins, tout n’était pas perdu, la nourriture était très bonne, et si Benjamin décidait qu’il avait un appel urgent qui demandait à ce qu’il parte, l’homme ne lui en tiendrait pas rigueur. C’était toujours comme cela avec les gens. Elijah n’était pas sortable d’une façon générale et quand bien même il faisait de son mieux, ce n’était pas souvent compatible avec les autres. Cela le rendait un peu triste, jusqu’à ce que son interlocuteur lui reparle. Il saluait sa passion pour les Androïdes et Elijah fit un hochement de tête avec un sourire un peu mal à l’aise. En vrai, il pouvait continuer d’en parler pendant des jours.

Donc il était ingénieur en génie civil, quelque chose de particulièrement important partout. Dans l’armée, Elijah supposait qu’il s’agissait surtout de s’adapter aux conditions climatiques environnantes et aux larges véhicules, les routes étaient faites, pour être protégées. En ville, c’était plus compliqué car il fallait gérer l’affluence gens sur les différentes routes et essayer de répartir au mieux celle-ci pour éviter les bouchons. En plus, cela voulait très souvent dire travailler sur des projets déjà entamés, ou dépassés. L’homme nota qu’il avait évité de dire le nombre d’année dans lequel il avait été à l’armée mais il ne le ferait pas cracher. Mais si c’était depuis aussi longtemps qu’Elijah le croyait, il était compréhensible d’avoir de l’appréhension.

Le « vrai monde » ?

Elijah se mit à rire doucement et reposa son hamburger qu’il avait grignoté pour se saisir de sa serviette et s’essuyer les doigts. Il haussa les épaules. En fait il n’était pas sûr que le monde civil soit vraiment « le vrai monde » non plus. Les gens mourraient aussi, les choses étaient moins cadrées mais possédaient donc moins de repères. Et cela n’empêchait personne de faire des attentats en ville. Au moins dans l’armée il y avait possibilité de se battre.

C’est aussi le vrai monde l’armée, je suppose. Sinon, le civil je suppose que ça doit être plus prise de tête, en tout cas en ville ? Mais ça à l’air aussi passionnant ! Un peu de challenge ne fait pas de mal.

Il afficha un sourire, et hésita à essayer de recueillir plus d’informations sur ses années à l’armée. Parfois ce pouvait être un sujet sensible, mais d’un autre côté, ils étaient là pour se connaître non ? En vérité l’homme n’était pas sûr que les infrastructures de transport soient aussi intéressantes que les robots, mais si ça l’était pour Benjamin, alors il y avait sans doute l’occasion d’apprendre quelques trucs qui les rendraient intéressant aussi. Elijah retourna à ses frites et à les saucer pour les manger, avant de reprendre.

Des projets particuliers qui t’ont plût à l’armée ? Oh hum, ne te force pas à répondre si c’est difficile. Raconte-moi ce que tu veux honnêtement.

Il rit légèrement embarrassé, avant de baisser le regard sur ses frites et les grignoter légèrement plus rapidement. Vraiment lame. Il allait sans doute croire qu’Elijah était une sorte de petit curieux asocial qui posait des questions étranges dès le premier date. Peut-être qu’il se sentait un peu affamé de relation interpersonnelles aussi, les Androïdes ne faisaient pas vraiment tout au fond. Il le savait, techniquement, mais de là à l’accepter… Mais c’était angoissant, le but de tout cela, c’était quoi ? Devenir amis ? Ou peut-être qu’il ne fallait pas chercher plus loin que l’instant présent et voir ce qui advenait de la suite ? Dur. Elijah avait toujours été du genre à lire la dernière page du livre en avance.



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Je sais pas trop si je devrais me consoler que mon malaise soit assez apparent pour qu’il le remarque. Je tiens pas vraiment à montrer ce genre de faiblesses, et encore moins à avoir cette impression que je lui dois une explication. Je sais que techniquement je ne lui devrais rien. Je pourrais partir en douce, me trouver une excuse. Mais soyons honnête, je n’ai pas 15 ans, je ne suis pas une jeune damoiselle effarouchée. Je peux bien prendre quelques coups. Je me prépare donc à une volée de question qui finalement ne viendra jamais. J’en suis soulagé, presque inquiet, en fait. Un homme qui semble aussi mal à l’aise dans ce genre de situation aurait de bonnes chances de manquer les signes, à ne pas les voir, ou à les ignorer, si ce n’est que parce que l’humain est la machine la plus complexe possible et que la curiosité peut l’emporter bien trop souvent.

Mais non… un changement de sujet. Un changement de sujet vraiment bienvenu. Et en quelques secondes, on dirait que mon attitude change du tout au tout. Peut-être est-ce qu’il va le remarquer ? Mes muscles se relâche un peu. Je n’avais même pas remarqué que j’étais en position d’alerte, pourtant c’était bien le cas. Je recommence à respirer normalement, ce qui se traduit en un soupir. Je prends quelques bouchées de poisson avant d’avaler quelques frites. Ça me donne le temps de réfléchir un peu. J’ai travaillé sur bien des projets dans l’armée, mais la plupart sembleraient totalement … alien à ceux qui ne vivent pas dans cette réalité.

Je me replace donc sur mon siège. Je croise les jambes en le regardant. Je replace les lunettes sur mon nez, un geste d’habitude plus que de confort. « Non, c’est sûr que ça fait partie du vrai monde… c’est pas ce que je voulais dire. Mais soyons honnête : ça marche pas comme le vrai monde. Je veux dire j’ai pas trop à m’inquiéter de cuisiner, ou de comment je vais payer mon loyer, ou même de faire mes impôts… tu as pas vraiment à te demander avec qui tu vas partager tes repas, et tes sorties sont tellement peu nombreuses que les conversations même anodines du quotidien peuvent devenir un défi après pas mal d’années. Je dis pas que c’est plus « mal » qu’autre chose, mais soyons honnête, c’est pas le lot du dénominateur commun. »

Je marque une pause pour prendre une gorgée de ma bière. C’est un geste presque aussi naturel que de remonter mes lunettes. Pas que je sois un soûlon ou quelque chose du genre, mais disons que je me permets pas des tonnes de vices. Celui-ci, ça arrive. « Je veux juste dire que l’ajustement à une vie plus normale pour le reste du monde va me demander un effort supplémentaire. Quoi que j’ai pas encore pris de décision à ce sujet. Avec toutes mes années de service, je pense que mes supérieurs s’attendent à ce que je reste jusqu’à ma mort! » Je ris. C’est pas un rire malaisé.

Honnêtement, je peux les comprendre de penser comme ça, mais je pense qu’après 12, 13 ans… c’est peut-être le temps que je vois autre chose, et à mon âge, si je veux une famille, ça serait un bon moment. Est-ce que je veux une famille? Aucune idée. De toute façon je vais clairement pas parler de ça durant une première date. Je suis vraiment le genre de weirdo qui déballe sa vie et se monte des plans dans sa tête dès le premier rendez-vous.

« Des projets, j’en ai vu pas ma de toutes les couleurs… J’ai vu pas mal de conflits armés, plus que j’aurais voulu, mais c’est rarement ce qui est le plus intéressant, contrairement à ce qu’Hollywood veut faire croire! Moi je m’occupe plus de construire des routes ou… des ponts, des infrastructures… en temps de guerre ça peut être un vrai casse-tête. » Je pense que ma passion pour ce que je fais est aussi évidente que la sienne. C’est juste que je peux me permettre moins de détails. On signe des tonnes et des tonnes de contrats, il y a des attentes et des certitudes… « Ce que je préfère c’est le travail d’aide humanitaire ou en période de crise. Je reviens d’un projet dans le grand nord canadien où on a aidé des communautés à se remettre de grosses inondations. Je m’occupais surtout de la gestion du projet et du transfert de connaissances aux communautés locales. C’était vraiment passionnant. »
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Le changement de sujet pour quelque chose de plus agréable pour Benjamin semblait avoir son petit effet. Il semblait se détendre et apprécier un peu plus la soirée. La vie à l’armée semblait plus simple dans certains cas, mais la plupart des soucis qu’il évoquait, Elijah ne s’en préoccupait plus vraiment non plus. Katia faisait la plupart de ce travail aussi et bien qu’il arrivait à l’ingénieur de contrôler, ce n’était quasiment jamais un souci pour lui. Peut-être parce que cela faisait des années maintenant que ce processus s’était mis en place, c’était devenu une musique familière chaque mois. Mais Benjamin avait raison sur le fait que le fait de vivre de cette façon n’était pas commune.

Ils n’étaient pas communs, ni l’un ni l’autre, il semblait. C’était bien Katia qui avait géré le fait qu’Elijah sortait ce soir, d’ailleurs sans lui en parler. Une nouvelle tactique pour le faire sortir et le faire rencontrer des gens, sociabiliser. Pour sa bonne santé. L’homme se laissa distraire un instant en regardant autour de lui. Il suffoqua légèrement en percevant le nombre de personne, et préféra remettre ses yeux sur son interlocuteur. Son visage sérieux, les lunettes sur son nez, ses yeux, la façon entière dont il se tenait. Cela avait un petit côté réconfortant, stable. Un roc sur lequel Elijah pouvait se poser ce soir.

L’ingénieur ne réussit pas à rire quand Benjamin évoqua le fait que ses supérieurs s’attendaient peut-être à ce qu’il continue d’y être jusqu’à sa mort. Il afficha un sourire gêné pour cacher le souvenir de Lucas sur le sol en train de saigner. Elijah ne se souvenait pas exactement comment ça s’était produit, toute la journée avait été floue au possible mais il se souvint de ses yeux déçu en voyant qu’il avait été transpercé par un éclat de verre à cause de la déflagration. Ils s’étaient tous les deux inquiété l’un pour l’autre alors qu’ils avaient été tous les deux dans un très mauvais état. Chose idiote peut-être, mais cela n’avait rien changé à la suite.

Les secours étaient venus bien trop tard pour Lucas, et Elijah avait perdu son bras. Au moins, il était resté vivant, mais ce n’avait pas vraiment été la sensation qu’il avait ressenti à ce moment-là. Ou qu’il ressentait à présent dans le restaurant. Sa vision était devenu un peu plus floue, et il tremblait, il n’avait pas compris un mot de ce qui était sorti de la bouche de Benjamin depuis le mot mort. Elijah fit de son mieux pour comprendre la fin, mais son souffle devenait plus court, et ce n’était pas essentiellement à cause de son binder, bien qu’il n’aidait absolument pas à cet instant.

S’il avait bien compris, Benjamin parlait de l’aide qu’il avait apporté à la population locale. Le bruit du restaurant devenait alors beaucoup plus fort et Elijah essaya de se raccrocher à la réalité tant qu’il pouvait en calmant son souffle, se tenant légèrement à la table avec son bras mécanique qui lui faisait souffrir. Il essuya sa bouche avec une serviette de table, essayant de sauver les apparences tant qu’il pouvait. Après cela, il fixa Benjamin en affichant une expression neutre, peut-être rigide, même s’il savait que cela ne suffirait sans doute pas.

Ça devait l’être ouais… Je dois prendre l’air, excuse-moi.

Il se leva comme il put et se tint à la table. Le brouhaha constant lui rappela les cris de la population, de Lucas, alors que tout avait explosé. Elijah se rua vers la sortie le souffle court. Sa respiration se bloquait sans qu’il puisse avoir le contrôle dessus. Katia lui rappelait de respirer profondément dans ce genre de cas, et il s’exécuta du mieux qu’il pouvait. Mais le binder le bloquait et il le maudissait à cet instant. Le froid lui mordait le corps, gelant ses pensées et le ramenant un peu à la réalité. Elijah était en totale sécurité, personne n’irait le faire exploser. Benjamin n’allait pas mourir, et encore moins puisqu’il avait décidé de se remettre à la vie civile.

Comment avait-il fait pour se mettre dans ce genre d’enfer, et rester sain d’esprit, rester un roc. Elijah mit une main sur son visage, sa main était froide, c’était assez agréable. Comment le mot mort avait-il pu juste faire ça comme ça. Depuis quand est-ce que son passé prenait tant de place ? Peut-être qu’il était resté trop longtemps dans le restaurant aussi, le bruit constant et le monde. Sortir pour sociabiliser, quelle horrible idée. Il n’était plus capable de cela. Elijah retint du mieux qu’il peut ses larmes, il secoua la tête quand il revit l’image de Lucas inerte et ouvrit les yeux. Ce n’était plus le présent, il calma sa respiration petit à petit, mais tout son dos lui faisait mal en conséquence.

Quand il put retrouver son calme, il était tremblant de froid. Elijah se dirigea vers la chaleur du restaurant et se dirigea vers les toilettes pour s’enfermer et retirer son binder. Il défit un peu sa coupe de cheveux à cause de cela mais ne s’en formalisa pas. Ses joues étaient rougit par toutes ses émotions avant et il décida de se passer un peu d’eau sur le visage. L’homme cacha son binder dans une des poches de son pantalon après l’avoir plié pour qu’il soit un minimum visible, et se regarda de profil. Bon, il ne souhaitait pas trop parler du fait qu’il était un homme avec une poitrine dès la première date, et il espérait un peu que Benjamin ne le verrait pas.

Elle n’était pas trop volumineuse non plus, ses années sous testostérone l’avait amaigrie, mais elle était remarquable. Un peu comme des pectoraux… Mais en plus volumineux. Elijah poussa un soupire et se frotta le front avant de sortir des toilettes et de retourner s’asseoir. Il essaya d’avoir un sourire plus chaleureux et prit sa bière pour la finir en quelques gorgées. L’homme reprit le burger entre ses doigts.

Tout va bien. Tu as travaillé avec des populations locales alors ? Quel genre ?

Il mangea un bout, faisant parfaitement comme s’il ne venait pas avoir une crise d’angoisse quelques minutes, longues minutes, avant. Elijah priait pour que l’homme n’en fasse pas tout un plat, et surtout que cela ne le ferait pas fuir. C’était la seule chose qui donnait encore à cette soirée un semblant de normal, et il en avait besoin.



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O… k… c’est clair que la confusion se lit sur mon visage. Je veux dire sur l’entièreté de la chose : de la pointe de mes longs cheveux roux à mon menton… pis peut-être même dans mon cou. C’est pas banal. C’est clair. C’est pas pour rien que je dis que je ne suis peut-être pas encore prêt à la vie au civil. Je suis pas con non plus : je sais bien que c’est quelque chose que j’ai dit qui a causé cette réaction. Et encore, je pense bien que je sais reconnaître la réaction en question : c’est une crise d’angoisse, ou un choc qui refait surface. J’en ai vu de toutes les couleurs dans l’armée. Même si je suis pas médecin ou psychologue, j’en ai vu des vétérans… j’ai vu des amis blêmir comme ça, comme s’ils avaient vu un fantôme. En fait, c’est en quelque sorte un fantôme qui écrase nos épaules et qui vient montrer son visage dégueulasse de temps à autres. Parfois on s’y attend, mais souvent c’est pas le cas. J’imagine que c’est rarement le cas. Pis j’ai beau parlé de mes amis, je suis ben mal placé pour les juger… quoi que moi j’ai juste pas dealé avec ça. Pas super adulte, mais… bref, je sais reconnaître un épisode post traumatique quand j’en vois un.

La question c’est malheureusement pas de le reconnaître. La vraie question c’est : j’en fais quoi? Je le connais pas vraiment ce gars : c’est pas mon ami, c’est pas même vraiment une connaissance… je sais pas ce qui le trigger ni ce qui le calme. Je sais pas pour lui mais moi quand ça m’arrive (et ça arrivait pas mal souvent avant), j’ai pas particulièrement envie de me faire déranger. Alors que faire? Je peux pas faire semblant de comprendre : je vois bien le petit hamster dans sa tête qui court à 7000 rpm… je le vois mais je ne peux pas l’influencer. Alors je fais ce que je fais le mieux, en tout cas, c’est une des choses que je fais bien : être humanisant.

Il se lève, il semble sur le point de chavirer. Je fais ni une ni deux et je pose une main sur la sienne. Je ne me fais pas envahissant ou déplacé, en tout cas je ne le crois pas, je fais juste lui donner une ancre claire dans la réalité. Je lui sourit quand même doucement, pas un sourire forcé ou faux-nez. J’ai l’air sincère… je suis sincère.

« Ok, prends ton temps, je vais être là quand tu vas revenir, mais je peux pas faire de promesse pour ton burger. » Bien entendu, je compte pas manger son souper! Mais je me suis dit qu’une petite blagounette pourrait l’amuser ou le détendre. J’enlève tout simplement ma main et je le laisse filer.

Ça a pas l’air d’aller fort son affaire. Je tourne la tête pour le regarder sortir, être sûr qu’il se rende en un morceau et sur ses pieds. Une fois que je m’en suis assuré, je retourne à mon repas. Je ne sais pas trop comment comprendre la situation, ni ce que je devrais faire. C’est niaiseux de pas savoir comment agir durant une date. Je vais pas faire la « chose polie » et aller voir comment il se sent, parce que je ne suis pas du genre envahissant. Alors il me reste juste à attendre, mais c’est quoi la norme? Après combien de temps je devrais être tanné et partir? Difficile à dire. Aussi bien de voir comment les choses se passent. De toute façon je n’ai rien de prévu ce soir.

Bref, je mange un peu, je joue sur mon cell. Je relis notre conversation, je réponds à mes textos. Il y a quand même une poignée de personnes qui s’intéressent à ma vie et se demandent comment ça se passe. Je rentre pas dans les détails, c’est pas nécessaire. Je me permets de divaguer aussi. Je me demande ce qui a pu le troubler à ce point. Peut-être qu’il a des histoires d’horreur avec les soldats comme moi j’en ai avec les androïdes? Je serais pas étonné, mais pfff… pas facile les petites affaires du quotidien, hein?

Je ne remarque pas vraiment le temps qui passe. Il est peut-être parti une quinzaine de minutes? Rien d’affolant selon moi. Quand il revient s’asseoir j’ai déjà posé mon cell sur la table à côté de mon assiette et je mange tranquillement mes frites en les trempant dans le ketchup. Il s’assoit, je lui souris de nouveau et je replace mes lunettes. Ma réponse traîne un peu, parce que je veux voir s’il a autre chose à dire. Un coup d’œil m’en révèle un peu plus sur lui. Je vois qu’on a chacun nos raisons de ne pas savoir agir. Ça ne me met pas mal à l’aise. Je ne suis pas non plus curieux. C’est pas une conversation qu’on a à avoir là, maintenant, tout de suite. Après tout, pourquoi le mettre plus mal à l’aise surtout si on est pour jamais se revoir? Alors, je fais mine de rien.

« Mmm? » On dirait qu’il m’extirpe de mes propres pensées. En fait c’est un peu le cas. J’avoue que je me demande un peu plus comment est sa vie, et ce qui vient de se passer. Et je suis de nature un peu distraite, du moins de temps en temps. « Oh, ben… là dans ce cas-là c’était des peuples des premières nations. Je veux dire, ils ont pas d’université, ils ont pas nécessairement d’ingénieurs… souvent ça va être du monde dispatché pour un projet ou qui va couvrir plusieurs villes et villages alors… c’est pas toujours facile de se faire comprendre… et de parler le même langage? Pis je parle pas juste de barrière linguistique là. »
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Tired for a Date

Apparemment Benjamin ne comptait pas lui faire remarquer quoi que ce soit par rapport à sa crise. Et c’était un tel soulagement. Elijah continua son burger, qui n’avait pas disparu heureusement, le finissant avant de s’essuyer les doigts sur sa serviette. Il y avait un certain soulagement à manger quelque chose de plus gras que d’habitude, à sentir son estomac déjà plein et de pouvoir continuer de manger un peu plus. Peut-être que c’était aussi le moyen de combler le profond vide qui avait remplacé l’angoisse dévorante de tout à l’heure. Cette fois Elijah arrivait à écouter Benjamin, imaginant quel genre de vie avait-il pu mener. Elijah qui s’était toujours cantonné au pays, sans jamais réellement sortir, sans jamais voyager.

Je suppose qu’il faut avoir une certaine patience et une grande ouverture d’esprit pour ce genre de projet. C’est awesome.

Le sourire sur le visage de l’homme n’atteignait plus du tout ses yeux, il se forçait légèrement, sans doute car il se sentait sur le bord des larmes. Ses yeux descendirent sur ses frites et Elijah en prit quelques-unes avant de les tremper dans la sauce, reprenant son rituel. Il n’en restait plus tant que cela, et même si son estomac était plein, Elijah pensait déjà à prendre un dessert. Il mangeait beaucoup trop rarement au restaurant pour ne pas en profiter. Plongé dans ses pensées il ne dit plus grand choses durant quelques minutes. Il se repassa sa crise dans sa tête, comme un film dont il était le spectateur.

Benjamin semblait savoir comment se passait une crise d’angoisse, ce qui était sans doute commun dans l’armée, et bien que les moments étaient flous, Elijah ne put s’empêcher de sentir son cœur se réchauffer par la patience et la gentillesse dont il avait fait preuve. Il était apparu plus humain que l’homme n’aurait su l’être s’il avait été dans le cas inverse. Peut-être avaient-ils un entraînement spécial pour gérer ce genre de problèmes ? Elijah se racla la gorge après ce silence, qui avait peut-être dû être pesant pour son date. Il n’était vraiment pas bon pour faire la conversation, surtout quand son esprit lui faisait mal.

Merci… Pour tout à l’heure.

Les yeux d’Elijah qui s’étaient relevés vers son interlocuteur, finirent par fixer la porte de sortie du pub. Il continua plus doucement, se frottant le front.

J’ai des soucis… Avec… La mort, je pense. J’ai vécu… J’étais à l’AH expo.

Rien que le mot lui donnait un goût amer dans la bouche, un goût de fer dégoûtant. Une douleur dans le bras. Elijah avait survécu, à peu près, apparemment. Ses yeux revinrent vers ceux de Benjamin pour capter son expression. Il se mordit la lèvre, se rendant compte qu’il s’agissait d’un sujet très sombre, surement pas adapté à un premier date, mais il était fatigué de faire semblant. Benjamin ne s’était pas moqué ni rien, et au point où ils en étaient… Evidemment il ne lui demandait pas de faire le psychologue, ou d’en parler, mais il voulait s’expliquer. Se justifier d’être si… useless.

Sortir est devenu compliqué depuis. On m’a inscrit sur un site de rencontre pour me forcer à faire des rencontres, ça fait longtemps que je suis pas sorti de mon quartier, ou été dans un endroit aussi… Rempli.

Elijah fixa nerveusement le reste du monde, avant de reposer ses yeux dans son assiette, finissant ses frites. L'homme s'était bien retenu d'expliquer que Benjamin avait conversé avec un robot, puisqu'il ne semblait pas les porter dans son cœur. Il releva les yeux vers les cheveux roux de Benjamin, avant de sourire gêné.

Je suppose que c’est pas vraiment comme ça qu’un date est censé se passer dans le vrai monde. Désolé.

Reprendre l’expression de Benjamin de tout à l’heure n’était peut-être pas la meilleure chose, puisque l’homme ne se permettrait jamais de comparer son expérience à celle d’être soldat. Mais elle semblait… Fit. Il avait si honte d’être la personne qu’il était devenu. En y regardant d’un autre œil, Elijah était une personne qui restait tout le temps chez lui, sauf rares occasions pour aller au travail quand c’était absolument nécessaire, qui se faisait entretenir par Katia, comme un enfant avec une mère. Il n’avait rien d’attirant dans sa vie, à part ce statut d’ingénieur, qui résumait finalement toute son apparence extérieure, sans jamais percer sa coquille.

Au fond, c’était un gamin traumatisé en manque de liens humains qui n’osait pas regarder ses démons en face. Qui les enterrait, essayait de les noyer, ou qui fuyait dehors quand ils l’étouffaient. Qui récupérait des Androïdes pour mieux les sauver, parce qu’il n’avait pas pu sauver qui que ce soit à l’exposition. La culpabilité de ne pas être mort à leur place, de toujours marcher, d’exister, alors que certains avaient peut-être été déjà oublié. Elijah était fatigué de ce poids si lourd, et c’était aussi peut-être la raison pour laquelle il s’était lancé ce soir-là, grâce à Katia. Il tritura son verre de sa main toujours humaine, le regardant quelques secondes avant de relever ses yeux vers Benjamin.

Mais je veux changer. Tu voudras un dessert ?

Il voulait le laisser s’en aller et vivre plus léger, libre.



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Dernière édition par Elijah Roussel le Jeu 4 Jan - 21:02, édité 1 fois
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Le silence aurait probablement rendu pas mal de filles complètement folles. Je suis sorti avec des filles, je sais ce que c’est : il y a toujours un malaise qui s’installe dans le silence. En tout cas, c’est mon expérience avec elles. Mais pour moi, une pause de dialogue veut en dire aussi long que le dialogue en lui-même. C’est clair que j’ai une grande gueule et que je remplis souvent les silences juste par ma présence (en tout cas c’est ce qu’on m’a dit) mais je sais respecter quand quelqu’un a besoin de cette petite pause comme pour réfléchir ou… non, ça serait plus exact de dire ‘pour souffler’. Je pense pas que je sois épuisant, mais au final, une conversation c’est ben rare que ça se passe juste avec une personne.

Alors quand Elijah devient silencieux et qu’il décide qu’il est temps de finir son assiette, eh bien, je le laisse faire. C’est surprenant de voir à quel point, il mange, vu sa taille. Je m’attendais à ce qu’il laisse presque la moitié du burger et pas mal de frites. Comme quoi, les apparences sont trompeuses. De mon côté, je suis égal à moi-même : le poisson, c’est de l’histoire ancienne; les frites, gone baby gone, il reste donc… la salade. J’ai rien contre la salade, loin de là, mais ça fait pas mal fin de repas. Alors pendant qu’il finit ses frites, je me bats avec la rebelle laitue et j’engloutis les derniers radis. Mon assiette maintenant vide semble me dévisager avec mépris, mais… j’ai encore faim.

Quand il parle à nouveau, je suis en train de contempler la carte de dessert avec appétit… tarte aux pommes, brownies, pouding chômeur… tant de choix… et tant de calories! Quand il se râcle la gorge, je relève la tête, le petit menu dans les mains et je le regarde comme un enfant pris au piège. Je lui rends un petit sourire espiègle. C’est… pas vraiment ce à quoi je m’attendais je dois dire. Probablement que mon air déconcerté est pas mal évident, mais j’ai jamais été trop bon pour cacher mes émotions.

« Oh? Eh ben… c’est rien. Je serais ben mal placé pour te faire de l’attitude pour ça, mettons… » Pas besoin de rentrer dans les détails.

Je l’écoute. Je suis pas pour l’interrompre, non plus. J’ai entendu parler de ce qui s’est passé à l’Expo. J’étais pas dans le coin à ce moment-là. Une chance. Déjà je serais pas allé dans une expo d’androïdes mais même à ça j’aurais dû résister (très difficilement) à la tentation de gueuler ‘JE VOUS L’AVAIS DIT QUE VOS FUCKING LOIS CA MARCHERAIT PAS LONGTEMPS!!!!’ Alors… ouais. Dans le nord, il y a pas grand-chose à voir et les machines c’est pas mal limite.

Reste que je réussis à lui sourire, c’est peut-être un peu forcé mais pas pour les raisons qu’il va s’imaginer. Je sis pas du genre à déballer ma vie. On me l’a souvent demandé et je suis toujours resté discret. Je m’en cache pas, c’est pas ça… j’ai juste que j’ai pas envie d’être vu juste comme les évènements tristes de ma vie. Bref, je lui souris et j’acquiesce. Rester positif. Rester vague.

« Ouais, je peux comprendre. J’ai vu un peu ce qui s’était passé là-bas. Je peux très bien imaginer. » J’hausse les épaules. Il s’imaginera bien ce qu’il veut. « C’est correct d’avoir besoin de temps pour passer par-dessus et d’accepter l’aide. Je vais pas faire d’histoires, tu sais. Bon c’est sûr que si tu pars en courant sans rien dire je risque de trouver ça plate, mais c’est la vie, quoi… pis honnêtement, toutes les dates dans ma vie sont un peu weird. J’ai déjà eu un souper romantique avec rations séchées d’urgence et des flares comme chandelles. C’était pas mal plus bizarre, je t’assure. »

Je pousse le menu de desserts vers lui. Je sais pas s’il demande pour être poli ou s’il en veut vraiment un, mais peu importe, ça m’arrêtera pas. Mon estomac a décidé pour moi. « Yep. Je vais prendre un mille-feuilles. »
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A la suite de sa petite tirade de justification par rapport à sa ce qu’il venait de se passer, Elijah prit en main la carte des desserts pour l’examiner. En réalité il n’avait plus très faim, mais il était aussi atteint de ce que Katia appelait la gourmandise aigue. Les aliments se tasseraient un peu plus… Il espérait. Ses yeux scannèrent la carte des desserts et dieu sait qu’il avait envie d’un brownie. Le chocolat avait toujours pour effet de le réconforter et après toute cette aventure, Elijah en méritait bien un tout de même. Déjà pour être sorti, ce qui n’était pas arrivé depuis un certain temps hors boulot, et ensuite pour avoir réussi à se calmer, et de s’être expliqué avec Benjamin. Il n’avait pas l’air d’avoir été totalement refroidi non plus, bien qu’il avait semblé surpris par la déclaration d’Elijah.

Il en avait déjà entendu parler de l’attaque terroriste, mais cela ne choquait pas Elijah. Tout le monde en parlait encore. Il évitait la télévision, la radio, les informations en général, pour ne pas avoir à écouter ou lire ce genre de choses. A revoir ce qu’il avait vu. Cela s’était calmé ces derniers temps, et l’homme espérait que les médias n’en reparleraient plus jamais mais… Un jour cela fera un an, et ensuite deux ans, et trois ans… Des questions sur qui avait réellement fait l’attaque, sur le pourquoi. Pourquoi. Mais Benjamin comprenait. D’une certaine façon, sans doute à cause de son histoire.

Elijah écouta le reste avec un léger sourire forcé, tout comme son interlocuteur. De toute façon ce n’était pas comme si ni l’un ni l’autre pouvait se permettre de montrer réellement ce que cela leur faisait. Ils étaient en public, ils se connaissaient à peine. Ils étaient tous les deux secrets quelque part, des masques soigneusement placés sur leurs visages, bien que celui d’Elijah s’était fissuré, voire brisé quelques instants. Benjamin le rassura aussi sur le fait que ce date était loin d’être le plus bizarre. L’anecdote sur le rendez-vous perdu au milieu de nulle part avec des rations le fit décrocher un sourire plus sincère.

Benjamin était doué d’un certain rayonnement dont Elijah faisait défaut. Ce n’était certainement pas que lié à la couleur flamboyante de ses cheveux. Une sorte de lumière qu’il avait l’air d’avoir conservé et protégé pendant toutes ces années. Elle était aveuglante un peu, agréable, douloureuse aussi, pour des yeux qui n’étaient plus très habitués à la lumière. Les Androïdes n’apportaient pas cette lumière, artificielle, elle semblait être spécifique aux êtres vivants. En quittant le monde réel, Elijah s’était aussi coupé de toute luminosité. Dans tous les cas cette lumière-là semblait être partante pour un dessert. Elijah afficha un sourire avant de remettre la carte sur la table, il aurait détesté être le seul à manger une gourmandise. C'était toujours plus motivant d'être à deux dans le pêché.

Ahah bon choix ! Ça va être un brownie pour moi, je pense que je l’ai mérité.

Il avait beau être dur avec lui-même de façon générale, Elijah savait quand il se devait de se récompenser. La serveuse de toute à l’heure revint à la table pour la débarrasser, ce qui permit aux deux hommes de prendre leur dernière commande. Elijah était curieux en y repensant, par rapport à ce fameux weird date que Benjamin a pu vivre. Il se versa un peu d’eau dans son verre, avant d’en proposer à l’autre homme, puis adossa son dos contre la chaise, bombant légèrement son torse. Il croisa les bras pour se cacher de la même façon.

Un souper comme ça doit marquer ouais. Mais je ne pense pas que ça me déplairait, tout dépendant de la raison pour laquelle vous vous êtes retrouvé comme cela. Vous deviez être tranquille, perdu au milieu de nulle part…

Avec seulement des flares pour distinguer le visage de l’autre dans la nuit noire. Si ce souper aux rations d'urgence avait été qualifié de romantique, alors sans doute que Benjamin le considérait comme une bonne expérience. En mettant de côté son étrangeté évidemment. Elijah prit son verre d’eau pour se désaltérer un peu. Après quelques temps, la serveuse revint avec leur dessert. L’homme avait soudainement assez de place dans son estomac pour manger le brownie. Magie.



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Je commence à être un peu fatigué de cette position. J’ai l’habitude de rester dans les mêmes positions longtemps, mais j’ai déjà été assiste toute la journée à la bibliothèque… alors la petite chaise de bois me donne l’impression de me gruger le postérieur et mon dos commence à en souffrir. Rien à y faire, je ne suis pas fait pour la vie de savant! Si j’avais vu le temps passer, j’aurais été faire un petit tour au CEPSUM, mais non, comme un champion je me suis laissé absorber par une super lecture sur les ponts! Bref, je me tortille un peu, finalement je me relève un peu pour croiser les jambes sur la chaise et m’asseoir sur celles-ci. Ça me donne l’air un peu plus grand mais, oh well… Je m’étire longuement, souple comme un chat, et j’arque le dos. Ça craque un peu. J’entends dans mes souvenirs ma sœur qui me dit à quel point ça l’écœure… des souvenirs tellement tellement distants.

Quand je suis bien étiré et replacé, je me penche un peu vers l’avant pour prendre une gorgée de bière, la dernière. Je dépose la bouteille sur la table et je souris à la serveuse qui revient nous voir. Elle semble de bonne humeur. J’ai peut-être l’air un peu charmeur, parce qu’elle a ce petit rire de fille embarrassé. C’est mignon. Je pense pas que j’ai fait ça volontairement et j’espère que ça mettra pas Elijah mal à l’aise. Je me retourne donc vers lui et je lui adresse aussi un sourire volontaire.

« Mmmh… je pense pas dire que la bouffe à la base soit la plus… ben mettons qu’il y a pas tant de diversité. Alors je profite de mes sorties pour me bourrer la face! »

On dit que mon rire est contagieux. Reste à voir si ça marche sur cet inconnu. J’ai un simple haussement d’épaule et je pose mes mains sur la table. Je suis un peu surpris qu’il ramène l’histoire de la date. En fait, non je suis pas vraiment surpris… j’ai dit ça pour lui faire penser à autre chose, et ça semble avoir marché. De toute façon, ça ne me dérange pas d’en parler. Si ça me dérangeait vraiment, je n’aurais pas amené la question en partant, non. C’est juste que c’est difficile d’expliquer c’est comment dater dans l’armée. Certains de mes amis ont des femmes qui les attendent à la maison, mais la plupart ont de la misère à trouver leur place dans la société. Comment tu abordes quelqu’un? Mettons que tu as quelques mois de pause et que tu puisses sortir et tout… comment tu rencontres du monde, et qu’est-ce que tu leur dis quand tu dois partir. En plus mon expérience veut que ça soit plus complexe avec les hommes. Ils me font chier ceux qui disent que des filles c’est compliqué… c’est tellement pas vrai. Elles te disent ce qu’elles veulent, faut juste les écouter!

Mais bon, je me perds un peu là, et je me rends compte que ça fait un moment que je suis silencieux. En plus j’ai pas vraiment pensé à la réponse à sa question.

« Euh… mmmh… ben c’est sûr qu’on pourrait le voir comme ça mais notre Jeep est resté en panne dans le milieu de la plaine alors qu’on voulait se rendre au village. On était pas vraiment en danger, à part peut-être pour les ours, alors on a décidé de manger ce qu’on avait pis on a profité du paysage. Ça a pris genre… 6h avant qu’ils nous trouvent et il faisait vraiment pas chaud! C’était pas une mauvaise soirée, je veux dire c’est le genre de truc qui se raconte super bien, mais mettons que ça part pas une relation sur le meilleure pied possible! »

J’hésite un peu. Il a l’air tellement du genre ermite, je pense pas que j’en tirerai grand-chose, mais ça sert à rien d’essayer de faire la conversation tout seul. « Et toi, pas de date bizarre dont tu veux parler? »
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Quand Elijah releva les yeux vers son date il ne put s’empêcher de remarquer son inconfort sur sa chaise. Cela faisait quelques temps qu’ils y étaient et bien qu’Elijah avait dû se lever à un moment, Benjamin n’avait pas bougé. L’homme ne put cependant s’empêcher de le regarder discrètement s’étirer délicatement, étendant son torse tout du long. Ce genre de moment rappelait à Elijah qu’il ne sortait vraiment pas assez, parce que c’était typiquement le genre de choses qui le scotchait sur place.

Il se racla la gorge du coup et rebaissa les yeux sur son verre d’eau. Son dos à lui se courba un peu plus pour cacher sa poitrine, se sentant quelque peu anormal par rapport à son interlocuteur. Il avait choisi de ne pas faire de chirurgie, ne se sentant pas si en désaccord avec cette partie-là de son anatomie, mais parfois, simplement le fait de voir à quel point c’était plat chez les autres et pas chez lui, le rendait un peu triste. Le binder, qu’il ne portait plus tous les jours pour ne pas complètement détruire ses côtes, avait le mérite de lui donner l’impression d’être un peu plus comme Benjamin.

Bon sa poitrine n’était pas non plus excessivement volumineuse, et peut-être qu’avec un peu d’exercice, elle ne se remarquerait plus du tout. Mais Elijah aimait aussi se faire beau dans certains cas, et là il ne pouvait plus rester au top de sa meilleure présentation. Frustration. Et puis, le fait de voir le torse de son date comme ça ne le laissait clairement pas indifférent. Ce qui le ramenait à s’interroger sur le fait qu’il ne sortait définitivement pas assez. Une serveuse approcha pour leur dessert. Elijah se frotta les mains dans l’attente de pouvoir enfin déguster son brownie et observa l’échange entre la serveuse et l’homme.

Il n’était pas très fan de cet échange, quand bien même il ne pouvait rien y faire, et préféra réserver son jugement par rapport à ça. L’homme ne laissa transparaître aucune gêne à la fin. Ils n’étaient définitivement pas ensembles, c’était la première fois qu’ils se voyaient, et surtout, Benjamin semblait être de ce genre de personne qui marchait comme un aimant avec les autres autours. Cela semblait simplement inévitable. Et qui en avait quelque chose à faire réellement ? A présent Elijah avait un superbe brownie qu’il pouvait manger, rempli de coulis au chocolat et même une petite boule de glace à la vanille. Parfait.

C’est donc tranquillement qu’il planta sa cuillère pour commencer à déguster son dessert, adoucissant un peu toutes les réserves et l’amertume de tout ce qui avait pu se passer cette soirée-là. Il adressa un sourire à Benjamin quand il lui raconta qu’il profitait de ses sorties. Ils étaient tous les deux ici pour bien manger, parce que tous les deux ne mangeaient pas quelque chose d’aussi gras bon tous les jours. Elijah n’alla pas jusqu’au rire, mais cela allégea ses pensées de toute à l’heure, avant de se concentrer sur le reste de son brownie. La question de comment s’était passé son date à l’armée restait suspendue et l’homme commença à se demander s’il ne s’agissait pas d’une question un peu déplacée.

Mais finalement non. Cela devait être assez paisible de passer six heures dans la nature tout de même. Peut-être qu’Elijah devrait se mettre au camping, cela lui permettrait de sortir. Mais pas sans Katia, sinon c’est tout de même agaçant de faire tout soi-même. En rentrant ce serait peut-être intéressant de lui chercher des programmes par rapport à cela… La soudaine question de Benjamin le ramena des années en arrière, lors de son adolescence, avec Océanne. Ce n’avait pas vraiment été un date et il ne pouvait pas expliqué la weirdness de ce qu’il s’était passé sans évoquer le fait qu’il n’était pas né homme. Bien que cela devait se voir en ce moment.

Ah si, il y avait un évènement, qu’on pouvait qualifier de date qui s’était retrouvé à être complétement étrange. Elijah se mit à sourire un peu plus en se rappelant de ce qu’il s’était passé et fixa Benjamin, délaissant un peu son super brownie, et s’essuyant les lèvres avec sa serviette. Il n’était plus en contact avec la fille en question, mais il gardait ce souvenir précieusement.

« Eh bien, ce n’était pas vraiment censé être "my" date à la base mais. J’étais encore dans les études et une amie m’avait demandé de prévoir un rendez-vous avec l’un des étudiants de ma classe. Elle était beauuucoup trop gênée pour y aller seule avec lui, alors du coup j’ai dit que j’allais l’accompagner. Donc j’ai demandé au type de venir… En disant qu’on serait trois. Je me suis pointé à l’heure du rendez-vous, dans le bar, avec le type. »

Elijah se mit à perdre un peu sa contenance, c’était vraiment weird comme moment.

« On a bien passé deux ou trois heures à se regarder dans le blanc des yeux. Le type me demandait une fois de temps en temps quand mon amie arriverait. Et je tentais désespérément de gagner du temps de mon côté en lui payant des verres et en discutant, mais on avait absolument rien en commun. J’ai jeté mes économies du mois sur cette nuit ! »

Il se mit à rire légèrement, puis mangea un bout de son brownie avant de continuer, le ton plus léger.

« Hm ! Le lendemain je suis allé voir mon amie en lui demandant what the fuck, elle m’a répondu qu’elle était arrivée, qu’elle était vraiment venue… Mais qu’elle s’était dégonflée et repartie. Le type m’a évité jusqu’à ce qu’on ait notre diplôme, je te promets que si on se retrouvait aux toilettes ensemble il finissait très rapidement son business et partait direct. C’était amusant ! Mais à part ça, pas de date étranges non. »

Pas grand-chose du tout en fait. Mais ça il se garderait bien de l’évoquer. Elijah finit petit à petit son brownie, le chocolat sur son palais lui faisait vraiment très plaisir, comme il n’avait pas l’occasion d’en manger beaucoup.



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