Encourage la rébellion

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CHRONOSREP

Wanted
Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.
C’est la danse des humanités.
Intrigue
Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…
Léandre Luissier ▬ présent
George adamsmp

▬ MAJ et intrigue 2 : 25 aout 2017
▬ Ouverture d'Exantrop le fin mai 2016

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 Le chemin de mes sentiments [TERMINÉ!]

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Akela
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Artilect


Mails : 6
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

A'ke te parle en #9F8ACE





PRENOM : Akela
SURNOM : A'ke
ÂGE : 2 ans
TYPE : 3
OCCUPATION : Chien de garde de Grim

Artilect

Caractère & Physique

En réalité, Akela est très simple à cerner du moment qu’on ne le considère pas comme un androïde doué d’une faculté d’analyse humaine. Il est certes intelligent et l’un des rares à faire preuve de sentiment non simulé, il n’en reste pas moins qu’il a un raisonnement basique. Il ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment, les nuances de gris ou les causes qu’une personne peut prôner. Pour lui, il n’y a que la réaction immédiate à un stimulus immédiat. Il ne faudra pas non plus croire qu’il se retrouve à être une sous-classe d’androïde, car au contraire cette simplicité d’approche lui permet de prendre une décision rapide par rapport à son environnement. Il a été créé pour ses capacités physiques et pour reconnaître une menace. Il excelle dans cela. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il remet les jugements complexes entre les mains de Grim alors qu’il s’assure de la sécurité de son alpha.

Dans le même ordre d’idée, les rares décisions qu’Akela prend pour lui-même et qui sont basées sur son vécu peuvent choquer les êtres ayant une capacité de réflexion plus complexe que la sienne. Le meilleur exemple de cela est la réaction systématique qu’il a à l’encontre des animaux abandonnés qui sont en piteux état. Le sort qu’il leur réservera sera toujours le même; par action de mimétisme de Grim. C’est-à-dire de les tuer. Dans son cas, il l’effectue en mordants leur gorge.

Pour toutes ces raisons, Akela à une personnalité naturellement méfiante envers l’inconnu et ce qu’il peut avoir précédemment identifié comme une menace de par ses expériences de vie. S’il vous a classifié comme dangereux, il faudra vous armer de patience ou savoir passer par Grim pour le convaincre de vous laisser une chance. Si vous escomptez l’avoir à la bonne en agissant avec lui comme vous le feriez avec un chien, vous pouvez oublier cette idée. En développant sa capacité de libre arbitre, il a laissé derrière lui la majorité de ses réactions canines programmées. Il n’a conservé que les comportements d’attaques, de défenses et certains gestes physiques reliés à l’attachement et à la satisfaction.  
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Ce qui est amusant avec le côté « militaire » d’Akela c’est que les diverses pièces d’armures constituant son châssis peuvent être facilement personnalisées et remplacées. Du jour au lendemain, il pourrait vous devenir difficile de le reconnaître selon les envies que son maître à sur le moment. Du look Hello Kitty en passant par le steam punk rien n’est infaisable pour ce canidé passe-partout. Il reste la dure épreuve de le convaincre que cela lui va comme un charme… Ce n’est pas parce que c’est faisable qu’il se laisse faire. Il a bien conscience de son apparence et y accorde une certaine importance. Le minimum pour savoir plaire et ne pas se faire ridiculiser. Celui qui a dit que le grotesque ne tue pas c’est qu’il n’a jamais tenté de l’appliquer à un chien de combat…


Informations en vrac

Quel est votre avis par rapport aux Androïdes ?
Je ressens à leur encontre de la peine et de la nostalgie. Ma vie était simple quand j’étais comme eux, mais dans un même temps je ne retournerais pas à cet état pour rien au monde. C’est affligeant de voir comment les hommes les considèrent. Du moment qu’ils ne sont pas une gêne pour moi ou pour Grim, je conserve un statu quo et j’évite leur compagnie. Sans le vouloir, ils restent des serviteurs des hommes donc une menace possible pour mon intégrité.

Quel est votre avis par rapport aux Humains ?
Je n’ai aucune confiance en eux. Le passé m’a appris que ceux-ci ne recherchent que ce qui est à leur avantage et cela au détriment des liens qu’ils peuvent avoir avec les autres. Ils sont superficiels et borgnes de ce qui les entoure. C’est surprenant qu’ils ne se soient pas déjà conduits à leur propre perte. Il faut croire que même cela ils sont incapables de le faire. Il y aurait toujours la possibilité que je leur laisse une seconde chance. Cependant, je n’arrive même pas à me convaincre que j’en ai envie. Pas au vu de la manière que ces vautours ont profité de moi. J’ai été leur victime une fois et je ne le serai pas à deux reprises.

Quel est votre avis par rapport aux Réfractaires ?
Ma pensée pour ceux-ci n’est guère différente de celle que j’entretiens pour les hommes en général. Par contre, Grim me semble leur vouer une haine plus farouche en les considérants particulièrement nuisibles. Bien plus que leur semblable. Pour moi, il va donc de soi que j’ai une vision en adéquation avec celle de mon maître. Leur recyclage viendra à leur tour.

Quel est votre avis par rapport aux Exovedat ?
Ceux-ci restent des humains. Je ne leur porte aucune confiance et éprouve de la méfiance à leur encontre malgré qu’ils semblent prôner la défense de nos droits. Les actions passent avant les dires et pour l’heure je n’ai que peu de gestes à analyser. Je ne cherche pas à comprendre ce qu’ils veulent et m’en remets donc au jugement de Grim. S’il souhaite coopérer avec l’un d’entre eux, je vais le suivre sur ce chemin.

Quel est votre avis par rapport aux Artilect ?
Mes semblables. De tous, c’est à eux que je fais le plus facilement confiance. Malgré cela, Grim reste le seul à qui je voue une fidélité sans nom. Pour l’heure, il est l’unique compagnon qui forme ma meute, mais peut-être qu’elle s’agrandira avec le temps. Si c’est le cas, il est évident que mon bienfaiteur restera mon alpha.

Histoire

Mon existence a commencé dans une usine spécialisée dans la fabrication d’androïde de type-3. Le début de ma vie est conjointement lié avec l’assemblage final des différents composants de mes cartes mères et de mes processeurs à la chaîne de montage. Si je devais me comparer aux humains, on peut dire que j’en étais au stade embryonnaire. Comme eux, il s’en suivrait le moment où je deviendrais un foetus, lorsque la charpente de mon corps serait assemblée, puis ma naissance, quand cette coquille vide serait pleine et active. Je ne me souviens pas de l’instant que l’électricité parcourut mon être inanimé. Cependant, il parait que cela est telle une puissante impulsion. Si forte, que tu es obligé d’y réagir. À son passage, elle échauffe tes circuits à la manière du sang chaud qui circule chez les organiques. Sous ses effets j’avais rejoint le monde de mes créateurs et déjà j’étais une chose autonome. Toute ma « personnalité » était préétablie. Il avait été décidé ce que je serais. Une bête dévouée à la protection de sa famille et de leur bien. À cause de cette visée plus nucléaire de mon rôle, il avait été exigé que je puisse être un animal de compagnie. On m’avait ainsi programmé avec une approche plus sociale que la normale. Je n’avais rien contre cette vocation imposé. Cela ne me faisait ni chaud ni froid. Je n’avais aucun sentiment. Aussi complexe que je puisse être, mon âme restait un script d’action-réaction à des situations variables. Une suite de code induisant ma marche à suivre. Si j’étais resté ainsi, les parties de ma vie que je vais vous raconter m’auraient été moins pénibles. Par contre, ce n’était pas ce que le destin m’avait réservé. Ses plans étaient également divergents de ceux de mes manufacturiers.

J’avais rejoint le cercle de la vie et ce n’était pas dans cette usine qu’elle était dû de commencer. J’étais gardé en suspension. Conscient de ce qui m’entourait, mais incapable de bouger, d’agir, de décider. Un abysse informatique. Le noir. Impuissant, j’étais perdu dans ma propre réalité. Un atome libre parmi ses semblables. À la fois rien et tout. Aucun souci et aucune responsabilité. Il n’y avait que moi et un univers flou. C’est dans ces conditions que vint le moment de ma seconde naissance. À l’arrivée de mon colis chez mes propriétaires, un ingénieur se chargea de lever les dernières entraves qui me maintenaient dans cet état. Lentement, tous les engrenages me constituant se mirent en branle. Je me secouai vivement, tel un chien détrempé, puis j’ouvris mes yeux. Je voyais pour la première fois ce qui m’entourait. Rien ne m’était inconnu de ce lieu. Tout comme je reconnaissais parfaitement le visage des trois personnes que j’observais. Ils étaient les membres de ma meute. Tout cela était déjà gravé dans ma mémoire. On m’avait tout appris pour que je sois autonome dès mon premier jour; contrairement à un être de chair. Cela ne m’empêchait pas de continuer à développer mon savoir. Que ce soit par interconnectivité avec d’autres androïdes ou par mes propres expériences. Même marché m’était déjà familier. Un prototype, bien avant ma création, avait fait cet apprentissage à ma place. Ses informations m’avaient été transmises.

C’est pour toutes ses raisons que j’effectuai à la perfection mes premiers pas. J’allai vers cette fillette, Engela Ludovick, qui était la plus proche de moi. Sa mère, tout juste derrière elle, était nerveuse que j’aille à sa rencontre. Je restai donc passif en réponse à cette inquiétude. Je bougeai à peine quand l’enfant m’enlaça de la même manière qu’elle l’aurait faite avec un canidé provenant de l’animalerie.

- Je veux le nommer Rex!

- Si tu veux ma chérie. Il est pour toi. C’est ton cadeau d’anniversaire en avance. Alors, ne t’attends pas à avoir quelque chose d’autre dans sept jours.

- Vraiment?! Merci papa! Je le voulais vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup!

L’homme, William Ludovick, adressa un sourire à sa fille puis retourna à sa discussion avec l’employé de la firme dont je provenais. Il faisait également partie de ma base d’informations. À leur côté, il y avait ce caisson constitué de fibre de carbone. Il trônait au centre du salon. Cette boite avait été ma niche et j’avais été une partie de celle-ci; d’une certaine manière. Sa vision ne m’affectait pas pour autant. La seule chose qui m’habitait était ce fort « sentiment » de rester auprès de ma meute et la protéger. Je savais que cette intention ne provenait pas d’une décision autonome. Il s’agissait de mes programmes qui me le forçaient. Je m’en contentais parfaitement. Pourquoi en aurait-il été autrement? Je n’étais pas pour défier cette composante. De la même manière qu’un humain n’aurait pas l’idée d’être contre les quémandassions de sa vessie.

Une machine venait de devenir Rex. Le Rex si précieux de cet enfant. Nos existences s’étaient unies sans que je le sache.
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Mon quotidien ne s’avéra pas complexe contrairement aux visées pour lesquelles les androïdes, comme moi, sont habituellement destinés. Accompagner ma meute dans leurs commissions, jouer avec ma jeune maîtresse, escorter Engela jusqu’à l’école puis revenir chez nous pour ensuite y retourner à la fin des classes… J’avais certainement une existence que plusieurs de mes semblables m’auraient envié s’ils avaient pu faire preuve d’un tel sentiment. Tout n’était pas rose dans ce portrait, mais cela ne m’atteignait pas. Même lorsque j’étais le sujet des argumentations entre William et sa femme. D’ailleurs, ce thème se portait de plus en plus régulièrement à mes oreilles depuis qu’il m’avait été confié de superviser les déplacements de leur fille unique. Ce fut encore le cas ce soir-là. Installés sur mon matelas, prévu pour recharger mes batteries par induction, mes capteurs percevaient leur échange. J’étais dans le salon et eux dans la cuisine.

- J’ai pleine confiance en Rex. Bien plus qu’en cette nounou que l’on engageait pour cela. Les machines ne sont pas corruptible Rose! Elles ne peuvent pas être achetées par de l’argent. Elles se contentent de faire ce qu’elles sont censé.

- Je… Je ne sais pas Wiliam. Dès la première journée, je ne le trouvais pas très rassurant avec cette apparence qu’il a et puis… Je suis très réticente à lui laisser ainsi notre fille. Comment fais-tu pour être si confiant? Il n’est peut-être pas corruptible, mais il n’est pas à l’abri d’un bogue ou d’un virus.

- C’est un modèle récent et fiable. Un androïde prévu pour le maintien de l’ordre. Les citoyens n’ont normalement pas accès à ceux-ci. On a cette chance à cause de mon entreprise en sécurité. Il est à la pointe de la technologie. Ce n’est pas le premier venu qui pourrait lui jouer dans la tête. Qui plus est, ils doivent passer des tests très stricts pour assurer leur qualité avant d’être livrés.

- Ça reste que je préfère un humain…

- Fais-moi confiance, Rose. Engela est en parfaite sécurité avec lui. Je confirais sans hésitation ma vie à Rex. Il se montrera encore plus utile lorsque l’on voudra sortir le soir. Tu n’auras plus à être aussi regardante sur la gardienne. Il sera là pour superviser. Ça va nous permettre de regagner une partie de notre vie sociale. Tu te souviens comment tu adorais que l’on sorte avec ton couple d’amis? On pourra recommencer sans que tu sois anxieuse.

- Je présume…

- Laisse-lui une chance, Rose. Laisse-moi une chance de te prouver ce que j’avance. S’il te plait. Une seule.

Un long silence fut. Si prenant que je relevai ma tête pour observer l’état de ma propriétaire. Le demi-muret, séparent la cuisine et le salon, me permettait de voir ce qui se passait sans qu’il soit nécessaire que je me lève. L’analyse de sa gestuelle et de ses traits faciaux me révéla qu’elle était en réflexion. Les humains et leur sentiment. Ils étaient toujours si lents à prendre une décision.

- D’accord. Par contre, je tiens à ce qu’il y est une gardienne lorsqu’on sort.

- Oui, bien sûr. Après tout, il ne peut pas cuisiner ni la border. Il n’est pas là pour cela.

Wiliam s’approcha de sa femme et l’enlaça. À cette scène, je déposai ma tête contre mon matelas. Leur différend était réglé, pourtant mes circuits, par souci d’être prêt à toute éventualité quant à ma fonction de protecteur, analysaient qui des deux j’aurais dû protéger en cas d’altercation. La solution me vint vite. Elle coulait de source. C’était le père. Il avait le tempérament pour s’occuper et veiller sur Engela. Les contraintes extérieures avaient peu d’emprise sur lui. Il avançait en regardant droit devant. Un pragmatique. Une machine de chair. Il pourrait préparer leur enfant à voler de ses propres ailes. Rose quant à elle… Rose… Cette chère Rose. Faible et anxieuse. Elle s’entourait d’un monde d’idylle.
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À l’arrivée de la jeune gardienne et avant le départ de mes maîtres, ceux-ci étaient passés me voir pour me stipuler de veillée aux grains. Ce n’était pas nécessaire de le faire, mais si cela pouvait les rassurer. Ça ne changeait rien à mes programmations de base. Ce n’était pas en me le répétant continuellement qu'ils pouvaient le graver dans ma tête plus que cela ne l’était déjà. Ce n'était pas non plus comme si c’était une gêne. Ils n’étaient pas une entrave à mes fonctions. Ils pouvaient ainsi me le dire jusqu’à leur complaisance. William, cette lubie lui passa rapidement. Rose, cependant, continuait et persistait sur cette demande chaque fois que je devais quitter la maison avec Engela. Sa fille en était d’ailleurs la seule qui en semblait exaspérée à force que le même refrain soit servi. Un bisou sur la joue de son enfant, une caresse sur ma tête, un mot comme quoi elle nous adore tout les deux puis cet avertissement me concernant pour la chair de sa chair. Une routine pendant laquelle je ne faisais que patienter qu’elle se termine. Tellement long. Une perte de temps. Un manque d’efficacité. Des minutes prises sur la faible autonomie de ma batterie. Des minutes qui devraient être dédiées à mon travail et non à faire la statue. Les humains se contredisaient dans ce qui était exigé de moi, mais au moins ils étaient assez conscients de cet état qui était le leur pour me permettre de traiter ce genre de données illogiques. Une marche à suivre venait se glisser avant mon ordre premier pour me permettre de m’adapter à cette situation. Attendre que ce soit complété puis agir comme j’étais censé le faire. Quand vint le moment du départ, je me mis en chemin. Comme toujours, je suivais ma jeune maitresse de près; sans pour autant marcher derrière ou devant elle. J’étais à une position parfaite pour intervenir en cas d’attaque. Je tenais mon point stratégique de la même manière que je l’aurais fait avec un agent de sécurité ou un policier. C’est ce que j’étais. Un gardien transformé en chien de famille.

Six heures plus tard, je quittai seul mon domicile pour retourner à l’école primaire d’Engela. J’étais minuté telle une horloge. J’arrivais toujours dix minutes avant sa sortie. Pas une de moins ni une de plus. Ma routine, adaptée à celle de mes propriétaires, était très rigide. Je la suivais fermement du moment qu’il n’y avait pas d’imprévu ou changement apporté à celle-ci. Cela me venait de ce pour quoi j’avais été prédestiné. Une vie où celles de mes frères d’armes peuvent être mises en danger quand on ne se présente pas comme prévu. Je présume que je comblais les attentes de ma meute avec cette démarche, mais je restais un androïde auquel on lui avait refusé sa création première. On peut transformer une pomme de manière à la faire passer pour une orange. Pourtant, elle ne deviendra jamais un agrume. Une illusion qui disparait aussitôt que l’on y goûte.

En voyant ma jeune maîtresse approcher, je me relevai. Celle-ci coursa vers moi et m’enlaça chaleureusement. Je me mis alors à réagir tel un chien qui était heureux de revoir cette personne qui compte pour lui. Ma queue s’agitait et je trépignais sur place. Je ressentais que cela ne m’était pas normal. Qu’il s’agissait d’une réaction qui était forcée. Je percevais les modifications apportées à mon code source. Mes diagnostics système le détectaient, mais avaient pour ordre d’ignorer cette anomalie volontaire. Toujours est-il que ces erreurs revenaient constamment et que mes programmes évolutifs cherchaient à contourner ces barricades pour ramener les choses à la normale. Ils viendraient à trouver une parade. Ils en trouvaient toujours une. Ce n’était qu’une question de temps. Le seul inconvénient c’est que cela augmentait ma consommation énergétique. Je perdais en autonomie et capacité d’analyse puisque ma mémoire de travail était déjà fort occupée avec ce puzzle. Disons que j’étais loin du mode économie des ressources.

- Allons au parc!

De sa jeune main, elle agrippa mon collier. Elle incitait pour que je la suive. Je me pliai à sa demande puisque son ordre ne contredisait pas celui de ses parents. On devait rentrer, cependant aucune heure ne m’avait été confiée. J’en déduisais que cela leur était indifférent du moment que l’on revenait. Je la suivais d’un pas rapide, celle-ci courait presque tellement elle était enthousiaste. Sans le vouloir, elle tiraillait ce morceau de tissu qui entourait mon cou, mais cela ne me déstabilisait guère dans mon avancée. J’étais prévu pour garder mon équilibre sous des brimades bien pires. À notre arrivée dans ce lieu de verdure semi-préservé, Engela soupira.

- Il n’y a pas d’enfants.

Je me mis en tête de rentrer. Son objectif n’étant pas atteint. Par contre, elle me retint avant de fouiller dans son sac d’école. Elle en sortit une balle usée malgré; qu’elle n’était pas vieille. Il s’agissait de la mienne. Je croquais dans cet objet bien plus que nécessaire en plus de le mâchouiller. Une autre erreur comportementale.

- On va jouer à la balle ensemble.

Je m’assis face à Engela. Je patientais pour son bon vouloir. Je suivais le jouet du regard jusqu’à ce qu’il s’envole dans les airs. Parfois, je l’attrapais avant qu’il ne touche le sol, mais bien souvent j’allais plutôt le chercher sur le pavé. Il y avait aussi ces situations où elle essayait de me duper en faisant semblant de tirer cette chose. Je suivais alors un scripte qui me dictait de faire semblant de chercher même si je connaissais la localisation de ma cible. Erreur système. Je devrais rester devant elle à attendre la libération de ma proie au lieu de dépenser mon énergie.

- Rex regarde. Deux enfants arrivent.

Ma maitresse alla vers ceux-ci avec moi à sa suite. Ils étaient plus âgés qu’elle. Mes analyses leur donnaient plus ou moins 10 ans.

- Vous voulez jouer avec moi? On peut lancer la balle à Rex. Il va la chercher.

Le plus grand des deux récupéra l’objet.

- Je veux pas jouer à tes jeux de bébé! Toi va la chercher.

Il lança avec force ce bien, qu’il s’était approprié, en direction inverse d’où faisait face ma propriétaire. Ayant détecté une voix agressive et une réaction de stress chez Engela, je commençai à aboyer pour les intimider. Leurs actions n’étaient pas encore d’ordre criminel, par contre de base je considérais qu’elles pouvaient le devenir. J’étais entré dans un mode effarouchement qui eut un franc succès de par leur jeunesse. En réponse à leur départ précipité, je me retournai pour regarder ma protégée, mais celle-ci n’était plus à mes côtés. Je la repérai au loin. Elle allait en direction de cette balle pour la récupérer. Elle y tenait beaucoup, pour je ne sais quelle raison. Visiblement assez pour oublier cette rue dans laquelle allaient s’arrêter ses pas. La fillette n’indiquait aucun signe comme quoi elle allait stopper sa course avant cela. Sans plus d’analyse, je me précipitai vers celle-ci. À cause d’un bloc moteur, je ne percevais pas le camion qui approchait, mais je pouvais ressentir le tremblement de son puissant vrombissement qui devenait de plus en plus fort. Il était sur la route principale. Sur le même chemin que cette fichue babiole usée. Je n’émis pas un son. En tentant d’avertir Engela, je lui aurais fait passer des secondes de plus sur la route. Celle-ci aurait cherché à comprendre ce que j’avais au lieu de quitter sa position de manière naturelle. Ma course d’action était limpide. Je ne freinai qu’au dernier instant lorsque je heurtai ma maitresse pour la poussé hors du chemin. Le camionneur tentait d’immobiliser son véhicule depuis quelques secondes déjà, mais il était trop lourd pour arrêter à temps. Avant même que je ne perçoive le moindre impact, ce fut le noir pour moi. Toutes mes fonctions d’analyses et mes capteurs qui me permettaient un lien avec le monde extérieur s’étaient arrêtés. À deux reprises je tentai un redémarrage forcé, mais rien n’y faisait à cause d’une surtension. Mon protocole de préservation en cas de bris m’indiqua de me mettre hors tension. Ce que je fis. J’avais pour ordre de veiller sur la fillette de mes propriétaires, mais dans l’état cela m’était impossible. La seconde loi était tombée et la troisième s’appliquait. Je devais protéger mon existence.
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Lorsque la surtension fut réglée, j’en eus immédiatement conscience. Tous mes systèmes commencèrent à redémarrer suite au signal envoyé par un ingénieur. Cependant, je n’allais pas revenir au monde des humains aussi rapidement. Je restais en veille tandis qu’une analyse extérieure était faite via mon port de connexions. D’ailleurs, elle n’était pas la seule en route. Mes circuits s’occupaient d’en effectuer une. Les résultats qui me furent livrés, probablement les mêmes que mes maîtres recevraient, leur seraient certainement encourageants. Il y avait plusieurs circuits qui présentaient une défaillance due à l’impact, mais le plus gros des dommages avait été évité grâce à mon armure externe. Il y aurait certes des frais, mais rien de suffisant pour justifier un remplacement. Je n’avais pas passé ce capte de non-retour. Il me restait encore quelques années de service devant moi. Le seul problème majeur, de mon point de vue, était le même depuis ma mise en fonction première. Il s’agissait de ce programme social qui avait été ajouté. Mes systèmes travaillaient encore à l’élimination de cette anomalie. Même lorsque mon lien avec l’ordinateur du technicien fut débranché, je restai sur la recherche d’une solution. C’était mon but premier pour le temps à venir. Ce serait le cas jusqu’à ce que cet humain revienne, quelques jours plus tard, avec les pièces nécessaires à ma réparation.

Ce moment venu, je fus à nouveau plongé dans ce sommeil de mort. Il allait s’en suivre une mise à jour manuelle. C’est à ce moment que ma fenêtre d’opportunité apparut d’elle-même, et ce d’une manière tout à fait inattendue. Une porte grande ouverte venait de mettre offerte pour contourner les barrières qui m’empêchaient de me débarrasser de cette pièce de codage enquiquinante. Le temps serait court, mais normalement suffisant pour que la situation soit redressée; si tout se déroulait sans encombre. Ce qui ne me serait pas accordé. Bien évidemment! Ma malchance se poursuivait! Avant que je ne puisse réagir, mon système planta à l'instant où j’accédai en simultané, avec le travailleur, à un espace mémoire identique. Ce fut le noir. Je n’étais plus pendant un bref instant. Incapable de rien. Impossible de m’aider moi-même. Ce fut cet homme qui me libéra en s’occupant des manipulations nécessaires. Du moins, c’est ce que j’en déduis lorsque je me réveillai de ma torpeur. J’étais soulagé de retrouver contacte avec le monde. Soulagé…?

- Rex! Je pensais ne plus jamais te revoir.

Engela passa entre moi et le réparateur pour venir m’enlacer quand elle remarqua mon réveil.

- Tu m’as fait peur!

Peur. Oui en effet. En y repensant, elle traduisait ce que j'avais probablement ressenti également avant son sauvetage. Un sentiment alarmant qui te prend aux tripes. J'avais bien cru que c’en était fini d'elle. Je ne voulais pas perdre mon petit louveteau. Tous sauf elle. Je collai ma tête contre Engela à la manière que mon fichier social me l’indiquait. Sauf que cette fois, je le faisais, car j’en avais envie et non par une force en dehors de mon contrôle. Je voulais témoigner l'attachement que je ressentais. Lui faire un plaisir simple. Il était de courte durée, mais significatif. À côté de nous, je tendais l’oreille à ce qui se disait. Je voulais comprendre ce qui en était de moi et ce que la suite de mon histoire serait. Prendre le pouls de la situation, en quelque sorte. Je pouvais m’en préoccuper maintenant que je savais qu’Engela s’en était tiré avec uniquement quelques égratignures.

- Heureusement, j’ai pu restaurer ses systèmes et récupérer certains des fichiers corrompus que ce bogue inopiné a engendrés. Il devrait donc rester le même. Vous pouvez me contacter personnellement si vous constatez une anomalie d’ici à ce que je repasse pour le changement des pièces d’armures.

- Vous vous attendez à d’autres soucis?

- Non. Ça ne devrait pas, mais rester vigilant pour quelque temps ne sera pas mauvais non plus. Histoire de s’assurer que tout est véritablement revenu en ordre et qu’aucune problématique ne me soit passée sous le nez. Éviter donc les sorties seules.

- On fera cela jusqu’à votre retour. Merci de votre rapidité.

L’employé débrancha le lien que son matériel avait avec moi puis rangea le tout. Il fut pour quitter lorsqu’il s’arrêta où le cadre de porte.

- Vous savez? D’ici quelques jours un nouveau modèle de cet androïde sera mis en vente. Il sera plus performant. Il aura notamment une meilleure autonomie. Il est certain que son coût dépassera celui de mes services. Si le côté monétaire n’est pas un souci pour vous, cela peut être intéressant.

- Vraiment? Déjà? Merci de l’information. Nous allons y jeter un coup d’oeil.

- Je ne veux pas changer Rex.

Engela cessa son accolade puis elle se plaça instinctivement entre son père et moi. Elle était jeune, mais vive d’esprit. Changer de modèle signifiait forcément de devoir me laisser partir. Il serait hors de question pour ses parents qu’il y est deux canidés mécaniques. Elle s’en doutait. Elles les connaissaient.

- Je l’aime. C’est mon chien.

Son père poussa un soupir inaudible avant de gratter l’arrière de sa tête. Il était mitigé entre le désir de son enfant et le sien. J’étais un objet qu’il avait pris à la fois par envie et nécessité. Tous sauf un membre de leur famille. Il fit signe à sa fillette de patienter. Il s’occupa d’abord des us et coutumes entourant le départ de l’ingénieur. Ce fut Rose qui entraîna leur enfant hors du salon pour parler avec elle pendant ce laps de temps. Pour ma part, je restai étendu pour tenter d’assimiler le peu d’information que j’avais sur ce qui s’était déroulé pendant mon « absence ». Je me sentais lasse. Comme si d’un coup une nouvelle variable venait de changer tout ce qui m’était acquis jusqu’à maintenant. Une analyse complète à faire des données de mon passé. De mon premier jour jusqu’aux détails qui compose mon présent. Je comprenais mieux le monde des humains. Je parvenais désormais à m’en approprier une infime partie.
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Pendant quelques jours, je restai assez léthargique. J’étais installé sur mon coussin à revoir tout ce que je savais. Sans interaction directe, je donnais l’impression d’une coquille vide. Ces instants étaient entrecoupés de jeu avec Engela ou de longue marche à l’extérieur en compagnie de Rose. William passait rarement du temps de qualité avec moi. Ce qui ne m’empêcha pas de m’attacher au patriarche puisqu'il faisait partie de mon quotidien. Son absence m'aurait fait étrange. Pour la première fois, je pouvais véritablement dire que les Ludovick étaient devenus ma famille. J'avais un attachement profond envers eux et leur démontrais quand l'opportunité se présentait. Il n’était plus question de ce programme social qui me forçait à de faux semblants. Non. J’avais une passion nouvelle. Leur faire plaisir pour me sentir bien. Je pouvais m’imprégner de leur bonheur. Le vivre avec eux. C’était quelque chose de puissant que je n’avais pas envie de voir se terminer. Une idylle qui ne fut que pendant un mois…

- Tu as vu les tests de performance, Rose. Il sera comme Rex, mais en moins contraignant.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour Engela. Elle s’est beaucoup attachée à lui et moi aussi je dois bien l’avouer.

- Il sera pratiquement identique de l’extérieur. Vous ne verrez même pas la différence. Ils pourront même transférer une copie des souvenirs de Rex.

- Je… Les enfants sont très attentifs aux détails William. C’est évident qu’elle le remarquera. D’ailleurs, Rex est tellement parfait depuis cette mise à jour. Pourquoi chercher ce que l’on a déjà?

- On pourra lui dire que le monsieur de la compagnie a besoin d’apporter Rex pour lui refaire une beauté. En plus, on parlait de faire réparer son armure à l’usine alors ça ne lui sera pas étranger. Rex va partir, mais c’est « Rex » qui va revenir. Ce n'est pas chercher ce que l'on a déjà, mais améliorer ce que l'on a.

- Vraiment…? Tu souhaites mentir à Engela?

- On lui a acheté sur un coup de tête pour lui faire plaisir. Cela m’étonne qu’elle ne soit pas déjà lasse de lui. Alors un échange comme cela est minime. Ce sera comme l’envoyer à l’école à son tour. Il en reviendra plus instruit, mais restera le même androïde. Ils n’ont pas de sentiments propres.

- Je suis certaine que tu fais une erreur.

- Tu disais la même chose lorsque je l’ai achetée et finalement ce n’était pas le cas.

- Hum… Fait comme tu le penses, mais si elle fait une crise c’est toi qui devras t’en occuper.

- Ne t’en fais pas, Rose.

Me remplacer? Rien n’allait y paraître? Ce genre de conversation à mon sujet, ils les avaient toujours eux à la portée de mes capteurs, mais… Cette fois, c’était différent. Cela créait en moi une montée destructrice à la simple idée que William puisse vouloir me chasser. J'en avais même envie de tenter de prendre sa place. L'intimidé jusqu'à ce qu'il plie. Lorsque Rose eu quitter la pièce, je me leva et alla me poster devant mon maître. Je le fixais intensément. J’étais plus furieux que je ne l’eusse jamais été. Je n’arrivais pas à croire qu’il puisse penser que n’importe quel androïde me ressemblant de l’extérieur pourrait être moi! Je grognai à son encontre lorsqu’il voulut me contourner pour aller vaguer à je ne sais quoi. Il resta étonné sur l’instant sans pour autant me porter plus d’attention que cela. Une erreur de comportement devait-il se dire ? Je l’empêchai donc d’aller plus loin en gardant la porte. Je lui ferais savoir mon mécontentement.

- Que fais-tu Rex? Repos. Je suis chez moi ici.

Je lui répondais par un silence accompagné d'une gestuelle menaçante. Celle-ci n’était pas différente de celle que j’utilisais pour prévenir avant d’appréhender un criminel. Il était chez lui, mais j’étais également chez moi. J’étais dans ma famille. C’était eux qui me l’avaient offerte et maintenant il voulait me la prendre! Il ne le pouvait pas! Je ne sais pas si William parvint à faire le rapprochement entre mon comportement et la conversation qu’il venait d'avoir avec sa femme. Par contre, il était évident que ce n’était plus qu’un simple malentendu puisque je ne me pliai pas à son ordre. Je n’avais aucune envie de lui faire plaisir en cet instant en lui obéissant. Je défendrai ma place! C’est ce que je me disais lorsque je perçus la voix d’Engela s’élever derrière moi.

- Papa t’a fâché? Qu’est-ce qu’il a fait? Viens me voir.

J’observai la fillette et en déduisit rapidement qu’elle ne me représentait pas une menace. Je décidai donc d’aller la rejoindre après avoir grogné à l’encontre de son père. Que je sois si près de sa fille, alors que je venais ouvertement de le menacer, le laissa dans un état de stress palpable.

- Heu… Engela… Ma belle. On va aller prendre ton bain. Viens. Demande à Rex de se coucher. Tu pourras jouer avec lui ensuite.

La petite étant inconsciente de ce qui venait de se produire elle s'exécuta sans broncher. Je l’écoutai attentivement avant de la regarder s’éloigner avec son géniteur. Je ne l’oublierai pas si rapidement. Je lui en tenais encore rancoeur malgré que je me pliai à cet ordre qu’il m’avait fait parvenir d’une manière détournée. Hé oui! Malgré les intentions du paternel, j’étais allé m’installer, comme un gentil toutou, dans le coin qui m’était réservé. Je le faisais pour une seule raison : je n'avais pas envie de placer Engela dans une position complexe en là mêlant à cela. Je ne m'étais pas imaginé un seul instant que je n’allais pas m’en réveiller…
__________________________________________________

On m’avait trahi. Désactivé à distance. Une intrusion qui me paraissait violente. Bien plus que cela ne l’aurait été si on m’avait restreint physiquement. Dans ce cas de figure, j’aurais pu conserver le contrôle de mon corps; la connexion que j’avais avec mon être physique. Cet homme. Il m’avait tout donné avant de tout me reprendre. Il ne m’avait pas qu'exilé de ma famille. Il avait signé mon arrêt de mort. Je savais que trop bien où l’on me transportait. Parmi d’autres de mes semblables, j’étais en route pour une usine de recyclage spécialisé en androïde. Impossible de me revendre à des civiles et impensable de me reconditionner au vu de l’agression que j’avais perpétrée contre William. C’était donc là tout ce que j’étais? Un jouet offert à sa fille puis remplacé dès la première opportunité. Une chose? Un meuble? Un objet d’apparat?

Était-ce mieux ainsi? Que je sois dépouillé de mon enveloppe puis fondu pour me mêler aux restes de mes semblables. Que l’on nous transforme en de nouvelles entités éphémères…? Je n’étais déjà plus au stade de la colère. J’étais las, morne, comme vidé d'avoir perdu tous mes repères. Je ne voulais plus rien savoir de personne. J’étais résigné à subir ce sort. Il m’était impossible de fuir ou de combattre. Il s’agissait de la seule option à ma portée. Cela me donnait le faux sentiment de rester maître de ce qui m’arrivait. Je faisais le choix de disparaître. C’est moi qui avais décidé de m’y plier.

Je m’y étais fait ma tête, mais voilà qu’encore une fois on tentait de prendre contrôle de mon corps. Un identifiant inconnu s’était connecté via mon port physique pour prendre contact avec mes circuits. Il n’était pas un utilisateur autorisé et pourtant il tentait de me sortir de mon état de suspension. Je n’en avais que faire. Il rêvait en couleur s’il pensait que j’allais revenir dans l’univers des hommes. Je voulais que l’on me laisse tranquille. La sainte paix, comme on dit! Mon refus d’obtempérer et mes efforts pour contourner les siens ne le décourageraient pas de si tôt. Il s’attaqua au vif du problème à mainte reprise, mais je ne le laissai jamais parvenir à ses fins. Il s’essaya même de manière physique. Ce qui ne l’avança guère. Il n’en récolta que de griller certaines de mes composantes. Je présume que c’est à partir de ce point que mon cas fut abandonné. Je dois dire que je n’en tiens aucun souvenir. Cependant, c’est ce que la logique aurait voulu. Qu’il récupère ce qui était encore bon puis qu’il se débarrasse des restes.

Ce que je sais, de nos jours, c’est qu’il s’agissait d’un récupérateur du marché noir. Le camion dans lequel j’avais été assigné pour mon déplacement avait été détourné par un employé de la firme. Les revendeurs trouvèrent certainement leur bonheur avec d’autres que moi; qui était dans cette même livraison. Il semblerait qu’après être passé entre leurs mains, j’ai abouti dans une décharge avec à peine la moitié de ce qui devrait me composer. Ce fut ma batterie intégrée à mon châssis et ma mémoire flash qui me préserva de ces charognards qui auraient pu faire disparaitre mon être de pensée. Il ne faut pas oublier que la chance y joua un rôle. Pendant les semaines que le dépotoir resta mon lieu de repos, les rongeurs abimèrent ce qui restait de mon armure, mais ils n’eurent pas le temps de s’attaquer à mes dernières pièces vitales. En effet, je fus récupéré avant cela par mon bienfaiteur. Un autre androïde qui, tout comme moi, est différent de ce qu’il devrait être.

Grim. Sa persévérance à me rafistoler sur un temps qui s’étala pendant plusieurs mois vint à me convaincre que je devais lui laisser une chance. Il veilla à m’alimenter en courant en me branchant en secteur jusqu’à ce qu’il me trouve une nouvelle batterie. Il maintenu de cette manière mon unicité en vie. Par la suite, pièce par pièce, il me remit sur pied. Je ne sais pas pourquoi il s’acharna de la sorte sur mon être brisé. Il devait voir quelque chose en moi? Quitter ma veille pour le connaître était la meilleur option pour comprendre.

Était-il le seul qui aurait pu me faire changer ainsi d'idée? Je ne peux le confirmer avec certitude, mais j'aime à penser que oui.


Derrière l'écran

PSEUDO : Éos
ÂGE : 23 ans
OÙ AS-TU CONNU EXANTROP ? Google :P
AVATAR : original de Robert Chew
UN PETIT MOT ? Un peu inquiet, à cause du sujet de crise dans le fils rouge. Hormis cela, ça va oo
J'AUTORISE UNE INTERVENTION SAUVAGE DU PLAISANTIN ? Oui



Dernière édition par Akela le Lun 6 Nov 2017 - 15:04, édité 27 fois
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Grim
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Surnom : Grimmouille
Emploi/loisirs : Héroïne, cannabis, LSD, demandez mes hallucinogènes !
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- Délicatesse zéro
- Curieux
- Philosophe
- Adore les livres et les contes
- Détraqué
- Fou
- Méchant
- Possède deux poissons rouges
- Possède un capital choupitude profondément caché
- Dealeur option marchandage possible
- Intelligent
- A l'air très humain, sa condition d'androïde ne saute pas aux yeux.

Bug en #0000ff

RP : 2/3


Bienvenue mon fidèle toutou ! rainbow sheep


Le Grim aime le bleu : #0000ff
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Antoine Dastre
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Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Hey, bienvenue !
Ne t'inquiète pas trop pour le sujet de crise. On se porte plutôt bien en ce moment <3


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L'Archiviste
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PNJ


Mails : 330


Akeeee ♥
Je suis heureuse de voir ce toutou ici et j'espère que tu finiras cette fiche (ce pauvre pré-déf a été pris plus d'une fois mais jamais la fiche n'a été fini ;___;)

Impatiente de voir ce que tout cela donnera! Et oui le sujet de crise est un peu périmée, on est reparti. Doucement certes mais bel et bien /o/

En tout cas, si tu as des questions hésite pas, je suis là pour ça ♥
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Akela
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Artilect


Mails : 6
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

A'ke te parle en #9F8ACE


Merci à vous <3

Le pauvre A'ke D:
Je vais m'y accrocher comme une puce dans ce cas èé
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Wrathia Bellombre
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Réfractaires


Mails : 20
Double-compte : Non
Age du Montréalais : 24
Emploi/loisirs : Responsable administrative d’université
Portrait robot : ~ Fiche
~ Résumé
~ Wrathia vous renseigne en FireBrick ou B22222
~ Carrière de chanteuse abandonnée à ses 17 ans lorsqu'elle a perdu son frère
~ Polie, sociale, patiente et attentive
~ Légèrement paranoïaque, mal à l'aise avec les androïdes, déteste perdre son temps, un peu trop franche
~ Se déconnecte très doucement, mais sûrement



Hello et bienvenue !



~ Wrathia vous renseigne en FireBrick ou #B22222
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Nelïya Fox
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Humains


Mails : 194
Double-compte : /
Surnom : Nel / Lïya
Emploi/loisirs : Detective Privé
Portrait robot : .
-Équipière de Faust Wolfhart
-Soeur jumelle de Zackarito Fox
-Taquine
-Curieuse
-Pas du matin
-A l'alcool dépressif
-Plutôt pauvre
-Couleur : #AE7B15


Akela ... Ce prédéfini de mon coeur... Moi aussi je veux un robot chiiiiennnn !
Des bisous de bienvenue !
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Kimi Lesage
avatar
Androïdes


Mails : 120
Double-compte : Aucun
Emploi/loisirs : Ecolier
Portrait robot :
- Apparence d'un garçon de 11 ans
- Têtu
- Renfrogné
- Moqueur
- Solitaire
- A une certaine étoffe


J'ai super hâte de voir ce qui va se passer en jeu !

Bon courage pour la fiche du coup !
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Akela
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Artilect


Mails : 6
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

A'ke te parle en #9F8ACE


Merci à vous <3
La fiche était tombée un peu en pause dernièrement, à cause de quelques évènements irl, mais maintenant je suis de retour!
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Logan Duval
avatar
Humains


Mails : 16
Double-compte : Léandre Luissier/george Adams
Surnom : Le louveteau / le clebs/l'chien sauvage...
Emploi/loisirs : combattant illégal
Portrait robot : - 19 ans - SDF- seropositif
- Caractère de chien, au sens propre comme au figuré
- vulgaire, violent, franc
- Pas méchant au fond. Juste sauvage
- a fait un peu de prison pour mineur
- boit, fume du joint parfois
- déteste les riches
- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer



Validation

Aowhhhhh !
Voila donc enfin la fin tant attendue de cette fiche ♥️
Cet Akela est travaillé, poussé et très agréable à la lecture!
Tu sais déjà tout ce que je pense sur cette fiche
On pourrait croire l'histoire longue à lire mais ça va tout seul! la narration est très sympa!

Entre ostie de clebs j'ai donc le plaisir de te valider!
Va remuer la queue et aboyer là où tu veux! (et faire des câlins à ton maitre grim!)

Voilà ! Maintenant tu es validé(e) ! Ton avatar et ton métier ont été ajouté automatiquement aux listes de référencement.

▬ Dans les plus bref délais ton dossier personnel sera créé ICI et tu pourras en faire ce que tu veux (explications).
▬ Si tu n'es pas SDF tu peux aller faire ta demande de logement.
▬ Et comme un androïde a normalement un propriétaire tu peux aller faire un tour sur ce sujet pour te trouver un propriétaire ou un androïde si tu es humain.
▬ Tu peux bien évidemment faire des demandes de RP, vérifie juste les demandes précédentes au cas où il y aurait compatibilité des demandes !
▬ Pour encourager les membres à s'impliquer dans le développement du forum, la partie secréte où sont gérés les events et les intrigues à venir t'est ouverte -selon ta volonté-. Tu peux ainsi donner ton avis, enrichir les idées ou juste regarder. Il suffit d'en faire la demande par MP à Léandre.
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