Encourage la rébellion

1 - 2 - 3 - 4

Liens utiles

Premiers pas
Règlement
Contexte & co
Groupes
Effectifs et listes
Fiche de présentation
Partenaires
Questions
Pinterest
Scénarii
Playlist

RPs libres



Nouveaux venus



Les Partisans

CHRONOSREP

Wanted

Montréal, 2047.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé.

C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.

C’est la danse des humanités.


Plus?
Intrigue
Event 1 : Convergence [lien] - Quinzième édition de la Robotic for humans Exposition. La foule abonde mais tout se passera t-il bien?
Léandre Luissier ▬ admin
profilmp
Grim ▬ modo
Profilmp

We need you !

▬ 12/03/17 : V2, intrigue 1.
▬ Ouverture d'Exantrop le 23/05/2016

Partagez | 
 

 As bitter as coffee [Lise]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.



MessageSujet: As bitter as coffee [Lise]   Mer 26 Oct - 12:52

Antoine gardait toujours une traces des lieux dans lesquels il avait effectué une représentation. C'était un carnet sobre, un de ces carnets noirs et rigides qui se glissent dans une poche, et dessus étaient annotés des noms d'établissements, leur adresse, et des dates. Les dates auxquelles Antoine était venu faire démonstration de sa magie, évidemment.

La liste avait été soigneusement épluchée, ces derniers jours, pour trouver le souvenir d'un endroit calme pour rencontrer le discret infirmier de la maison de retraite. Ce ne serait certes pas la première fois qu'ils discuteraient en tête à tête, mais ce serait indéniablement la première fois qu'ils discuteraient hors des murs rassurants du lieu de travail de Lise.

Parce qu'Antoine avait plus ou moins compris que Lise était une personne plutôt renfermée, il avait jugé bon de ne pas trop brusquer les habitudes, de ne pas trop forcer. Il voulait un établissement convenable, sobre, chaleureux, loin des problèmes et des débats. Il avait alors trouvé ce petit café, dans sa liste, dans lequel il s'était présenté cinq ans plus tôt. Le Boudoir. Un nom comme un autre pour un café. Ni le premier, ni le dernier à le porter.

Antoine avait communiqué son choix lors d'une brève visite, demandé si cela convenait, fixé une date, dit bonjour aux patients qui commençaient - ou arrivaient encore - à le reconnaître. Il avait craint un moment que Lise ne soit revenu sur son choix, mais ils trouvèrent un arrangement et Antoine en fut satisfait. Puis le voilà dehors à attendre.

Le café n'était que quelque pas plus loin, et une cigarette fumaient entre les doigts d'Antoine. La dernière avant de s'enfermer dans un lieu public, la dernière avant l'arrivée de Lise, et ce n'était pas bien grave si le tabac venait à lui manquer, parce qu'il aurait du café, et de la conversation, et peut-être la suite d'un jeu de questions et réponses qui lui plaisait bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar




Très rapidement après le départ d'Antoine, Lise avait été tout spécialement convaincu qu'il n'y aurait aucune suite. Il ne doutait pas qu'il se serait rendu compte que briser leur statu quo de superficialité était dangereux. Le magicien représentait une oasis d'incertitude et de fantaisie dans un monde par ailleurs lisse, triste, dur et morne, pour l'infirmier. Et lui devait représenter une sorte de constante, d'échappatoire d'une vie qu'il imaginait mouvementée et trépidante. Une sorte de roc immuable et d'une platitude rassurante.

Dans l'absolu, cela lui convenait tout à fait. Quelqu'un qui le trouvait inamovible et monotone ne se posait pas de questions sur lui. Et aucune question signifiait aucun ennui. La tranquillité. Ce n'était pas véritablement ce qui lui était offert par l'illusionniste. Absolument pas, d'ailleurs. Bien au contraire, si leur dernière rencontre était un exemple de ce que leur relation allait être.

D'une certaine façon, cela signifiait aussi qu'il s'intéressait à lui, fort probablement plus amicalement qu'autre chose. Cela ne le dérangeait probablement pas. Mais quoiqu'il arrive, ce n'était probablement qu'une seule et unique fois et ça ne se reproduirait plus. La prochaine fois qu'il viendrait, il aurait tout oublié, et leur relation reprendrait où elle en était avant cet épisode, comme si rien ne s'était passé, que ça n'avait été qu'une aparté, qu'une parenthèse plutôt inattendue, et à la fois plaisante et gênante pour Lise.

Ce fut donc une véritable surprise quand il revint le voir, avec un nom d'endroit, une discussion toute décidée sur une date et un rendez-vous donné. Sa nervosité grandissante ne l'aida pas du tout, le soir venu. Il demanda à Dove de rester chez eux, essaya d'arranger un peu ses cheveux, en vain, passa le seul semblant de chemise qu'il possédait, avec un gilet en mailles larges, et un pantalon beige, sobre. La tenue était terminée par un blouson bombardier et des bottines style Palladium. Il n'était pas vraiment classe, mais pas vraiment aussi passe-partout que dans son uniforme.

Il marcha assez lentement, mais arriva finalement à proximité de l'adresse donnée. Le Boudoir. Le nom était joli, oui, et l'anticipation d'une ambiance un peu feutrée dans laquelle il ne pourrait que se ridiculiser par son manque d'éducation et de goût l'effrayait presque sur pied. Il sourit doucement en voyant la volute de fumée qui s'élevait autour de la tête d'Antoine. La cigarette ne le gênait, beaucoup de ses pensionnaires fumaient, même si lui-même ne pratiquait pas. Il était beaucoup trop dans le domaine médical, trop orienté vers le service à la personne. Il n'était pas sans savoir que certains ne le supportaient pas, et il aurait détesté repousser un de ses patients.

Il le rejoignit finalement, hochant la tête. Son cœur battait trop vite, d'appréhension, dans sa poitrine. Il n'était pas sorti avec une personne inconnue, ou à peu de choses près, depuis... C'était triste à dire, mais depuis le début de son célibat. Il était plutôt navrant. Il lui sourit malgré tout. Il avait réfléchi à ses questions, mais avait l'impression d'avoir tout oublié. Peut-être que quand il se serait vraiment fait à l'idée, qu'ils seraient posés, installés, à l'intérieur, que le magicien aurait commencé à lui poser ses questions, il se sentirait plus à l'aise. En attendant...

"Bonsoir Antoine... Je ne vous ai pas trop fait attendre, j'espère..?"

Il avait déjà fait mieux, mais ce n'était pas si mal, pour un début.
Revenir en haut Aller en bas
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Antoine sourit ; ce qui ne changeait pas beaucoup, parce qu'Antoine souriait tout le temps. Il était plaisant de découvrir Lise dans autre chose que son habituelle tenue de travail. Antoine n'avait pas le souvenir d'avoir déjà rencontré l'homme dans des vêtements décontractés. Ce genre de découverte avait toujours quelque chose d'amusant, aux yeux d'Antoine. La façon dont les gens s'habillaient reflétait une part d'eux-mêmes. Antoine aimait tenter de comprendre les gens à travers ce genre de petits détails.

Le magicien expira la fumée de sa cigarette, qui tenue entre ses doigts, dodelinait contre sa cuisse.

"- Ne vous en faites pas, je suis ici depuis peu. J'ai, de toute façon, tout mon temps."

Antoine n'était pas un homme pressé. C'était bien pour cela qu'il parlait si lentement. Il mettait un point d'honneur à ne pas arriver en retard la plupart du temps, pour une question de politesse et de bonne éducation, mais il était rare de le voir courir ici et là ou clamer une journée trop courte. Antoine était du type patient et relativiste. Et même dans sa jeunesse turbulente, on n'aurait su lui faire accélérer le rythme s'il en avait décidé autrement.

Il monta la cigarette jusqu'à ses lèvres, laissa la nicotine s'infiltrer dans ses poumons. Il montra alors le poison à l'infirmier.

"- Est-ce que cela vous dérange si je prends cinq minutes pour la terminer ?"

Il ne serait pas long, vraiment, et puis il n'arrivait pas encore à lutter contre son addiction. A nouveau, il détailla l'allure de Lise tout en tentant de ne pas être insistant. Le but n'était pas de le mettre mal à l'aise. Il était simplement curieux. S'habillait-il toujours de cette façon en dehors du travail, ou avait-il fait un effort particulier ?

"- Je ne suis pas venu ici depuis cinq ans," enchaîna-t-il pour tuer le blanc. "J'ai le souvenir d'un endroit agréable. J'y ai fais une représentation, une fois."

Il avouait ne plus se souvenir des détails de la performance, si ce n'était qu'elle avait eu lieu en début de soirée et avait été relativement applaudie. Sûrement avait-il fini sa journée en buvatn avec les spectateurs, comme il lui arrivait parfois.

"- Mais je manque de politesse. Comment allez-vous ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar




Lise était tellement nerveux qu'il se demandait si ça se voyait. Il en était presque certain, en réalité. Il sentait ses paumes légèrement moites, et n'aurait aimé qu'une chose, être à nouveau devant son ordinateur, à regarder en souriant Dove revenir de ses explorations. Jouant sur un de ses jeux. Ils avaient une instance, avec sa guilde, ce soir. Et tous, sans exception, avaient été choqués quand il leur avait annoncé qu'il ne pourrait y assister parce qu'il sortait. La vexation de les voir réagir de la sorte devant son absence habituelle de vie sociale n'avait pas duré longtemps. Il savait que c'était tristement vrai. Ce n'était pas pour rien qu'il était seul depuis si longtemps. Toujours était-il qu'il essayait de penser à tout sauf à la rue autour d'eux, et au petit bar dans lequel ils allaient se diriger. Et discuter. Plus il y pensait, plus il avait l'impression qu'il ressemblait à un lapin dans la lumière des phares.

Il inspira profondément pour se calmer, se prenant une bouffée de fumée de cigarette qui manqua de le faire tousser. Cependant, il remercia Antoine de ne pas lui en vouloir de son retard, même s'il n'était pas certain de l'être, juste un tout petit peu sur le fil. Et, bien évidemment, il accepta de le laisser finir sa cigarette. Il n'avait aucun intérêt à l'en empêcher, et il n'était pas un de ses patients. Cela le fit d'ailleurs sourire. Certains étaient tellement réfractaires à l'idée d'abandonner leur mort en tube. Enfin, parfois, il ne leur restait plus que cela, et il n'aurait pas eu cœur à les en priver.

Il le regarda donc la fumer. Il avait une élégance dans ses gestes qui faisait un peu envie à l'infirmier. Il aurait aimé être aussi classe. Mais sa vie avait pris un autre tournant de nombreuses années avant. Il se demandait si certaines choses étaient prédestinées. Comme celles-ci. Peut-être, peut-être pas. Il gardait encore ses questions. Peut-être finirait-il par le savoir en demandant à Antoine. Peut-être... ou pas.

Son regard se porta à nouveau sur la devanture du Boudoir en entendant qu'il s'y était produit. Il regarda le magicien, puis l'endroit à nouveau.

"Pourtant ce n'est pas un de ces petits bars un peu mal famés que vous évoquiez la dernière fois, si?"

Il espérait que non, tout en doutant qu'il l'emmène dans ce genre d'endroit. Et en même temps qu'en savait-il? Après tout... Tout était possible, parfois. Son imagination recommença à lui jouer des tours. Il voyait ces endroits enfumés, avec une drôle de combinaison de femmes faciles et d'hommes un peu dangereux, rassemblés pour regarder un magicien, une bouteille d'alcool entamé sur la table. L'image était clichée et ridicule, mais il n'avait vraiment aucun idée de ce à quoi ils étaient censés ressembler. Il était tellement lancé dans sa fantaisie qu'il rata presque la question d'Antoine. Il revint brutalement à la réalité et à cet homme avec tant d'expériences différentes.

"Oh... hum... Certains résidents demandent de vos nouvelles souvent, et veulent savoir quand vous reviendrez. Alors quand ils ont su, je ne sais comment, que je vous voyais aujourd'hui, ils ont demandé à ce que je passe le message."

Certainement Dove qui le leur avait dit. Il avait certainement parlé de son dilemme avec l'androïde et... voilà où ça le menait. Enfin, peu importait. Après tout, peu importait. Il avait mal commencé sa phrase mais s'était bien rattrapé. Et n'avait absolument pas répondu à la question. Mais ce n'était pas une qu'il appréciait. Il avait toujours l'impression qu'ils ne la pensaient pas en la posant. Une convention sociale dont ils ne voulaient pas vraiment entendre la réponse. Il lui sourit cependant, doucement, gentiment. Pour l'instant, tout commençait bien. Une petite danse de la victoire mentale s'imposait. Clairement.
Revenir en haut Aller en bas
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Antoine laissa s'échapper un rire bref et discret, un rire sincère, un rire simple qui creusait ses rides d'homme habitué à sourire. Antoine craignait parfois qu'on méprenne son rire pour de la moquerie, quand il n'était que agréablement amusé par des mots ou une situation.

Et les mots de Lise l'amusaient. La perspective qu'il le pense capable de l'emmener dans un endroit où il serait mal à l'aise l'amusé ; parce qu'il y avait une part de vérité, parce qu'Antoine n'était tout de même pas assez taquin pour lui infliger ça, parce qu'il regrettait presque de ne pas l'avoir fait, finalement.

Antoine s'imbibe de la nicotine, Antoine prend garde à souffler la fumée dans une autre direction pour ne pas incommoder Lise à nouveau, et Antoine parle.

"- Non, rassurez-vous, c'est un endroit respectable. Tout du moins, ça l'était, à ma dernière visite. On y croisait d'un peu tous les âges, et les propriétaires avaient à coeur d'inviter divers artistes. Je ne saurais vous dire si cela a changé."

C'était un établissement qu'on aurait presque pu qualifier de familial, en fin de compte, étant donné la diversité des visages qu'on y rencontrait et le relatif calme dans les relations entre les clients. C'était dans ce genre d'endroits qu'Antoine se sentait le mieux. Là où il pouvait partager sa magie avec le plus grand nombre.

Ce qui ne l'empêchait pas non plus d'apprécier les petites représentations plus privées qu'il donnait, comme celles de la maison de retraite. Antoine n'aurait néanmoins probablement pas accordé ce service si la structure ne s'était pas occupée de son grand-père ; si elle ne s'en était pas aussi bien occupée, surtout.

"- Je serais ravi de revenir," annonça Antoine. Les cendres s'écrasèrent par terre. "Vos pensionnaires méritent qu'on leur accorde de notre temps."

Les anciens étaient tellement délaissés. Les familles les abandonnaient dans ces structures d'accueil et ne venaient les voir que lorsqu'on leur rappelait l'existence de leurs parents en fin de vie. Antoine persistait : c'était moche, de vieillir, et il n'avait pas hâte de prendre demain la place de ceux qu'il divertissait aujourd'hui.

La cigarette était presque terminée ; Antoine prit une dernière longue bouffée de nicotine.

"- Je suis content que vous soyez venu," déclara-t-il. Il jeta le mégot de sa cigarette dans le cendrier publique mis à disposition. "Peut-être pouvons-nous entre ?"

A moins que rester dehors encore un peu ne lui convienne ; Antoine n'était pas exigeant. Mais il s'avouait curieux de redécouvrir l’établissement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar




Lise avait accepté cette sortie, mais pas véritablement en toute connaissance de cause. Il avait finalement dit oui parce qu'Antoine avait dit qu'il l'emmènerait dans un endroit qu'il connaissait déjà. C'était déjà un risque, car ils brisaient un statu quo. Ils plongeaient dans l'inconnu, mais il connaissait à peu de choses près la hauteur du plongeoir, ou la consistance de ce qui l'accueillerait en bas, ainsi que les rocs qui le heurteraient pendant sa chute. Et les rires devant son ridicule. Mais tout ceci rentrait dans le royaume du connu, de l'attendu. Pas du confortable, non, loin de là. Mais rien de dramatique, cependant.

Alors que ce qu'il venait de lui annoncer, le fait qu'il n'y était pas allé depuis cinq ans, que l'ambiance y avait été agréable, presque familiale, s'il concluait correctement de ses dires, cela n'avait strictement rien à voir. C'était un plot branlant au milieu d'un univers de ténèbres dont il ne voyait ni commencement ni fin. C'était horriblement angoissant, d'une part, et beaucoup trop mystérieux. Il lui fallut un bon moment pour sortir de ses pensées métaphysiques terrorisantes et traumatisantes, et se calmer suffisamment pour pouvoir penser à une échappatoire. Aurait-il mieux valu qu'il fuît maintenant, sous une excuse fallacieuse, ou qu'il restât pour voir à quelle sauce il serait mangé?

Un instant, il se demanda si Antoine serait déçu, s'il partait. Il ne serait pas mesquin au point de déserter la maison de retraite et de refuser d'y refaire un spectacle. Mais ce ne serait plus jamais la même chose, il en était convaincu. Et il appréciait les venues du magicien. Elles étaient comme des bouffés d'oxygène dans sa routine ennuyeuse. Oh, routine qu'il avait construite et qu'il adorait, mais c'était une incertitude certaine, splendide oxymore qui représentait la limite qu'il se fixait habituellement en terme d'aventures.

Il n'entendit absolument pas la réponse d'Antoine quant à ses possibles spectacles futurs, trop concentré sur sa fantaisie interne et le spectacle qui se jouait dans sa tête pour cela. Il ne manqua pas le moment où il écrasa sa cigarette, observation née d'années à prendre soin de patients qui radotaient souvent. Voir sans entendre, agir sans y réfléchir. Les automatismes étaient une excellente chose, mais parfois un peu traîtres. Ainsi, à moitié à côté de ses pompes, quand Antoine lui proposa de rentrer, il lui tint la porte et lui proposa de s'appuyer sur son bras, pur réflexe. Il détourna les yeux, gêné de son erreur.

"Désolé... J'accompagne tellement souvent mes patients fumer dehors que je n'ai pas fait la différence."

C'était amené avec tellement de délicatesse, comme à l'ordinaire. Autant lui avouer tout de go qu'il ne l'écoutait pas et qu'il ressemblait à un des petits vieux de la maison de retraite. Ce n'était pas l'idée, même si, effectivement, il ne l'avait pas écouté. Il faisait ça tout le temps, cependant. En tous les cas, pour ce grand moment de gloire, aucune danse de la victoire. La danse de la honte, ça existait? Oh, il pouvait l'inventer pour l'occasion...
Revenir en haut Aller en bas
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Antoine fut étonnée du geste de Lise à l'ouverture de la porte. Il ne s'en offusqua pas. Il pouvait comprendre que certaines habitudes aient la vie dure. Lise répétait les mêmes gestes à longueur de journée. Il devait bien y avoir un moment où les automatismes s'installaient et prenaient le pas sur la réflexion.

"- Ce n'est rien," affirma Antoine. "C'est la preuve que vous êtes un bon infirmier."

Attentif au confort de ses patients, spontané, efficace ; peut-être un peu trop, puisqu'il appliquait son attention à la sphère privée.

Mettant cet incident sans envergure de côté, il fut temps de rentrer à l'intérieur, s'installer, attaquer ce déjeuner prévu et une discussion ou une autre.

Antoine fut de suite étonné de constater que l'endroit avait en fait bien changé, ces dernières années. La disposition des tables, les couleurs, la petite scène, la musique, tout était bien différent de son souvenir, et Antoine craignit un instant de s'être trompé d'adresse ; pourtant, non, l'établissement portait toujours le même nom, il avait bien vu l'enseigne, ne l'avait pas rêvé.

Un changement de propriétaire, devina Antoine. C'était déjà arrivé pour un autre établissement dans lequel il s'était produit deux ou trois fois. S'il avait su, peut-être aurait-il fait un premier repérage avant de traîner Lise avec lui.

Soucieux, Antoine coula un regard vers son camarade.

"- Je dois vous avouer que nous sommes plutôt loin de mon souvenir. J'imagine que quelques années sont assez pour voir changer un environnement."

Comment allait réagir Lise ? Mystère. Antoine aurait préféré éviter de le voir prendre ses jambes à son cou ; ça aurait été contrariant. Il était éventuellement prêt à changer de lieu pour leur rencontre, mais il n'avait guère d'autre nom en tête pour le moment, et si le hasard pouvait bien faire les choses, il doutait légèrement que l'infirmier ait envie de partir à l'inconnu.

Il aurait peut-être dû laisser Lise choisir leur lieu de rendez-vous, en fait. Mais Antoine avait craint que Lise oublie plus ou moins volontairement de lui donner des nouvelles dudit rendez-vous. Et ça aurait été d'autant plus contrariant.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar




Force fut de constater qu'une fois encore, l'indulgence d'Antoine jouait en la faveur de Lise. Il ne s'en sentait pas exactement mieux pour autant, mais il avait malgré tout un peu moins honte de ce qu'il avait fait. Ou plutôt, il était soulagé qu'il ne s'en soit pas offusqué. Difficile de dire ce qui prenait le pas sur l'un ou l'autre. Pourtant, il le suivit dans le restaurant, bar, café, il ne savait vraiment comment le qualifier, regardant autour d'eux.

Son appréhension naturelle à pénétrer dans un lieu inconnu faisait battre son cœur un peu trop fort et lui donnait par moment des sueurs froides, mais il faisait de son mieux pour avoir l'air le plus serein possible. Il était un homme adulte, et largement encore, qui venait simplement déjeuner avec une connaissance, sans aucune ambiguïté, sans aucune tentative de rapprochement. Ils n'étaient pas amis, malgré ce jeu de questions que le magicien semblait vouloir mettre en place pour en apprendre plus sur lui. Il se demandait parfois pourquoi il le voulait, puis se laissait l'instant d'après porter par le flot.

Il en était encore à réfléchir et à tenter de regarder chaque élément qui les entourait, puisqu'il avait entendu parler d'androïdes serveurs et se demandait s'il pourrait en croiser un jour, lorsque son compagnon de déjeuner prit la parole. L'appréhension céda alors le pas à la panique pure et simple, crue. Il hésita à tourner les talons, et eut certainement un geste dans ce sens à un moment ou un autre, avant d'essayer de se raisonner, se morigénant intérieurement. Il fallait qu'il se calme absolument. Mais faire confiance n'était pas plus dans ses gènes qu'être à l'aise en société. Si bien que la seule chose qu'il parvint finalement à dire fut.

"Ce n'est pas forcément pour le pire, après tout... Le changement peut être bénéfique, parfois. Ou intéressant."

Un magnifique mensonge qui s'entendait clairement dans sa voix un peu tendue. Il n'y avait pas loin à aller pour se rendre compte qu'il était tout sauf confortable dans cet environnement. Pourtant, il était prêt à faire l'effort, parce qu'il l'avait promis et proposé. Il pouvait le faire, et il le ferait. Il était plus fort que sa peur. Enfin... parfois.
Revenir en haut Aller en bas
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Lise disait vrai. Le changement pouvait avoir quelque chose de bon. Tout dépendait des contextes, des situations, en fait. Lise ne s’était pas déjà enfuit en courant. Peut-être était-ce que les changements opérés dans l'établissement n'étaient pas si embêtants, pour le moment.

Un serveur les accueillit et les traîna à une table pour deux ; d'autres clients étaient déjà installés ici et là et conversaient au dessus de leurs assiettes et de leurs verres. Surtout de leurs verres.

La petite scène était toujours là, remarqua Antoine en s'asseyant. Elle avait été conservée, et même un peu rénovée. L’établissement accueillait-il toujours divers artistes pour divertir ses clients ? Probablement. Ils l'auraient sinon retirée pour installer davantage de tables.

Antoine cessa d'étudier son environnement et dévisagea à la place son camarade.

"- Vous m'avez l'air un peu tendu," dit-il. "Est-ce que cela vous en coûte d'être ici ?"

Quels efforts devaient-il réunir pour rester sur cette chaise, avec lui, aujourd'hui ? N'était-il vraiment pas habitué à sortir ? Ou était-ce une simple gène habituelle chez lui ? Antoine n'était pas assez habitué au personnage. Il ne le connaissait que peu. Il lui était encore difficile de le cerner et de trouver le bon équilibre, avec lui.

"- J'ai toujours aimé sortir et rencontrer des gens," dit-il, parce qu'il fallait combler le silence et qu'il avait pris cette fâcheuse habitude, avec Léandre, de raconter des histoires sur lui. "Je ne suis pas un grand habitué de la solitude."

Il savait la gérer et ne s'en rendait pas malade, mais il avait toujours eu cette préférence très prononcée pour les heures passées en présence d'autrui. Antoine restait rarement seul longtemps. Il restait rarement enfermé toute la journée. C'était qu'en dépit des tours à perfectionner et des lignes à griffonner, il s'ennuyait vite, dans son petit appartement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar




Il regarda l'endroit. Ce n'était pas si dramatique. Même si les gens semblaient boire plus que manger. C'était certainement... supportable. Bruyant, oui, mais peu importait, après tout. Peut-être que cela pousserait Antoine à commenter plutôt qu'à demander. Et il était persuadé que ça aurait pu fonctionner. Presque. Si seulement les gens ne faisaient pas l'effort d'être aussi observateurs. Ou s'ils avaient eu plus de tact. Celui qui faisait que normalement, en-dehors d'un contexte médical, on n'appuyait pas où cela faisait mal. Il était pourtant certain que le monde était censément égocentré. Pourquoi cet homme en particulier ne l'était-il pas?

Cependant, il n'eut pas longtemps besoin de chercher une réponse, puisqu'à mesure que le silence s'éternisait, le magicien décida de le remplir de ses propres expériences, de sa propre vie. Il se demandait comment ce jeu de questions était censé tenir s'il lui révélait tout avant même qu'il pose une question. Cela lui convenait, cependant. Il pourrait toujours faire valoir qu'il prenait beaucoup trop d'avance sur les questions pour ne pas répondre. Détourner l'attention. Enfin, s'il osait. Ce n'était pas exactement certain.

Surtout qu'il constatait tristement qu'ils étaient dramatiquement différents. Quelqu'un qui fuyait la solitude contre quelqu'un qui fuyait les gens. Tous deux les aimait, simplement d'une façon bien divergente. Antoine aimait leur contact. Lise aimait qu'ils aient besoin de lui, qu'ils dépendent de lui. Il aimait s'occuper d'eux. Leur rendre le sourire, leur donner des instants de joie. Que cela lui en coûte ou pas. Raison pour laquelle il était toujours ici. Il voulait faire plaisir au magicien. Il sourit donc.

"Je peux le voir. Vous aimez les gens et ils vous aiment en retour, c'est une belle chose."

Et s'il reposait sa question... Mieux valait border dès maintenant.

"Quant à votre question... Est-ce une à considérer dans et échange tant pour tant que nous avons débuté?"

En gagnait-il une à répondre à la sienne? Même s'il ne savait toujours pas quoi dire. Il préféra se plonger dans la carte. Il valait mieux qu'il ne boive pas, pour éviter une plus grande catastrophe que ça ne serait déjà. Toujours pas de danse de la victoire. Ou une petite pour avoir osé ne pas répondre. Oui, ça, ça en méritait une.
Revenir en haut Aller en bas
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Est-ce que les gens l'aimaient vraiment en retour ? C'était difficile à dire. On aimait ses spectacles, probablement, puisqu'il arrivait toujours à attirer un nouveau public pour venir le voir. Certains spectateurs étaient même des fidèles adeptes qui revenaient de temps en temps et dont Antoine commençait à connaître les visages. Les pensionnaires de Lise aussi, aimaient à le voir montrer sa magie. Mais aimait-on l'individu ou les artifices ?

Antoine parlait beaucoup, échangeait beaucoup, mais gardait peu près de lui. Il avait tourné dos à sa famille et à bien des amis par le passé ; quand les autres eux-mêmes ne lui avaient pas tourné le dos. Sa difficulté, depuis toujours, et pour encore longtemps, était d'entretenir ses relations sur le long terme.

"- C'est discutable," répondit-il simplement.

Il n'était pas ici pour s'apitoyer sur ses problèmes relationnels. Il était ici pour découvrir Lise ; l'homme, et pas l'infirmier, tout comme il tentait d'offrir un peu de lui, plus que du magicien.

"- Considérez ça comme partie du jeu si cela vous arrange," rit-il avec légèreté. Il n'y avait pas pensé, mais après tout, pourquoi pas. "Si pour l'honnêteté de votre réponse, je dois inclure la question dans le jeu, alors oui."

Voyant Lise se pencher sur la carte, Antoine en fit de même. Il se demandait par avance comment Lise se comporterait. Chercherait-il à mettre fin à la rencontre au plus vite ? Traînerait-il ? Antoine réussirait-il à la dérider avant la fin ?

"- N'oubliez pas que vous êtes libre de me questionner, vous aussi," rappela-t-il sans interrompre sa lecture, soucieux que l'échange ne soit pas à sens unique.

Antoine espérait ne pas devoir en arriver là, car ce serait à ses yeux contre productif, mais si le seul moyen de dérider Lise était de lui parler de son travail, Antoine le ferait. Il prépara, mentalement, une liste de sujets légers qui ne devraient pas bousculer l'homme. Mais il gardait aussi précieusement ses autres sujets dans un coin d'esprit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar




Il y avait des questions que Lise ne se posaient jamais. Ne s'étaient jamais posées. Il n'était pas plus égocentrique qu'un autre, juste ce qu'il fallait pour ne pas être complètement noyé dans ses sentiments pour les autres, dans leurs attentes et surtout dans leurs besoins, leurs envies. Subséquemment, il ne s'était jamais demandé si les gens comme Antoine, les extravertis, les agréables, les censément faciles à vivre, sociables et sociaux, pouvaient avoir des difficultés en la matière. Il lui aurait semblé que non, qu'ils passaient au travers de ces conversations sans même y songer, sans se poser de questions existentielles, et sans nécessité de s'auto-congratuler ou de se convaincre. Il les imaginait toujours avec des dizaines d'amis, presque une famille sur qui ils pouvaient compter sans même y réfléchir à deux fois, plutôt qu'une communauté virtuelle qui était même capable de lui poser un lapin quand ils prévoyaient une IRL, le laissant le bec dans l'eau, complètement. Comme pour le festival médiéval...

Aussi fut-il des plus surpris par la remarque d'Antoine qui, en définitive, eut beaucoup plus d'importance que ses doutes sur sa sincérité, et l'importance qu'il attachait au jeu. Aucune, en réalité. Sauf si cela pouvait assurer qu'il lui répondrait. Ce serait peut-être une occasion de demander... Mais encore faudrait-il qu'il ose, qu'il formule sa question avec prudence, pour essayer de ne pas le vexer. Ce n'était pas exactement sa spécialité, mais il le ferait. Peut-être. Sûrement. À un moment. Bientôt.

Il finit par trouver ce qu'il voulait sur la carte. Un tonic, ce serait très bien. Pas trop sucré, avec quelques bulles. Un tout petit peu mieux que de l'eau. En tous les cas, pas d'alcool. Sinon, il était certain de poser sa question, mais aussi de la pire façon qui soit. Sincèrement une mauvaise idée. D'autant plus qu'il n'aimait pas trop ça, à part les cocktails sucrés, et qu'il ne pouvait pas se retenir d'être horriblement tactile. Il s'abstiendrait, c'était pour le mieux.

"Je peux répondre honnêtement sans que cela soit partie du jeu. Mais vous en avez instauré les règles, je ne veux pas les briser..."

Cela sonnait un tantinet accusateur. Définitivement pas de danse de la victoire. Changer de sujet? Difficile. Répondre? Oui, ça pouvait détourner l'attention. Même si c'était une grande révélation à faire. Il ne savait pas s'il pourrait tout lui dire. Probablement pas. Ils ne se connaissaient pas assez pour cela.

"Cela ne me coûte pas vraiment. Je suis juste moins rapide que d'autres pour m'approprier un lieu inconnu. Chacun a ses propres faiblesses..."

Et lui en avait en certain nombre. Mais il allait virer mélodramatique s'il continuait. Et la panique d'avoir parlé de lui de s'être ouvert, ne l'aida pas vraiment à formuler avec précaution sa propre question.

"Pensez-vous que les gens ne vous aiment pas pour ce que vous êtes, en définitive, à force de ne vous voir qu'en spectacle?"

Absolument pas la façon dont il voulait le dire. Absolument pas la façon dont il aurait dû le demander. Il voulait simplement savoir si c'était le fait que les gens l'aiment, qu'il aime les gens, ou que ce soit une belle chose, qui était discutable. Il baissa les yeux. Il était navré de lui avoir dit cela comme ça, mais il se demandait si ce serait encore plus mal vécu qu'il s'excuse.
Revenir en haut Aller en bas
Antoine Dastre
avatar
Réfractaires


Mails : 364
Surnom : L’illusionniste.
Emploi/loisirs : Agent infiltré d'Exovedat chez les réfractaires, écrivain, orateur, magicien.
Portrait robot : - 37 ans.
- Fumeur.
- Grand lecteur.
- Parle très lentement car réfléchi ses mots.
- Adore le théâtre.
- Vouvoie tout le monde.
- ENFP "Inspirateur"
- Semble désespérément attiré par les causes perdus comme les artilects et Léandre.




Antoine était content, sincèrement, d'obtenir une réponse à ses questions. Il avait réellement craint que Lise ne s'éclipse ; physiquement, ou en changeant de sujet, pour détourner la conversation.

Ils marchaient très clairement sur un fil, et dans ces moments là, Antoine regrettait presque de ne pas être davantage un acrobate. La magie ne servait pas à grand chose lorsqu'il s'agissait d'aider les gens à se mettre à l'aise. Aucun tour de cartes, aucune disparition d'objet, ne saurait réellement apaiser la situation.

Et puis, la carte qu'il avait sous les yeux était moins bien intéressante que celles qu'il utilisait sur scène. Le désavantage de ne pas être quelqu'un avec un palet très développé.

"- Parler de difficulté d'adaptation en tant que faiblesse me semble un peu fort," sourit Antoine. "Ce n'est pas quelque chose de si grave."

Puis apprendre à s'adapter s'apprenait. Lorsqu'on était confronté régulièrement au changement de son environnement, on devenait plus adroit dans l'exercice. A ses débuts sur scène, il détestait avoir à s'habituer à une nouvelle salle à chaque nouveau spectacle. Aujourd'hui, c'était une habitude à laquelle il prétait à peine attention.

La question que Lis lui posa était curieusement pertinente, et rassurante, aussi ; Lise se prêtait au jeu.

"- J'imagine que ces personnes peuvent développer une image erronée de moi. Je ne sais pas si leur image est fausse, mais elle est définitivement incomplète. Et de fait, peut-être ne m’apprécient-ils pas pour les bonnes raisons."

Mais c'était certainement l'apanage de tout le monde, et pas seulement du magicien qu'il était. On jugeait les gens au premier regard, on les réduisait, ou s'accrochait à des détails, on oubliait de voir l'ensemble. On admire des gens sans savoir quelles horreurs ils commettent et on crache sur d'autres en ignorant les souffrances qu'ils endurent.

"- Et vous ? Pour quelles raisons pensez-vous que les gens vous apprécient ?"

Pour quelles raisons sa famille, ses amis, ses patients, l'appréciaient-ils ? Quel vision avait-il de lui ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
As bitter as coffee [Lise]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sugar Cane’s Bitter Harvest in the Dominican Republic
» 07. It's Coffee Time !
» Junkie-Coffee Une Petite Nouvelle
» Lise Snore [Abeille]
» Coffee or Tea ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Exanthrop :: Hors RP :: Archives :: RP Abandonnés-
Sauter vers: