Encourage la rébellion

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CHRONOSREP

Wanted
Montréal, 2047. Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont mécaniques, de chair ou métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individu désintéressé et trop pressé, croisant l’autre sans même le regarder, les yeux rivés sur les vitrines ou sur son nouvel objet connecté et déjà démodé. C’est une tourbe de bras et de jambes. murmurent certains. Toutes ces conneries, ça sera la mort de l’être humain, ajoutent d’autres. Vous n’y êtes pas , renchérit un dernier, cette foule polymorphe, insaisissable, c’est la vie, le mouvement, le progrès.
C’est la danse des humanités.
Intrigue
Divergence // Suite à la catastrophe de la AH exposition, des groupes anti-androides se forment tandis que les industriels essayent de séduire de nouveau les acheteurs…
Léandre Luissier ▬ présent
George adamsmp

▬ MAJ et intrigue 2 : 25 aout 2017
▬ Ouverture d'Exantrop le fin mai 2016

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 Regardez où vous marchez

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Alex Hunter
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MessageSujet: Regardez où vous marchez   Dim 23 Oct - 23:09

En rentrant de ses livraisons ce soir-là, Alex avait troqué les rollers contre des chaussons d'un rose délavé qui étaient bien plus pratiques pour circuler à l'intérieur. Pas que ce retour soit de longue durée, mais aujourd'hui Alex avait touché sa paie du mois. Et donc, rendez-vous avec ceux qui géraient les caisses d'Anyone pour les prévenir du versement. Alex gardait un petit pourcentage de la somme, qui partait en bombes de peintures ou en musique, et le reste partait dans les caisses de l'association. Ses pas montèrent les escaliers presque automatiquement, sans qu'il soit nécessaire d'y penser. Alex était là depuis plus d'un an et connaissait le bâtiment presque par cœur à force de s'y balader. Un petit bond de côté pour esquiver les gens dans le couloir, un petit "Bonjour !" et une courbette pour ne pas être désagréable, Alex ne s'attardait pas plus que nécessaire. Devant le comptable d'Anyone, même chose. Un salut, une copie de sa fiche de paie, un petit post-it avec ce qui avait été mis de côté, et c'était bon. Aucun problème avec le fait qu'Alex se garde quelques dollars, la plupart de ceux qui avaient un travail faisaient la même chose.

Une fois cette affaire réglée, hop, direction sa chambre. Alex avait des projets pour la soirée. L'inspiration lui avait rendu visite, et une idée grandiose se dessinait dans sa tête depuis quelques jours. Une œuvre grandiose qui l'occuperait toute la nuit. Alex prit son sac, y fourra pêle-mêle toutes ses bombes de peinture ainsi que son masque à gaz hors d'usage puis, sur un coup de tête, décida de se changer. Au revoir sweat gris tâché et pantalon trop serré, Alex passa des bas résille noirs troués par endroits, une jupe en jeans qui descendait jusqu'aux genoux et un justaucorps blanc un peu usé qui mettait bien en valeur son peu de poitrine. Pour les cheveux, deux longues tresses qui pendouillaient dans son dos, les mêmes que pendant la journée. Pas le temps de les refaire, ça prenait une heure à chaque fois. Quand ce fut fini, Alex repartit à toute vitesse, son sac sur l'épaule. Trop vite, peut-être. Au moment de s'engager dans un escalier, poussant tout juste la porte, Alex n'eut pas le temps de voir la femme qui arrivait en face et la percuta durement. Assez du moins pour se retrouver sur le cul, littéralement, et lâcher son sac qui partit bouler un peu plus loin et vomit son contenu.

Le temps que la douleur et la surprise passent, Alex se releva d'un bond et s'empressa de vérifier comment allait la femme, négligeant son propre sac ou son propre postérieur endolori. C'était terriblement gênant de l'avoir envoyée bouler comme ça, et Alex était rouge.

"Pardon ! C'est ma faute, je regardais pas où j'allais ! Ça va, vous vous êtes pas faite mal ?"
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Assise devant sa coiffeuse, Henriette ouvrit son petit agenda relié de cuir pour l’ouvrir à la page du jour. Y étaient griffonnés en jolie écriture manuscrite des choses à ne surtout pas oublier, des rendez-vous et son planning. Il changeait toutes les semaines. Elle n’aimait pas la routine, Henriette, et pourtant s’y baignait avec une volupté toute naïve quand elle en avait l’occasion. Certaines entrées de son agenda, si elles n’étaient pas codées, auraient été difficiles à comprendre pour l’œil profane. Mais elle savait ce que cela signifiait. Aujourd’hui, elle avait prévu sa visite mensuelle à Anyone.

Elle ne se rendait pas fréquemment sur l’Île, ne voulait pas qu’ils aient d’ennuis, les surveillait de loin, veillant sur eux. Elle avait, en sus, des dizaines d’associations à suivre, et des galas de charité où elle récoltait des fonds. Elle voyait avec une chaleur particulière dans son grand cœur ce rassemblement de familles chrétiennes et aimantes, donnant, parfois sans le savoir, pour les androïdes qu’ils détestaient par ailleurs. Elle les comprenait, quelque part. Ils avaient peur. L’Homme avait crée les androïdes à son image, et malgré les restrictions, ils craignaient qu’ils ne mordent dans la pomme et découvrent qu’ils avaient une conscience, qu’ils étaient, en définitive, bien plus proches de nous qu’ils auraient jamais pu l’imaginer.

Alors oui, elle comprenait. Et tant que la société ne serait pas prête, petits changements par petits changements, elle ne leur dirait pas à quoi servait l’argent qu’ils lui confiaient. Elle ne leur mentait pas. Une communauté autonome d’accueil de personnes sans autre ressource. Une expérimentation, pour eux. Un vrai mode de vie pour Henriette, cependant. Elle revêtit donc une robe en velours d’un marron brillant qui allait bien avec ses cheveux, boutonnant la fermeture en faisant rouler les petites perles entre ses doigts fins. Elle attacha ses boucles caramel en une queue haute assez sobre, et se maquilla légèrement, dissimulant quelques taches de rousseur et ornant ses lèvres de bordeaux.

Se levant, elle alla enfiler les hautes bottes noires qui rejoignaient l’ourlet du jupon, en-dessous du genou, et prit son sac et son manteau. Elle salua chaque personne qu’elle put, ses voisins, et parfois des inconnus. Prit le temps de discuter avec les sans-abris qu’elle croisa, leur indiquant des centres d’accueil de sa connaissance, ramena un chat errant à ses propriétaires, et admonesta de sa voix douce un propriétaire indélicat avec son androïde. Ce qui lui valut une magnifique fleur d’un violet maladif sur la pommette. Elle regarda la montre à gousset qu’elle gardait dans son petit sac et accéléra le pas. Tant pis pour le bleu, elle s’en occuperait à Anyone.

Elle poussa la porte et prit le temps de discuter avec quelques pensionnaires. Peu savaient qui elle était, quel était son rôle, mais certains se doutaient, à la voir. Elle ne présentait pas vraiment le profil, en était cruellement consciente, et pourtant écoutait tous et chacun, les serrant contre elle pour les rassurer, et quel que soit leur niveau de propreté. Les odeurs lui importaient peu, et le reste moins encore. Elle aimait ces gens, tous autant qu’ils étaient. Elle poursuivit, s’apprêtant à pousser une autre porte, quand elle fut violemment envoyée au sol. Elle s’écrasa sans aucune fanfreluche contre le mur, grimaçant au bruit sourd que fit sa tête en le
rencontrant, fermant les yeux un instant pour reprendre ses esprits.

Ce fut alors qu’une petite tornade bleue vint l’aider à se relever en s’excusant avec profusion. Elle eut un joli sourire. Ce n’était pas un pensionnaire difficile. Pas vraiment la plus simple non plus. Mais cela ne changeait rien. Si Henriette n’était pas ici au quotidien, ayant toute confiance dans le gérant de la communauté, elle insistait malgré tout pour connaître chacun d’entre eux, au moins sur pièces. C’était sa fierté autant que sa responsabilité. Ces gens dépendaient d’elle, et surtout de cet endroit. Elle-même n’avait que peu de valeur par rapport à ce qu’ils avaient crée. Elle avait été l’impulsion. Ils étaient les organes vitaux.

Une fois sur ses jambes, et sans prendre la peine de s’épousseter, elle lui prit la main, et ramena sa jeune pensionnaire jusque son sac, l’aidant à ranger le tout.

«Ce n’est rien, Alex, vous ferez plus attention la prochaine fois. Je m’en veux d’avoir été sur le chemin d’une poussée créatrice, de toute évidence.»

Elle eut un petit rire, qui sonna chaud et doux. Elle espérait qu’il ne trouvait pas étrange qu’elle connaisse son nom. Elle lui tendit lamain plus formellement.

« Henriette, mais d’aucuns me nomment Henry, pour plus de commodités. »

Ç’avait surtout été vrai à l’université, mais en réalité, ça ne l’avait jamais particulièrement dérangée. Une identité sexuée n’était qu’un moule préformaté. Et un prénom genré n’était pas toujours pertinent. Elle baissa ses yeux de perle sur la bombe qu’elle tenait à la main.

«J’espère que vous n’aviez rien prévu d’illégal, cependant…»

Elle s’inquiétait pour Alex. La police n’était pas toujours tendre avec les gens. Moins encore ceux en réinsertion. Peut-être devrait-elle veiller à faire installer une salle artistique ? Ou simplement créer un partenariat avec le centre communautaire ? C’était une idée à laquelle elle aurait dû penser avant, et cela la rendait triste de ne pas avoir pu leur offrir tout ce à quoi ils auraient dû avoir accès.


Dernière édition par Henriette Godar-Lapointe le Mar 1 Nov - 15:20, édité 1 fois
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Alex Hunter
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Alex insista pour aider l'inconnue à se relever, s'assurant qu'elle tenait bien debout et qu'elle n'avait pas mal, qu'elle n'avait pas de vertiges. Sa tête avait heurté le mur salement, ce genre de coup pouvait défoncer le crâne des plus malchanceux. Par chance, sa victime ne faisait pas parti de ceux-là, elle semblait même bien se porter. Suffisamment bien pour tenir sur ses jambes et sourire comme si de rien n'était. Alex avait quand même honte, c'était complètement sa faute. Ça lui apprendrait à courir à l'intérieur comme ça, ce n'était pas comme parcourir les rues à rollers. Ici, les gens étaient paisibles, posés, personne n'allait vite et personne ne se tenait prêt à freiner ou esquiver en cas d'imprévu. Le pire fut que, à peine debout, la femme se dirigea vers le sac d'Alex et commença gentiment à en rassembler le contenu. La voir faire comme si elle n'avait rien fut presque aussi surprenant que la découvrir derrière la porte, et Alex resta sans voix, immobile comme un piquet. Pourtant la femme n'avait pas rien. Outre la poussière sur sa jolie robe, trop chic pour l'endroit, elle avait un vilain bleu au visage. En raisonnant un peu, il aurait été évident que le bleu avait quelques minutes au moins, une heure peut-être. La couleur des hématomes évolue rapidement. La culpabilité empêchait cependant ce genre de raisonnement, et Alex se pensait responsable de ça aussi. Ce petit moment de flottement fut l'occasion pour Alex de détailler l'inconnue. Belle, âgée – une trentaine environ, ce qui restait une décennie de plus que notre jeune protagoniste – et surtout manifestement riche. La robe était sobre mais magnifique, toute en velours ; elle portait des perles et du maquillage de qualité, meilleur que celui qu'Alex s'offrait ; puis toute son attitude était élégante, mesurée, classe. Pas le genre de quelqu'un ayant besoin d'Anyone pour s'en tirer. C'était à se demander ce qu'elle faisait là.

La remarque de l'inconnue fut comme un électrochoc, tirant Alex de sa contemplation dans un sursaut. Ce ne fut pas tant de l'entendre parler qui fut une surprise que de l'entendre dire son nom. Comment savait-elle qui était Alex, et que savait-elle ? Pas question de demander, pas tout de suite. Avant ça, Alex la rejoint et commença à ramasser les bombes à son tour. Il y en avait assez pour les occuper à deux, mais ce fut tout de même rapidement fini. La femme, qui affirma s'appeler Henriette, ou Henry, garda la dernière à la main. Pas besoin d'être Sherlock Holmes pour deviner à quoi elle allait servir, on n'utilisait pas des bombes pour peindre sur une toile. Alex repassa le sac sur son épaule et se redressa, un air de gêne sur le visage. Aussi étrange qu'elle soit en ces lieux, Henry avait l'air de quelqu'un de bien, quelqu'un de gentil. C'était rare, et même si Alex avait toujours tendance à se méfier, blesser Henry ou la rembarrer aurait juste été mesquin. Inconsciemment, sa main vint frotter sa nuque.

"Illégal ? Nan, pas du tout, j'allais juste… euh… peindre un peu, chez des potes."

Difficile d'inventer un mensonge crédible pour justifier qu'on emporte un stock complet de bombes de peintures alors que la nuit s'apprête à tomber. Au moins le masque à gaz était resté au fond du sac. D'un geste prudent, Alex reprit la canette et la glissa avec les autres. Avec de la chance, Henry n'insisterait pas et ça en resterait là. Toutes ses affaires rassemblées, plus rien ne retenait l'artiste de partir pratiquer son art. La curiosité, cependant, retint Alex. La curiosité et un brin de culpabilité qui l'empêchait de juste laisser Henry comme ça, sans au moins avoir la certitude qu'elle n'avait rien. D'un mouvement d'épaule, Alex arrangea le sac sur son épaule avant de se pencher pour examiner les dégâts causés par son empressement. Le bleu était vilain, mais c'était surtout une potentielle blessure de l'autre côté de la tête, cachée sous les cheveux, qui l'inquiétait.

"Dites, qu'est-ce que vous faites ici ? Je dis pas ça méchamment, hein, mais je vous ai jamais vu avant et vous avez pas l'air d'avoir besoin d'aide. Pas ce genre d'aide, en tout cas. La plupart des gens ici ont rien, ou personne, alors que vous, on dirais que vous pourriez racheter tout l'immeuble si ça vous prenait…"

Ça n'était peut-être pas ses oignons, probablement en fait, mais ça n'empêchait pas Alex de vouloir savoir. Et puis, il n'y avait aucun risque à demander, non ? D'autant que si ça se passait bien, il y avait d'autres questions qu'Alex avait envie de poser, à commencer par comment elle connaissait son nom.
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Peut-être avait-ce été une erreur de l'appeler par son prénom. Elle aurait dû se douter que ce pouvait être effrayant. Après tout, elle devait bien se demander pourquoi Henry savait comment l'appeler, ce qu'elle pouvait savoir de lui, ce genre de choses. Et plus les minutes passaient, plus la femme au foyer se sentait mal d'avoir fait cela à quelqu'un, d'avoir mis une personne dans une situation si inconfortable.

Elle fut détournée de ses pensées par les bombes de peinture et la réponse qu'elle lui donna. Elle y réfléchit un instant, cependant, et finit par lui sourire très gentiment.

"Oh! Je n'y avais pas pensé. C'est une excellente idée. Peut-être que nous pourrions proposer aux autres membres de la communauté de décorer une des salles de repos aussi. Chacun a son propre artiste en lui. Ce serait certainement intéressant. Merci, Alex, c'est une excellente idée que vous avez eue!"

Et tout, absolument tout en elle, montrait qu'elle croyait vraiment à cette idée. Qu'elle la trouvait véritablement géniale, et qu'elle chercherait certainement à la mettre en place. Elle y réfléchissait d'ailleurs déjà, tout en restant attentive au jeune homme devant elle. Elle lui tendit la dernière bombe, grandement rassurée de sa réponse.

D'un geste mille fois répété, elle vérifia que ses cheveux ne s'étaient pas décoiffés, évitant avec art l'endroit où elle s'était cognée et qui ne tarderait pas à enfler. Elle ne voulait pas que la jeune femme se sente coupable de l'avoir bousculée. Après tout, elle était effectivement dans le chemin, et ce n'était ni la première ni la dernière fois qu'elle tombait. Elle se moquait bien de la douleur pulsatile, brûlante, qui semblait battre jusque derrière ses globes oculaires. Elle ne put s'empêcher de sourire encore, en le voyant si inquiète de son état. Sourire qui resta fièrement en place quand les questions furent posées.

Henry était loin d'être stupide, bien qu'elle soit très naïve, dans sa croyance en une bonté universelle, prégnante au sein de chaque être humain, sous les masques et les murailles dressées pour se protéger d'une vie qui pouvait être violente et trop difficile à supporter. D'autant plus qu'elle n'était pas agressive, simplement curieux de sa réponse. À tout le moins lui semblait-il. Et si la réponse serait honnête, elle n'avait pas l'arrogance de se présenter en tant que la fondatrice de cette communauté. Elle avait jeté une idée. Ils l'avaient tous, par leur présence, modelée. Lui avaient insufflé la vie qui était la sienne maintenant. Elle un nouveau doux rire.

"C'est très gentil à vous de dire cela, Alex, même si ce n'est probablement pas exactement vrai. Vous n'êtes probablement pas sans savoir qu'en plus des généreux dons des membres de cette communauté, Anyone est également financée par des donateurs plus... anonymes."

Ce qui était certainement une étrange façon de présenter les choses. Ils étaient, par bien des aspects moins anonymes que les habitants de l'immeuble, et dans le même temps, n'étaient pas connus de ces derniers. L'explication lui paraissait capillotractée, aussi approfondit-elle, en toute simplicité, l'invitant à ne pas rester au milieu du chemin, au cas où une autre poussée créatrice entraînerait quelqu'un à une folle allure dans les couloirs. Cette porte était dangereuse, il faudrait qu'elle veille à la faire changer, ou trouver un système pour éviter ce qui venait de lui arriver.

"Cependant, je suis le projet depuis son origine, et je me permets donc de passer de temps à autres pour prendre des nouvelles des plus anciens. Je suis plus à l'aise physiquement qu'au téléphone..."

Elle fit une petite moue pas vraiment de son âge, avant de sourire innocemment. C'était d'autant plus vrai qu'une partie de leur existence était... secrète serait certainement un bon mot. Le mensonge ne lui plaisait guère, mais l'omission était nécessaire à leur survie à tous.
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Alex Hunter
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Alex écarquilla les yeux en entendant la remarque d'Henry. Non seulement elle n'insista pas, acceptant le piètre mensonge qui lui avait été servi, mais elle répondit avec enthousiasme. Parler peinture l'avait inspirée, selon elle. Si l'idée de salles de peinture dans l'immeuble même d'Anyone avait quelque chose de plaisant, ça restait moins intéressant que les murs de la ville. Beaucoup trop confidentiel pour Alex, pour qui les tags étaient l'équivalent d'un hurlement lancé à la face du monde. Mais surtout, Henry semblait vraiment ne pas douter de la bonne foi d'Alex. Pas de tentative de l'empêcher de partir, pas de sous-entendu, pas de regard en biais… Pouvait-elle vraiment être naïve au point d'avaler ça ? Certes, elle était riche et l'avait sans doute toujours été. Ayant grandi dans l’opulence, elle avait pu être isolée du reste du monde par des parents et proches trop protecteurs. Ça restait tout de même gros ! Mais surtout, si la pauvre se laissait prendre à un tel mensonge, qu'arriverait-il le jour où quelqu'un déciderait de profiter d'elle ? C'était peut-être déjà arrivé, les gens étaient si prompts à abuser les uns des autres. S'il y avait bien une chose qu'Alex ne souhaitait à personne, c'était ça. D'un autre côté, qu'y faire ? Alex n'allait pas donner des conseils de vie, la sienne était un bien trop grand bordel pour ça.

D'autant que la révélation qui suivit fit un choc, assez grand pour chasser la naïveté d'Henry des préoccupations du moment. Anyone était donc financé par des dons ? Alex avait toujours cru que c'était uniquement le salaire des membres qui faisait vivre la communauté. Il y avait donc des gens, des gens pleins de fric, qui préféraient user de leur fortune pour aider ceux qui en avaient besoin plutôt que pour se vautrer dans le luxe. Cela n'aurait pas dû être une surprise, Alex ne pouvait être la seule personne au monde à se soucier des autres. Après tout, les manifestations Exovedat avaient aussi des soutiens fortunés pour aider à l'organisation, sans compter de tous les anonymes qui venaient simplement montrer leur soutient. Mais enfin, tout de même, c'était une grosse révélation. Alex se laissa aller à poser le dos contre un mur et glissa sa main faible dans une poche pour la reposer.

"Ouais, je peux comprendre. Le téléphone c'est super impersonnel. Puis juste entendre raconter les choses c'est pas pareil que les voir en personne. Puis on a rien de honteux à cacher, c'est toujours chouette d'avoir de la visite !"

Alex marqua une pause, le temps de chercher ses mots. Son regard balaya la cage d'escalier mais celle-ci était étroite, il n'y avait aucun endroit où se poser pour ne pas gêner ou risquer de se faire bousculer. Anyone n'était pas un café, il n'y avait pas trop d'endroit où se poser au calme pour échanger. A part les chambres, bien sûr, même si la plupart était assez vide. A part son lit et une commode, Alex n'avait rien dans la sienne. Ça restait mieux que faire le pied de grue dans le passage, mais Alex avait un peu honte de montrer sa misère à quelqu'un qui aidait déjà toute l'organisation à vivre. D'autant que des questions tournaient encore dans sa tête. Comme la transition était logique, Alex enchaîna.

"Mais du coup, comment vous saviez mon nom ? C'est peut-être pas la première fois que vous venez, mais je crois pas vous avoir rencontrée, et je pense pas avoir de quoi marquer juste en me faisant pointer du doigt. Alors…"

Alex n'y croyait pas trop, mais ne voyait pas trop non plus d'autre explication. D'un autre côté, balancer ça comme ça juste après avoir bousculée Henry et lui avoir fait un sale bleu… Il y avait de quoi se sentir mal, et ce fut exactement le cas. Incapable de dire ça de face, Alex détourna les yeux et passa une main sur sa nuque. Son visage avait viré au rouge, et sa voix se fit plus basse.

"Vous nous espionnez, ou…"

Alex espérait qu'elle se défendrait. Pour une fois, Henry avait l'air de quelqu'un de bien. Alex voulait croire qu'elle était quelqu'un de bien. Tout le monde à Anyone lui disait de faire plus confiance aux autres.
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Elle hocha la tête et sourit en l'entendant dire qu'elle comprenait pourquoi elle n'aimait pas le téléphone. Dans ce monde, qui n'utilisait pas de téléphone? Personne. Même elle devait bien s'y résoudre parfois. Mais rien ne remplaçait la chaleur humaine, les discussions, les hasards des rencontres. Le mouvement, accentuant la migraine qui commençait à monter, mais elle n'en montra rien. Elle ne voulait pas qu'il se sente mal de l'avoir renversée. Ce genre de choses arrivaient, et à Henry plus souvent qu'à d'autres. Elle s'y était faite, largement, depuis le temps. Elle se contenta donc de répondre avec enthousiasme.

"Exactement. Et si je n'étais pas venue, je n'aurais pas eu la chance de vous rencontrer. Ç'aurait manqué à ma vie sans même que je le sache. En plus, traverser la ville pour venir est tellement plaisant."

Elle la vit regarder autour d'eux, ensuite. Henriette s'inquiéta. Attendait-elle quelqu'un, avait-elle un rendez-vous auquel elle l'empêchait de se rendre? Ou alors cherchait-elle un endroit où s'asseoir? Était-il fatiguée? Il était vrai que les seules salles communes étaient l'espace repas, et les bureaux. Personne n'avait pensé à un espace commun, une salle de réunion. Une bibliothèque, peut-être? Avec des livres donnés? Des ordinateurs? Et peut-être des canapés, quelque chose de confortable? Une salle d'art? La parcelle de terrain adjacente était vouée à la destruction, après tout. Ce serait peut-être l'occasion d'étendre le bâtiment? Mais peut-être faudrait-il demander aux membres de la communauté ce qu'ils désiraient. Ce serait certainement une meilleure idée.

Elle coupa son fil de pensée lorsqu'Alex recommença à parler. Ç'aurait été malpoli de ne pas l'écouter. La question se posait encore. Elle n'avait pas été très claire, alors. Elle s'apprêtait à s'excuser et recommencer ses explications, quand elle remarqua le regard gêné de la jeune femme, qui tourna au pivoine, et se détourna à moitié, avant d'émettre une hypothèse. Henry sentit ses yeux s'écarquiller, le blanc probablement visible autour des prunelles d'un gris perle, avant qu'un petit éclat de rire ne lui échappe. Un son plaisant, mais qu'elle arrêta rapidement en mettant une main devant sa bouche. Elle inspira, ne sentant que son propre parfum sur ses doigts, qu'elle laissa retomber contre son flanc.

"Veuillez me pardonner, Alex, mon intention n'est pas de me moquer, bien entendu. Simplement la surprise... Je suis sincèrement désolée... Non, je n'espionne pas Anyone. Je ne saurais même pas par où commencer. Simplement... Comme je vous le disais, je suis là depuis le début, et pour une raison que j'ignore, je suis consultée sur chaque nouvelle arrivée. Je vous connais tous, comme un prêtre connaît ses paroissiens, si vous voulez. Je suis votre vie de loin."

Ce n'était probablement pas plus clair. Mais se présenter comme la fondatrice la bloquait toujours. Cependant, elle n'était aujourd'hui qu'une vitrine lors d'événements caritatifs, ils n'avaient plus besoin d'elle depuis longtemps. Et de sa présence moins encore, ce qui la rendait extrêmement fière, comme un enfant quittant le nid. Le seul genre d'enfant qu'elle voulait. Elle lui tendit gentiment la main, le laissant décider si elle acceptait qu'elle le touche.

"Cela vous rassure-t-il, Alex? Je ne sincèrement navrée de vous avoir fait douter de cette communauté et vous avoir mis dans cette position. Je ne... vois pas toujours le mal dans les propos des gens."

C'était un euphémisme, clairement. Elle ne le voyait jamais, même quand les propos qui lui étaient opposés étaient clairement antagonistes.Cela lui jouait des tours, mais elle tendait toujours l'autre joue. D'aucuns la disaient idiote pour cela. Peut-être. Mais si c'était cela, elle était fière de l'être.
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Alex Hunter
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Le rire qu'Henry laissa échapper fit bien sentir à Alex que sa question était stupide. Évidemment qu'elle ne les espionnait pas, qui ferait ça ? Plus exactement, qui perdrait son temps à ça ? Ils étaient une communauté pacifique, discrète, et si la plupart des membres avaient un passif un peu lourd ce n'était pas le cas d'Anyone dans son ensemble qui n'avait jamais connu de crise ou de tempêtes. Ils n'étaient pas des terroristes, pas des activistes, pas des militants, juste des gens qui voulaient vivre leur vie. L'explication qu'elle donna était effectivement plus crédible. Même s'il sembla bizarre à Alex qu'une simple soutient financier fut consultée sur chaque nouvel arrivant, ça se tenait. Elle avait peut-être prouvé qu'elle savait jauger les gens, depuis le temps. Même si, comme elle le dit elle-même, elle ne voyait pas toujours le mal là où il était. Sans certitude quand à ce qu'Henry espérait avec ce geste, Alex tendit la main et prit celle d'Henry. Les poignées de mains ce n'était habituellement pas son truc, mais quelque chose lui disait qu'un check n'était pas très approprié. Son visage était encore rouge, même s'il s'éclaircissait lentement.

"Ouais… Pas besoin de vous excuser, c'est ma faute. Vous avez du bol d'arriver encore à faire confiance aux gens, c'est chouette. Moi j'arrive pas, je fais des efforts mais je vois le mal partout. Du coup, ben, je suis désolé. J'aurais pas dû dire ça."


C'était à se demander jusqu'où pouvait aller sa maladresse. D'abord Alex avait fait tomber Henry en lui rentrant dedans, maintenant c'était une accusation parfaitement injuste. Et même si elle ne semblait pas lui en tenir rigueur, elle restait blessée. Au moins physiquement, du moins. Et pour l'instant, Alex ne trouvait aucun moyen de se racheter. Il n'y avait même pas de quoi lui offrir un café dans sa chambre.

A ce moment, quelqu'un poussa la porte de l'escalier. Alex s'écarta vivement pour libérer le passage, lâchant la main d'Henry. L'anonyme passa d'un pas tranquille, les saluant sans s'arrêter de marcher, puis disparut dans les étages inférieurs. Rester dans le passage comme ça n'était définitivement pas une bonne idée. Restait sa chambre, juste quelques mètres plus loin. Même si l'idée n'était pas géniale, ça serait mieux que rester debout dans la cage d'escalier. Gardant une main dans sa poche, Alex désigna la direction approximative en levant un pouce.

"Si vous voulez, on peut se poser dans ma chambre. C'est pas grand et un peu spartiate, mais au moins on sera pas dans le chemin des autres. Puis on pourra s'asseoir au lieu de faire le pied de grue au milieu de nulle part. Et vous pourrez peut-être me dire comment vous avez entendu parler de nous, on est plutôt discret d'habitude. Je sais que moi ils sont venus me chercher, je savais même pas qu'un truc du genre pouvait exister avant."

En disant ça, Alex se demanda si ce n'était pas un peu indiscret comme question, un peu trop insistant. En temps normal mettre les pieds dans le plat n'était pas un problème, si la personne en face n'avait pas envie de répondre alors elle ne répondait pas, mais est-ce qu'Henry saurait refuser ? Puis elle avait peut-être autre chose à faire que passer une soirée à papoter…
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La première réaction d'Henry, en entendant Alex s'excuser, fut de secouer la main et la tête, pour bien lui signifier qu'elle n'en avait absolument pas besoin. Après tout, elle était celle qui lui avait donné des raisons de douter, et surtout pas l'inverse. Mais une vague de nausée accompagna un accroissement de la douleur pulsatile dans son crâne, la poussant à interrompre le mouvement et avaler sa salive un peu frénétiquement. Ce n'était pas le genre de chose qu'une jeune femme faisait, après tout. Que qui que ce soit faisait, d'ailleurs, s'ils ne souhaitaient pas mettre leur interlocuteur mal-à-l'aise. Et c'était l'objectif le plus éloigné de sa perception.

Plus elle le regardait, plus elle trouvait triste qu'il ne parvienne pas à voir autre chose que le mal chez les autres. Cependant, elle ne perdait pas espoir, et espérait très sincèrement que cela finirait par changer, au détour d'une opportunité ou d'une autre. Car si la jeune femme ne jugeait absolument pas nécessaire de trouver une âme-sœur, ou l'amour, elle restait fermement convaincue que l'amitié était quelque chose d'essentiel. La famille que l'on choisissait. Celle qui donnait la force d'avancer quand le monde assénait des coups durs. Celle qui aidait à se relever. Ce qu'elle avait voulu créer avec Anyone. Car elle-même tenait à ces gens qu'elle ne connaissait que sur le papier, mais qu'elle voyait ainsi. Ils étaient son moteur.

Elle sursauta un peu quand la porte s'ouvrit, mais salua l'occupant par son prénom, avant de le voir disparaître au détour du couloir. Elle se tourna vers Alex lorsqu'elle lui proposa d'aller s'installer dans sa chambre pour continuer à discuter. Elle eut un sourire éclatant, exposant un court instant ses dents entre ses lèvres bordeaux.

"Ce serait avec plaisir, Alex, mais n'aviez-vous pas prévu de sortir? Je ne voudrais absolument pas vous empêcher de faire ce que vous aviez prévu..."

Elle-même n'avait rien de spécifiquement prévu. Elle passait ici de temps à autres, principalement pour rencontrer les gens, parler avec les responsables, afin de savoir s'ils avaient besoin de quelque chose en urgence, de réparations, s'il y avait des dysfonctionnements, ce genre de problématiques.

"Cependant, j'ose espérer que vous avez des histoires à raconter aussi, car la mienne ira très vite."

Elle lui sourit. La confiance n'était toujours pas là. Elle s'était excusée de l'avoir soupçonnée, mais il doutait encore de la raison de sa présence ici. Tout à fait compréhensible, évidemment, et si elle pouvait y faire quoi que ce fut afin de la rassurer, alors elle le ferait.
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Alex Hunter
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Non, quelque chose n'allait pas, ça se voyait. Henry faisait semblant qu'il n'y avait aucun problème, mais son attitude disait le contraire. L'arrêt brusque, le petit regard vaguement surpris, vaguement vitreux, l'espace d'un instant… Est-ce qu'elle avait des vertiges, maintenant ? En tout cas, elle avait clairement besoin de s'asseoir. Ou en tout cas ça lui ferait du bien. La décision était prise, donc. Alex prit la tête, poussant le battant pour s'engager dans le couloir.

"C'était rien d'important, vous en faites pas. Ça peut bien attendre une autre fois."

Alex cala la porte avec son pied, le temps que tout le monde soit de l'autre côté, et fit un petit signe de sa main libre pour signifier à Henry de passer. Le sac sur son épaule manqua de glisser mais Alex le rajusta d'un mouvement d'épaule. Ses peintures n'allaient pas sécher pendant la nuit, les murs de la ville ne disparaîtraient pas, et son inspiration… elle pourrait se tarir ou changer de cap, oui, mais ce n'était pas si grave… un peu dommage, tout au plus. Sur le moment, Alex se préoccupait plus de savoir une fois pour toute si Henry n'avait vraiment rien de grave après le vilain coup qu'elle avait reçu, et de la ménager en attendant de savoir. Une fois la porte passée, Alex se dirigea d'un pas assuré vers sa chambre, tournant le dos au sens de la marche pour faire face à son interlocutrice et prouver que l'incident de tantôt ne lui avait pas appris grand-chose.

"Des histoires ? Oh, ouais, je dois en avoir. Quelques unes, même. Pas les miennes, par contre, sauf si vous aimez les histoires pas joyeuses. J'ai… pas beaucoup d'anecdotes marrantes à raconter sur ma vie. De ce point de vue là, je préfère regarder celle des autres. C'est comme aller au ciné mais sans avoir à payer la place."

Cette fois, heureusement, le manque de prudence d'Alex ne causa aucun incident. En fait personne ne croisa leur route, il faut dire qu'à cette heure tardive, l'immeuble d'Anyone est calme. La plupart des habitants se reposent dans leur chambre, s'ils ne dorment pas déjà, ou sont au contraire sortis depuis quelques temps et pour quelques heures encore. Le duo arriva donc sans encombre à la chambre d'Alex, qui en poussa la porte avec le coude avant de s'y engouffrer, invitant Henry à faire de même dans une pose théâtrale.

"Tada ! Mettez-vous à l'aise !"

Malgré cette offre, il y avait difficilement de quoi s'installer vraiment confortablement dans la petite chambre. Un lit était installé dans un coin, occupant presque un quart de l'espace, avec une petite table de chevet encombrée juste à côté. Dans le coin opposé de la pièce, une cabine de douche encagée de verre était installée à côté d'un évier encombré de maquillage et de produits divers, puis c'était la commode dont un tiroir mal fermé laissait dépasser les froufrous d'une robe bleu claire passée, la seule encore en état de la garde-robe d'Alex. Enfin, une chaise en bois jamais utilisée traînait juste à côté de la porte, le seul endroit où il y avait un peu de place pour un tapis élimé qui couvrait le sol. Des posters plus ou moins abîmés partageaient les murs avec deux fenêtres entrouvertes et des essais de peintures ou des motifs plus ou moins élaborés et plus ou moins réussi, apportant une touche de couleur bienvenue.
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Un instant, Henry se demanda si, véritablement, ce n'était rien d'important, ou si le terme avait été utilisé pour ne pas la blesser. Elle n'aurait pas aimé qu'il lui mente pour cela, bien entendu. Même si elle aurait trouvé cela excessivement gentil. Mais le doute ne subsista qu'une fraction de seconde dans son esprit. Jamais plus. Elle la suivit donc, le remerciant lorsqu'elle lui tenait la porte, se penchant parfois, inquiète, pour vérifier que personne n'arrivait en face.

Elle ne put pourtant s'empêcher quelques regards pour Alex. C'était beau comme elle semblait bien vivre les tourments qu'i lavait pu vivre dans son existence. Sa situation, sans doute aucun, n'avait nullement été simple, et pourtant, voir tant de joie de vivre réchauffait le cœur d'Henry. C'était malheureusement si rare, malgré ses efforts. Ce qui ne la faisait nullement désespérer, bien au contraire. Cela la faisait se battre encore plus. Lutter encore contre les préjugés. Ceux de sa classe sociale, ceux de sa religion, tous ceux qui ne comprenaient pas le message d'amour du Seigneur, et la portée de celui-ci. Elle priait pour ces gens, plutôt que se les aliéner. Un jour, peut-être, espérait-elle, ils comprendraient.

"La mienne est simplement ennuyeuse. Donc à moins que vous ne cherchiez une berceuse, je pense que nous allons devoir trouver autre chose."

Elle eut un nouveau petit rire chaleureux. Elle parlait peu, mais toujours avec gentillesse et amitié. Cela résonnait dans ses temps assez douloureusement, mais peu lui importait. Elle avait oublié depuis longtemps ce qui était advenu, le coup reçu dans la rue comme le choc violent avec le mur. Tout ce qui importait était le présent.

Elle passa la porte de la chambre et eut un petit bruit admiratif et appréciatif. Elle alla d'un endroit à l'autre, regardant les œuvres. Les chambres étaient sommaires, elle le savait et le déplorait, mais l'accueil du plus grand nombre avait été leur préoccupation à l'époque, rognant un peu sur le confort. Elle en était désolée, désormais, pourtant, plus rien ne pouvait être fait sans toucher à la structure du bâtiment. Peut-être avec une extension... Elle y réfléchirait.

"C'est vous qui avez réalisé ces motifs? C'est magnifique! Vous êtes vraiment douée. Peut-être n'aurais-je pas dû interrompre votre élan créatif, finalement... Je me sentirais mal de vous contraindre dans vos aspirations."

Elle se retourna un peu brusquement pour lui faire face, et perdit conscience une fraction de seconde, assez pour s'asseoir lourdement sur la chaise. Elle la regarda et sourit.

"Pardonnez-moi, ce n'était guère bien élevé de ma part..."

En espérant qu'elle n'appellerait pas une ambulance. Cela finirait par passer. Et si non, ses parents seraient ravis de l'envoyer voir un médecin. Ils avaient tant de difficultés à la comprendre, parfois. Pour eux aussi, elle priait souvent.
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Alex Hunter
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Henry balaya lentement les murs du regard, s'attardant surtout sur les traces de peintures et esquisses diverses. Pour Alex, c'était presque gênant de la laisser voir tout ça. Ses œuvres habituelles pouvaient être affichées en pleine rue, aux yeux de tous. Aucun problème, c'était des pièces sur lesquelles Alex avait passé du temps et de la réflexion, même si elles n'atteignaient que rarement la qualité espérée. Celles dans sa chambre, en revanche… Certains des tags avaient été tracés sur un coup de tête, d'autre pour masquer un coup de bombe maladroit, d'autres encore n'étaient que les brouillons d'autres peintures affichées au dehors. Aucun des motifs n'avaient été pensé pour être vu par qui que ce soit d'autre que l'artiste. Et pourtant Henry semblait aimer, ou au moins faisait très bien semblant pour être polie. Alex se passa une main dans la nuque, le visage barré d'un petit sourire satisfait.

"Nan, c'est pas grave. Mes bombes vont pas disparaître comme ça, je pourrais aller peindre demain. Puis c'est pas grand-chose, ça. Je suis encore loin du niveau de certains. Tenez, regardez…"

Alex s'enfonça dans la chambre, extirpant du chaos posé sur sa table de chevet un catalogue pour le tendre à Henry. Le magasine épais présentait certains des taggeurs les plus connus et influents du dernier siècle, ainsi bien évidemment que leurs œuvres phares. Des fresques immenses et hautes en couleurs, des motifs discrets si bien fondus dans leur cadre qu'ils en devenaient invisibles, des œuvres engagées au message puissant, des arabesques purement graphiques et hypnotisantes. Alex adorait le feuilleter, contempler, se dire qu'un jour son nom serait dans un catalogue de ce genre. La route était encore longue, bien sûr, mais pas question d'abandonner.

Quand Alex se retourna, brandissant son trophée pour le tendre à son invitée, Henry s'était déjà installée sur la chaise. Celle-ci, un peu poussiéreuse et rigide, n'était sans doute pas l'endroit le plus confortable ou s'installer de la pièce. Alex ne dit cependant rien, abandonnant son sac au pied de la table de chevet avant de s'asseoir à son tour sur un bord du matelas.

"Ya pas de problème, on est venus là pour s'asseoir de toute façon. Au fait, ça va mieux, la tête ?"
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